‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 175 sur 186 · E DROITE · texte numérisé non relu

E DROITE

m=gd

oscillant parallèlement.

ë = gd

wc=gd

•, m=gg

h=ggg

f=dd

o = dd

t=ggg

x = dd

e = dg

lj,J =ddd

l=dg

f* = ddd

n=dg

j=ddd

Le signe +, nommé final ou signe de repos, s'emploie pour marquer la fin des mots. Il y a des signes de ponctuation, d'autres pour représenter les chiffres, pour indiquer certaines phrases ou certains mots, destinés à simplifier la correspondance, etc.

Maalptilatomr. — Pour lancer à volonté le courant dans un sens ou dans l'autre, on emploie le commutateur où' M (fig. 4348). Un cylindre en ivoire a, que Ton peut faire tourner au moyen du levier ou manette M, porte deux chevilles en cuivre c,c\ parallèles à la manette. Ces deux chevilles sont implantées dans des viroles de cuivre qui garnissent les extrémités du cylindre d'ivoire, et qui communiquent par des ressorts s, s' avec les réophores p et n de la pile ; de manière que les chevilles e, c' peuvent être considérées comme les pôles de cette dernière. Deux ressorts r, r', peuvent être poussés par l'une de ces chevilles, et deux autres ressorts /, /', auxquels aboutissent les extrémités dn circuit de la ligne t, F, peuvent être poussés par l'autre, et sont mis en communication l'un avec l'autre par une pièce de cuivre 00'. Enfin, les ressorts Ir et l'r\ sont réunis deux à deux par une lame métallique. Cela posé, si Ton incline la manette M vers la gauche, comme dans la figure, les chevilles c, c' pressent les ressorts V et r, et le premier est écarté de la pièce 0' ; alors, le courant de la pile passe, par le ressort *' et la cheville c, dans le ressort /', puis dans le fil F, circule dans le multiplicateur AB de la station où l'on opère, parcourt le fil de ligne f, circule autour du récepteur de la station opposée, et passe dans

TELEGRAPHES ELECTRIQUES.

son manipulateur. Ce dernier est au repos avec la manette verticale, de manière que les ressorts semblables à /, V s'appuyant en o, o', le courant passe directement de l'un à l'autre. Ce courant va ensuite dans la terre, et revient à la pile qui est au point de départ, par le fil de terre t, le ressort r, la cheville c' et le ressort s. Si l'on incline la manette M vers la droite, il est facile de voir que le courant circule en sens contraire. On voit en mm' (fig. 4347) les deux manettes qui correspondent aux deux systèmes d'aiguilles. Remarquons que le courant passant par le récepteur de la station, celui qui opère voit, sur les aiguilles qu'il a sous les yeux, les effets qui se produisent à la station opposée, et peut reconnaître ainsi si le courant passe bien, et s'apercevoir des erreurs qu'il pourrait commettre. Quand on attend une réponse, on place la manette M verticalement, le circuit est fermé en oo' et les courants qui arrivent de la station opposée, passent parle récepteur AB.

L'index a (fig. 1347) appartient à un interrupteur qui permet de faire communiquer entre elles les deux stations de droite et de gauche, de manière que l'appareil se trouvant en dehors du circuit , ces deux stations puissent communiquer sans faire pouvoir les aiguilles de la station intermédiaire. Ce système ,imaginépar M. Walker, se nomme appareil silencieux.

Le télégraphe à deux aiguilles exige deux fils de communication ; mais c'est un de ceux qui permettent la correspondance la plus rapide : on peut transmettre de 12 à 15 mots par minute, et même jusqu'à 20, dans les circonstances favorables. Cette célérité, la simplicité du mécanisme, la facilité de la manœuvre , forment les principaux mérites de ce système de télégraphe, qui n'exige aussi qu'un faible courant. On peut, du reste, simplifier encore , en se contentant d'une seule aiguille, et d'un seul fil de ligne ; mais alors les signes ne se font plus aussi rapidement, parce qu'il faut K employer un plus grand nombre de battements. Cependant , on peut représenter toutes les lettres de l'alphabet en ne dépassant pas 5 battements pour un même signe. '

1924. Avertisseur. — Dans la partie supérieure de l'appareil , est logée V alarme ou sonnerie d'appel, nommée encore avertisseur. Cet appareil, qu'on peut séparer du circuit en tournant la clef r, consiste en un mouvement d'horlogerie faisant battre un marteau sur un timbre. Une des roues porte un arrêt qui vient butter contre un levier terminé par une pièce de fer doux. Un électroaimant, dans lequel on lance le courant pendant un instant, attirant la pièce de fer doux, écarte le levier, et l'appareil se met à carillonner jusqu'à ce que la roue, ayant fait un tour entier, l'arrêt vienne de nouveau butter contre le levier revenu à sa première position par l'effet d'un ressort.

La figure 1349 représente le système de sonnerie de M. Mirand. Ce petit

Fig. 4349.

ELECTRO-MAGNETISME.

appareil n'est autre chose qu'un trembkur de forme particulière : le courant de la ligne passe, par les boutons n, n', dans l'électro e, en parcourant la partie ar du manche en fer du marteau ro, qui est attiré. Le courant est alors interrompu en r, et le marteau revient sur ses pas sous l'action du ressort a par lequel il est fixé, et le circuit est ainsi fermé en r; le marteau est donc de nouveau attiré, et ainsi de suite. Dans ces mouvements, (fui se succèdent rapidement, la tête du marteau frappe sur le timbre T, tant que le courant passe dans l'avertisseur.

4825. Télégraphe éleetro-magaéCtqae à aiguilles. — Au lieu de produire avec une pile, les courants destinés à faire osciller les aiguilles, on se

'sert aussi d'une machine d'induction magnéto- électrique, qui sert alors de manipulateur. Tantôt un électro-aimant tourne d'un quart de révolution devant les pôles d'un aimant , soit pour s'en approcher et produire un courant induit inverse,, soit pour s'en éloigner et produire un courantdirect ; tantôt on éloigne ou on approche directement cet électroaimant, au moyen d'un levier, dans le sens du prolongement des branches de l'aimant. La première disposition est réalisée dans le télégraphe deM. Henley ; l'aiguille du récepteur est mise en mouvement par un électro-aimant , dans lequel circulent les courants induits instantanés. Si l'on veut agir sur deux aiguilles, on emploiedeuxmanipulateurs, et deux fils de ligne, la terre servant à fermer les circuits.

48S6. n. TiLteiAPHSS a cadiak. — Dès 1840, M. Wheatstone, en perfectionnant sans cesse ses appareils, a été conduit à la construction d'un télégraphe qui? au moyen d'un seul fil de communication, permet de désigner sur un cadran les signes qui s'y trouvent gravés. Cet appareil a reçu, depuis, un grand nombre de modifications. Nous allons d'abord décrire un des modèles que Ton emploie dans les cours, pour la démonstration.

Appareil de démoast ration. — La partie supérieure ABe de la fig. 1350 représente le récepteur. Au centre d'un cercle AB se meut une roue R, garnie de dents obliques en nombre égal à la moitié du nombre des signes gravés en AB. Cette roue porte une aiguille i qui parcourt les signes ; elle est mise en mouvement par les oscillations d'une ancre aa, dont les crochets, en pressant sur le milieu du côté oblique de chaque dent, la forcent à glisser et à s'avancer d'une quantité égale à la moitié de sa largeur; comme on le voit à part en R', où

Fig 4350.

la dent a, pressée par le crochet a', vient en a'. De cette façon, deux mouvements consécutifs et opposés de l'ancre font avancer la roue d'une dent, et font passer l'aiguille i sur deux signes consécutifs. Le mouvement oscillatoire est imprimé à l'ancre par un électro-aimant e, qui sollicite le contact en fer doux e, quand on lance de la station opposée, un courant dans le fil de l'électro. Lorsque ce courant est interrompu, le contact s'éloigne par l'action du ressort de rappel *', dont on règle là tension au moyen de la vis v. On peut donc, connaissant la position primitive de l'aiguille, faire passer le courant et l'interrompre un nombre de fois tel qu'elle vienne s'arrêter sur la lettre que l'on veut désigner.

Dans cet appareil, ainsi que dans ceux que nous allons décrire, on fait en sorte, par les moyens indiqués ci-dessus (4668), que le contact ne vienne pas toucher les surfaces polaires de l' électro-aimant, afin d'éviter le magnétisme rémanent.

Le manipulateur, qui se voit au bas de la figure, consiste en un plateau circulaire fixe P, autour duquel sont gravés, dans le même ordre, les signes du cercle AB. Une manivelle ou manette m peut tourner autour du centre de ce plateau, en entraînant avec elle un arbre vertical sur lequel est affermie une roue à interruption r. Un encliquetage ne permet la rotation que dans un seul sens. La roue r est en métal, et porte des échancrures remplies de bois, en nombre égal à la moitié des signes. L'arbre tournant est en communication constante, par une lame de cuivre b, avec l'un des pôles de la pile p. Un ressort s, qui s'appuie sur le contour de la roue r, laisse passer le courant quand il porte sur du métal, et l'interrompt quand il s'appuie sur du bois. Ce ressort communique, par la bande de cuivre xny avec l'hélice de l'électroaimante(de manière que le récepteur AB fonctionne en même temps que celui de la station opposée), et se joint en n' avec le fil de ligne f. Le courant parcourt ce fil, circule dans l'électro d'un récepteur semblable à AB placé à la station qui reçoit les signaux, et passe dans le sol, avec lequel communique aussi le fil t de la pile. L'aiguille i étant supposée placée, ainsi que la manivelle m, sur le signe +, si Ton transporte cette dernière sur la lettre D, par exemple, on fera passer le courant deux fois, et on l'interrompra deux fois ; l'électro e fera donc faire à l'ancre oaa quatre oscillations, pendant lesquelles la roue R marchera de deux dents, et l'aiguille i franchira quatre signes et s'arrêtera sur la lettre D du cercle AB.

L'accord entre les indication* du récepteur et du manipulateur peut être détruit ; par exemple, quand on tourne trop vite, et que le contact n'a pas le temps de revenir sur ses pas pendant l'interruption du courant. Celui qui reçoit la dépêche s'aperçoit bientôt de l'accident, parce que les lettres désignées ne forment plus de mots connus ; il en avertit son correspondant, et pendant que ce dernier porte la manivelle sur le signe -+- , il en fait autant de l'aiguille de son récepteur, en faisant mouvoir l'ancre avec le doigt.

Pour qu'il soit facile de transporter rapidement la manette m, d'une lettre à une autre, et l'y arrêter sans hésitation, cette manette est articulée avec

l'arbre tournant, de manière à pouvoir s'écarter du plateau, et elle porte en dessous une cheville ou talon qui s'enfonce dans un des crans pratiqués sur le pourtour du plateau, en face de chaque lettre. De plus, la manette porte une large ouverture à travers laquelle on peut voir la lettre sur laquelle on l'arrête. Il suffit donc, pour passer d'une lettre à une autre, de relever la manette, de la porter sur la seconde lettre, et d'enfoncer le talon dans le cran correspondant, où on le laisse pendant un instant, pour qu'à la station opposée on ait le temps de remarquer la lettre sur laquelle s'est arrêtée l'aiguille. Quand on attend la réponse, on sépare le manipulateur, du circuit ; pour cela , on tourne la clavette xy et on la porte en o, ce qui fait communiquer le fil de l'électro-aimant avec un fil de terre V , de manière que le courant venant de la station opposée suive la route fn'ent' .

Fig. 4 352.— </*•

L'appareil que nous venons de décrire, bon pour la démonstration, ne peut être employé pour les grandes distances, parce qu'il faut que le courant conserve assez d'intensité pour déplacer le contact oc avec assez de force pour faire mouvoir la roue R. M. Wlieatstone a fait disparaître cet inconvénient en renonçant à faire jouer à l'ancre le rôle de moteur y et en faisant mouvoir l'aiguille par un mécanisme d'horlogerie; l'électro-aimant ne fait plus alors que déplacer un arrêt qui s'oppose au mouvement de l'aiguille, pour lui permettre de se transporter sur le signe que l'on veut désigner. M. Breguet a appliqué cette idée, en en perfectionnant singulièrement l'exécution, dans le télégraphe que nous allons décrire.

