‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 82 sur 186 · DE ^AFFAIBLISSEMENT DE LA PILE · texte numérisé non relu

DE ^AFFAIBLISSEMENT DE LA PILE

Lorsque un couple est formé au moyen de zinc impur, ces actions locales, comme M. Faraday appelle les petits courants superficiels dont nous venons de parler, troublent la distribution de l'électricité qui doit produire le courant principal; de sorte que celui-ci est affaibli. Aussi, remarque-t-on que le zinc distillé, quand le circuit est fermé, donne un courant bien plus intense que le zinc du commerce. Ce dernier s'use beaucoup plus vite, et se dissout, même qaand le circuit est ouvert.

1459. Plies à xine amalgamé. — Si au lieu de zinc distillé, on emploie du zinc ordinaire amalgamé à sa surface en le frottant avec du mercure, on obtient une pile qui ne s'use pas tant que le circuit est ouvert, et qui donne beaucoup plus d'électricité pour une même quantité de zinc dissous. En effet, une pile de dix couples amalgamés produit des effets qui exigeraient plusieurs centaines de couples ordinaires, et même, ce à quoi on ne se serait pas attendu, plus d'effet que dix couples à zinc distillé.

Pour amalgamer le zinc, on étend du mercure sur sa surface, et l'on frotte avec un tampon imbibé d'eau acidulée par l'acide sulfurique, pour décaper le zinc. Quand la plaque est épaisse, on répète plusieurs fois l'opération, afin que le mercure pénétre profondément. Un moyen prompt et facile, imaginé en Angleterre, consiste à plonger simplement chaque lame de zinc dans une dissolution A* azotate de bioxyde de mercure mêlée d'acide chlorhydrique ; deux ou trois immersions suffisent pour que le zinc soit fortement amalgamé.

Les propriétés du zinc amalgamé ont été signalées par Davy, en 1826; leur application aux piles, qui a été faite par Kemp, constitue un des perfectionnements les plus importants qu'on ait apportés à ces merveilleux appareils. — On avait cru d'abord pouvoir expliquer l'influence de l'amalgamation par l'absence d'actions locales, le zinc amalgamé se trouvant recouvert d'une couche homogène dont tous les points sont également oxydables. Mais cette explication est insuffisante, car l'effet est Supérieur à celui du zinc distillé, et ce dernier lui-même gagne aussi beaucoup quand on le recouvre de mercure. L'amalgamation a simplement pour effet de rendre le zinc beaucoup plus oxydable, et, par conséquent, de rendre l'action chimique beaucoup plus active. Nous verrons plus tard (1655) comment M. J. Regnault rend compte d'une autre manière du rôle du zinc amalgamé.

IV. Des eanses d'affaiblissement de la pUe. — Piles à oourant oonst&nt.

44*6. Dimlautleit de la feree de la plie. — Quand on réunit les pôles d'une pile voltaïque, elle engendre aux premiers moments beaucoup d'électricité; ensuite, elle s'affaiblit, d'abord rapidement, puis de plus en plus lentement, de manière à ne donner, au bout de quelques heures, que de très faibles résultats. Cette diminution ne peut être attribuée à l'altération du liquide par

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l'action chimique, car elle subsiste quand ce liquide est en très grande quantité autour de chaque couple, et, de pins, la pile reprend peu à peu son énergie quand on ouvre le circuit ; fait remarqué par Ritter. Plus tard, Figliachi et Brugnatelli ont prescrit de laisser reposer la pile pour qu'elle reprenne son activité. M. Marianini, qui a étudié avec détail ce phénomène, au moyen d'une pile à couronne1, a reconnu qu'elle reprenait sa force primitive quand on ouvrait le circuit ; d'abord rapidement, puis de plus en plus lentement, comme pour l'affaiblissement. Si Ton fait passer à travers une pile affaiblie, du pôle positif au pâle négatif, le courant d'une autre pile, la première reprend promptement sa force. On remarque en outre que l'affaiblissement est d'autant moins prononcé que, le liquide agissant moins vivement, le courant est plus faible.

M. Marianini a aussi obtenu des résultats analogues avec les piles sèches deZamboni (4436). Ces sortes de piles s'affaiblissent rapidement quand les pôles sont réunis par une lame de plomb, et reprennent ensuite peu à pen leur force, quand on isole les pôles.

«464. Effet de 1» pelarlté seeeadsire des éléments. — M. Faraday et H. Becquerel ont reconnu que l'affaiblissement de la pile est dû principalement aux dépôts qui se forment sur les lames métalliques, par suite de la décomposition du liquide par les courants qui le traversent (1455). Nous avons déjà parlé de ces dépôts, qui constituent la polarité secondaire des lames (1438). Sur les plaques, comme celles de platine, vers lesquelles marche le courant dans le liquide, il se dépose des bases ou corps analogues ; et sur les plaques d'où part ce courant, comme celles de zinc, il se dépose des acides ou substances analogues. Les corps déposés réagissent les uns sur les autres à travers le liquide, en dégageant de l'électricité ; le fluide positif se porte sur l'acide, et le fluide négatif sur la base. La polarité secondaire donne donc naissance à un courant inverse de celui de la pile, le détruisant en partie. On met en évidence cette production de courant par les couches déposées, en formant des couples avec les lames de cuivre ou de zinc d'une pile qui vient de fonctionner, et des lames neuves de môme métal. On voit les lames qui ont servi prendre le fluide négatif, et les neuves, le fluide positif.

Dans le cas où le liquide est une dissolution saline, les dépôts sont formés d'acide, et de base ou de métal ; et l'on peut produire un courant en associant deux lames dont Tune ait été plongée dans un acide, et l'autre dans un alcali! Mais quand le liquide est de l'eau pure ou acidulée, ce liquide est décomposé, et les dépôts sont formés de gaz hydrogène sur la lame inactive, et de gaz oxygène sur l'autre.

H. Matteucci a prouvé directement l'existence de ces couches de gaz sur des lames de platine qui avaient servi d'électrodes pour décomposer l'eau. Ces lames ayant été introduites dans deux éprouvettes remplies d'oxygène ou d'hydrogène, la

* Annales de chimie et de physique, 2« série, t. XXXVIII. p. 337.

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