‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 162 sur 186 · INDUCTION PAR LA DÉCHARGE · texte numérisé non relu

INDUCTION PAR LA DÉCHARGE

contraire au courant de la décharge. Il évaluait l'intensité du courant induit, par réchauffement du fil de platine d'un thermomètre électrique (1333) interposé dans le circuit induit, et il jugeait de la direction de ce courant, en faisant passer un courant continu dans le fil de l'instrument, admettant que le courant induit est de même sens que ce dernier quand il augmente l'effet calorifique, et de sens contraire quand il le diminue. Mais M. Matteucci a constaté que les effets calorifiques produits par un courant continu et par la décharge d'un condensateur, s'ajoutent toujours quand on les fait passer simultanément dans un fil. D'un autre côté, l'une des armatures d'une batterie contient de l'électricité libre qui, en circulant dans le fil de communication, peut produire dans un fil voisin une décharge latérale (1335), qui peut être confondue avec un courant induit. Cette électricité libre peut aussi occasionner des erreurs, avec les méthodes de M. Riess, surtout quand on se sert du condensateur. La seule méthode qui semble à l'abri de toute objection, est celle de M. Verdet , dont il nous reste à parler.

1753. Sens de la décharge Induite déterminé par la polarisation des électrodes. — M. Henrici ayant reconnu que la décharge d'un condensateur à travers un liquide, polarise les lames de platine par lesquelles on la produit, M. Verdet a tiré parti de ce fait pour trouver le sens de la décharge induite '. Il fait passer le courant induit, dans un liquide, par l'intermédiaire de lames d'or ou de platine, qui sont polarisées par les dépôts résultant de l'électrolyse du liquide. Ces lames peuvent ensuite donner un courant de sens contraire à celui qui les a polarisées, et d'autant plus intense que la quantité d'électricité qui les a traversées est plus grande. M. Verdet se servait de spirales verticales disposées comme celles de l'appareil de la fig. 1304 Les spirales induites étaient formées d'un fil de 0mm,5 de diamètre, et de 28 mètres de longueur formant 24 tours. Les spirales destinées à recevoir la décharge inductrice étaient formées dc48m d'un fil de cuivre de imm de diamètre, faisant 95 tours. La batterie, composée de 9 jarres, se déchargeait d'elle-même sur un électromètre de Lane (1319).

M. Verdet a reconnu que : 1° lorsque la spirale induite ne présente pas de solution de continuité, le courant induit est de même sens que l'inducteur, comme l'avait trouvé M. Matteucci. Seulement, pour obtenir des traces de polarisation assez prononcées, il faut employer les plus fortes décharges. Cependant, avec les faibles décharges, le courant induit, exploré par les effets magnétiques ou par la commotion , présente une grande intensité. Les deux courants qui se succèdent dans le circuit induit continu, correspondent donc, comme dans le cas des courants voltatques, à des quantités égales d'électricité. 2° Si le circuit induit est interrompu en quelque point, la polarisation est, en général, assez forte, et le sens du courant induit dépend de la grandeur de l'interruption, et de la forme des conducteurs au point

i Annales de chimie et de phy tique, 3* série, t. XX1Y, p. 377.

de séparation. Si l'étincelle d'induction part entre la pointe d'une vis micrométrique verticale et une surface de mercure, le courant induit direct l'emporte sur Y inverse, quand le premier va de la pointe au mercure, quelle que soi! sa distance à ce liquide; et l'intensité du courant induit croît rapidement avec cette distance. Mais quand le courant direct marche vers la pointe, ce n'est qu'à partir d'une certaine distance qu'il l'emporte sur l'autre et que la décharge induite est de même sens que le courant inducteur et augmente d'intensité avec la distance; au-dessous, le sens de la décharge induite varie irrégulièrement, ainsi que son intensité. 3° S'il y a dans le circuit induit, deux interruptions, et deux vis micrométriques, par l'une desquelles arrive toujours le courant direct, les résultats sont, pour toute distance , ceux que nous avons énoncés dans le cas où le courant direct arrive par la pointe. La distance des spirales, leur conductibilité, la charge de la batterie et le sens de la décharge, n'ont pas d'influence sur ces phénomènes. M. Verdet conclut de là que l'interruption affaiblit plus le courant induit inverse que le courant direct. Cela explique, non seulement le sens de la polarisation, mais encore ses variations d'intensité ; car le courant inverse ne pouvant avoir la même intensité pendant toute sa durée, une partie seulement est arrêtée par l'interruption, et cette partie est d'autant plus grande que l'intervalle à franchir est plus considérable. Tout obstacle qui tend à affaiblir l'effet total d'induction, tendra donc à faire prédominer le courant induit direct. Quant à l'influence de l'espèce d'électricité qui arrive par la pointe, quand il n'y a qu'une seule interruption, il suffit pour s'en rendre compte de se rappeler qu'un courant passe plus facilement, d'une pointe à une surface métallique, que dans le sens opposé (4532). Du reste, M. Verdet a constaté par des expériences directes, que la distance maximum que peut franchir la décharge induite, est plus grande quand le courant direct qui en fait partie arrive par la pointe, que lorsque c'est le courant inverse qui se trouve dans ce cas.

M. Verdet est arrivé aux mêmes conclusions, en étudiant la décharge induite secondaire produite par la décharge induite primaire. Il considère cette décharge secondaire comme formée de quatre courants, dont les deux moyens sont de même sens. Ces courants sont sensiblement égaux, et leur réunion ne produit pas d'effet quand le circuit ne présente pas de résistance. Mais une interruption ou tout autre obstacle, fait prédominer les courants d'un certain sens, le plus souvent les courants directs, et cela dépend aussi de plusieurs circonstances, comme la forme des extrémités du conducteur interrompu, la distance, l'intensité de la décharge. On peut rapprocher ces phénomènes de ceux que nousavons signalés antérieurement en parlant de l'écoulement différent des deux électricités par les pointes (1287). 11 semble aussi, d'après les expériences de M. Marianini(1752), que si, au lieu d'obstacles à franchir, le circuit présente seulement une plus grande résistance tout en restant continu, c'est le courant inverse qui doit prédominer.

M. Buff a répété avec soin les expériences de M. Verdet , et il est arrivé

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