4887. Télégraphe a cadra» de H. Breguet. — La fig. 1352 représente, vu de profil, le récepteur de cet appareil, très employé par les administrations des chemins de fer. ab est le mouvement d'horlogerie, i l'aiguille adaptée à l'arbre de la dernière roue r, et pouvant indiquer successivement 28 lettres ou signes tracés sur un cadran vertical ce. Un levier l peut osciller autour de l'axe o, sous l'influence de l'électro e et du ressort de rappel *, qui peut être plus ou moins tendu au moyen d'un cordon, qui passe dans un anneau a

et s'enroule sur une poulie t. Une petite aiguille x, tournant sur un cadran divisé, permet de régler facilement la tension du ressort, que Ton modifie suivant la force de l'électro-aimant, force qui varie avec celle du courant, qui dépend elle-même de la longueur du circuit et des pertes qu'éprouve l'électricité par l'humidité de l'air. L'extrémité supérieure du levier / porte deux palettes formant fourchette, placées à une distance Tune de l'autre égale à la moitié de la distance de deux dents de la roue r, comme on le voit en a a', oà la roue r et le contact o e' o' sont vus de face. De plus, les palettes ne sont pas dans un même plan parallèle à la roue, comme on le voit en p. L'une des palettes <*! arrêtant la roue, si l'on fait passer un courant dans l'électro , le levier /' est déplacé, la palette «' abandonne la dent qu'elle retenait, et la roue tourne jusqu'au moment où la dent suivante vient butter contre la seconde palettes. Si l'électro-aimant laisse le contact s'éloigner par l'action du ressort», la palette a abandonne la roue, qui marche de nouveau jusqu'à ce que la palette «' soit à son tour rencontrée par la dent qui suit. D'après la distance des palettes, on voit que la roue s'avance de la moitié de l'épaisseur d'une dent, quand le levier /'" fait une demi-oscillation dans un sens ou dans l'autre. — Pour que le jeu de cet appareil soit régulier, et que les mouvements puissent se succéder rapidement, il faut que la masse du contact, l'amplitude de ses oscillations, la tension du ressort de rappel, et la force du mouvement d'horlogerie, soient dans des rapports convenables, afin que les mouvements produits par les actions indépendantes de l'électro-aimant et de l'horloge, se fassent avec une rapidité égale, p est une pédale destinée à faire osciller le contact, pour placer 1 aiguille, à l'avance, sur un signe voulu.

La figure 1351 représente le manipulateur. Un disque métallique, sur lequel sont gravés les mêmes signes que sur le cadran du récepteur, est fixé par trois colonnes sur une table horizontale en bois. La manette ro, disposée comme celle de l'appareil précédent (1826), peut être soulevée et portée successivement sur les différentes lettres, et y être arrêtée au moyen d'un talon qui s'enfonce dans des crans ; elle entraîne dans son mouvement un arbre vertical auquel est fixée une roue métallique rr, dans l'épaisseur de laquelle est creusée une rainure présentant des sinuosités régulières, dont les parties convexes sont en nombre égal à la moitié du nombre des signes. Le disque est représenté déchiré pour laisser voir la roue. Dans la rainure, s'enfonce une cheville adaptée à l'extrémité d'un levier de métal L, qui prend un mouvement d'oscillation autour du point o, pendant que la roue rr tourne sur elle-même. En même temps, l'extrémité de ce levier vient toucher alternativement les arrêts garnis de ressorts a, a'. L'un de ces arrêts, a', communique en P avec l'un des pôles de la pile; l'autre, par la borne R, avec le fil du récepteur de la station, fil dont l'autre extrémité va dans le sol. Le fil de la ligne aboutit en /", f aux axes de deux leviers coudés /, l\ dits conjoncteur», terminés en ressorts que l'on peut transporter successivement sur de petits disques de cuivre T, s,c,c\ T, *', e', c\ dits gouttes de suif, i, «' communiquent avec la sonnerie; c, e' avec la roue à

interruption rr et le levier L, par le disque métallique et par une des colonnes qui lç supportent ; T, T' et t communiquent avec le sol.

Les conjoncteurs étant tournés en s et «', et la manette m placée sur le final +, le fil de ligne communique avec la sonnerie, et le levier L s'appuie sur l'arrêt a; l'appareil est alors au repos. Si on lance un courant de la station opposée, la sonnerie se fait entendre; le stationnaire averti, tourne les conjoncteurs sur e, e, et répond qu'il est prêt. Alors les courants venant de la station de droite passent de f, en «', de là dans la roue rr, le levier L, l'arrêt a et le récepteur qui communique avec R, et dont ils font marcher l'aiguille; de là, ils passent dans le sol, par lequel ils retournent à l'autre pôle de la pile. Pour répondre, il suffit de faire tourner convenablement la manette m. Le courant de la pile, qui arrive en P est établi quand le levier L s'appuie en a\ et il passe, par ce levier, le plateau rr et la goutte de suif e', dans le fil de ligne qui aboutit en f, fait jouer l'aiguille du récepteur de la station opposée, dont la manette a dû être portée sur le final -K et revient à la pile, par la terre.

En temps d'orage, on porte les conjoncteurs en T, T, et le fil de ligne communique avec le sol. Quand ils s'appuient en c, <*', le courant de la ligne ne passe pas par le récepteur de la station, mais il continue sa route et va faire jouer le récepteur d'une station plus éloignée, les gouttes c, c' communiquant avec la continuation du fil de la ligne.

On reproche au télégraphe à cadran la lenteur avec laquelle se succèdent les signes; la manette, devant parcourir une partie d'autant plus grande de la circonférence, que la lettre à signaler est plus éloignée de celle que l'on vient d'indiquer. On ne dépasse guère, en moyenne, une lettre par seconde. De plus, si le récepteur et le manipulateur cessent d'être d'accord, l'erreur se perpétue dans les signaux qui suivent. D'un autre côté, ce genre d'appareil présente cet avantage que les signes alphabétiques sont compris de tout le monde, et que l'appareil peut être manœuvré par le premier venu auquel on a une fois montré la manière d'opérer ; ce qui est très important dans beaucoup de cas, par exemple dans l'exploitation des chemins de fer, où il est très utile que la plupart aes employés puissent, à l'occasion, envoyer et recevoir une dépêche. Aussi s'est-on appliqué à simplifier la manipulation du- télégraphe à cadran, à en rendre le jeu plus sûr et à augmenter la rapidité des signes. L'appareil suivant présente, à ces divers égards, de remarquables perfectionnements.

«8*8. Télégraphe a clavier et a eadraa 4e M. Freateat. — C'est principalement par le manipulateur que cet appareil diffère des autres télégraphes à cadran ; on y distingue un clavier de 28 touches portant les lettres 4e l'alphabet (fig. 1353), et il suffit d'abaisser une de ces touches pour que le signe qu'elle porte soit indiqué sur le récepteur de la station opposée. Pour obtenir ce résultat, il y a au-dessous du clavier un arbre d'acier, figuré à part en ab, à l'extrémité duquel est fixée la roue à interruptions, présentant 14 dents et 14 intervalles. Cet arbre porte des chevilles formant une spire

d'hélice, et en nombre égal à celui des touches. Un mouvement d'horlogerie fait tourner l'arbre et la roue à interruption, avec une vitesse de 2 à 3 tours par seconde, dès qu'en abaissant une des touches on déplace un cliquet engagé dans les dents d'une roue. Chaque touche porte en dessous un m en ton net qui arrête la cheville qui lui correspond, de manière que l'arbre et la roue d'interruption s'arrêtent après que le courant a passé un certain nombre de fois qui dépend de la touche abaissée, et que par conséquent l'aiguille du récepteur a franchi un nombre égal de signes. Dès que la touche est abandonnée à ellemême, elle se relève par l'action d'ut) ressort, et le cliquet, en retombant, arrête le mouvement d'horlogerie. Les deux touches extrêmes correspondent au final -f . 11 y a aussi une touche pour faire partir l'avertisseur. Le plus souvent, les touches sont disposées en deux rangées , comme dans la figure ; alors les chevilles de la première moitié de l'hélice sont arrêtées par la première rangée de touches, et celles de l'autre moitié , par la seconde rangée. — Malgré la rapidité du mouvement de l'arbre , cet appareil est construit avec tant de perfection, qu'on peut faire glisser le doigt au hasard sur le clavier, sans que le récepteur et le transmetteur cessent d'être d'accord.

1889. Télégraphe produisant les signaux 4e Chappe. — Dans ce système, d'abord adopté en France, on s'est proposé de reproduire les signaux des anciens télégraphes aériens. Les appareils, construits par M. Breguet, avec une rare perfection , sont disposés d'après les mêmes principes que le télégraphe à cadran du même artiste (1827) ; mais il y a deux systèmes semblables fonctionnant simultanément , afin do «ombiner les mouvements de deux ailes mobiles ; ce qui exige deux fils de ligne, tandis que les télégraphes à cadran , et le télégraphe de Morse, déjà adoptés dans d'autres pays et ayant reçu la sanction d'une pratique de plusieurs années, n'exigent qu'un seul fil. L'adoption des anciens signaux était donc un pas fait en arriére ; aussi, n'a-t-on pas tardé à les abandonner, et dés 1855 on a commencé à leur substituer le système de Morse.

La fig. 4354 représente l'ensemble de l'appareil à signaux de Chappe. Chacun des deux récepteurs se compose d'un mouvement d'horlogerie, disposé comme celui de la figure 1352 ; seulement, l'aiguille est remplacée par une aile e ou e, formée d'une bande légère de mica , dont une moitié est noircie. Chaque aile peut prendre huit positions différentes en tournant avec la dernière roue du système d'horlogerie, qui n'a que quatre dents. La rainure sinueuse creusée dans la rone du manipulateur ne doit présenter aussi que quatre parties saillantes, ce qui lui donne la forme d'un carré à angles arrondis.

Fig. 4353.

ELECTRO-MAGNETISME .

Fig. 1354.— V*-

On voit fig. 1355, les roues d'échappement r, r' des deux récepteurs, amies systèmes de palettes, a, a', qui laissent échapper, en oscillant, les dents de ces roues. Les palettes a sont mises en mouvement par le levier i, agissant sur la fourchette 6. Ce levier reçoit lui-même, de l'électro-aimant correspondant, et du ressort de rappel «, un mouvement oscillatoire limité par les vis

fixes v, v. A chaque mouvement du levier l en avant ou en arriére, il passe une dent de la roue r, et l'aile saute de £ de la circonférence. Les huit positions qu'elle prend, cou»-.

binées avec les huit de l'antre aile e , forment 64 signes différents. On voit en AB, au bas de la figure, les huit signes qui correspondent à one des positions verticales de l'aiguille de gauche.

Les deux manipulateurs correspondants aux deux récepteurs, se voient enrm, rm (fig. 4354). La manette articulée m porte un talon qui peut s'enfoncer dans un des huit crans d'un plateau vertical , contre lequel elle est pressée par on ressort. Elle entraîne dans son mouvement une roue r, dans laquelle est creusée la rainure quadrangulaire. Cette rainure reçoit une cheville fixée à

l'extrémité supérieure du levier ooe tournant autour d'un axe oo qui traverse la colonne qui porte la roue r, et dont l'autre extrémité se termine par un ressort c qui s'appuie alternativement contre les deux arrêts métalliques isolés a, a'. L'un de ces arrêts, a, communique avec le conjoncteur », qui est en relation avec l'un des pôles de la pile; l'autre arrêt, «', est joint au bouton E, et au fil de l'électro -aimant, fil dont l'extrémité opposée communique avec le sol par la bande métallique t. Enfin, la colonne du manipulateur est en relation, par sa base, avec le fil de ligne f.

Pour envoyer une dépêche, on ; orte la manette dans la position que l'on veut donner à l'aile du récepteur de .1 station opposée, ces deux pièces étant parallèles avant de commencer. Le courant est établi toutes les fois que le

Fig. 1355. —[2/3.

levier oc vient toucher l'arrêta (fig. 1354); il passe de cet arrêt dans le levier cor par la colonne dans le fil de ligne f, qui le conduit au récepteur de la station opposée, d'où il revient à la pile par la terre. On fait de même avec l'autre manette, pour faire jouer l'aile qui lui correspond. Une même pile sert pour les deux parties de l'appareil. Ordinairement, on en a plusieurs de différentes forces, et Ton choisit celle qui convient pour la distance à laquelle on veut correspondre. L'un des fils de chaque pile aboutit à un des boutons P fixés à l'extrémité de bandes de cuivre ; on tourne le conjoncteur n sur la bande qui correspond à la pile que l'on veut employer. Quand on veut recevoir la réponse, on place les manettes horizontalement; alors le levier oc touche l'arrêt a' qui communique avec l'électro-aimant par le bouton E, et le courant venant du fil de ligne /passe, par la colonne, le levier oc et le conducteur a'E, dans l'électroaimant, dont le fil communique avec le sol par la bande de cuivre t. — Quand le récepteur d'une station n'est plus d'accord avec le manipulateur de la station opposée, on ramène la manette et les ailes à la position horizontale, ce qui, se fait, pour les ailes, en agissant sur les pédales p, p.

