ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS
Fig. 931 bis.
Le pendule est attiré par le timbre a, sur lequel s'est répandue l'électricité de la machine, puis il est repoussé dés qu'il y a contact. De plus, ce pendule est alors attiré par le timbre c, qui est à l'état neutre, le touche et lui cède son électricité, qui va dans le sol. Le pendule est alors de nouveau attiré par le timbre a, et il vient frapper ainsi alternativement les deux timbres. En ajoutant un troisième timbre a', et un second pendule, on a un double carillon.
Araignée de Franklin. — Une petite figure d'araignée, en liège légèrement brûlé à la surface, pour le rendre conducteur, est suspendue par un fil de soie entre deux boules, lune en communication avec le sol, l'autre isolée et chargée d'électricité ; l'araignée oscille entre les deux boules; mais comme le liège est peu conducteur, l'électricité s'y déplace lentement, et l'araignée reste posée pendant un instant sur chaque boule, avant de s'en écarter.'
Appareil à grêle de Vol ta. — Une cloche de verre (fig. 931), dans laquelle est suspendu un plateau métallique que l'on fait communiquer avec une machine électrique, repose sur un second plateau non isolé , sur lequel on a placé des balles de moelle de sureau. Ces balles sont attirées par le plateau supérieur , puis oscillent entre les deux plateaux , prenant de l'électricité au plateau supérieur, et rentrant à l'état neutre en retombant sur le plateau inférieur. — On fait aussi l'expérience en renversant sur ce dernier, une cloche de verre (fig. 931 bis), dont on a électrisé l'intérieur en y faisant jaillir l'électricité par une pointe. Les balles oscillent jusqu'à ce qu'elles aient enlevé presque toute l'électricité adhérente à la cloche. On active les oscillations en approchant la main ou tout autre corps bon conducteur.
Théâtre électrique. — Si, entre les deux plateaux P, c (fig. 932) , on place de petits personnages en moelle de sureau, ils sautent en allant de l'un à l'autre, et l'on a le théâtre électrique ou danse des pantins. Une aigrette de soie placée sur leur tête fait qu'ils se tiennent droits pendant leurs mouvements.
Planisphère électrique. — Un plateau de verre vv (fig. 933) porte de petites colonnes isolantes sur lesquelles repose un anneau métallique ce. Sur le plateau est collée une bande circulaire d'étain communiquant par son centre avec le sol. Une boule légère en verre soufflé, m, est posée sur la bande d'étain et s'appuie contre l'anneau ce, que l'on électrisé. On voit aussitôt la boule, m,
Fig. 932.
tourner, en roulant, le long de l'anneau, imitant ainsi le double mouvement d'une planète autour du soleil. L'anneau ce cède de l'électricité aux points de la boule qui le touchent, et les repousse dans une direction qui ne lui est pas exactement normale (la boule n'étant pas une sphère parfaite) ; ces points sont attirés en même temps par la bande d'étain, qui communique avec le sol, et arrivent bientôt au contact de cette bande, où ils perdent leur ^électricité. D'autres points, pendant ce mouvement, ont touché l'anneau cc9 et la rotation continue, la force centrifuge poussant continuellement la boule contre l'anneau, Arroseir électrique. — Un vase métallique contenant de l'eau (fig. 934) porte des ajutages capillaires, par lesquels le liquide s'échappe goutte à goutte. Si l'on suspend ce vase à la machine électrique, on voit partir de chaque ajutage
un jet divergent de gouttelettes fines. Cette expérience, faite par Elliot, puis par Rollet et Boze, montre la répulsion, les unes pour le$ autres, des différentes parties de l'eau électrisée. Peltier ayant enveloppé le jet, d'un anneau métallique élec irisé de la môme manière, a vu '.'.',?/•'> Sy^ les gouttelettes divergentes se /*••••'*' ,l'V.;.\N resserrer en un filet unique.
Ayant reçu le jet dans une Fig. 934. sphère métallique isolée, il l'a vu se resserrer à mesure que la sphère s'électrisait aux dépens des gouttes reçues. D'après M. Carmoy, la dépense n'est pas modifiée; ce qui montre que la cause du phénomène n'agit qu'après que le liquide a quitté l'orifice.
Aldini a reconnu que des gouttes d'huile versées sur de l'eau électrisée se subdivisent en fines gouttelettes. Il résulte aussi d'expériences de Bohadsch, que l'électricité active sensiblement l'évaporation des liquides.
Nous citerons enfin l'expérience suivante, due à M. Charault. Un aréomètre, plongé dans un liquide qu'on électrise, monte de plusieurs centimètres, comme si le liquide avait augmenté de densité. Ce résultat est dû à la répulsion électrique du liquide. Si cette répulsion se faisait sentir sur tous les points de l'aréomètre, il n'y aurait pas d'effet produit ; mais comme elle n'existe pas de haut en bas à l'endroit où la tige sort du liquide, l'instrument est soulevé par la répulsion qui s'exerce de bas en haut sur la portion de surface qu'intercepterait la tige prolongée.
