‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 28 sur 186 · VARIATIONS DE L'INTENSITÉ · texte numérisé non relu

VARIATIONS DE L'INTENSITÉ

conserver intacte la force d'un aimant pendant un grand nombre d'années. On pourrait, il est vrai, employer. plusieurs aiguilles très différentes, et celles qui» au bout de plusieurs années, auraient conservé les mêmes rapports entre leurs nombres d'oscillations, auraient aussi conservé leur état magnétique ; car il serait difficile de concevoir qu'elles eussent toutes été modifiées dans un même rapport avec leur intensité primitive.

Poisson a indiqué une méthode qui permet de déterminer l'intensité absolue du magnétisme de la terre, indépendamment de la force des aiguilles employées ; il faut seulement en avoir deux identiques dans leur constitution moléculaire et dans leur état d'aimantation. On fait osciller ces aiguilles sous l'influence delà terre seule, puis sous celle de la terre et de l'autre aiguille, en ayant soin de les placer parallèlement à l'aiguille d'inclinaison, et l'on mesure la durée d'une oscillation dans ces différents cas. 11 faut aussi connaître la distance des centres de .gravité des deux aiguilles, et leur moment d'inertie. La force magnétique de la terre est alors donnée par la formule F =kk' : k" ; k, k\ k" étant des quantités qui dépendent des durées des oscillations. M. Gauss a employé une méthode analogue, et il a reconnu que l'intensité magnétique du globe, n'a pas ^arté*à GœUiûgae-et dans quelques autres lieux, pendant plusieurs années ; Biais l'intervalle de temps sur lequel portent les observations n'est pas assez grand pour qu'on puisse rien conclure. Il est peu probable, du reste, que la direction de la force magnétique change en un lieu , sans que l'intensité éprouve quelques variations.

Variatiras périodiques de l'intensité. — Dans les observatoires- magnétiques, on étudie les variations des composantes horizontale et verticale. M. Secchi a déduit, du dépouillement d'un très grand nombre d'observations, les lois générales suivantes :

I. Le magnétomètre bifilaire est soumis à une variation horaire qui est la résultante de deux variations élémentaires, l'une-diurne et l'autre semi-diurne. L'amplitude de la variation d'intensité semi-diurne augmente avec la latitude, et est nulle à l'équateur. Les phases par lesquelles elle passe dépendent de la distance angulaire du soleil au méridien magnétique. — Dans les stations à latitudes moyennes, la courbe du magnétomètre bifilaire est semblable à celle du déelinomètre, mais avec un retard de 6 heures. La période semi-diurne est i peine indiquée à Sainte-Hélène ; elle est ensuite d'autant plus distincte que la latitude est plus élevée.

II. Les variations de la composante verticale suivent les mêmes périodes- que celles de la composante horizontale, avec cette différence essentielle que les maximvm de l'une correspondent, en général, aux minimum de l'autre et réciproquement.

Fnree («taie. — Des composantes horizontales et verticales, on déduit les forces magnétiques totales ; mais les lois que suivent ces dernières sont peu connues , les observations n'étant pas assez nombreuses , surtout prés de l'équateur, et de plus les circonstances locales semblent avoir une très grande

influence. Cependant, on a remarqué une période serai -diurne à Toronto : le maximum principal a lieu à 5 heures, le minimum principal entre 15 et 16 heures, le 2e maximum entre 18 et 20 heures, et le 2« minimum entre 22 et 25 heures. Au Cap, les variations sont à peu prés complémentaires de celles de la déclinaison.

M. Hansteen, qui avait remarqué dans la composante horizontale, un minimum vers 11 heures du matin, et un maximum vers 5 heures du soir, et des variations dans les intensités moyennes d'un mois à l'autre, le minimum ayant Heu en mai et juin, et le maximum vers les équinoxes , attribue ces résultats aux variations diurnes et mensuelles de l'inclinaison, d'où dépend la valeur de la composante; de sorte que l'intensité magnétique du globe n'éprouverait pas de variations diurnes et annuelles susceptibles d'être mesurées. Cette opinion est confirmée par cette circonstance que les variations des composantes horizontale et verticale ont lieu en sens inverse. On peut donner la même interprétation au résultat obtenu par M. Quételet, qui a trouvé que l'intensité de la composante horizontale a un peu augmenté de 1828 à 1833; c'est que l'inclinaison a diminué pendant ce même intervalle de temps.

»56. FnTUUATiois ni LUftUttLK AmAVTtE. — L'aiguille aimantée, particulièrement l'aiguille de déclinaison , éprouve assez souvent des déviations accidentelles, pour revenir au bout de quelques heures à sa première position. Les marins désignent ces anomalies sous le nom d'affolements. Parmi ces mouvements, il en est qui se rattachent à des causes connues, qui sont les aurores boréales, ta tremblements de terre et les éruptions volcaniques. On n'a que peu d'observations sur les deux dernières causes, qui, du reste, ne se font sentir qu'à une petite distance. Dans tous les cas, l'aiguille n'est généralement déviée que d'une fraction de degré, et elle revient à sa position primitive quand cesse le phénomène qui l'a agitée.

Influente des aurores boréales. — La coïncidence entre la présence des aurores boréales et certains mouvements de l'aiguille aimantée, a été découverte en 1740 par Celsius et Hiorter. Nous décrirons plus tard l'aurore boréale ; nous nous contenterons, pour le moment, de dire qu'elle consiste en une apparence lumineuse d'un éclat variable, qui se montre dans l'atmosphère, du côté du pôle. Le plus souvent, cette lumière affecte la forme d'un arc immense à contours diffus, et dont s'échappent des ramifications ou rayonnements lumineux animés de mouvements plus ou moins rapides. Pendant l'aurore boréale, l'aiguille de déclinaison est déviée, même dans les pays où le météore n'est pas visible ; de manière qu'on a pu souvent, à l'inspection de l'aiguille, annoncer la présence d'une aurore boréale dont on ne voyait aucun signe. La déviation n'est que de 20' au plus dans nos climats, mais elle est plus grande quand on se rapproche du pôle. C'est aussi dans les régions boréales qu'on a principalement étudié le phénomène. On a remarqué d'abord que le point culminant de l'arc se trouve dans le méridien magnétique de l'aiguille considérée, et le centre de la couronne, sur le prolongement de

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