4830* Télégraphe aotomatiqne de M. Siemens. — Dans les télégraphes à cadran ordinaires, celui qui reçoit une dépêche doit attendre, avant de répondre ou de demander des explications sur un signe mal compris, que son correspondant cesse d'envoyer des signaux. Il en est de même quand il s'aperçoit qu'il n'y a plus accord entre son récepteur et le manipulateur qui fonctionne. Avec le système de M. Siemens, les deux stationnâmes peuvent s'interrompre mutuelle* ment, et converser, absolument comme ils le feraient de vive voix '. Dans ce système, le récepteur et le manipulateur de chaque station sont remplacés par un appareil unique à deux fins, qui fonctionne de la même manière pour recevoir, et pour, envoyer une dépêche. Cet appareil n'est autre chose qu'un trembleur de forme particulière, dont l'armature mobile pousse à chaque oscillation, par le

v moyen d'un cliquet, une roue à dents qui porte l'aiguille indicatrice. Une même pile fournissant un courant continu au circuit, les armatures oscillent synchroniquement aux deux stations, et les aiguilles tournent par saccades, en passant aux mêmes instants par les mêmes lettres. Si maintenant on arrête une des aiguilles sur une lettre, ce qui interrompt les mouvements de l'armature, et si cela a lieu quand celle-ci est au milieu de son excursion, le courant est supprimé dans tout le circuit, et l'aiguille de la station opposée s'arrête sur la même lettre, avec son armature écartée de l'électro-aimant. Si l'aiguille de la première station est abandonnée à elle-même, les deux aiguilles se remettent h tourner jusqu'à ce que l'on arrête l'une d'elles sur une autre lettre. Pour arrêter commodément les aiguilles, il y a autour du cadran, des touches que

% l'on peut abaisser, et qui arrêtent un levier placé en dessous, parallèle h l'aiguille et tournant avec elle.

La fig. 1356 représente les principales pièces de l'appareil de M. Siemens.

t Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XXIX, p 4 OS.

ELECTRO- MAGNETISME.

EE sont les extrémités des branches de V électro -aimant, munies de pièces polaires entre lesquelles oscille autour du point o, le contact ce'. Ce contact entraîne dans ses mouvements le levier oL, qui pousse le cliquet à ressort r, agissant sur la roue à rochet R. Le système est ramené en arriére par le levier ol et le ressort de rappel s, dont on règle la tension au moyen de la vis v. Le

levier oL transmet ses oscillations à une pièce nn\ munie d'oreilles a , a', qui) pousse quand il s'approche des limites de ses excursions. La pièce nri . vient alors toucher alternativement des vis qui l'arrêtent. Le courant de la pile venant de p parcourt l'éiectro-aimant EE, passe en ri , de là dans l'arrêt a, quand le levier oL est abaissé, puis dans le fil de ligne f, arrive à l'autre station, traverse l'appareil qui s'y trouve, et pénètre dans le sol , par lequel il revient à la pile. Ce Halske, marche avec une grande régula-

Fig. 4 356.

télégraphe, très bien exécuté par M.

rite et une grande sûreté.

M. Siemens y a annexé un appareil qui imprime les lettres de la dépêche, et dont voici le principe : une sorte d'étoile, à rayons élastiques, portant chacun à son extrémité une lettre en relief, tourne avec l'aiguille du cadran. Quand celle-ci s'arrête, le rayon qui porte la lettre qu'indique l'aiguille reçoit un coup de marteau qui imprime cette lettre au verso d'une bande de papier, appliquée sur un rouleau garni d'une encre assez épaisse pour ne pas tacher

le papier. Aussitôt, celui-ci se déplace d'une quantité égale à l'espace qui doit séparer deux lettres consécutives. Le marteau est conduit par l'armature d'un électro-aimant puissant animé par une pile spéciale, et dont le circuit se ferme chaque fois que le courant est interrompu , c'est-à-dire à l'instant où s'arrête l'aiguille indicatrice, et par conséquent l'étoile tournante.

1834. Télégraphe MaffBéte-éleetrl*ae a cadran. — Nous aurons donné un exemple des principaux systèmes à cadran , quand nous aurons décrit un télégraphe dans lequel la pile est remplacée par une machine magnéto-électrique, servant en même temps de manipulateur. L'appareil de la fig. 1357 a été imaginé par M. Wheatstone ; c'est une espèce de machine de Clarke, dans laquelle l'éiectro-aimant E reçoit son mouvement de rotation d'une roue dentée r et d'un pignon p. Les lettres sont gravées sur un plateau A, et à chacune d'elles correspond un manche, que l'on amène et que

Fig. 1357.

Ton arrête en face d'un repère H. La roue r' contient, dans l'espace angulaire qui sépare deux lettres du plateau À, un nombre de dents égal à la moitié de celui du pignon p ; de manière que l'électro- aimant fait un demi-tour quand on remplace, devant le repère H, une lettre par la lettre suivante. Les pôles de l'électro-aimant étant d'abord en présence de ceux de l'aimant, il se forme deux courants consécutifs de même sens, qui se confondent en un seul. Si l'on fait faire un tour à l'électro-aimant, il se produit deux courants induits consécutifs de sens contraire ( 1 737 ) ; de manière qu'il passe deux signes par tour, sur le récepteur à cadran , de même qu'il en passe deux du plateau A devant le repère H. Le récepteur est disposé comme celui des autres télégraphes h cadran ; seulement M. Wheatstone y apporte quelquefois une modification ingénieuse : il remplace l'aiguille par un disque de carton portant les lettres, et caché par un écran. Un guichet pratiqué vers le haut, permet de voir passer les lettres, et de distinguer celles qui s'arrêtent pendant un instant.

4838. III. Télégraphes enregistreurs. — Nous avons vu que M. Stenheil a le premier imaginé d'écrire des signaux au moyen de l'électricité. Pendant qu'il se livrait à ses essais , M. Morse, professeur à New-York , imaginait le télégraphe enregistreur qui porte son nom ; il le fit connaître en 1837, mais il en avait conçu l'idée dès l'année 1832.

Télégraphe de Morse. — Cet appareil, désigné souvent sous le nom de télégraphe américain, est d'une simplicité admirable ; il a été adopté successivement en Amérique et dans presque tous les Etats de l'Europe. La fig. 1358 représente un modèle du récepteur. U L est un levier pouvant osciller autour de l'axe o, sous l'influence de l'électro-aimant E et du ressort ' de rappel «, et dont les oscillations sont limitées par les têtes de vis v, v. Ce levier porte en L' une pointe émoussée en acier, ou style, qui s'appuie sur un ruban de papier nn, enroulé sur le dévidoir D, et constamment, entraîné par deux rouleaux tournants r, r', entre lesquels il est pressé comme entre les cylindres d'un laminoir. Un de ces rouleaux, r', est mu par un mouvement d'horlogerie A8, qui se monte au moyen de la clef C. M. Mouilleron a séparé les rou-

Fig. 1358. — \jk.

leaux r, r', des rouages qui, dans les anciens appareils, se trouvaient au-dessous et en gênaient r accès.

Quand le levier s'élève en L', la pointe fait, par pression, sur le papier, un trait plus ou moins long. Une rainure pratiquée circulairement sur le cylindre r, au-dessous du style, facilite le refoulement du papier ; et une rainure semblable du cylindre r' empêche l'empreinte d'être effacée quand le ruban passe entre les deux cylindres. Si le courant ne passe dans l'électro-aimant que pendant un instant, le style trace un point un peu allongé ; si le courant passe pendant un temps plus long, le style marque un trait. C'est par la combinaison des points et des traits que l'on forme les différents signaux. Voici le tableau des combinaisons adoptées en France :

• •• m • a a* • • m m • a • a» a as as as a a as aa • a* a» a» a» • a

stnttvwx y m

Le mouvement d'horlogerie ne doit être en marche que pendant la transmission des signaux ; dans certains appareils, la première oscillation du levier L'L déplace un arrêt qui fait partir l'horloge. On préfère, aujourd'hui, confier ce soin au stationnaire, qui met les rouages en mouvement, en poussant la tige l dès qu'il entend le bruit que fait le levier oscillant. Ce bruit est même assez fort pour dispenser d'avoir une sonnerie d'appel. Avec l'appareil de M. Morse, on peut écrire de 40 à 14 mots far minute, et en déchiffrer un

nombre double, sur le ruban de papier.

Dans certains cas , on a pu écrire jusquVi

84 lettres par minute.

flaaipulateor. — Ce petit "appareil,

'désigné sous le nom de clef m levier-clef,

consiste en un levier métallique o m Fig. 4359. — 1/3- ^9' *359) » mobile autour de l'axe o qui

communique avec le fil de ligne f. La borne ou enclume c communique avec l'un des pôles de la pile. Si l'on abaisse le levier, en appuyant la main sur la tête m, le marteau a vient toucher l'enclume c, et le circuit est fermé. Quand on cesse d'appuyer en m, le levier se relève par l'action du ressort r, et le circuit est ouvert. Il suffit donc, pour produire à la station opposée, des points ou des traits, d'appuyer sur la tête m pendant un temps très court, ou pendant un temps double ou triple du premier. La vis v sert à régler l'amplitude des oscillations du levier. %

M. Morse a aussi imaginé plusieurs dispositions, dont quelques-unes ont •été de nouveau indiquées après lui, au moyen desquelles la dépêche est préparée à l'avance et est ensuite transmise par l'appareil lui-même. Par exemple, il découpe les extrémités de bandes de cuivre, de manière à y laisser >des saillies rectangulaires plus ou moins larges représentant des traits et des points, et formant les divers signes; puis, il dispose ces bandes à cô: édes autres dans le môme plan, de manière à former les mots de la dépêche, comme dans une composition d'imprimerie. Il fait ensuite passer ce système sous un ressort, qui est soulevé par les parties saillantes de manière à fermer le circuit, et qui retombe en l'ouvrant, pendant le passage des parties basses. D'autres fois, ces bandes de cuivre sont arrangées en hélice autour d'un cylindre qui tourne au-dessous du ressort. Mais on préfère confier la manœuvre •de l'interrupteur aux employés, qui ont bientôt acquis l'habitude d'opérer avec une rapidité et une sûreté merveilleuses, et même de connaître la dépêche, soit à l'inspection des mouvements du style, soit au son qu'il produit en formant les points et les traits ; les premiers sont accompagnés d'un bruit semblable à celui que l'on produit en prononçante, et les seconds, en prononçant e/o-o.

4833. Relais. — Le jeu du télégraphe de Morse exige un courant assez intense ; il faut donc, si la distance est con- Fig. <360. — 4/6.

sidérable, disposer d'un grand

nombre de couples. On évite cette nécessité par l'emploi d'un relax, appareil imaginé par M. Wheatstone, et qui lance dans le récepteur, le courant d'une pile voisine, de 3 ou 4 couples, dite pile locale, précisément à l'instant où le courant de la station opposée est lui-même lancé dans la ligne. Il existe plusieurs espèces de relais ; la fig. 1360 représente un des systèmes les plus simples. Le courant de la ligne ft met en activité un électro-aimant ; celui-ci abaisse le levier L mobile autour de l'axe 0, et le met en contact avec une vis v qui communique avec l'un des pôles de la pile locale P, de manière à fermer le circuit de celle-ci, dont l'autre pôle communique, par le ressort de rappel r, avec le levier L. En R, est placé le récepteur, qui est mis ainsi en mouvement par la pile locale.

M. Siemens a imaginé un relai (fig. 1361) qui marche sous l'influence d'une très faible force. E, E' sont les pôles opposés de deux électro-aimants simples parcourus par le courant de la ligne. Aux deux bases des cylindres de fçr, sont fixées des pièces de fer doux, dont une se voit en c et c'. Le cylindre qui porte (a pièce c', peut tourner dans sa bobine autour de deux pointes s'enfonçant au centre de ses bases, tandis que la pièce c est fixe, ainsi que le cylindre qui la porte. Quand le courant de la ligne passe dans les électros E, E',

ELECTRO-MAGNETISME.

la pièce c' est attirée par la pièce c, et le bras en coivre b vient toucher l'arrêt a, qui communique avec l'un des pôles de la pile locale, dont l'autre pôle n communique avec le bras b par le ressort de rappel s. Quand le courant cesse de passer en E,E', le bras b vient butter contre un arrêt isolé a' . La vis v sert à régler la position d'une plaque qui porte les arrêts a, a', et la vis v, à régler la tension du ressort de rappel s.