4*TO. élbctiû8C0PE8 et ÉLECT10MÈT1B8. — Les électroscopes sont des instruments destinés à reconnaître la présence de l'électricité, par des attractions on des répulsions. L'aiguille électrique et le pendule électrique de Gray sont doncjies électroscopes. Les électromètres doivent, de plus, mesurer les quantités d'électricité. La première tentative d'un instrument destiné à donner une
ÉLECTROMÈTRES. 111
idée de la charge électrique, est due à Darcy et Le Roy. Nollet, en 1752, imagina de réunir deux fils de lin, dont il mesurait l'écart sur leur ombre, afin d'avoir une idée de la quantité d'électricité qu'ils avaient reçue. Cavallo suspendit des balles de liège à ces fils, et renferma le tout sous une cloche de verre. La fig. 935 représente l'électromètre sous cette forme : la cloche est traversée, à sa partie supérieure, par une tige métallique terminée en dehors par un bouton B, et à laquelle sont suspendus en dedans deux fils terminés par deux balles de moelle de sureau m. A la place de ces fils, Vol ta suspendit deux brins de paille d'herbe fine très mobiles p, et Bennet les remplaça par des bandes o, prises dans une feuille d'or, et appliquées l'une sur l'autre. Quand le bouton B reçoit de l'électricité, les balles, pailles ou feuilles d'or s'écartent , et l'on peut évaluer l'angle d'écart sur un arc divisé, gravé le plus souvent sur la cloche de verre. Deux bandes d'étain ce' sont collées en dedans sur les parois de la cloche ; elles sont destinées à décharger l'électromètre quand les pailles s'écartent au point de toucher ces parois. Sans cette précaution, le verre recevrait de l'électricité , qu'il garderait, parce qu'il est mauvais conducteur, ce qui générait les expériences que l'on voudrait faire ensuite. Fig. 935.
De plus, ces bandes d'étain réagissent pour augmenter l'angle d'écart. La partie supérieure de la cloche est garnie de gomme laque pour empêcher l'humidité de se déposer sur le verre, et l'on introduit dans l'intérieur, des fragments de chlorure de calcium ou de chaux vive, pour que l'air y soit bien sec.
Quand l'électricité que l'on veut reconnaître, se trouve sur un corps mauvais conducteur, on ne touche pas le bouton B avec ce corps, mais on se contente de l'en approcher peu à peu. 11 se fait alors une décomposition par influence dans le fluide neutre du bouton B; le fluide de môme nom, que nous supposerons positif, est repoussé dans les pailles, et le fluide négatif est attiré en B. On touche ensuite le bouton avec le doigt, l'électricité positive passe dans le sol, et les pailles se rapprochent; ôtant le doigt et retirant ensuite le corps électrisé, on voit les pailles s'écarter sous l'influence du fluide négatif resté seul dans l'appareil.
L'électricité que renferme l'électromètre est de nom contraire à celle du corps qui a servi à le charger. Pour reconnaître de quelle nature est cette électricité, on approche du bouton B un corps chargé d'une électricité connue ; par exemple, un bâton de verre électrisé positivement. Si l'électromètre contient du fluide positif, ce fluide est repoussé du bouton, et les cailles divergent davantage ; si, au contraire, elles contiennent de l'électricité négative, les pailles se rapprochent, cette électricité étant attirée dans le bouton. 11 faut avoir soin de n'approcher que lentement le bâton de verre; car, dans le dernier cas, après que l'électricité des pailles a été attirée dans le bouton, il peut se faire une décom-
position de fluide neutre par influence, et l'électricité repoussée fait écarter les pailles après qu'elles se sont resserrées. Si Ton approchait trop vivement le bâton de verre, le premier mouvement des pailles pourrait n'avoir pas le temps de s'effectuer, et Ton serait induit en erreur snr la nature de l'électricité que contient l'éleetromètre.
1273. Des éleetromètres comparables. — On doit se demander si, dans les instruments dont nous venons de parler, l'angle que font les parties mobiles est proportionnel aux quantités d'électricité que contient l'instrument. Saussure1 a fait beaucoup d'expériences à ce sujet : il prit deux éleetromètres à balle de sureau, identiques dans toutes les parties; l'un d'eux étant chargé d'une certaine quantité d'électricité, il en mil le bouton en communication avec le bouton de l'autre, au moyen d'un fil métallique isolé qui les touchait en deux points semblablement situés. Il est évident que l'électricité devait se partager également entre les deux instruments, et que le premier ne devait plus contenir que la moitié du fluide qu'il possédait d'abord. De même, en ramenant le second instrument à l'état neutre, et le faisant communiquer de nouveau avec le premier, la charge de celui-ci était réduite au quart de ce qu'elle était primitivement. Saussure reconnut ainsi que les angles d'écart ne sont pas proportionnels aux charges électriques. Volta ayant remplacé les fils à balles, par des pailles, trouva que l'électrométre ainsi modifié est comparable à luimême jusqu'à 30°, c'est-à-dire que la charge est proportionnelle à l'angle d'écart, quand on ne dépasse pas cette limite.
Nous ferons connaître plus loin des éleetromètres plus exacts, ainsi que d'autres électroscopes , quand nous aurons à parler des expériences dans
lesquelles on en fait particulièrement