‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 177 sur 186 · APPLICATIONS SCIENTIFIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS SCIENTIFIQUES

seconde, le temps employé par te boulet à parcourir l'espace eo. Ce système comporte quelques causes d'erreur : par exemple, l'électro-aimant, n'abandonne pas son contact au moment précis où le courant est interrompu, et il faut un certain temps à l'arrêt, pour interrompre le mouvement ou le laisser partir. H. Wheatstone est parvenu à annuler à peu près ces causes d'erreur. — M. Hipp a apporté à l'appareil un perfectionnement important : l'horloge marche continuellement, mais les aiguilles n'en reçoivent leur mouvement qu'à l'instant où les dents d'une roue qui les commande s'engagent dans les dents d'une des roues de l'horloge ; à peu prés comme cela a lieu dans le compteur de la syrène acoustique, et c'est l'électro-aimant qui est chargé de produire cette manœuvre.

Fig. 1377.

Cferonographes. — En 1843, M. Constantinoff a mesuré la vitesse des projectiles au moyen d'un appareil enregistreur très ingénieux, quia été exécuté avec une grande perfection par M. Breguet. Voici quel en est le principe : un cylindre mu par une horloge tourne régulièrement, avec une vitesse de 2 tours par seconde. Deux crayons, retenus chacun par l'armature d'un électro, ont leur pointe très près d'une même arête du cyliodre. L'un des électros fait partie d'un circuit dont le fil est replié un grand nombre de fois dans l'intérieur d'un cadre ou cible, et que doit briser le projectile. Le fil de l'autre électro-aimant passe par une seconde cible disposée comme la première. Quand le boulet traverse la première cible, il rompt le circuit du premier électro-aimant ; le crayon qu'il retenait vient alors s'appuyer contre le cylindre, sur lequel il trace une ligne perpendiculaire aux arêtes. Quand le projectile rompt le fil de la seconde cible, le second électro- aimant laisse de même son crayon tracer une ligne sur le cylindre. La distance entre les points de départ de ces lignes, donne le temps employé par le boulet pour aller d'une cible à l'autre. Par exemple, si cette distance est de 5 millièmes de la circonférence du cylindre faisant 2 tours par seconde, le temps cherché sera ^^ de seconde. Le temps que met chaque crayon à tomber sur le cylindre, étant sensiblement le même pour tous les deux, ne produira pas d'erreur dans les résultats, si les deux électro-aimants sont identiques.

M. Siemens a évité la difficulté de remplir cette dernière condition, en employant au lieu de crayons, les étincelles de deux bouteilles de Leyde, qui

font une pelite tache sur le cylindre en acier, et dont la décharge est déterminée par le passage du boulet à travers la cible.

M. Martin de Brettes a aussi beaucoup perfectionné les chronographes. D'autres inventeurs, MM. Beetz, Parisot..., ont imaginé d'autres dispositions. Nous allons encore citer le chronoscope de M. Pouillet, dans lequel il fait usage d'un principe nouveau, et l'appareil de M. le capitaine Navez, comme un des plus exacts, et celui avec lequel on a fait le plus d'expériences pour se procurer les données nécessaires au calcul des tables de tir.

4855. Chronoscope de H. Pouillet. — Dans la méthode de M. Pouillet, le temps très court pendant lequel passe un courant, est déduit de la déviation impulsive de l'aiguille d'un réométre. On construit d'abord une table des déviations correspondantes à des durées connues du passage du courant : on colle sur un disque de verre une bande d'étain allant du contour au centre, qui communique avec l'un des pôles d'une pile. Un ressort, uni à l'autre pôle, s'appuie sur le contour, de manière que le circuit est fermé pendant le passage

Fig. 4 378.

de la bande d'étain sous le ressort. Faisant tourner le disque avec une vitesse uniforme, on observe quelle est la déviation impulsive que reçoit pendant un passage de la bande d'étain, l'aiguille d'un réométre introduit dans le circuit, et l'on compare cette déviation à la durée du passage du courant, déduite de la vitesse du disque et du nombre de degrés qu'occupe la bande d'étain sur son contour. En répétant l'expérience avec différentes vitesses, on construit une table, qui ne convient qu'au courant dont on fait usage et au réométre employé, car la déviation dépend de la masse, de la forme et de l'état magnétique de l'aiguille. M. Pouillet a trouvé cette déviation de 45°, avec un réométre de Melioni et un couple de Daniell, quand le courant passait pendant -^« de seconde.

M. Pouillet a appliqué sa méthode à la mesure du temps que met la balle à parcourir la longueur du canon d'un fusil. Le fil du circuit passe en f{fig. 4378), et est interrompu en o, la batterie étant isolée. Dés que le chien s'abat, le circuit est fermé en o, et le courant passe jusqu'à ce que la balle, en sortant, coupe le fil f. De la déviation impulsive de l'aiguille du réométre R, on déduit alors, au moyen de la table, le temps pendant lequel a circulé le courant, et par conséquent celui qu'a mis la balle à parcourir le canon. M. Pouillet a trouvé ainsi -^ à -^ de seconde, pour un fusil de munition chargé avec une cartouche réglementaire.

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