11 est difficile, dans la construction des relais, d'obtenir un rappel suffisamment, prompt de l'armature mobile, tout en donnant au ressort assez peu de force pour qu'il cède quand on emploie un faible courant. M. Hipp a imaginé

de remplacer le faible ressort de rappel par deux forts ressorts antagonistes , en leur laissant une différence de force très petite. Le rappel du levier est alors beaucoup plus rapide.

M. Hipp a aussi apporté au télégraphe de Morse une modification au moyen de laquelle on peut se passer du relai et de la pile locale : il charge le mouvement d'horlogerie d'imprimer au levier écrivant, les mouvements par lesquels sont tracés les points et les traits. L' électroaimant ne fait plus alors que mettre ce levier en rapport avec les rouages quand le courant de la pile passe. Le levier se retire ensuite dès que le courant est interrompu.

«834. Translateur. — M. Stenheil a ajouté au télégraphe de Morse un système, nommé translateur, au moyen duquel un message reçu à une station peut être transmis à la suivante sans l'intervention des employés de la première. Le levier L (fig. 1358) porte un prolongement T, qui vient s'appuyer, à chaque oscillation, sur un bouton, de manière à fermer le circuit de la pile principale de la station, circuit dont fait partie le récepteur de la station suivante. On peut aussi laisser passer la dépêche par les stations intermédiaires sans qu'elle s'y inscrive. Pour cela, la station k laquelle est destinée la dépêche ayant été désignée, les employés des stations intermédiaires tournent un conjonéteur de manière que le relai lance vers les stations suivantes le courant de la pile principale ; la pile locale qui fait jouer le récepteur étant alors séparée du relai.

1 83S. Les télégraphes enregistreurs offrent l'avantage précieux de conserver les signaux transmis, ce qui met à l'abri des erreurs de lecture et de transcription. De plus, les erreurs restent isolées et n'ont pas d'influence sur les signes suivants. Aussi le télégraphe de Morse a-t-il été promptement adopté. Le seul reproche qu'on puisse lui faire, c'est d'être un peu lent ; la nécessité de laisser un intervalle assez grand entre les groupes qui représentent les lettres, fait surtout perdre du temps. De plus, la lecture de la bande écrite est pénible, surtout à la lumière de la lampe. M. Morse a essayé successivement différentes sortes de crayons, des styles forés remplis d'encre ; mais il en est

Fig. 1861 bis.

revenu à la pointe d'acier. M. John a levé la difficulté en armant le style d'une petite molette plongeant dans l'encre par sa partie inférieure. La fiy. 1361 bis représente une autre disposition très employée en France.

Le ruban de papier p p p glisse sur un cylindre o, qui lui fait faire le genou, et au-dessus duquel passe une chaîne sans fin , enduite d'encre grasse par le rouleau r. Cette chaîne est entraînée par les poulies n, n. Quand le levier L c s'abaisse, en obéissant à l'électro-aimantE, il presse, au moyen d'une cheville c, la chaîne sur le papier, en c, et celle-ci y imprime un point ou un trait, suivant la durée du contact. L'effort à faire ici est assez faible pour qu'il n'y ait plus besoin de relai.

1836. Télégraphes électro-chimiques.— En 1839, M. E. Davy construisit un télégraphe écrivant des signes au moyen de la décomposition del'iodure de potassium, appareil compliqué, qui exigeait trois fils de ligne. Plus tard, M. Bain a imaginé le système suivant : Un plateau circulaire en métal, sur lequel est appliquée une feuille de papier humide imprégnée d'une dissolution de cyanure de potassium, tourne sur lui-même. Un style d'acier, constamment appuyé sur le papier, reçoit l'électricité positive de la pile placée à la station opposée, pendant que le plateau reçoit le fluide négatif. Quand le courant pas?e, il traverse le papier humide et décompose le sel; le cyanogène se porte sur le fer du style en produisant du bleu de prusse, qui forme des points ou des traits, suivant la durée du passage du courant. Un bras à vis qui s'allonge peu à peu porte le style, de manière à lui faire décrire une spirale sur laquelle sont distribués les signes. On voit que dans cet appareil, il n'y a plus d'électroaimant, le style restant toujours appuyé sur le papier Mamlpolateor. — Au lieu du levier-clef de Morse (1832), M. Bain emploie 4 une disposition ingénieuse, qui peut s'appliquer aux autres télégraphes enregistreurs. La dépêche est préparée d'avance en traits et points percés à jour sur un ruban de papier engagé dans le manipulateur, où il passe sur un cylindre métallique tournant. Un style émoussé s'appuie sur le cylindre et en est séparé par le papier, de manière à interrompre le courant, qui va du cylindre au style ; mais quand un point ou un trait passe sous celui-ci, il vient toucher le cylindre, et le circuit est fermé momentanément. M. Bain pouvait ainsi enregistrer jusqu'à 1,500 traits ou points par minute.

1837. Télégraphes antographlqnes. — Les télégraphes autographiques, reproduisent le fac-similé d'une écriture, d'une signature, d'un dessin tracés k la plume. M. Blackwel a, le premier, obtenu ce résultat, en 1849 : Imaginons, à chacune des stations, un cylindre métallique tournant, sur lequel s'appuie un style d'acier ayant un mouvement continuel de va et vient, suivant les arêtes du cylindre. La dépêche est écrite avec une encre un peu épaisse, sur du papier

818 PANTÉLÉ0RAPHJ8 GASBLU

d'étain que l'on applique sur le cylindre du transmetteur. Ce cylindre est en relation avec un des pôles d'une pile, tandis que le style communique avec le fil de ligne. Le récepteur est disposé de la même manière; seulement, le cylindre est recouvert d'une feuille de papier imbibée de cyanure de potassium, sur laquelle le style forme des hachures bleues. Mais quand le courant est intercepté , au moment où le style du transmetteur porte sur un trait i 1 encre la

ligne bleue est interrompue par un espace blanc de longueur égale à l'épaisseur du trait i l'encre.

On voit, d'après cela, que le facsimilé sera reproduit par des blancs, réservés sur un fond de hachures bleues.

18S8. Paatélécrapke Cfr- Mlii. — Dans l'appareil de M. Blackwell, les points blancs réservés sont souvent remplis , à cause des perturbations atmosphériques , ou parce que le fil de ligne ne se décharge pas instantanément. Dans le système de M. Caselli, les traces bleues se produisent quand, le style do transmetteur s'appuyant sur un trait i l'encre, le courant est interrompu. Le fac-similé de la dépêche est donc tracé en lignes bleues sur fond blanc.

La fig. 1362 représente le transmetteur de cet appareil. Pp est un pendule de 3 mètres de longueur, suspendu à un bâti en fonte HH , et dont la lentille , pesant 8 kilogrammes, est formée d'une pièce de fer P, lestée par du plomb. Les oscillations de ce pendule sont entretenues par les actions alternatives des électro-aimants E, E', et sont synchrones avec celles du pendule tout semblable du récepteur. Pour remplir cette condition, un chronomètre régulateur, dont le pendule Q oscille deux fois plus vite que le pendule pP, est traversé par le courant d'une pile locale G, toutes les fois que le pendule Q vient presser la pièce o, écartée par le ressort r. Le courant suit alors le fil F, se bifurque en n, et se rend dans l'un ou l'autre électro-aimant, par les fils fou f , en traversant des interrupteurs i, i', dont un est représenté à part en I. Quand le pendule p?

Fig 136*.

TÉLÉOaAPHBS ELECTRIQUES.

approche de F électro-aimant E, il pousse le bouton x de la lame g, et le circuit est fermé en i. Alors, le pendule est attiré par l'électro ; mais, avant qu'il ne le touche, le pendule Q a ouvert le circuit en or, et la masse P est libre de revenir sur ses pas. Quand elle arrive près de l'électro E, le pendule Q, qui oscille deux fois plus vite, ferme le circuit en or, le bouton x le ferme en i, 1, et la masse P subit une attraction, qui cesse bientôt par le retour du pendule Q, qui ouvre le circuit en or. — On obtient le synchronisme des appareils des deux stations, en faisant tourner la vis tnicrométrique v qui, tendant plus ou moins le ressort r, fait varier l'amplitude et, par suite, la durée des oscillations du pendule Q.

Voyons maintenant comment est disposé le mécanisme enregistreur. Le pendule j>P, que Ton peut retenir au repos au moyen d'un arrêt k, transmet ses oscillations, par la bielle B, à un levier l, soutenant une barre horizontale hh\ équilibrée par les masses ro, m'. Cette barre entraîne deux styles en fil métallique très fin s, «', dont les pointes rasent deux portions de cylindres métalliques G, C\ sur lesquelles sont appliquées deux dépêches écrites avec une encre un peu épaisse, sur du papier argenté. A chaque oscillation, chacun de ces styles se déplace de £ de millimètre, parallèlement à hhr9 de manière qu'il balaye peu à peu toute la surface cylindrique.

La fig. 1362 bis montre comment on obtient le déplacement latéral du style. LV est le levier, oscillant autour de l'axe o, et V la section d'une longue vis, qui se voit au-dessous de hv (/ty. 1362) et.qui mène un écrou vu à part en u (fig. 1362 bis). Cet écrou est guidé par une règle fixe e, et pousse le style s le long d'une autre règle r, qui peut légèrement basculer autour d'une de ses arêtes. A la fin de chaque oscillation, un cliquet à fourchette ce, mobile autour du point c, vient buter contre un arrêt a, et pousse alors une roue à rochet fixée à la vis. Celle-ci tourne de ^ de tour et fait avancer l'écrou u, de £ de millimètre. En même temps, la fourchette entraîne les boutons 6,6', et la règle r bascule autour d'une ses arêtes, en relevant le style s pendant une des demi-oscillation, et l'abaissant sur la surface cylindrique, pendant l'autre. L'expérience ayant montré que les traces ne sont nettes que pendant le mouvement dans un sens seulement, c'est pour utiliser le mouvement de retour qu'on expédie deux dépêches à la fois.

Le récepteur est fait comme le transmetteur; seulement, le papier argenté est remplacé par du papier imbibé de cyanure de potassium, et le style est en fer. Toutes les fois que le style du transmetteur passe sur un trait à l'encre, qui rompt le circuit, un courant passe par le style du récepteur et trace un trait bleu de longueur égale à la largeur du trait d'encre à l'endroit traversé; de manière que les traits tracés sur le papier argenté sont reproduits en hachures parallèles très serrées, comme on le voit dans le mot Caselli (fig. 1363).

Fig. 1362 bis.

ÉLECTRO-MÀGNÉTISMR.

Voici maintenant comment est établie la communication entre le transmetteur et le récepteur. P (fig. 4363) est une pile, distincte de celle qui fait mouvoir les pendules, dont le courant se rend par le fil B dans le fil de ligne L, en traversant une petite pile locale p, donnant un courant de môme sens. En /r, le premier courant traverse une autre pile locale symétrique de p, passe par le récepteur électro-chimique R, et retourne à la pile P à travers la terre, par fta. Le courant de P peut aussi passer par le circuit BT«, et le transmetteur T.

Quand le style du transmetteur repose sur un trait d'encre, qui isole, le courant de P passe par la ligne L, en s'ajoutant à celui de p, qui, affaibli par les pertes, ne détruit qu'en partie celui de p'; et une trace bleue se forme en R. Quand, au contraire, le style s'appuie en T sur le métal, la pile P se dé-

Fig. 1363.

charge par BTa, et la ligne, plus résistante, ne reçoit rien. Le courant de p est détruit par celui de p\ qui même l'emporte en R à cause des pertes de la ligne, et qui, étant inverse du courant de P, détruit en R le reste de ce courant, sans décharger la ligne L; et c'est là la destination des petites piles p, p'.

183a. Transmission sfnraltamée , et en sens livene , des dépêches par on Même m. — Ce problème, au premier abord insoluble, a été résolu

Fig. 1364.

par M. Gintl, en 1853, puis par MM. Siemens, Halske, Edlund, Wartmann. Pour arriver au résultat, il suffit de pouvoir faire fonctionner simultanément les relais placés aux deux stations (4833).

