‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 87 sur 186 · PILES A CHARBON · texte numérisé non relu

PILES A CHARBON

sont entourés de bourrelets de caoutchouc qui ferment les vases de verre. On peut disposer ainsi plusieurs rangées de couples, dont chacune a son auge.

«4611. Modifications des plies à charbon. — On a fait beaucoup d'essais, pour rendre les piles à charbon plus énergiques et plus économiques. MH.E. Liais etL. Fleury, en 1852, ont supprimé le vase poreux et versé l'acide azotique dans une cavité ménagée dans l'axe d'un cylindre de charbon très poreux laissant suinter cet acide. La puissance du couple est alors celle d'un couple ordinaire cinq fois plus grand. — Les mêmes inventeurs ont encore employé la disposition suivante : le charbon, extérieur au zinc, plonge dans de l'acide sulfurique concentré , et porte une rigole circulaire creusée dans son bord et qui reçoit de l'acide azotique ; le zinc plonge dans un vase poreux rempli d'acide sulfurique à 12°. La tension de ce couple est à peu prés double de celle d'un couple ordinaire de Bunsen. En diposant plusieurs diaphragmes concentriques contenant de l'acide sulfuriqae de force décroissant de l'extérieur au vase intérieur, on obtient une tension encore plus forte.

Le haut prix de l'acide azotique, les vapeurs qu'il répand, ont fait essayer d'autres absorbants de l'hydrogène. M. Leroux entoure le charbon, d'acide chlorhydrique et de peroxyde de manganèse, dégageant du chlore. En chauffant à 35°, il augmente beaucoup l'intensité du courant. — H. Guignet emploie du sulfate de peroxyde de fer, que l'hydrogène réduit facilement; ou bien un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, qui fournit de l'oxygène. — M. Lavenarde remplace l'eau acidulée par une dissolution de sel marin ou d'hypochlorite de chaux ; et l'acide azotique, par de l'acide sulfurique étendu, ou une dissolution de carbonate de potasse ou de soude. La pile est alors plus faible, mais plus constante que celle de Bunsen.

M. Buff obtient les mômes résultats en mettant autour du charbon, du perchlorure de fer, contenant 4 ou 5 centièmes d'acide chlorhydrique. — M. PoggendorfT, en remplaçant l'acide azotique par une dissolution de bichromate de potasse, obtient l'électricité à un prix deux fois moindre.

4470. PUBS mouvbllbs. — L'emploi de plus en plus fréquent de l'électricité dans l'industrie a fait multiplier les tentatives pour obtenir une pile commode et économique. On cherche surtout aujourd'hui à en construire dont les produits puissent être utilisés, de manière à diminuer les frais d'entretien.

Plies à sulfate de plomb. — On a cherché à absorber l'hydrogène par des solides, de manière à n'avoir plus besoin de vases poreux. Ainsi, H. de La Rive remplace le charbon par du peroxyde de manganèse ou de plomb ; M. Becquerel et M. Marié-Davy, par du sulfate de plomb, qui, réduit en pâte avec de l'eau salée, se moule et durcit comme le plâtre, et agit comme le sulfate de cuivre de la pile de Daniel!.

Plie à snlfate de mercure de M. Marlé-Davy. — Dans cette pile, disposée comme celle de Bunsen, l'acide azotique est remplacé par une pâte de sulfate de protoxyde de mercure insoluble ; et l'eau acidulée, par de l'eau pure ou salée. Quand le circuit est fermé, l'hydrogène dégagé de l'eau par le zinc, est

sources d'électricité.

Fig. 1099 bis.

Fig. 4 100.

absorbé par le sulfate, dont il dépose le mercure. Malgré le danger du maniement d'un sel très toxique, cette pile a été adoptée sur diverses lignes télégraphiques ; 38 de ses couples remplacent plus de GO couples de Daniell.

Plies Caliaud ; MlaoUo. — Ces deux piles ont été adoptées sur plusieurs lignes télégraphiques. Celle de M. Caliaud est une pile de Daniell, sans vase poreux, dans laquelle les liquides restent séparés par leur différence de densité. Le sulfate de cuivre est déposé en petits fragments au fond du vase V (fig, J099 bis) et recouvre une lame de cuivre r d'où part un fil fc entouré de gutta-percha. On verse sur le sulfate, de l'eau dans laquelle plonge une lame de zinc z, soutenue par des crochets K. Cette pile est d'une constance remarquable. La figure en représente un couple modifié par M. R. Houdin : v est un vase conique renfermant du sulfate de cuivre, et dont le rebord forme couvercle. M. Minotto rend la séparation des liquides plus complète, en mettant une couche de sable sur le sulfate finement pulvérisé; mais la pile est alors sensiblement affaiblie. Plie a lodare ée potassium. — M. Doat remplace le zinc de la pile de Bunsen par du mercure en contact avec une dissolution saturée ù'iodure de potassium, et l'acide azotique, par une dissolution d'iode dans l'iodurede potassium. Quand le circuit est fermé, l'iode attaque le mercure, et forme du proto-iodure de mercure. Mais ce corps, en contact avecl'iodurc de potassiu n, abandonne la moitié de son mercure et passe à l'étal de periodure, qui agit fortement sur le mercure pour se changer en protoiodure, ce qui augmente encore la quantité d'électricité. Cela continue ainsi jusqu'à ce que le liquide soit saturé de periodure de mercure dissous dans l'iodure de potassium. On retire alors le liquide avec un siphon, on en sépare le periodure de mercure par distillation, et l'on régénère le mercure par la baryte. — Les couples de cette pile, en forme de parallélipipédes aplatis, sont posés sur une planche qui peut s'incliner, de manière qu'on peut accumuler le mercure vers un des angles, pour modifier la quantité d'électricité.

Plie au bichromate de potasse. — Cette pile est à un seul liquide composé de bichromate de potasse dissous dans l'acide sulfurique concentré, et les couples sont formés d'une lame de zinc entre deux lames de charbon. D'après M. Poggendorff, ils s'affaiblissent rapidement, à cause du dépôt d'oxyde de chrome sur le zinc. MM. Grenel et Fonvielle empêchent le dépôt en faisant passer des bulles d'air à travers le liquide, au moyen d'une soufflerie. La fig. H 00 en représente un couple d'un nouveau modèle. On peut retirer le zinc z du liquide au moyen de la tige i , que l'on fixe par une vis de pression. Pile 4e H. Palagl. — Cette pile, qui s'use à peine, se compose d'un vase profond rempli d'eau pure ou salée, dans laquelle s'enfonce une longue bande de zinc, et une chaîne formée de morceaux de charbon suspendus les uns aux

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