PROCÉDÉS D AIMANTATION
conclu de là que les aiguilles réagissent les unes sur les autres : les plus fortes détruisant peu à peu l'aimantation des plus faibles.
Dans ce qui précède, il est question de faisceaux d'aiguilles ou de lames aimantées, et non d'aimants d'une seule pièce. Mais Coulomb ayant reconnu qu'un faisceau de lames pressées les unes contre les autres prend la même force magnétique qu'un barreau unique de mômes dimensions extérieures, on est porté à penser que, dans les aimants d'une seule pièce, la force magnétique va aussi en diminuant de l'extérieur à l'intérieur. Voici des expériences qui viennent à l'appui de cette manière de voir. Nobili trempa et aimanta deux cylindres du même acier et de mêmes dimensions extérieures, dont l'un était massif et l'autre foré dans toute sa longueur, et il trouva que ce dernier déviait une aiguille d'épreuve de 49°, tandis que l'autre ne ia déviait que de 9°, 5 quoiqu'il eût un poids, presque double du premier. Peut-être le cylindre creux était-il plus fortement trempé que l'autre et doué d'une plus grande force coërcitive.
De Haldat, ayant fortement aimanté un tube de fer, au moyen d'un courant électrique, par un procédé que nous indiquerons plus tard, reconnut que la force magnétique était la même quand ce tube était vide, et quand il contenait un cylindre massif prenant bien juste, ou de la limaille de fer fortement tassée. Le même physicien a tenté, mais en vain, de faire passer l'aimantation, du milieu d'un faisceau, où les fils ou lames étaient aimantés, dans les parties extérieures qui étaient à l'état neutre. Enfin, M. Barlow a reconnu que l'action magnétique exercée sur une aiguille aimantée, par des globes de fer, creux ou massifs, est la même, pourvu que l'épaisseur soit au moins Omœ,l.
g *. — DE L'AIMANTATION ET DE LA FORCE DES AIMANTS.