La fig. 1364 donnera une idée du principe commun adopté par les divers nventeurs. Les deux stations sont disposées de la même manière, et les mêmes lettres sont attribuées aux mêmes objets. EE est r électro-aimant du relai, P la lpile principale. Le fil positif se bifurque en o, et ses deux moitiés, parfaitement égales, s'enroulent en sens contraire autour de l'électro -aimant en faisant le même nombre de tours, puis passent par un réomètre différentiel r. Les denx

TKLÉGUAPHES ÉLECTRIQUES. 821.

branches se séparent ensuite ; l'une forme le fil de ligne f, et l'autre représentée en ligne ponctuée /, communique avec le sol en T, après avoir passé par un réostat R. Le fil négatif de la pile vient en c, où se trouve un levier-clef au moyen duquel on peut le faire communiquer avec le sol, ou interrompre la communication. On commence par régler le réostat R de manière que les deux courants qui partent du point o soient de même intensité , ce qu'indique le réométre r ; alors l'électro-aimant qu'ils parcourent en sens contraire est à l'état neutre. Cela posé, si Ton fait jouer la clef c, le courant de la pile P, qui ne produit aucun effet en EE, fera fonctionner le relai E'E' de la station opposée ; car le fil f communique avec le sol par le point de jonction o' et le fil l'T ; et, de plus, ce courant aimante l'électro-aimant E'E', car il passe en o de Tune à l'autre des deux parties de fil enroulées en sens contraire. Si en même temps un courant est lancé de la pile P7 dans le relai EE, on voit que ce dernier fonctionnera; puisqu'il y aura autour de l'électro-aimant EE, indépendamment des courants contraires venant de P, le courant arrivant de P', qui rompra l'équilibre magnétique.

1840. De quelques antres systèmes de télégraphes électriques. — Nous avons vu qu'on a employé, pour faire des signaux télégraphiques , les répulsions électriques , l'étincelle , la décomposition de l'eau , l' électro-magnétisme, et enfin la décomposition de certains sels. H nous reste, pour compléter cette énumération, à dire un mot de quelques autres systèmes. Nous citerons d'abord, à cause de sa singularité, celui qu'a proposé, en 1839, M. Worselman de Heer. Partant de ce principe que les actions physiologiques se manifestent à une plus grande distance que les actions pby&MjB** et chimiques, il dispose un clavier de 10 touches en métal sur lesquelles on appuie les 10 doigts des mains, et une commotion excitée dans un des doigts par l'électricité partie de la station opposée, indique le signe auquel correspond la touche sur laquelle ce doigt est posé. On ne peut s'empêcher d'être frappé d'une vive surprise en éprouvant ainsi une sensation provoquée par un correspondant placé à une immense distance ; il semble qu'on a communiqué avec loi directement par le toucher. Pour avertir ou réveiller le stationnaire , l'inventeur proposait de lui faire porter une ceinture en partie métallique, par l'intermédiaire de laquelle il devait recevoir une commotion assez forte pour appeler vivement son attention.

M. Stenheil a imaginé de produire des signaux au moyen de sons. Il faisait .frapper les deux aimants de son télégraphe enregistreur (1822), sur deux timbres rendant des sons différents, et il réalisait ainsi le premier télégraphe auditif. M. Mirand a appliqué sa sonnerie (1824) au même usage ; en pressant un bouton, on ferme le circuit, et l'appareil sonne. Si l'on n'appuie le doigt que pendant un temps très court, on n'a qu'un simple coup de marteau sur le timbre; si l'on maintient la pression pendant un peu plus de temps, on obtient un roulement. En combinant des coups simples avec des roulements, on peut produire toutes sortes .de signes , comme dans le télégraphe de Morse en

combinant des points et des traits. H. Mirand a appliqué avec succès ce système télégraphique aux grands établissements, hôtels, bains publics, manufactures, etc., où il remplace avec avantage les sonnettes et autres moyens d'avertissement, et se prête à une multitude de modes variés de communication.

On a aussi construit beaucoup de systèmes de télégraphes imprimant les dépêches en caractères ordinaires. Ce sont des appareils généralement lents et compliqués. Cependant divers inventeurs s'appliquent avec ardeur à les perfectionner, et déjà Ton est parvenu à les simplifier dune manière remarquable. Il faudrait des volumes pour décrire les divers systèmes télégraphiques qu'on a imaginés et qu'on imagine tous les jours '. On s'attache particulièrement aujourd'hui à augmenter la rapidité de formation des signes, la plupart des lignes télégraphiques ne pouvant fournir à la transmission des dépêches qui leur sont confiées.

Fig. 4364. Fig. 4365. Fig. 4366. Fig. 4367.

1841. ois 8NYÈU8 DE UAflWUSioi — Il nous reste à parler des divers circuits au moyen desquels on fait communiquer les postés télégraphiques. On emploie trois systèmes différents : fUs aériens, fils souterrains, et fis sous-marins.

Fils aérfeas. — Les fils aériens sont le plus généralement employés; on les a faits d'abord en cuivre, métal le meilleur conducteur ; mais le haut prix de cette substance a fait préférer les fils de fer, quoiqu'ils conduisent environ 7 fois moins. Pour compenser, on leur donne une grande section. En France et en Angleterre, on se sert de fils de fer de 4mm de diamètre galvanisés, pour les préserver de l'oxydation (1591). Ces fils sont soutenus , à des distances qui varient de 20 à 50 mètres, et à des hauteurs de 6 à 10 mètres, par des poteaux en bois de pin, injectés, pour qu'ils se conservent plus longtemps, avec du sulfate de cuivre ou du pyrolignite de fer, par le procédé de H. Boucherie. Pour que les fils soient isolés, on les suspend h des pièces de porcelaine, de verre ou de faïence fixées aux poteaux. En France, on se sert d'espèces de cloches en porcelaine vernie, sous lesquelles est scellé au soufre, un crochet de fer qui se trouve ainsi à l'abri de la pluie, et dans lequel passe le fil, a (fig. 4364). Aux endroits où le fil doit changer de direction, on le fait passer

* Y. Exposé dis appl. de Yilect., at Revue detappl. <fe YiîccL (4 859), par M. Du Moral.

dans des anneaux en porcelaine a', portant une embase par laquelle on les fixe au poteau. En Angleterre, on dispose souvent , à travers les poteaux , des tubes en faïence que traversent les fils ; d'autres fois, ces tubes sont fixés sur une planche séparée du poteau par une plaque de faïence, comme on le voit (fig. 1365) ; un petit toit, formé de deux plaques d'ardoise, préserve ces tubes de la pluie. En Suisse et en Allemagne, le fil fait un ou deux tours sur une espèce de champignon en verre de bouteille, surmontant le poteau, c (fig. 4366), ou un bras coudé fixé au poteau , c'. A des distances de 500 à 1000 mètres, se trouvent des mâts plus forts que les autres, dits poteaux de traction ou tendeurs, auxquels est adapté un système de deux petits treuils en fer galvanisé* (fig. 4367) soutenus par un chapeau en porcelaine, et autour desquels s'enroulent les extrémités des fils, de manière qu'on peut les tendre plus ou moins. Un rochet à cliquet les empêche de se dérouler. Le long des édifices, les fils sont soutenus sur des barres de bois verticales portées par des consoles enfer fixées au mur. Sousjes tunnels, le fil passe dans des anneaux en porcelaine, et, à cause de l'humidité qui y règne habituellement, il est recouvert de gutta-percha. Quand on a plusieurs fils à soutenir, on les suspend aux mêmes poteaux. Cependant, dans certains pays, comme en Allemagne et en Suisse, on dirige les différents circuits qui joignent deux stations principales, par des lignes de poteaux différentes, ou en polygone, ce qui présente l'avantage de pouvoir servir un plus grand nombre de stations secondaires; déplus, si un accident arrive à un des circuits, la communication entre les deux stations principales n'est pas interrompue.

Par les temps de pluie ou de brouillard, une partie de l'électricité passe dans le sol par les poteaux, ce qui se reconnaît au moyen d'une petite boussole de siuus qui sert à éprouver le courant dans chaque station, et alors on ajoute quelques couples. En même temps, on détend le ressort de rappel des récepteurs qui en possèdent un, pour mettre sa force en rapport avec cçlle de Télectro-aimant. La pile est ordinairement composée de 28 couples, dont la moitié environ ne sert pas habituellement.

1849. latroduetlon de la terre daas le elrenlt. — Nous avons vu (1600), que Watson a déchargé des bouteilles de Leyde, au moyen d'un circuit dont le sol faisait partie sur une longueur de 2 milles. Après la découverte de Volta, plusieurs physiciens purent produire des commotions avec une pile isolée, dont les pôles étaient réunis de la même manière. Dés lors, M. Feschner pensa qu'on pourrait utiliser la conductibilité du sol, dans la télégraphie électrique, dont les premiers essais venaient d'être faits. Plus tard, en 4838, M. Stenheil remplaça par la terre, le fil de retour de son télégraphe écrivant. M. Jacobi, M. Bain et MM. Wheatstone et Cooke reconnurent ensuite que, non seulement la terre peut être substituée au fil de retour, mais encore que la résistance du circuit total est alors considérablement diminuée. Il résulte enfin des expériences faites par M. Matteucci en 4844, et de celles de M. Breguet sur la ligne de Paris à Rennes, que la terre n'oppose pas de

résistance sensible au courant; car l'intensité de ce dernier devient double, quand on remplace le fil de retour par le sol. M. Smaasen, dans un travail mathématique sur la propagation de l'électricité dans un corps solide à trois dimensions, a appliqué ses formules à la terre considérée comme conducteur réunissant deux pôles de la pile, et il est arrivé à cette conclusion, que la résistance est indépendante de la distance des électrodes l.

Du rôle que remplit la terre dans la transarieeioa. — Un fait important , c'est que , si plusieurs fils réunissent plusieurs appareils fonctionnant simultanément dans les mêmes stations ou dans des stations différentes, de manière que tous les circuits soient fermés par la terre, c'est-à-dire par un même conducteur, on trouve que chaque appareil fonctionne régulièrement. Les expériences de M. Marianini sur les courants qui traversent simultanément un liquide (1598), devaient faire prévoir ce résultat. Toutefois on n'est pas d'accord sur le rôle que joue le sol dans cette circonstance; on admet généralement que le courant parcourt la terre de la môme manière qu'un conducteur métallique, et que, s'il n'y a pas de résistance, cela tient à ce qu'elle présente une section indéfinie. Cette manière de voir est confirmée par les expériences de M. Matteucci 2, qui a reconnu que la résistance de la terre est sensible et augmente avec la distance des électrodes, quand cette distance est moindre que de 50 mètres. De 60 à 100 mètres, l'intensité du couraut cesse de diminuer, et au-delà elle commence à augmenter, et la résistance de la terre finit par devenir nulle ; c'est que plus la distance est considérable, plus est grande l'étendue transversale dans laquelle se dissémine l'électricité. Cependant quelques physiciens, parmi lesquels nous citerons M. de La Rive, pensent que la terre joue un rôle tout différent. Ils admettent que les électricités , qui y arrivent sont absorbées par le réservoir commun et sont comme anéanties ; ce qui expliquerait pourquoi la résistance est nulle dans le cas des grandes distances. A l'appui de celte explication, on fait remarquer qu'un courant peut avoir lieu avec une seule électricité, quand elle est absorbée, par une cause quelconque, à l'extrémité d'un fil conducteur; par exemple, quand elle est condensée dans une batterie à grande surface, quand on fait écouler dans le sol l'électricité empruntée à l'armature extérieure d'une batterie isolée dont l'armature intérieure se décharge dans l'air par des pointes. Dans les expériences de M. Faraday et de M. Wheatstone avec des fils télégraphiques enveloppés de gutta -percha (1604), des courants ont aussi été obtenus au moyen d'une seule électricité. L'explication dans laquelle on considère la terre comme un réservoir absorbant, est donc vraisemblable. En outre, les partisans de cette explication considèrent comme une objection à l'autre opinion, le fait de l'entrecroisement, sans se nuire, de plusieurs courants à travers le sel; il semble que l'électricité positive d'une pile va chercher et choisir pour la neu-

1 Annales de chimie et de physique, 3« série, t. XL, p. 246. . 2 Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XXXI, p. tti .

traliser, la négative- de la même pile, ce qui parait bien difficile à concevoir. Mais, outre que les expériences de M. Marianini, que nous venons de rappeler, prouvent que plusieurs courants peuvent traverser dans différentes directions une même masse liquide, remarquons qu'il n'est pas nécessaire d'admettre que l'électricité positive d'une des piles va neutraliser précisément le fluide négatif de la même pile ; il suffit que cette électricité rencontre du fluide négatif venant d'une pile quelconque, dont elle neutralisera une quantité <*gale à elle-même. L'électricité positive de la pile à laquelle cette électricité négative aura été empruntée, se combinera alors avec le fluide négatif non employé de la première pile. Il suffit, ce qui a toujours lieu, que la somme des électricités positives qui pénétrent dans le sol, soit égale à la somme des électricités négatives. On voit donc que les deux opinions peuvent être soutenues. Cependant, comme il résulte des expériences de M. Matteucci, que la terre oppose au passage des courants, une résistance qui augmente avec la distance, quand cette distance n'est pas trop grande, «ce qui forcerait à admettre deux modes d'action si l'on voulait considérer la terre comme réservoir absorbant dans le cas de grandes distances , il semble préférable de considérer le sol comme faisant fonctions d'un conducteur à section indéfinie, dans lequel les courants se propagent à la manière ordinaire, sans éprouver de résistance sensible.

