INDUCTION PAR LA DÉCHARGE
communiquent avec les appareils que doit traverser le courant induit. Cette disposition peut aussi servir pour produire des courants induits par la pile ; il est bon alors que les fils soient plus gros et moins longs.
1758. Do sens de la décharge indaite. — La décharge induite se compose de deux courants instantanés, l'un inverse quand la décharge indue tive agit , l'autre direct, quand elle cesse. Si l'un de ces courants a plus de durée que l'autre, il est plus faible, ce dernier prédomine, et détermine le sens de la décharge induite.
M. Henry ayant produit des courants induits de différents ordres, avec des hélices fixées à l'extérieur et à l'intérieur de tubes de verre, les trouva tous de môme sens. Avec des spirales planes, les courants induits furent alternativement dans un sensetdans le sens opposé, comme avec les courants voltaïques. M. Henry avait d'abord attribué ces anomalies à la différence de distance des circuits inducteur et induit. M. Marianini en a trouvé la véritable explication *. Il a reconnu, en se servant de son réélectromèlre (1678) , que les causes qui ralentissent la décharge tendent à donner au courant induit un sens inverse à celui du courant inducteur, tandis que le courant induit est de même sens , quand le circuit inducteur n'offre que peu de résistance , ou que la tension est assez forte pour la vaincre facilement. Ainsi, une grande jarre fortement chargée produit un courant Ng. *304.
induit de même sens que le courant leyd-
électrique qu'elle fournit ; elle produit un courant de sens contraire, quand elle est faiblement chargée, ou que le circuit inducteur est très long, ou renferme des parties non métalliques. Une petite bouteille, quoique fortement chargée, produit aussi un courant inverse. Ces résultats semblent dépendre de ce que le courant leyd-électrique , s'introduisant brusquement, développe un courant induit inverse intense, tandis que cessant graduellement quand il y a résistance, le courant induit direct dure davantage, et par conséquent est plus faible.
M. Matteucci, après avoir constaté, au moyen du réomètre , que Yintsnrité de la décharge induite augmente avec la tension et avec la surface armée de la batterie, a trouvé que le sens du courant induit 2 dépend aussi de la disposition des circuits inducteur et induit , qui peuvent être continus , ou présenter une solution de continuité dans laquelle il se produit une étincelle. Quand le circuit induit était continu, le otourant était observé avec le réomètre : quand il y avait interruption, cet instrument ne donnant que des résultats
1 Annales de chimie et de physique, 3e série, t. X, p. 498.
2 Annales de chimie et de physique, 3* série, t. IV, p. 4 53.
ELECTRO-MAGNETISME.
incertains, ou môme nuls, M. Matteucci faisait jaillir l'étincelle, à une distance de 2mm à travers un morceau de papier ajusté dans le perce-carte. Le sens du courant était indiqué par la position du trou, qui est toujours tout près de la pointe négative (1336). Voici la loi trouvée par cette méthode :
Quand les circuits sont tous les deux fermés en même temps, ou tous les deux ouverts de manière h donner une étincelle, le courant induit est de sens contraire au courant inducteur. Mais, si l'un des circuits est ouvert et l'autre fermé, le courant induit est de même sens que l'inducteur.
Le courant leyd-électrique étant nécessairement ouvert au point où part l'étincelle, M. Matteucci, pour se procurer un courant inducteur dans un circuit fermé, a eu recours aux courants de différents ordres, au moyen de spirales échelonnées. La fig. 1305 indique , comme exemple, i~7P ( F""] r~~c~\ ^~~â~\ te sens des courants induits dans diverses hélices « » || || | | présentant ou ne présentant pas une solution de ]] j | 1. 1 I continuité. Dans les couples de circuits a, b , et ( J J c, d qui sont dans le même cas, les courants
inducteur et induit sont de sens contraire ; dans
Fig. \ 305. les circuits b et c, dont un seulement présente une
solution de continuité , ils sont de même sens.
Une simple bouteille de Leyde suffît pour avoir des étincelles de 2M de longueur
dans une série de A spirales.
M. Riess a cherché le sens du courant induit par la décharge, au moyen d'un condensateur , des plateaux duquel il approchait les extrémités du 61 induit. Mais cette méthode présentant beaucoup de difficultés, il a procédé de la manière suivante1 : on place entre les extrémités terminées en pointe, du fil induit, un plateau de métal dont les faces sont recouvertes d'une mince couche de poix-résine. Les électricités, arrivant par les extrémités du fil, se répandent sur la couche résineuse. Pour en reconnaître la nature, on projette sur chaque face, le mélange de soufre et de minium qui sert dans l'expérience des figures de Leichtemberg (1351). Les deux poudres se séparent et affectent des dispositions différentes sur les deux faces. La distance des pointes, les dimensions de la plaque, l'intensité de la décharge, la distance des fils induit et inducteur, et leur conductibilité , ne changent rien à la position relative des figures. M. Riess ayant ensuite déterminé un certain nombre de fois la direction de la décharge, au moyen du condensateur, et reconnu quelle est la relation entre cette direction et la position des figures sur Tune et l'autre face, crut pouvoir conclure de leur observation, que le courant induit est toujours de même sens que le courant de la décharge. Mais il reconnut plus tard que, Taspeet des figures restant le même, le condensateur indiquait parfois un sens différent pour le courant induit.
M. Knochenhauer a trouvé, au contraire, que le courant induit est de sens
> An*, de ck. et de phys. , 2« série, t. LIUY, p. 1 58, et 3« série, t. XXY1, p. 378.