EFFETS GÉNÉRAUX DE LA PILE
y a une interruption que ne peut franchir l'électricité ; dans le cas contraire, il est fermé.
Sens du courant. — Les deux électricités accumulées aux pôles de la pile vont Tune vers l'autre à travers le circuit. On ne peut donc dire que le courant marche dans un sens plutôt que dans le sens opposé. Cependant, pour indiquer de quel côté se trouve le pôle positif de la pile, on est convenu d'appeler sens du courant, le sens dans lequel marche l'électricité positive. On dit donc que le courant va du pôle positif au pôle négatif; mais il ne faut voir là qu'une manière conventionnelle de s'exprimer.
Les courants voltaïques produisent sur les corps qu'ils traversent, ou prés desquels ils passent, différents effets que nous étudierons plus tard en détail, mais que nous allons dès à présent énumérer. Ces effets se distinguent, en effets physiologiques, physiques, chimiques et magnétiques.
1° Les effets physiologiques consistent dans les commotions produites, soit sur les cadavres des animaux, soit sur les animaux vivants. Ces effets sont d'autant plus intenses que la pile possède un plus grand nombre de couple*. 2° Les effets physiques sont de plusieurs sortes; par exemple, si l'on met entre les extrémités des électrodes, un fil métallique suffisamment fin et court, ce fil rougit, fond, ou même se volatilise, suivant la puissance de la pile. Ces effets dépendent surtout de la grandeur des éléments; un seul couple à grande surface est plus efficace que 400 couples de petites dimensions.
3° Les effets chimiques se manifestent quand le courant traverse un corps composé, liquide, ou en dissolution. Ce corps peut être décomposé. Les résultats dépendent ici, à la fois, du nombre et de la grandeur des éléments; il en faut un certain nombre pour vaincre l'affinité chimique et pour que la décomposition commence, et une fois ce nombre réalisé, la décomposition est d'autant plus rapide que les éléments ont une plus grande surface. M. Faraday a donné le nom à'électrolyte au liquide soumis à l'action décomposante du courant. Le premier cas de décomposition qu'on ait observé est celui de l'eau. En 1800, Carliste et Nickolson, ayant monté une pile à colonne avec des disques de zinc et d'argent, sentirent une odeur analogue à celle que produit le gaz hydrogène tel qu'il se dégage d'un mélange d'eau, d'acide sulfurique et de zinc. Ayant alors fait passer le courant à travers de l'eau, ils virent du gaz hydrogène se dégager au pôle positif, et des traces d'oxydation se manifester au pôle négatif.
Voltamètre. — Pour faire passer le courant de la pile à' travers l'eau, et la décomposer, on emploie aujourd'hui le petit appareil delà fig. 1062, désigné par M. Faraday sous le nom de voltamètre. Il consiste en un vase de verre , dont le fond est traversé par des fils ou de petites lames en platine. Ces fils sont isolés l'un de l'autre. On met leur partie extérieure en communication avec les élec-
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Fig. 4 062.
312 SOURCES d'électricité.
trodes d'une pile ; par exemple, en les enfonçant en m et n , avec ces derniers, dans du mercure. Le vase contient de l'eau à laquelle on ajoute, pour la rendre meilleure conductrice, quelques gouttes d'acide sulfurique, quand la pile n'a pas un grand nombre d'éléments. Dés que le circuit est fermé, on voit partir de chaque point des fils de platine , de petites bulles de gaz , que l'on recueille dans des éprouvettes en verre o, h, placées au-dessus. Ce qu'il y a de très remarquable, c'est que les éléments de l'eau se dégagent séparément. L'oxygène apparaît seul en o, sur le fil qui apporte l'électricité positive, et l'hydrogène seul en h, sur celui qui apporte l'électricité négative. C'est ainsi que l'eau fut, pour la première fois, décomposée, et que ses éléments furent recueillis séparément. En h, on trouve deux fois plus de gaz qu'en o, ce qui montre que l'eau est formée de 2 volumes d'hydrogène pour 1 volume d'oxygène. Pour reconnaître qu'il y a de l'oxygène en o, on retourne l'éprouvette, et l'on y plonge une allumette qui présente quelques points en ignition ; elle se rallume aussitôt. En approchant une flamme, de l'ouverture de l'éprouvette h, après y avoir introduit un peu d'air, on entend une petite détonation qui prouve la présence de l'hydrogène.
Parmi les effets chimiques des courants , nous citerons encore la décomposition des sels , découverte, en 1803, par Berzélius et Hisinger. L'expérience se fait au moyen d'un tube en U (fig. 1063), dans lequel on met le sel en dissolution. Des lames de platine accrochées aux électrodes de la pile , plongent dans les branches a et b, et le sel est Fig. 4063. décomposé. S'il s'agit d'un sel à base alcaline,
l'acide se rend en b au pôle positif, avec l'oxygène de l'eau décomposée, et la base, en a au pôle négatif, avec l'hydrogène. Si l'on emploie une dissolution d'un sel neutre, comme le sulfate de potasse, colorée en bleu par le sirop de violette, on la verra rougir en b, et devenir verte en a. Si la base n'est pas alcaline, le métal de la base se dépose au pôle négatif, et son oxygène se porte au pôle positif, avec l'acide.
Corps éleetro-posififs et éiectro-Béfatlfe. — Dans les décompositions produites par les courants, on donne le nom de corps électro-positifs à ceux qui se rendent au pôle négatif, et de corps électro-négatifs, à ceux qui se rendent au pôle positif. Ainsi, l'hydrogène de l'eau est électro-positif, et l'oxygène, électro-négatif. L'acide des sels est électro-négattf, et la base, électropositive. Ces dénominations viennent de ce que l'on suppose que les molécules qui entrent dans un composé, sont naturellement électrisées ; et comme les électricités contraires s'attirent, ce sont les molécules électrisées positivement ou électro-positives qui sont sollicitées vers le pôle négatif de la pile, et réciproquement. Du reste, une même substance peut être électro-positive ou électro-négative, suivant la nature de celle avec laquelle elle est combinée. Nous