PILES SÈCHES
d'étain sur une feuille de papier un peu humide « , et Ton recouvre la face opposée , d'une couche de peroxyde de manganèse en poudre, que Ton fait adhérer en frottant avec un bouchon. On superpose plusieurs feuilles ainsi préparées , en mettant l'étain toujours du même côté, puis on enlève, avec un emporte-pièce, des groupes de rondelles qu'on superpose, toujours dans le même ordre, de manière à réunir plusieurs milliers de couples. On place aux extrémités de cette pile des disques épais de cuivre et de zinc , que Ton presse et que Ton maintient par des cordons de soie attachés , pendant la pression , à de petits crochets. On plonge ensuite la pile dans du soufre ou de la gomme laque en fusion, dont elle se trouve enveloppée , ce qui la préserve du contact de l'air. Ces piles , même avec un très grand nombre d'éléments, ne donnent que de très faibles résultats. Au bout de quelques années , elles cessent de fournir de l'électricité. Cependant, M. Delezenneen a construit qui conservaient encore leur activité au bout de 28 ans.
Peltier et M. Delezenne , chacun de leur côté , ont établi des piles sèches à grands éléments pouvant donner des commotions, et produire des étincelles et des effets chimiques. Le premier ne réunissait qu'un petit nombre de couples pour diminuer l'inconvénient de l'imparfaite conductibilité du papier, qu'il prenait, du reste, assez humide. M. Delezenne empile des feuilles de papier cuivré et de papier étamé, de manière que le cuivre s'appuie sur l'étain; ou bien des feuilles étamées garnies, du côté non étamé, d'une couche de peroxyde de manganèse appliquée avec de la colle de gélatine '. Une pile de 300 couples, convenablement comprimés et dont le papier est suffisamment humide, donne des commotions qui se font sentir jusqu'au poignet, décompose l'eau, et dévie l'aiguille aimantée quand on fait communiquer les couples extrêmes avec les fils d'un réomètre ; effets qui diminuent à mesure que la pile perd de son humidité.
143V. Applications. — On a tiré parti de la tension qui existe aux pôles des piles sèches , pour produire différents effets d'attractions et de répulsions électriques, an moyen de petits appareils de formes très variées ; il nous suffira d'en citer un. On dispose verticalement deux piles de Zamboni ab, cd {fig. 1060), dont les pôles sont opposés, et qui communiquent entre elles par leur partie inférieure. Un pendule on, dont la balle isolée Fig. 4 060. — i/6. vient toucher alternativement les boutons électrisés a et c, oscille continuellement de l'un à l'autre. On a fait à Munich et à Vérone de petites horloges dans lesquelles le mouvement du pendule , produit par
< Quelquefois le papier est imbibé d'huile , de miel, de lait , d'une dissolution légèrement salée, d'essence de térébenthine... La pile est alors plus forte dans les premiers temps, mais elle perd plus rapidement son énergie, que celles dont le papier n'a pas été préparé.
2 Mémoires de la Société de Lille, et Archives de l'électricité, t. V, p. 67.
310 SOURCES d'êlfxtricité.
l'électricité, se transmettait à des aiguilles, par l'intermédiaire de rouages ; mais l'intensité des piles sèches variant avec l'humidité et la température, et allant en décroissant peu à peu, le mouvement était très irrégulier.
Electroscope de Bohnenberger. — Si Ton suspend entre deux piles sèches égales, disposées comme celles de la fig. 1060, une feuille d'or placée à égale distance des boutons a et c, on aura un electroscope extrêmement sensible; caria moindre électricité fournie à la feuille d'or, rompant l'équilibre, la fera s'incliner vers le bouton électrisé d'une manière contraire. La fig. 1037 représente cet electroscope. Une cloche de verre préserve la feuille d'or, des agitations de l'air. On a reproché à cet instrument d'être infidèle, parce que la feuille d'or est en équilibre instable ; mais avec des précautions, l'inertie de l'air suffit, à cause de la faible masse de la feuille d'or, à la maintenir en repos, tant qu'elle n'est pas électrisée.
Diagomètre de Rousseau. — Cet instrument (fig. 1061 ) est destiné à comparer la conductibilité des liquides, ns est une faible aiguille aimantée portant un disque de clinquant n, et très mobile sur un pivot o isolé sur un plateau de résine. Du pied de ce pivot part un conducteur oc, qui porte une coupe c et un disque métallique r. On place oc dans le méridien magnétique, de manière que le disque n .touche le disque r. P est une pile sèche non isolée, que l'on fait communiquer par un fil avec Te liquide contenu dans la coupe c. Quand ce liquide est bon conducteur, l'électricité le traverse, les disques n et r reçoivent la même électricité , et l'aiguille s'écarte de manière à arriver immédiatement au maximum de déviation. Si , au contraire, le liquide est imparfaitement pjg. joei.
conducteur, la déviation augmente peu
à peu, et l'on peut en suivre les accroissements, sur une division que porte la cloche de verre qui abrite l'instrument. Le temps que met l'aiguille à atteindre son maximum de déviation, donne une idée de la conductibilité du liquide. M. Rousseau a trouvé ainsi que l'huile d'olive pure conduit à peine l'électricité, tandis que l'huile de graines conduit bien ; tellement qu'une très petite quantité mêlée à l'huile d'olive peut être décelée. M. Rousseau a encore constaté que les charbons qui conviennent le mieux dans la fabrication de la poudre sont ceux qui conduisent le moins bien l'électricité.
4438. EFFETS PE0DUIT8 PA1 LE C0U1ANT FOUBHI PA1 LA PILE. — Le conflit
électrique qui a lieu dans le fil métallique qui réunit les deux pôles d'une pile se nomme courant éleclrique ou courant voltaïque. On nomme circuit, la série de conducteurs non interrompus formée par la pile et par les corps qui établissent la communication entre ses deux pôles. Le circuit est dit ouvert quand il