PILES A GAZ
une petite coupe. Le soufre était fondu, en faisant descendre autour du tube, un anneau de fer rouge assez large pour ne pas le toucher. L'oxygène prenait toujours l'électricité positive. Si les couples sont assez nombreux pour décomposer l'eau, pour un équivalent d'oxygène dégagé dans le voltamètre, le tube à gaz perd la môme quantité d'oxygène, et le soufre ou le phosphore diminuent de poids, d'une quantité égale à leur équivalent chimique.
Enfin, M. Grove a remplacé l'un des gaz par un liquide pourvant agir chimiquement sur le gaz qu'il conservait. Ainsi, ayant rempli l'un des tubes d'oxygène, et l'autre d'une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, ce dernier sel absorba l'oxygène en prenant l'électricité négative. L'un des tubes ayant été rempli d'hydrogène et l'autre d'acide azotique, le gaz fut absorbé par l'acide, qui prit l'électricité positive.
Action de l'hydrogène sur le chlorure d'or. — M. E. Becquerel a découvert le résultat suivant, dont il est facile de saisir l'analogie avec les faits qui précèdent. On remplit d'hydrogène une petite éprouvette plongée dans une dissolution de chlorure d'or, et dans laquelle on introduit un fil de platine, qui traverse à la fois le gaz et la dissolution. Le chlorure est décomposé, Fhydrogéne absorbé peu à peu, et l'or se dépose sur le fil de platine. Cependant le gaz et le platine, pris isolément, sont incapables de décomposer le chlorure d'or. Ces effets ont encore lieu quand on évite le contact de l'air.
1474. Electricité attribuée à la capillarité. — M. Becquerel f a découvert un moyen de produire de l'électricité, qui a peut-être quelque rapport avec les phénomènes qui précèdent : on plonge dans de l'acide chlorhydrique contenu dans une cuiller en platine, un morceau d'épongé de platine fixé à une pince aussi en platine, communiquant avec la cuiller par le fil d'un réomètre (fig. 982): aussitôt on obtient un courant qui va de l'acide à l'éponge par le réomètre, c'est-à-dire en sens contraire de ce qui aurait lieu si l'éponge était attaquée par l'acide. Ce courant cesse bientôt ; il est moins prononcé quand l'acide est concentré que lorsqu'il contient 4 ou 5 fois son poids d'eau. L'acide azotique donne des résultats analogues, mais moins prononcés ; quand il est concentré, il donne le courant le plus sensible. Quelquefois il y a d'abord un courant inverse de celui que nous venons d'indiquer, mais il ne dure qu'un instant. Dans toutes ces expériences, il faut laver l'éponge et les surfaces de platine, avec de l'acide azotique, que l'on fait disparaître ensuite parla chaleur. Le charbon donne des résultats analogues à ceux de l'éponge de platine, mais le courant, bien plus durable, persiste quelquefois pendant 12 heures. Les gaz condensés dans les corps poreux peuvent être la cause du courant qui se manifeste quand les liquides pénètrent dans les pores; mais la chaleur qui se dégage pendant la pénétration (II, 1047) peut aussi y contribuer. Car, si l'on retire l'éponge, de l'acide azotique concentré, et qu'on la chauffe légèrement pour l'y
> Annale* de chimie et de ph\j tique, 3* série, t. XXXVII, p. 389.
358 SOURCES d'électricité.
replonger ensuite , on obtient un courant qui va de l'éponge à l'acide par le réomètre, et qui persiste tant que l'éponge est plus chaude que l'acide. Du reste, ces phénomènes sont encore très obscurs,
Y. Ba contact omum muim i'ilwtrittté.
«476. Il est incontestable que l'électricité de la pile est due aux actions chimiques. Le contact des métaux n'intervient pas, même pour déterminer le sens du courant, comme le prouvent les inversions et comme il résulte des expériences de M. Faraday (1360). Cependant on s'est demandé si, tout en convenant que l'action chimique est la source de l'électricité de la pile, on ne doit pas admettre que le contact des métaux peut aussi dégager de l'électricité, en quantité excessivement petite il est vrai, mais qu'il faut considérer néanmoins, ne serait-ce que sous le rapport théorique. Certains physiciens, MM. Plaff,
Marianini, Fechner, Zamboni, Ohm, Peclet , ont soutenu que le contactées
métaux seul suffit pour dégager de l'électricité ; d'autres, abandonnant l'action du contact des corps solides, ont déplacé la question, et ont tenté de démontrer que l'électricité de la pile était due au contact des liquides et des métaux, et que l'action chimique n'était que la conséquence, et non la cause de l'électricité dégagée. Nous allons examiner successivement ces deux opinions, que M. de La Rive surtout a combattues, au moyen d'expériences multipliées, et par des arguments nombreux et concluants.
1476. Do contact des solides. — Les premières expériences directes qui semblaient prouver le dégagement de l'électricité dans le Contact des métaux, sont celles de Vol ta. Quand on opère en tenant la double lame entre les doigts, par l'extrémité zinc, ce métal s'oxyde par l'humidité des doigts et prend le fluide négatif, qui charge le condensateur; en effet, le zinc est terni aux points touchés. Si l'on tient la double lame par le cuivre, en interposant du papier humide entre le zinc et le condensateur, le zinc s'oxyde encore , et le fluide positif passe dans le plateau.
On peut objecter que, l'oxydation étant très faible, les quantités d'électricités dégagées devraient être imperceptibles ; mais nous verrons qu'il suffit d'oxyder 1 milligramme de zinc pour fournir une quantité d'électricité capable de charger 100 000 fois un condensateur de 5 décimètres carrés de surface, de manière que chaque charge donne une étincelle de Ie01 de longueur. On peut admettre que la quantité d'électricité nécessaire pour charger le condensateur au point seulement de faire diverger des feuilles d'or, n'est que tôoôô de la quantité qui donne l'étincelle de Ie01. Il suffira donc d'oxyder tôoôô de milligramme de zinc pour obtenir 100000 fois la charge capable de faire diverger les feuilles d'or, ou un billioniètne de milligramme, pour une seule charge !
On peut encore charger le condensateur formé d'un plateau de zinc et d'un