‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 174 sur 186 · II. Télêgr&pfcw «uwtrtfMS · texte numérisé non relu

II. Télêgr&pfcw «uwtrtfMS

iftts. Historique. — Dés qu'on eut remarqué la grande vitesse de propagation de l'électricité, on songea à tirer parti de cet agent pour transmettre des signaux. Franklin paraît avoir conçu le premier cette idée, sans qu'il l'ait cependant précisément formulée. Du reste, les propriétés de l'électricité étaient trop peu connues de son temps, pour que cette application fût praticable. Vers la même époque, la télégraphie ordinaire commençait à sortir de l'enfance. Aux feux que, dans l'antiquité la plus reculée, on allumait sur les hauteurs pour correspondre en temps de guerre, aux pavillons que les marins emploient depuis un temps immémorial pour communiquer à de grandes distances , A montons, profitant de l'invention alors récente du télescope, proposa de substituer des signaux faits au moyen de leviers articulés. Il imagina de transmettre ces signaux entre plusieurs stations établies de distance en distance, comme cela avait, du reste, déjà été fait au m* siècle avant notre ère, par Philippe V père de Persée, au moyen d'un système de fanaux. Plus tard vinrent les essais de l'abbé Chappe, auquel on doit rétablissement des télégraphes aériens adoptés en 4793 par la Convention nationale, et l'invention du système de signaux qui a été en usage jusqu'au milieu du siècle actuel. Pendant ce temps-là, les essais de télégraphie électrique se poursuivaient laborieusement, faisant un pas de plus à chaque découverte capitale en électricité. La première expérience fut faite à Genève, en 4774, par Lesage, au moyen de U fils métalliques correspondants aux lettres de l'alphabet. Ces fils étaient noyés dans de la résine contenue dans une auge en bois, et chacun d'eux portait à Tune de ses extrémités, un électroscope à balle de sureau. On faisait communiquer

l'extrémité opposée, avec une machine électrique, et l'électroscope indiquait le fil électrisé, et, par conséquent, la lettre qu'on avait voulu désigner. Ce système fut appliqué, en 1797, entre Madrid et Àranjuez, par M. de Bétancourt; seulement, l'électricité était lancée dans les fils, au moyen d'une bouteille de Leyde. La même année, un physicien français, Lomond, installa dans ses appartements, un appareil analogue, qui excita l'admiration d'Arthur Young. En 1794, Reiser désignait des lettres métalliques fixées à un plateau de verre et communiquant avec le sol, au moyen d'étincelles électriques provoquées par les extrémités arrondies des fils métalliques. Le docteur Salva construisit, en Espagne, un télégraphe semblable avec lequel une nouvelle put être transmise à une grande distance, à l'infant don Antonio.

La pile n'était pas alors connue. Onze ans après la découverte de Volta, Sœmmering, à Munich, employa la décomposition de l'eau pour faire des signaux : 36 fils métalliques isolés étaient tendus entre les deux stations. Des aiguilles en or soudées à l'extrémité de chacun d'eux, plongeaient dans une auge pleine d'eau acidulée. Un des fils était mis en communication par son extrémité opposée, avec le pôle positif d'une pile, et un autre fil, avec le pôle négatif. L'aiguille d'or du premier laissait dégager un petit nuage de bulles d'oxygène, et l'aiguille du second, un nuage plus abondant de bulles d'hydrogène, de manière à désigner deux fils, et par conséquent deux signes à la fois. Déjà, dans ce système, l'emploi de l'électricité dynamique rendait facile l'isolement des fils, et levait ainsi une difficulté insurmontable pour les grandes distances, avec l'électricité statique. Dans l'appareil de Sœmmering, auquel M. Schweger avait apporté divers perfectionnements, on remarquait un avertisseur, destiné à appeler l'attention de celui qui devait recevoir les signaux : le gaz hydrogène dégagé sur un des fils, se rendait dans une petite cloche suspendue à un levier horizontal en équilibre, dans le bras opposé duquel était engagé un anneau. Le gaz soulevait la cloche, et l'anneau, glissant sur le levier, tombait dans un bassin de métal en produisant un bruit retentissant.