Quoi qu'il en soit, la découverte de la transmission par la terre a apporté une grande économie dans l'établissement des lignes, en permettant de supprimer un des 61s. La communication avec le sol s'établit, soit au moyen de puits , dans l'eau desquels on fait plonger l'extrémité du fil terminée par une large lame métallique; soit, quand le sol est humide, au moyen d'un vieux rail que l'on enfonce profondément, et auquel on soude l'extrémité du fil. Quand le sol n'est pas très bon conducteur, on entoure la barre de fer, de coke en petits fragments, sur lequel on dirige les eaux pluviales.

1843. Effets de 1'éleetrleité atmosphérique. — Les fils aériens sont exposés de plusieurs manières aux actions de l'électricité de l'atmosphère. Par les temps sereins, et quand le vent déplace des masses d'air électrisées, il se développe par induction, dans les fils, des courants qui font jouer les appareils, et viennent brouiller les signes que l'on veut produire. Ces effets se manifestent encore sous l'influence des nuages orageux. Les aurores boréales peuvent aussi agir sur les appareils télégraphiques. Par exemple, le 39 août 1859, pendant un de ces phénomènes , les sonneries des stations , en France et en Belgique, furent plusieurs fois et longtemps en mouvement, et les dépêches interrompues par des courants intermittents* Ces courants changèrent plusieurs fois de sens; ils se manifestèrent surtout dans les lignes dirigées du nord au sud, et plus la ligne était longue, et plus les signaux étaient troublés. Des employés reçurent des commotions, et Ton aperçut de vives étincelles s'échapper des fils. — Enfin, il peut arriver que la foudre frappe les poteaux, les brise, les renverse, ou qu'en parcourant la ligne, le fluide vienne fondre les fils des électro-

aimants et produire dans les stations, des décharges dangereuses. Pans certains pays, en Angleterre, on arme chaque poteau d'un petit paratonnerre, et quand le temps est orageux, on Tait communiquer le fil de ligne avec le sol dans toutes les stations. Mais alors le télégraphe ne peut fonctionner. On évite cet inconvénient au moyen d'appareils appelés parafoudres, dont les premiers ont été imaginés par M. Stenheil.

Parafoudres. — La fig. 1368 représente le parafoudre adopté en France; c'est une combinaison de deux systèmes dûs à M. Walker et à M. Stenheil. Sur une table verticale en bois est fixé un conjoncteur bp, à Taxe duquel aboutit le fil de ligne f. Ce conjoncteur porte trois branches à ressort, qui peuvent être portées sur des boulonsen cuivre ou gouttes de suif o, 6, t, r. Le ressort moyen communique seul par l'axe avec le fil de ligne; les deux autres sont séparés de Taxe par une virole en ivoire , mais communiquent entre eux par un anneau métallique qui enveloppe cette virole. Les deux plaques de laiton D, D' garnies de pointes opposées deux à deux, constituent le déchargeur. Deux boutons à vis A et B sont réunis par un fil de fer très fin protégé par un tube ou par deux lames de verre. Les gouttes de suif a, 6, t, r communiquent avec D, D' , ou avec les bornes T et R, par des bandes de cuivre appliquées derrière la table, et dirigées comme l'indiquent les lignes ponctuées. La borne T communique avec la terre ; et la borne R , avec le récepteur de la station. Cela posé, si le conjoncteur est placé comme dans la figure , son manche au-dessus de la plaque p sur laquelle est écrit le mot parafoudre, le courant de la ligne passe en b par le ressort moyen, vient en B après avoir traversé la plaque D, parcourt le fil de fer BA, remonte en a, franchit Tare ar9 et va dans le récepteur par la borne R. Si la foudre frappe le fil de ligne f, le fil fin AB est brûlé, ce qui sépare le récepteur, de la ligne, et l'électricité passant de D en D' par les pointes opposées, va se perdre dans le sol en passant en DT. Le déchargeur DD' sert aussi, pendant que l'appareil fonctionne, à enlever l'excédant d'électricité que le fil de ligne peut recevoir de l'atmosphère, et à atténuer ainsi les perturbations qu'elle produit dans les signaux. Si l'on tourne le conjoncteur de manière que le ressort du milieu vienne en r, la ligne communique directement avec le récepteur; c'est ce que l'on fait quand il n'y a pas à craindre les effets de l'électricité atmosphérique, ou quand le fil AB a été brisé. Un anneau passé dans ce fil et attaché à la chatnelle c, permet de reconnaître si ce fil est intact. Quand l'appareil est au repos, on a toujours soin de placer le conjoncteur verticalement, le manche sur la plaque t' qui porte le mol terre, et alors le fil de ligne est en communication directe avec le sol, par la borne T. La fig. 1369 représente un parafoudre imaginé par M. Bianchi. Le courant

Fig. 4368.

de la ligne ff traverse une boule de mêlai Gxée au centre d'un globe de verre composé de deux parties mastiquées avec un anneau en métal. Cet anneau porte en dedans , de longues pointes qui s'approchent très près de la boule, et il communique avec le sol par la tige t. Un robinet r permet d'y faire le vide. Le courant de la pile ne possédant qu'une faible tension, ne se porte pas sur les pointes ; tandis que l'électricité de tension venant de l'atmosphère traverse le vide et passe dans le sol à travers les pointes.

Au lieu de faire le vide dans un appareil à pointes opposées, Masson avait pensé à entourer ces pointes d'alcool à 40°, qui isole les courants des piles, et conduit l'électricité de tension. Cette idée a été appliquée avec succès par M. Pouget- Maisonneuve.

1844. Fils souterralas. — Les effets de l'atmosphère sur les fils aériens, et , de plus , la facilité avec laquelle ils peuvent être brisés par accident ou par malveillance, avait fait adopter dans certains pays, notamment en Prusse, des fils enveloppés d'une matière isolante , et enfouis à

une profondeur de 0n,50 à 0œ,60. Ce système Ki«- mô-

de conducteurs a été expérimenté d'abord , à

St-Pétersbourg, par M. Jacobi, qui renfermait les fils dans des tubes de verre ; plue tard, il les recouvrit de caoutchouc. En Angleterre, en Amérique, on les enveloppa de coton imbibé d'un vernis isolant, et on les recouvrit dun tube de plomb. Ces divers moyens étaient très imparfaits ou très dispendieux. L'importation de la gutta-percha par le Dr Moutgomery qui faisait partie de la mission envoyée en Chine par le gouvernement français, vint simplifier la question. M. Siemens employa alors des fils recouverts de gutta-percha. Mais à la longue, la gutta-percha s'altère dans le sol, et il s'y fait des solutions de continuité par lesquelles l'humidité pénètre, oxyde le fil métallique et le rompt. M. Siemens, en s'appuyant sur les lois de Ohm, a trouvé moyen de reconnaître, en faisant quelques coupures, en quel point se trouve la rupture ; des regards ménagés de distance en distance facilitent l'opération. Mais malgré ces perfectionnements, la fréquence des ruptures et la difficulté d'y remédier, ont fait renoncer généralement à l'emploi des fils souterrains, dont l'établissement est» du reste, bien plus coûteux que celui des fils aériens. Cependant les premiers sont employés dans les villes, notamment à Paris ; seulement on les dispose d'une autre manière : tous les fils sont couchés dans une auge en bois, sur un lit de bitume, et recouverts d'une couche épaisse de la même substance. L'établissement de ces fils est coûteux, mais ils durent indéfiniment, et sont protégés contre la malveillance.

1845. Télégraphe sons- maria. — L'idée de communiquer à travers les mers, au moyen de l'électricité, a été conçue par M. Wheatslone, dès l'année 4840. La plus grande difficulté consistait à isoler le fil, dans un milieu aussi

bon conducteur que l'eau de mer. L'importation de la gutta-percha vint encore là à point, et M. Walker, en janvier 1849, fit avec succès une première expérience. Il submergea entre un point de la côle et un navire amarré dans le port de Folkstone, un fil de cuivre de 2 milles de long, recouvert de gutt*percha, et put établir une correspondance, d'une extrémité de ce fil à l'autre. Une compagnie se forma alors pour réunir la France et l'Angleterre, par an fil sous-marin jeté entre Calais et Douvres. L'opération, conduite par M. de Brett, réussit parfaitement, et pendant plusieurs jours on put échanger des signaux. Mais le frottement du câble sur les rochers du cap Ginès, où il aboutissait du côté de la France, déchira l'enveloppe de plomb qui formait sa seule défense, et les communications furent interrompues. Une nouvelle compagnie se forma ; elle eut soin de faire arriver le fil près d une côte sablonneuse, et de lui donner une enveloppe très résistante, et réussit ainsi, sous la direction de MM. Wheatstone et Stephenson, à établir, par dessous les flots, une communication télégraphique définitive. Le câble avait été enroulé sur un treuil, et formait un cylindre de 10 mètres de diamètre installé sur le pont d'un navire à vapeur, le Glazer, qui le déroulait et le déposait au fond de la mer, à mesure qu'il s'avançait lui-même sur les flots. Des freins puissants empêchaient le poids du câble de faire tourner trop rapidement l'immense bobine. Des appareils télégraphiques, l'un sur la côte, l'autre à bord du navire, étaient en communication permanente avec les extrémités du câble, et servaient à vérifier à chaque moment le bon état des fils. L'inauguration de la ligne ent lieu le 43 novembre 1850, et le canon de Douvres tonna, allumé par l'électricité lancée des côtes de France.

Depuis, on a établi un grand nombre de communications sous-marines; nous citerons le câble de 217 kilomètres qui joint l'Angleterre à l'Irlande; le câble de Douvres à Ostende (112km), de New-Brunswick à l'ile du prince Edouard dans le golfe du Saint-Laurent (240*"), de la Spezzia au cap Corse (145^). de la Corse à la Sardaigne et de la Sardaigne aux côtes d'Algérie (200*" ); le câble de la Mer-Noire entre Varna et Balaklava (640^), qui a rendu tant de services aux armées alliées, pendant le siège de Sébastopol.

Mais tous ces résultats ont été bien dépassés par le câble transatlantique destiné à faire communiquer l'Europe avec l'Amérique du Nord. Après de longues études et des sondages multipliés , exécutés principalement par M. Maury, on a choisi pour points de départ Valentia, sur la côte d'Irlande, et Saint-Jean-de-Terre-Neuve, sur la côte américaine. La distance est de 2640*" v et la profondeur croit, de 2740 mètres, en partant de Terre-Neuve, jusqu'à 3660 mètres, dans le voisinage de la côte d'Irlande. Le fond forme une surface assez unie, couverte de coquilles fossiles très délicates et bien conservées, ce qui indique qu'il y règne le calme le plus complet. Le câble, à cause des courbures du fond, a une longueur de 41 05*". L'opération difficile de la pose a parfaitement réussi, et l'on a pu faire la conversation par dessous les flots, d'une côle h l'autre, malgré les orages et les tempêtes, qui ne pouvaient plus opposer que

des obstacles impuissants aux communications entre les deux continents. Malheureusement, après un aussi brillant succès, les dépêches commencèrent bientôt à présenter des irrégularités, puis cessèrent complètement. On pense que le fil de cuivre intérieur s'était rompu pendant la pose, l'enveloppe extérieure ayant cédé à la tension ; pendant quelque temps la couche métallique adhérente à l'intérieur de la gutta- percha avait suffi à établir la continuité, mais elle avait été bientôt détruite par le passage même du courant.

Malgré cet insuccès, 7 ans après, en 1865, on procéda, au moyen de machines perfectionnées, à l'immersion d'un nouveau câble. On le fit, cette fois, d'une seule pièce, ayant 4400 kilomètres de longueur et pesant 2400 tonnes. On l'enroula dans les cales du Great-Eastern, colossal navire, seul capable de porter une pareille charge, et que sa stabilité rendait spécialement propre à la délicate opération de la pose. Mais après qu'on eut franchi, au milieu de nombreuses péripéties, à peu prés les deux tiers de la distance, le câble se rompit, et on ne put, pour le moment, en relever l'extrémité.

