REPARTITION DES ORAGES
dans la tente où ils s'étaient réfugiés ; quant à lui, il éprouva une commotion violente suivie de la paralysie d'une jambe.
f 88V. Froid prodait daas les auafes «ragea*. — 11 est une particularité importante, signalée par M. Tessan !, qui jette un nouveau jour sur l'état des nuages orageux : la surface d'un nuage orageux n'étant pas rigide, comme celle d'un corps solide, et l'effort exercé sur l'air par la tension électrique, contrebalançant une partie de la pression atmosphérique, cette surface devra s'étendre ; de plus, les particules électrisées se repoussant, le nuage se dilatera énormément pendant que l'électricité se portera à sa surface : ce qui explique cet accroissement, cette espèce de gonflement que l'on remarque dans les nuages orageux qui se forment. Cette dilatation sera accompagnée d'un grand refroidissement. Alors, de nouvelles vapeurs se condenseront, et les gouttelettes s'accroîtront rapidement ; ce qui, indépendamment de l'énorme hauteur de certains nuages orageux, peut servir à rendre compte de la grosseur et de l'abondance des gouttes de pluie qu'ils fournissent. Quand un éclair vif décharge subitement une partie de la surface du nuage, l'air la refoule et la comprime aussitôt, puisque la force électrique qui la tenait gonflée est subitement diminuée, et il y a une brusque condensation de nouvelles vapeurs par cette compression ; ce qui explique la recrudescence de la pluie après chaque violent coup de tonnerre. Nous verrons, en parlant de la grêle (1395), une autre cause qui explique cette recrudescence subite, et la grosseur des gouttes de pluies d'orage.
€888. Périodicité des orages. — Volta a remarqué que lorsqu'un orage éclate dans un lieu, souvent d'autres orages s'y produisent périodiquement pendant plusieurs jours de suite, et vers la même heure 2. Ce fait a été fréquemment vérifié depuis ; il atteste que l'air de cette région a été constitué par l'orage primitif dans un état particulier favorable à la formation des nuages orageux. Volta attribue ce phénomène à trois causes : 1° l'air, après l'orage, est plus électrisé qu'auparavant ; l'observation directe l'a constaté bien des fois ; 2° l'espace où régnait l'orage primitif a été refroidi par les causes que nous avons indiquées (1387). Volta avait déduit l'existence de ce refroidissement, de l'observation d'un vent très froid et très sec, soufflant d'en haut, le lendemain des orages, surtout de ceux qui donnent de la grêle. Les vapeurs ascendantes doivent donc facilement se condenser dans les régions qu'occupait l'orage primitif; 3° en outre les rayons solaires échauffant un sol mouillé par la pluie, produisent d'abondantes vapeurs qui se condensent dans les hautes régions de l'air. Un nouvel orage naîtra donc chaque jour, jusqu'à ce que cette disposition locale de l'atmosphère soit détruite par un vent assez fort pour renouveler l'air. Cette explication ne peut convenir aux orages engendrés par la rencontre de deux vents opposés; aussi, M. Kaemtz fait-il remarquer que la
* CompUs-rendw des séances de V Académie des sciences de Paris, t. XII, p. 7ÎM. s AmaUs de chimie et de physique, 3e série, t. IV , p. 245.
périodicité ne se . remarque pas pour ces derniers comme pour ceux qui sont produits par une colonne ascendante d'air chaud et humide.
4389. De l'origine de l'éleelrielté des Mages. — On admet généralement que l'électricité des nuages orageux est empruntée à l'atmosphère; de sorte que la quantité d'électricité que contient l'air serait la cause de l'orage. Plusieurs météorologistes pensent que cette quantité ne suffit pas pour rendre compte de l'énorme accumulation de fluide qui se fait dans les nuages, et ils ont supposé que ce fluide était produit au moment taéme de leur formation ; de sorte que, dans cette hypothèse, l'électricité ne serait pas la cause de la production d'un orage, mais seulement la conséquence d'une condensation très grande et très rapide de vapeur. Volta, Bennet et plusieurs autres, ont admis que la vapeur, en se condensant, mettait en liberté de l'électricité latente qu'elle aurait absorbée en se formant ; mais comme les deux fluides prennent naissance en môme temps, on conçoit que leur destruction aurait lieu immédiatement. Ne pourrait-on pas attribuer plutôt l'électricité des nuages au frottement des deux masses d'air de température différente qui se rencontrent pour les former? Des deux électricités dégagées, l'une, la positive, se porterait sur l'air le plus froid, et l'autre sur l'air le plus chaud ; car nous avons vu que la chaleur donne aux corps une tendance à prendre le fluide négatif (1264). Ces masses d'air mêlées de vapeur condensée seraient ainsi, les unes électrisées positivement, les autres négativement; les mouvements tumultueux qui résultent du conflit des deux vents contraires sépareraient ces masses, et nous aurions ainsi, dans la même région de l'atmosphère, des nuages positifs et des nuages négatifs, ou bien un même nuage dont certaines parties seraient électrisées positivement, et d'autres négativement. De là des décharges, soit d'un nuage à l'autre, sous forme d'éclairs de première classe, soit dans un môme nuage, sous forme d'éclairs de deuxième classe.
Quand l'orage est dû à une colonne d'air ascendante, le frottement de celte colonne contre l'air environnant, dont elle entraîne uue partie avec elle, fournirait l'électricité du nuage qui se forme, et cette électricité serait encore positive dans les parties les plus froides du nuage, et négative dans les parties les plus chaudes.
Tonnerres des nnages engendres par les Tolemns. — Les volcans nous présentent une image de ce qui se passe dans ce dernier cas : la colonne de cendres, sèches ou mêlées de vapeur d'eau, qu'ils lancent, s'épanouit à une certaine hauteur, en formant un nuage épais, dont il part souvent des éclairs et des coups de foudre, qui frappent de terreur les habitants des contrées voisines, et ajoutent aux dangers auxquels ils sont exposés. L'électricité est produite ici en partie par la même cause qui la produit à la sortie de l'air d'un fusil à vent (1261); mais le frottement de la colonne brûlante contre l'air environnant doit y contribuer en partie. Peut-être aussi cette colonne est-elle électrisée d'avance par les réactions chimiques qui se font dans l'intérieur de la bouche même du volcan.