PILES DIVERSES
autres par des fils de cuivre. Le courant est faible, mais il dure indéfiniment, pourvu qu'on remplace l'eau qui s'évapore.
On a imaginé encore d'autres piles qui ne sont, pour la plupart, que des modifications de celles que nous venons de faire connaître; mais presque toutes attendent encore , soit la sanction d'une expérience de longue durée , soit des perfectionnements qui fassent disparaître divers inconvénients qui leur sont inhérents.
Il nous reste à décrire deux espèces de piles qui ne sont pas d'un usage pratique, mais qui sont très importantes à considérer sous le rapport théorique : ce sont les piles secondaires de Rilter, el les piles à gaz de M. Grove.
4494. Mies secondaires de Kitter. — Nous avons vu comment la polarité secondaire des éléments affaiblit les piles à un liquide. Ce même phénomène sert à rendre compte des effets des piles secondaires, inventées par Ritter. Ces piles sont faites comme les piles à colonne, à couronne, ou à auges, avec cette différence essentielle , que les couches liquides sont séparées par des lames formées d'un seul métal. Ce système ne produit aucun effet ; mais si l'on vient à le faire traverser pendant quelque temps, dans le sens de sa longueur, par un courant électrique, il acquiert toutes les propriétés d'une pile ordinaire dont le pôle positif serait à l'extrémité par laquelle entrait le fluide. La puissance de cette pile secondaire diminue peu à peu, et finit par disparaître au bout d'un temps d'autant plus long que le courant Ta traversée pendant plus longtemps.
Ritter expliquait ces résultats par la pénétration de l'électricité de la pile auxiliaire, dans les parties extrêmes de la pile secondaire, qui, formant un conducteur imparfait, laissait ensuite sortir peu à peu cette électricité. 11 assimilait ainsi la pile secondaire à une bande de papier mouillé, dont on mettrait les extrémités en contact avec les pôles d'une pile, et qui reste chargée des deux fluides, à ses extrémités.* Mais l'expérience prouve que la pile secondaire est traversée de part en part par le courant qui sert à la charger, tandis que, dans l'explication de Ritter, les électrodes de la pile auxiliaire ne renfermeraient que de l'électricité de tension, incapable d'agir sur l'aiguille aimantée.
Volta rejeta dés le principe cette explication : il admit que le liquide, ordinairement une dissolution saline, est décomposé dans chaque compartiment, l'acide se portant sur la lame par laquelle arrive le fluide positif et la base sur celle qui amène le fluide négatif ; les couches déposées forment alors, par leur contact avec les lames, des couples électromoteurs. M. Marianini a fait un long travail pour démontrer qu'il en est ainsi '.
Les dépôts admis par Volta ne sont autre chose que ceux qui constituent la polarité secondaire des lames (1447); l'action chimique que produisent ces dépôts en réagissant ensuite les uns sur les autres, donne lieu au courant de la pile secondaire. L'électricité positive se portant sur l'acide (1446),
i Annales de chimie el de physique, 2« série, t. XXIV, p. 401.
SOURCES D ELECTRICITE
on voit que le pôle positif de la pile secondaire sera à l'extrémité par laquelle est entré le courant qui Ta traversée.
pile secondaire de M. Planté. — M. Planté a construit une pile secondaire qui produit des effets remarquables. Chaque couple est formé de deax longues lames de plomb, roulées en hélice, séparées par une toile grossière, et plongées dans de l'eau contenant -^ d'acide sulfurique. Neuf de ces couples, disposés en batteries de trois, à surface triple, se chargent en quelques minutes par le passage du courant de 5 petits couples de Bunsen, de manière à donner ensuite une étincelle d une intensité extraordinaire. Les couples, renfermés dans des bocaux bouchés , sont toujours prêts à servir , toutes les fois qu'on voudra, avec une faible pile, obtenir de fortes décharges. Us se comportent comme des condensateurs, fournissant en un instant l'électricité produite
Fig. 4 4 00.
Fig. 4 404.
pendant un certain temps par une pile ordinaire. La théorie de la pile secondaire, telle qu elle a été formulée ci-dessus, ne s'applique que bien difficilement à des effets aussi prompts et aussi intenses; elle a donc besoin d'être de nouveau étudiée.
4492. Batterie ToltaTqae a gas. — Les gaz oxygène et hydrogène adhérant à des lames de platine, produisent un courant, quand on les plonge dans un liquide, et qu'on les réunit par un fil conjonctif (1464). Ce courant s'affaiblit rapidement et disparaît bientôt. M. Grove est parvenu aie rendre permanent, au moyen de ces mômes gaz en contact avec le platine, dans un appareil très curieux, qu'il nomme batterie voltaïque kgaz*. La fig, 1 100 représente un couple à gaz. Deux tubes o, /*, fixés verticalement à l'ouverture d'un vase, renferment des lames de platine qui communiquent au dehors par les appendices a et a' . Les tubes et le vase contiennent de l'eau acidulée par l'acide sulfu-
* Arch de l'élect.y t. III, p. 489, et Ann. dech. et de ph., 3« série, U VIII et H.