‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 32 sur 186 · I. Du développement de l'éleetrleité par le frottement · texte numérisé non relu

I. Du développement de l'éleetrleité par le frottement

1S59. Phénomène» générmax. — Quand on frotte du verre, de la résine, du soufre, avec de l'étoffe, du cuir, des feuilles de plomb..., les corps frottés acquièrent la propriété d'attirer les corps légers, tels que des petits morceaux de papier, de liège, ou de moelle de sureau, des lambeaux de feuilles d'or, des barbes de plume, etc. (fig. 922). Si le corps frotté présente une masse assez considérable et qu'on en approche le doigt, on entend un léger pétillement , et, dans l'obscurité, on aperçoit une petite aigrette lumineuse. Enfin , quand on approche ce corps du visage ou des mains , on éprouve une impression particulière que Hauksbée comparait à celle que produit une toile d'araignée. Si Ton vient à passer la main sur toute la surface du corps frotté , on fait disparaître les propriétés que le frottement lui avait communiquées1;

La cause de ces phénomènes a reçu le nom d'électricité, du nom grec de l'ambre ou succin (jjhxtpov), sur lequel la propriété attractive a d'abord été

Fig. 922.

observée. De ce mot, on a tiré une foule de termes dérivés, dont le sens se comprendra facilement quand nous aurons à les employer. 11 faut remonter jusqu'à Thaïes de Milet, 600 ans avant notre ère, pour trouver les premiers indices de la connaissance de l'attraction qu'exerce l'ambre frotté (. Ce phénomène, (dont Théophraste fait mention dans son Traité des pierres précieuses, était le seul fait connu des anciens, et l'ambre et le jayet les seules substances sur lesquelles on l'eût observé avant le XVIe siècle. Gilbert fit sortir la science de l'électricité de sa longue enfance, comme il avait fait pour le magnétisme ; il constata la propriété de sélectriser dans la plupart des pierres précieuses, les résines, la gomme laque, le soufre, le verre, etc. Il reconnut que les phénomènes s'observent beauconp plus facilement par un temps sec que par un temps humide. Depuis, une foule d'observateurs, Wilte, Otto de Guericke, Hauksbée, Gray, Dufay, Nollet, Franklin, Wilson, iEpinus, Beccaria, Cavallo, Coulomb, etc., augmentèrent la liste des corps électriques.

Electroseapes. — Pour expérimenter, on approche simplement le corps frotté, de corps légers placés sur une table, et on les voit se précipiter sur lui (fig. 922); ou bien on emploie le pendule électrique (fig. 924), formé d'une balle de moelle de sureau suspendue à un fil. On se sert encore de Y aiguille électriqm (fig. 923), qui n'est autre chose qu'un petit levier suspendu sur un pivot, et terminé par deux balles métalliques. Ces divers instruments se nomment des électroscopes.

Otto de Guericke, au lieu d'expérimenter sur de simples cylindres, employa des globes de verre ou de soufre qu'il

/, B faisait tourner rapidement sur eux-mêmes, pendant qu'un

•-■ f H^ aide appliquait les mains sur leur surface afin d'exercer I I * un frottement énergique. Il imagina ainsi la première g^MS^4 machine électrique. Dès-lors , les expériences purent se ■™"«^* faire avec facilité, et, suivant l'expression de Romas, « les Fig. 923. physiciens eurent, dans le cours de quelques années, beau-

coup plus d'idées justes de l'électricité que les anciens philosophes n'en avaient conçu de fausses dans l'espace de 2000 ans. » C'est ainsi que Otto de Guericke découvrit l'étincelle électrique qui jaillit d'un corps électrisé quand on en approche le doigt ; Bpyle remarqua que les attractions s'exercent à travers les corps. On voit (fig. 923) comment on opère à travers les parois d'une cloche. Newton avait déjà constaté qu'une lame de verre frottée d'un côté attirait de l'autre. Boyle remarqua aussi que les substances frottées paraissent lumineuses dans l'obscurité , et répandent une légère odeur, qu'il compare à celle du phosphore ou de l'acide nitrique. Il démontra que l'ambre attire dans le vide, et qu'un corps électrisé est attiré par un corps à l'état

1 De Humboldt a trouvé avec surprise que les enfails des & orages des bords de rOrénoqoe, race des" plus dégradées , s'amusa eot à faire tttirer des corps légers par certaines graines lisses et aplaties, après les avoir vivement frottée?.

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