APPLICATIONS SCIENTIFIQUES
1856. Chronoscope de H. Hâves. — Ce système, imaginé en 4848, nous offre une combinaison du chronoscope électrique et du pendule balistique. L'appareil se compose de trois parties principales : un chronoscope Ep (fig. 1379), un disjoncteur nri, et un conjoncteur E'6.
Le chronoscope est formé d'un pendule p pouvant osciller au centre d'un cercle divisé. La lentille de ce pendule est munie d'une petite masse de fer, au moyen de laquelle elle peut rester suspendue à un électro-aimant horizontal E fixé au cercle par une vis de pression, et dont le fil aboutit aux bornes a et e. L'axe autour duquel oscille le pendule, est enveloppé d'un manchon muni d'une rondelle en fer doux qui porte une aiguille l terminée par un verrïier. Un léger ressort fait que l'aiguille et le manchon sont entraînés par le mouvement du pendule ; mais ce dernier continue à se mouvoir, quand l'aiguille est rendue fixe,
Fig. 4 379.
par un éleclro- aimant qui attire la rondelle de fer doux, derrière laquelle il est placé, et dont le fil aboutit aux bornes ri et e.
Le conjoncteur E'b consiste en un électro vertical E' soutenant une masse de fer m qui, en tombant sur le ressort r, fait enfoncer son extrémité recourbée, dans du mercure, et ferme un circuit dont fait partie ce ressort et la bande de cuivre b. Le disjoncteur nn' se compose de deux lames de cuivre fixes c, c isolées, communiquant avec les boutons n, n, et entre lesquelles s'engagent deux autres lames isolées c\c' . Les lames c' , c' sont fixées à une tige qui traverse un cylindre dans lequel est un ressort à boudin, qui tend toujours à les éloigner des lames c, c. Si Ton pousse la tige, les lames se touchent, et les bornes n, n, ri, ri communiquent deux à deux. Un arrêt maintient ces lames en contact; mais si l'on presse le bouton o, on dégage l'arrêt, et le ressort fait subitement reculer les lames c' , c'.
L'appareil contient trois circuits ; les deux premiers, que nous désignerons par 1 et 2, reçoivent l'électricité de la pile P; l'un, représenté. par un trait double, passe par l'électro E, la cible R, dans laquelle il forme des sinuosités, et le disjoncteur nri \ l'autre, 2, représenté par un trait simple, passe par l'électro placé derrière la rondelle de l'aiguille /, et par le conjoncteur E'6 et le disjonc-
ELECTRO-MAGNETISME.
teur fin'. Le troisième circuit, représenté par une ligne ponctuée, et recevant le courant de la pile P', passe par une seconde cible IV et par le conjoncteur E'b. Cela posé, on fait d'abord une expérience préliminaire. Les lames du disjoncteur nn' étant en contact, de manière qne les circuits 4 et 3 soient fermés, on fait adhérer le pendule p à l'électro E, on place l'aiguille l sur le zéro de la division, et l'on suspend la niasse m à l'électro E' du conjoncteur. On presse ensuite la détente o, les circuits 1 et 3 sont ouverts au même instant, et le pendule p se détache, ainsi que la masse m. Celle-ci vient fermer le circuit 2 entre r et 6, l'électro . placé derrière l'aiguille l attire la rondelle et arrête cette aiguille dans une position a, pendant que le pendule continue ses oscillations. On rétablit ensuite l'appareil dans son état primitif et l'on fait partir la pièce de canon. Le boulet coupant le fil de la cible R, le circuit 1 est interrompu et le pendule tombe. Un instant après , le boulet vient couper le circuit 3 en R', la masse m se détache et vient fermer le circuit 2, ce qui arrête l'aiguille L Si les deux circuits 1 et 3 eussent élé ouverts au même instant, c'està-dire si le boulet n'avait mis aucun temps à franchir l'espace RR', l'aiguille se serait arrêtée en «, puisque toutes les conditions de l'expérience sont restées les mêmes. Mais l'aiguille s'arrête un peu plus loin, en a, et la différence « «' correspond au temps employé par le boulet à parcourir la distance RR'. Ce temps se déduit par le calcul, de la valeur des arcs o*t o«. La grandeur absolue de ces arcs dépend évidemment du temps que met la masse m à tomber sur le ressort r. On peut donc , en plaçant l'électro E' plus ou moins haut, donner à ces arcs la grandeur la plus favorable au calcul du temps employé par l'aiguille pour venir de a en a' .
1859. ChroBMeope rempkrçamt la mmehise d*Atw«od. — M. Wheatstone a appliqué sa méthode chronoscopique (1854) à l'étude de la chute des corps. La fig. 4380 représente un appareil construit sur les mêmes principes, par MM. Breton. H est le chronoscope, dont les rouages sont arrêtés par le contact de l'électro-aimant e, quand passe le courant de la pile P. Une lame de cuivre c, mobile à charnière et retenue par le crochet à ressort k, soutient une balle de métal. Quand on retire le crochet, en tirant le cordon n, la lame c s'abaisse brusquement, et la balle vient tomber librement dans une coupe R portée par un léger ressort Ra. Ce ressort est fixé à un curseur que l'on peut arrêter à différentes hauteurs sur la règle kl. Le courant passe par l'électro e, la lame de cuivre c, le crochet k et la tige tt\ qui descend le long de la règle et
Fig. 1380.