En 1820 eut lieu la découverte d'Œrsted, Aussitôt Ampère vit le parti qu'on en pouvait tirer pour faire des signaux ; mais cette idée ne pouvait être utilisée qu'après l'invention du multiplicateur, et ce ne fut que 13 ans après, que Schilling l'appliqua sur une petite échelle, à St-Pétersbourg. Cinq fils de platine, renfermés dans un câble en soie, communiquaient par une de leurs extrémités avec un multiplicateur, et aboutissaient par l'autre, à un clavier semblable h celui d'un piano. On lançait le courant d'une pile, dans un de ces fils, en abaissant la touche qui lui correspondait. Suivant le sens du courant, l'aiguille était déviée d'un côté ou de l'autre; ce qui formait, avec les 5 aiguilles, 10 signes différents. MM. Ritchie et Alexander construisirent, en 1837, fr Edimbourg, un appareil semblable. Il y avait 30 fils tendus entre les deux stations, et 30 aiguilles formant le même nombre de signes. MM. Gauss et Weber employèrent aussi ce genre d'appareil, pour faire communiquer le cabinet de physique et l'observatoire de Gœttingue.

Quelques années plus tard, la facilité de mettre les fils télégraphiques à l'abri de la malveillance, derrière les clôtures des chemins de fer, qui avaient pris un rapide développement, fit disparaître une des grandes préoccupations des inventeurs. La télégraphie électrique présenta dés lors autre chose que des essais, et se développa avec rapidité. C'est en 1837 que M. Wheatstone, en Angleterre, et H. Stenheil en Allemagne, construisirent les premiers télégraphes qui aient fonctionné régulièrement sur de grandes distances. Le télégraphe de M. Wheatstone était installé le long du chemin de fer de Londres à Birmingham, sur une longueur de 1 mille et demi. Il se composait de 5 multiplicateurs, dont on pouvait faire osciller les aiguilles deux par deux, et de 6 fils de communication, dont un pour le retour des courants. On remarquait dans cet appareil, un avertisseur ou carillon, dont le jeu était produit par un électro-aimant qui, en attirant une pièce de fer, dégageait un mouvement d'horlogerie qui faisait battre un marteau sur un timbre. Nous trouvons là la première application de Y électro-aimant à la télégraphie, application dont on a tiré depuis un si merveilleux parti.

Avec l'appareil de M. Stenheil il suffisait de deux fils pour former un grand nombre de signes différents. Deux aimants, mobiles dans un même multiplicateur, étaient déviés en sens contraire par le passage d'un courant, et ils venaient l'un ou l'autre marquer, au moyen d'un crayon, des points plus ou moins rapprochés, sur le contour d'une roue tournant uniformément. De plus, le courant était produit par un appareil d'induction magnéto-électrique. On doit donc à M. Stenheil d'avoir, le premier, produit un grand nombre de signes avec deux fils seulement; d'avoir réalisé le premier télégraphe écrivant, et enfin de s'être servi de courants magnéto-électriques, ce qui, du reste, avait déjà été indiqué par MM. Gauss et Weber.

Vers la même époque M. Morse imaginait le télégraphe enregistreur que nous décrirons plus loin (1822). II dispute à M. Wheatstone la priorité de l'application de l'électro-aimant à la télégraphie, et à M. Stenheil celle de l'invention du premier télégraphe écrivant.

