MÉLANGE DES GAZ ET DES VAPEURS
Dans tous les cas, la différence étant très petite, on peut admettre, dans les applications et les calculs, que la force élastique de la vapeur d*eau à saturation, est la môme à température égale, dans le vide et dans un gaz. Ce résultat est vrai encore quand il y a plusieurs vapeurs mélangées provenant de différents liquides et n'ayant pas d'actions chimiques les unes sur les autres : chacune se comporte comme si elle était seule. Ajoutons que la force élastique primitive du gaz n'a aucune influence sur les résultats.
L'eau n'ayant qu'une faible tension dans les basses températures, M. Regnault a expérimenté avec ïélher, le sulfure de carbone et la benzine, substances beaucoup plus volatiles ^ Il a trouvé constamment la tension de la vapeur plus faible que dans le vide ; les différences sont d'autant plus prononcées que le liquide est plus volatil ; ainsi vers i3° les différences sont 5""", 2""" et 1™™,4 finir l'éther, le sulfure de carbone et la benzine. Elles augmentent avec la fression et avec la température.
La tension dans les gaz se rapproche davantage de celle qui a lieu dans le vide <|iiand on refroidit bru^quement le ballon pour amener une condensation abon- Ante de vapeur, puis qu'on rétablit rapidement la température stationnaire. S alors on observe la pression de quart d'heure en quart d'heure, on la voit sa diminuer lentement pendant plusieurs heures. Si, au contraire, on opère en * ai échauffant le bain jusqu'à la température stationnaire, une fois celle-ci atteinte j|f la tension augmente lentement sans cependant jamais atteindre celle qui aurait t* lieu dans le vide à la même température. — Voici comment M. Regnault i - explique ces résultats : la vapeur est condensée par la surface du vase, en vertu •r ■ 4e son affinité pour le liquide, de manière qu'il n'y a pas saturation. Le liquide rf- condensé descendant par son poids, l'affinité hygroscopique de la surface n'est V.: pas satisfaite, et de nouvelles vapeurs se condensent. Dans le vide, la vapeur it condensée est immédiatement remplacée, mais dans un gaz elle se forme trop ■ 1 lentement pour qu'il en soit ainsi. Après un refroidissement, la vapeur cont»: Jcnsée ne s'écoulant sur les parois que lentement, on voit pourquoi la tension s£ diffère moins de celle qui a lieu dans le vide, et pourquoi elle va ensuite en »f diminuant.
a^-' M. Regnault conclut de ses expériences que la loi de Dalton sur le mélange k' <les gaz et des vapeurs est exacte en principe, et que si l'expérience ne la vérifle s pas exactement, cela tient à l'influence des parois des vases dans lesquels on ;? <^pére. D'autres expériences faites dans le gaz hydrogène et dans l'acide carbom lique, au moyen d'un eudiométre particulier, l'ont conduit à la môme ^'- Conclusion.
■ §48. Préeipitatlon de la irap«ar. — La quantité de vapeur nécessaire
pour saturer un espace vide ou plein de gaz est d'autant plus petite que la température est plus basse. Il en résulte que si l'on vient à refroidir un espace Saturé, une partie de la vapeur se précipitera h l'état liquide, il n'est même pas
^ Comptes-rendus de l'Académie des sciences de Paris, t. XXXIX, p. 346.