Ce nouveau mécompte ne découragea pas les hardis ingénieurs et physiciens placés à la tête de l'entreprise, et un nouveau câble fut immergé dés 1866, et cette fois avec une complète réussite. Pendant cette grandiose opération, qui dura une quinzaine de jours, le nombreux personnel qui montait le Gréai- Eastern ne cessa d'être en communication électrique avec la terre, et recevait chaque jour des nouvelles de l'Europe, qui était alors le théâtre d'événements importants. Eu outre, on parvint à relever et compléter le câble de 1865, de manière que les deux continents sont maintenant réunis par deux câbles, Fig. 4 370. qui depuis n'ont cessé de fonctionner d'une manière satisfaisante.

1846. Structure des eâbles sous-marlas. — La fig. 1370 représente un tronçon aa' et une coupe transversale A du premier câble qui ait réuni la France et l'Angleterre. Ce câble contient 4 fils de cuivre, recouverts de guttapercha en deux couches superposées ; le tout est enveloppé d'étoupes goudronnées, et préservé par une armature formée de 10 gros fils de fer galvanisés tordus ensemble. Ce câble pèse 60,000 kil. par kilomètre. Depuis, on a fait les câbles moins lourds ; par exemple celui d'Irlande, dont on voit la coupe en B (fig. 1370), ne pèse que 610 kil. par kilomètre. De plus, on ne les préserve par une enveloppe de fils de fer, que dans le voisinage des côtes, et sur les hauts fonds rocailleux.

Le premier câble transatlantique se composait d'un faisceau de 7 fils de cuivre, recouvert de gutta-percha, puis enveloppé de fil de coton imbibé d'un mélangé de poix, goudron, huile et suif. L'armature consistait en 18 faisceaux de fil de fer, chacun de 46 brins tordus ensemble. Tous ces brins de fil de fer réunis bout à bout auraient une longueur de 496,000 kilomètres, ou environ \ fois et £ la distance de la lune à la terre.

830 ÉLBCTRO-MAGNÉTISMB.

Le câble transatlantique de 4866 se compose d'un fil de cuivre, autour duquel 6 autres sont enroulés, de manière que la continuité reste maintenue en cas de rupture du fil central. Ce système est enduit de mastic Chatterton (gutta-percha rendue visqueuse par un mélange de goudron), puis enveloppé de quatre couches de gutta-percha alternant avec autant de couches de mastic. Garni de son armature, formée de 40 fils de fer de S™,!» de diamètre, ce câble peut résister à une tension de 8250 kilogrammes.

1 846 bis. ftaleatlssemeat de la prepagatloa électrique daas les fils som-mariM. — Les fils sous-marins présentent le grave inconvénient du ralentissement de la propagation électrique, parce qu'ils forment avec le milieu ambiant un véritable condensateur , dans lequel l'électricité s'accumule en grande quantité avant de parvenir à l'extrémité opposée (4605). On est donc forcé de mettre un temps assez long entre les différents signes ; sans cela, le fil n'aurait pas le temps de revenir à l'état neutre, et les signaux empiéteraient les uns sur les autres. M. Varley a reconnu qu'il faut 7 secondes pour qu'un courant acquière son maximum d'intensité, à l'extrémité d'un fil sous-marin de 24000 kilomètres, et que ce fil n'est déchargé que 7 secondes après qu'on a ouvert le circuit. Il faudrait, dans ce cas, 7 minutes en moyenne pour un mot. M. Varley a combattu cet inconvénient par un procédé qui consiste principalement à déverser dans le sol, à la fin de chaque courant partiel, l'électricité accumulée dans le fil, et à faire passer les courants alternativement en sens contraire.

1847. iPFLiGATioi db la TÉiiuiAPUB tucTUOUi. — Le télégraphe électrique, qui rend de si nombreux services aux diverses administrations et aux relations commerciales, en rend de plus grands encore à la science. La météorologie en a déjà tiré plus d'un parti, comme nous l'avons expliqué précédemment (II, 4098, 4488). On en fait aussi usage pour transmettre dans les ports l'heure exacte du méridien principal du pays, de manière que les capitaines de navire puissent régler leurs chronomètres, sans quitter le bord de la mer.

Les astronomes ont utilisé le télégraphe électrique pour la détermination des longitudes. Celte importante application , d'abord faite en Amérique, a été répétée en Europe par M. Air y, qui a mesuré, conjointement avec M. Quételet, la différence de longitude des observatoires de Greenwich et de Bruxelles. La méthode consiste à lancer de l'un des observatoires, à une heure bien déterminée, un courant vers l'observatoire opposé, où il fait dévier une aiguille aimantée, et où l'on observe, au même instant, l'heure qu'il est à ce dernier observatoire. Si l'électricité se transmettait instantanément, la différence des heures donnerait celle des longitudes ; mais comme il n'en est pas ainsi, on répète les expériences en sens inverse, c'est-à-dire en faisant partir le courant, de la station qui recevait d'abord le signal. De cette manière, l'erreur disparait quand on prend la moyenne des différences d'heures, car cette erreur porte alternativement sur la plus forte et la plus faible des heures,

qui sont Tune et l'autre augmentées du temps que met l'électricité à. franchir la distance. Après un grand nombre d'observations soignées, dans lesquelles ils se sont particulièrement préoccupés des erreurs qui peuvent affecter la mesure du temps, les deux éminents astronomes ont trouvé pour différence de longitude des observatoires de Londres et de Bruxelles, 47' 28', 9, nombre identique avec celui que Ton a déduit des observations de l'éclipsé de soleil du 45 mai 4856. Des expériences nombreuses ont été faites, depuis, avec un appareil télégraphique spécial, pour déterminer la différence de longitude des observatoires de Greenwich et de Paris.

1848. Application aux chemins dé fer. — Les chemins de fer ont tiré un immense parti de la télégraphie électrique. On conçoit combien il est important, pour éviter les rencontres des trains, de pouvoir annoncer longtemps à l'avance l'arrivée de ceux qui sont engagés sur la voie, particulièrement pour les trains spéciaux, qui circulent à des heures où la voie est ordinairement libre. L'exploitation des chemins de fer à une seule voie serait même presque impossible sans le télégraphe électrique. Cependant, il paraît que, sur la plupart des chemins américains à une seule voie on n'en use pas habituellement : mais aussi il n'est pas de pays où l'on prenne aussi peu souci de la vie des hommes. Indépendamment de cet usage journalier, les chemins de fer empruntent aux télégraphes électriques divers systèmes de signaux destinés à en augmenter la sécurité; nous allons en mentionner quelques-uns.

Télégraphes portatifs. — Citons d'abord les télégraphes placés sur chaque train, et au moyen desquels le conducteur peut communiquer, en cas d'accident, avec les deux stations entre lesquelles il se trouve. Pour cela, le train étant arrêté, il accroche l'un des bouts du fil de l'appareil, à un fil aérien destiné h cet usage, et il fait communiquer l'autre extrémité avec le sol, au moyen d'un coin en fer, qu'il enfonce entre deux rails, ou par l'intermédiaire des roues en fer du wagon. Dans le circuit ainsi formé, se trouve une pile que porte le train. Le courant se bifurque et fait jouer les appareils de* deux stations les plus rapprochées. M. Breguet a construit pour cet usage un télégraphe à cadran (1827) renfermé dans une botte qui contient aussi 48 couples de Daniell, n'a que 47cmde longueur, 37 de hauteur et 27 de largeur, et ne pèse que 23 kil. M. Hipp, allant encore plus loin, a construit un petit appareil de Morse qui, avec sa pile, est contenu dans une botte de 25cm de longueur sur 10 de hauteur et 15 de largeur.

Système de M. Tyer. — M. Tyer a imaginé, pour remplacer les disques qui précèdent les stations, un système de signaux électriques placés sur le train môme, employé avec succès depuis 1853, sur le chemin de fer de Londres à Douvres. A une distance de 300 à 1000 mètres de la station, sont établies entre les rails, deux bandes de fer isolées, qui forment les extrémités d'un circuit passant par la station. Deux ressorts suspendus sous la locomotive, et réunis par le fil du récepteur qu'elle porte, viennent s'appuyer, en passant,

sur ces bandes, et ferment le circuit. Alors, le récepteur de la locomotive marque si la voie est libre ou non. Ce récepteur contient un aimant, qui s'incline de manière à indiquer le signal de marche ou le signal d'arrêt, suivant le sens que Ton donne au courant, au moyen d'un commutateur placé h la station. Un cliquet 5 ressort fait persister le signal après que la locomotive a dépassé les bandes. En même temps, un récepteur placé à la station, fonctionne au moment de la fermeture du circuit, et indique l'arrivée du train. Ce récepteur porte aussi un encliquetage qui fait que le signal persiste quand le circuit est ouvert. Cet ingénieux système a été perfectionné par plusieurs inventeurs.

L'idée de fermer des circuits au moyen de bandes de fer placées de distance en dislance, a été aussi appliquée par H. Du Moncel à un système automatique de signaux , c'est-à-dire fonctionnant sans l'intervention des employés '.

Citons encore les appareils de M. Marqfoy, expérimentés avec succès sur la ligne du Midi. Au lieu de faire jouer les disques à signaux qui précèdent les stations, au moyen de longs fils de fer, M. Marqfoy fait usage d'un courant électrique, qui, lancé de la station, dégage, au moyen d'un électro-aimant, un mouvement d'horlogerie qui fait tourner le disque, de 180°. En même temps, un excentrique adapté à l'arbre du disque, ferme un circuit, et une aiguille placée à la station s'incline, de manière à prouver que le signal a été fait. Ce système de disques a aussi été appliqué par M. Marqfoy» à signaler la présence d'un train entre deux points déterminés, soit pour empêcher d'en lancer un autre en sens contraire dans le cas de voie unique, soit pour empêcher un train de suivre de trop près dans le cas de voie double. II s'en sert aussi pour indiquer la position des aiguilles servant à diriger les trains sur différentes voies, aux points où il y a des bifurcations. Si une erreur a été commise par l'aiguilleur, la position du disque avertit le conducteur de la locomotive, et le disque est assez éloigné des aiguilles pour qu'on ait le temps d'arrêter. Enfin les appareils sont tellement disposés, que l'électricité atmosphérique ou un dérangement quelconque, ne peuvent jamais donner au disque la position qui indique la voie libre.

m. Horloges éleotriqne».

1849. Dans l'horlogerie électrique, on peut proposer trois objets différents : 1° construire une horloge à pendule dont le mouvement soit entretenu par l'électricité; 2° communiquer le mouvement d'une horloge -régulateur, aux aiguilles de divers cadrans éloignés; 3° rendre solidaires plusieurs horloges ayant chacune leur moteur, de manière qu'elles restent toujours d'accord.

• Exposé des appli:alions de réi'clricité, par M. Du Moncel, 2e édit., t. 11, p 4 85.

On a donné un grand nombre de solutions de ces trois questions. Nous indiquerons quelques-unes de celles qui se recommandent par leur simplicité, ou qui ont reçu la sanction de la pratique.

1850. i. Horloges électriques. — La vitesse d'une horloge dépend de l'amplitude des oscillations de son pendule, et cette amplitude varie avec la manière dont se transmet la force motrice par l'intermédiaire des rouages, et, par conséquent, de l'état de ces derniers. On a cherché à obtenir une plus grande régularité en donnant les impulsions au pendule directement et sans rouages intermédiaires, et l'on s'est servi pour cela de l'électricité. La première horloge électrique a été imaginée par M. Bain; mais l'impulsion était donnée directement par un électro-aimant, dont la force dépendait de l'intensité, toujours variable, du courant. Cette impulsion n'était donc pas constante, aujourd'hui, dans toutes les horloges électriques, l'impulsion est donnée au pendule par une petite masse ou par un ressort , soulevés d'une quantité constante, par l'action d'un électro-aimant ; tantôt elle est imprimée aux deux limites de l'amplitude, tantôt d'un côté seulement. Nous allons donner un exemple des deux cas.

Horloge de M. Fromeat. — Le pendule P (fig. 1371) est suspendu par une lame d'acier communiquant en p avec le fil d'un électro-aimant e. Une vis v placée latéralement vient toucher, à la fin de chaque excursion vers la droite, un léger ressort r, dont l'extrémité libre est soutenue par un petit disque d fixé à une tige verticale da guidée pjg> < 374

dans l'anneau a. Cette tige est articulée avec le

prolongement ac du contact c, dont le point d'appui est sur le bord de l'électroaimant e. Le ressort r communique avec l'un des pôles d'une pile, dont l'autre pôle communique avec le fil de l'électro. On voit que le circuit est fermé par pvr, toutes les fois que, le pendule se portant vers la droite, la vis v vient toucher le ressort r. Alors le contact c est attiré, la tige ad s'abaisse ainsi que le disque d, et le ressort r, devenu libre, presse par son élasticité la vis v, et donne une petite impulsion au pendule qui arrivait à sa limite d'amplitude, pour le faire revenir sur ses pas. Dès que la vis v se sépare du ressort r, le courant est interrompu, et le contact c se relevant par l'action du ressort de rappel s, le disque d soulève le ressort r, qui, par son élasticité de flexion , donnera une nouvelle impulsion au pendule, quand la vis v viendra de nouveau toucher le ressort. L'appareil a été représenté tel qu'il a été modifié par M. Hardy.