L'année 1838 fut témoin d'un nouveau progrés : on reconnut qu'on pouvait remplacer le fil de retour du courant, par le sol. On put dés lors correspondre avec un seul fil, ce qui réduisit considérablement les frais d'établissement. La télégraphie électrique se trouva dés lors en possession des éléments au moyen desquels elle put marcher rapidement dans la voie des perfectionnements. Les avantages qu'elle présente, la rapidité de la transmission, la facilité d'opérer la nuit, par la pluie, par le brouillard, la possibilité de franchir des distances quelconques sans postes intermédiaires, la faculté de faire passer la ligne par les localités que l'on veut, sans être astreint à choisir les stations élevées, frappèrent tous les esprits. Aussi une foule de physiciens travaillèrent-ils à perfectionner les appareils et le mode de communication ; les artistes les plus habiles s'appliquèrent à donner aux instruments toute la précision et la délicatesse nécessaires, et au bout d'un petit nombre d'années, les divers pays

TELEGRAPHES ELECTRIQUES.

de l'Europe, les Etats-Unis d'Amérique se couvraient rapidement d'un réseau de fils électriques. Des lignes furent établies dans le nord de l'Afrique, dans les colonies anglaises ; et bientôt les mers ne furent plus un obstacle à ce genre de communications.

Nous allons passer à la description des systèmes les plus importants,* principalement de ceux qui ont été adoptés dans différents pays et qui ont reçu la sanction de la pratique. Nous les classerons sous trois chefs principaux : télégraphes à aiguilles, télégraphes à cadran, et télégraphes écrivants ou enregistreurs. Dans tous, il faut distinguer quatre parties principales : 1* la communication entre les stations, formée en partie par des fils métalliques isolés, en partie par la terre ; 2° le manipulateur ou transmetteur, au moyeft duquel on lance l'électricité dans les (ils de communication, pour produire les signaux à la station opposée ; 3° le récepteur placé à cette station, sur lequel les signes se manifestent ; 4° l'appareil qui fournit l'électricité. Cet appareil est ordinairement une pile de Daniell à longue durée (1464).

En Angleterre , on se sert surtout d'auges divisées par des plaques d'ardoise , en compartiments remplis de sable mouillé avec de l'eau faiblement acidulée. Dans les compartiments, plongent des lames de cuivre et de zinc disposées comme celles des piles à couronne (1434). On remplace aussi la pile, par un appareil d'induction. Nous allons d'abord nous occuper des différents systèmes de •récepteurs et de manipulateurs ; nous parlerons ensuite des systèmes de communication entre les stations.

48&3. I. Télégraphes a deux aiguilles. — Nous allons d'abord décrire le télégraphe à deux aiguilles de MM. Wheatstone et Cooke, appareil généralement connu sous' le nom de télégraphe anglais.

Récepteur. — Le récepteur est composé de deux multiplicateurs agissant chacun sur une aiguille indicatrice. AB (fig. 1348) représente un de ces multiplicateurs ; il est placé verticalement, et son système d'aiguilles compensées E, E' est équilibré de manière à prendre de lui-même la position verticale. La fig. 1347 représente l'ensemble de l'appareil, e, è' sont les aiguilles extérieures; des chevilles o,o ; o',o' en limitent les excursions dans un arc de 5° à 6° à partir de la verticale. Les signaux se font en lançant le courant dans un sens ou dans l'autre pendant un temps très court, de manière III 54

Fig. 4347.

Fig. 4348.

à faire battre les aiguilles à droite ou à gauche, sur les chevilles 0,0 ; o\o'. En faisant faire à chaque aiguille 1 , 2 ou 3 mouvements, soit à gauche, soit h droite, on obtient d'abord une quinzaine de signes, parmi lesquels on en a adopté huit. En combinant ces signes deux à deux, on en formerait un grand nombre d'autres, mais on n'utilise, comme étant les plus faciles à saisir, que ceux dans lesquels les deux aiguilles se meuvent parallèlement. Voici les signes représentatifs des lettres de l'alphabet adoptés en Belgique; les plus simples ont été naturellement appliqués aux lettres qui reviennent le plus souvent dans les mots. La lettre g indique un mouvement à gauche, de l'extrémité inférieure de l'aiguille, et la lettre d, un mouvement à droite.

UNE SEULE A1GUILI

M EN MOUVi

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