Compteur. — Il s'agit maintenant de transmettre le mouvement oscillatoire du pendule à un compteur ou minuterie, c'est-à-dire à un système de deux aiguilles indiquant sur un cadrantes heures et les minutes. La/fy. 1372 représente un compteur dû à M . Froment. Le courant, interrompu et rétabli successive-

ment par les oscillations du pendule, passe par un électro-aimant EE qui attire le contact db. Ce contact, quand il est attiré, redresse le système des tringles articulées bca, et tire vers la droite la tige cl, articulée au levier coudé Ion. Un cliquet n s'enfonce alors entre les dents obliques de la roue R, et la fait avancer d'une dent à chaque mouvement, et, par conséquent, à chaque oscillation du pendule. Si ce dernier bat la seconde, et si la roue R porte 60 dents, nne aiguille fixée à son axe marquera les secondes; et, par un système de roues dentées, il sera facile de faire mouvoir deux autres aiguilles marquant les minutes et les heures. Les tringles articulées bca sont destinées à transmettre

graduellement et sans choc, le mouvement du contact bd à la roue R.

Le ressort d'arrêt r empêche le recul de cette roue quand le cliquet revient sur ses pas par l'action du ressort de rappel s. La tige t, à laquelle on adapte une clef, sert à faire mouvoir les aiguilles, pour les mettre sur l'heure, quand on vient régler l'appareil.

4854. Horloge de M. K.

Hoadl». — Dans les horloges électriques de M. Robert Houdin , le pendule reçoit l'impulsion aux deux limites de ses excursions. La fig. 1373 représente un de ces appareils. PP est le pendule, suspendu par la lame d'acier (3a, qui communique d'une part, par le bouton o\ avec le pôle positif de la pile, et d'autre part avec les deux branches métalliques B, B', qui viennent toucher alternativement les ressorts R, R' fixés en c, c'. Ces ressorts communiquent, l'un, R, par le fil n', avec l'électroE' placé du côté opposé ; l'autre R', par le fil n, avecl'électro E. Ces fils, après avoir enveloppé les électros, viennent se réunir au bouton o, qui communique avec le pôle négatif de la pile. A, A' sont les armatures des électros, elles sont mobiles autour d'une de leurs extrémités, et relèvent quand elles sont attirées, les ressorts R, R", et en même temps de petites masses m, m' fixées aux extrémités des leviers coudés me, roV. Ces leviers portent à l'extrémité opposée, des pieds de biche c, c', qui peuvent encliqueter et retenir soulevés les ressorts R, R'. Supposons que le pendule s'incline vers la droite, de manière que la branche B' vienne un peu soulever le ressort R', le courant passera par «PBVn dans l'électroE, et l'armature A sera soulevée tandis que l'armature A' restera abaissée. Le crochet c' s'écartera par l'effet du poids m', et le ressort R', rendu libre, imprimera par son élasticité, une impulsion i la branche B7 du pendule. En outre, ce ressort tirera, par l'intermédiaire de ta

Fig. 437Î.

tige t\ et du levier coudé ïr\ le cliquet r' qui agit sur la roue des secondes. Pendant ce temps-là, l'électro E étant aimanté, son armature relève le ressort R par l'intermédiaire de la tige t qui porte une clavette au-dessous 4e l'armature, soulève la masse m, et engage le pied de biche c au-dessous de ce ressort, qu'il soutient. Quand ensuite le pendule, revenant vers la gauche, quitte le ressort R', le courant cesse de passer en E, et l'armature A retombe en abandonnant la masse m, et glissant le long de la tige t, qui la traverse sans frottement. Mais dès que la branche B vient soulever un peu le ressort R, le crochet c se dégage entraîné par le poids m, et le ressort R , rendu libre , donne l'impulsion à la branche B du pendule. En même temps, ce ressort agit, par l'intermédiaire de la tige t et du levier /, sur le cliquet r, qui pousse la roue à secondes. Pendant ce temps -là l'électro E' est aimanté, le contact A' est attiré, et soulève le ressort R' et la masse m\ de manière que le pied de biche c' s'engage sous le ressort R'. s est un ressort de retient.

185S. II. Compteurs éleetroehronoméiriqoes. — On nomme ainsi des minuteries ou compteurs , qui mis en mouvement par l'électricité , indiquent les mêmes heures sur différents cadrans placés à de grandes distances les uns des autres. La télégraphie électrique donna naturellement l'idée de cette application, et dès l'année 1840, M. Wheatstone employait son télégraphe à cadran à

indiquer l'heure en plusieurs endroits différents; la roue d'interruption du manipulateur était mue par une horloge proprement dite. D'autres inventeurs, entr'autres M. Bain, arrivaient, de leur côté, au même résultat. Hais c'est à M. Froment, et surtout à M. P. Garnier, que l'on doit d'avoir rendu cette application pratique. Ce dernier a établi , dans la gare du chemin de fer, à Lille, puis sur les lignes de Lyon et de l'Ouest, des cadrans dont les aiguilles marchent d'accord avec celles d'un régulateur, ou horloge-type, qui règle les intermittences des courants. Plus tard, on a disposé dans certaines villes des lanternes-horloges donnant, par l'intermédiaire d'un courant, l'heure du régulateur qui les commande. M. Nollet a établi les premières, à Gand ; on en a installé, depuis, à Paris, Lyon, Marseille... La figure 1371 représente une de ces lanternes, avec une des dispositions imaginées par M. Detouche, pour faire fonctionner la minuterie. A est l'électro-aimant ; toutes les fois que

Fig. ma.

ELEÇTRO-MÀGNETISME.

Fig. 4374.

le courant est établi par l'horloge-type, l'extrémité c du levier coudé car est attirée, et l'extrémité r s'abaissant, pousse un cliquet, représenté à part en K, qui fait marcher la roue R liée à la minuterie. Le cliquet K est articulé à l'extrémité du levier Oa, et poussé par le ressort * ; n est un talon de retient qui arrête la roue quand le cliquet est abaissé. Dans ce système, l'impulsion

donnée par l'électro va en croissant, de sorte que l'aiguille du cadran éprouve une secousse au moment où elle s'arrête brusquement. M. Bain a évité cet inconvénient en faisant marcher le cliquet par le ressort de rappel , au moment où le courant cesse dans l'électro-aimant ; comme cela a lieu dans la minuterie de l'horloge de M. R. Boudin

(fc. *373).

Compteur de ■• Bregaet.

— Dans le compteur qui précède , l'électro-aimant doit vaincre , pour attirer le contact, la résistance du ressort de rappel, qui doit toujours être en rapport avec la force de l'électro. Or, cette force varie avec celle du courant, qui est ellemême modifiée par les variations de la pile, et par l'humidité et l'électricité de

l'atmosphère. On ne peut ici songer à régler chaque jour la tension du ressort, comme dans les télégraphes électriques (1827); aussi, les appareils sont-ils sujets à se déranger assez fréquemment. M. Breguet a évité cet inconvénient, dans les compteurs qu'il a établis à Lyon et à Marseille, en produisant les deux mouvements du contact au moyen de l'électro-aimant, sans employer de ressort. La fig. 4375 représente la disposition employée, dont le principe est dû à M. Secchi. L est le levier qui doit osciller pour faire marcher la minuterie ; il est fixé à un électro EE mobile autour de son axe, et portant des pièces polaires c, c, qui peuvent osciller entre les pôles opposés de deux aimants en fer à cheval nos, n'a' s'. Le régulateur lance le courant dans l'électro, alternativement dans les deux sens opposés, de manière que les pièces c, c soient attirées tantôt à droite, tantôt à gauche.

iHstribntioA. — On a employé une foule de dispositions différentes pour supprimer et rendre le courant, au moyen du pendule de l'horloge type. Quand

Fig. 4 375.

on emploie une horloge électrique, il n'y a rien à ajouter à ce que nous ayons dit plus haut ; seulement, le compteur (fig. 1272 ) est plus ou moins éloigné du pendule régulateur, et' communique avec lui par de longs fils isolés. Mais quand il s'agit d'une horloge ordinaire, la moindre résistance pouvant modifier son mouvement, il a fallu imaginer des dispositions particulières. M. L. Foucault a eu l'heureuse idée de faire fermer le circuit par le pendule , au moment où il passe par la verticale, c'est-à-dire quand, ayant sa plus grande vitesse, il est moins sensible aux causes de perturbation. P (fig. 1376) est la tige du pendule, et r, r' sont deux ressorts qui ferment le courant, quand ils se touchent en a. La jonction est établie par le pendule, au moyen d'une tige t articulée en o avec une pointe qui s'enfonce dans une petite coupe en agate fixée à l'extrémité du ressort r. Le point o est relié au pendule par la tige b. Les longueurs de ces différentes pièces sont calculées de manière que la pression ait lieu en a, au moment où le pendule passe par la verticale.

Communications. — Les communications entre l'horloge- type et les divers compteurs, sont ordinairement établies par des fils aériens. On les fait passer successivement par les différents électros, qui fonctionnent ainsi tous en même temps.

M. P. Garnier a imaginé un système de communications qui permet, en se servant de courants dérivés, d'augmenter le nombre des compteurs, sans déranger ceux qui existent déjà. Il établit d'abord deux fils principaux (dont un peut être remplacé par le sol) , sur lesquels il soude les extrémités du fil de chaque électro-aimant, qui reçoit ainsi un courant dérivé. Ce courant peut lui-même fournir une dérivation pour un autre compteur. On fait ainsi des prises d'électricité, comme on fait des prises d'eau sur une conduite principale. L'électricité se partage entre les différents circuits dérivés, en raison inverse de leur résistance.

Sources des courants. — L'électricité employée dans l'horlogerie électrique est fournie par une pile. M. Bain avait essayé de la produire au moyen de la terre, en enfonçant simplement dans le sol humide une lame de cuivre et une lame de zinc, ce qui formait une espèce de pile de Bagration. M. Glaesner a employé des courants d'induction magnéto-électriques : un aimant vertical en fer à cheval est entouré par une hélice faisant partie du circuit ; le contact de cet aimant peut tourner autour d'une charnière fixée à l'une des branches, et il est muni d'un prolongement assez long sur lequel vient frapper un marteau soulevé à intervalles égaux par les chevilles d'une des roues d'une forte horloge. Le coup de marteau séparant le contact, de l'aimant, il se

Fig. 4376.

produit un courant induit dans le fil qui entoure ce dernier, lequel courant est suivi d'un autre, au moment où le marteau en se relevant, permet au contact de se précipiter sur l'aimant.

48S3. m. Réffmiatemrs des fcariege*. — Au lieu de faire marcher des compteurs au moyen d'une horloge-type, M. Breguet s'est proposé de maintenir parfaitement d'accord plusieurs horloges ordinaires commandées par un même régulateur. Pour cela, il supprime le pendule de ces horloges, et fait marcher l'échappement au moyen des oscillations du contact d'un éleetro, dans lequel le régulateur lance le courant et l'intercepte à chaque oscillation de son pendule, comme dans le télégraphe à cadran (1827). L' électro-aimant n'agissant plus comme moteur, il suffit d'un très faible courant.

M. Bain a imaginé de régler les horloges, seulement toutes les 42 heures. Ces horloges marchent indépendamment les unes des autres, et à la fin de la période, quand l'aiguille des minutes du régulateur est verticale, ce dernier ferme un circuit passant par un éleetro placé derrière chaque cadran ; le contact est alors soulevé, et fait monter une fourchette qui vient attaquer une cheville fixée derrière l'aiguille des minutes, de manière que cette cheville venant dans l'angle de la fourchette, l'aiguille est ramenée sur la verticale, au même moment que celle du régulateur.

M. Faye a proposé de soustraire les horloges astronomiques aux variations de température, en les plaçant dans des caves à température invariable, et les faisant communiquer par des fils électriques, avec le compteur à secondes placé 'dans la salle d'observation. Les pendules électriques sont ici préférables, à cause de l'humidité des caves, qui ne leur est pas aussi nuisible qu'aux horloges à rouages.

Page 1