MOTEUR A GAZ
nne noavelle impulsion qu'il communique au volant, pendant que les gaz logés enC s'échappent par le tiroir T', qui s'est placé de manière à leur donner issue. Le calcul approximatif du travail dynamique de l'appareil a été donné par M. Hirn ^
Comme le corps de pompe s'échauffe rapidement, il est muni d'une double enveloppe dans laquelle circule continuellement de l'eau. Le liquide partant d'un réservoir placé à quelques mètres de hauteur, arrive au bas de l'espace mm, et après s'être échauffé, monte en vertu de sa légèreté spécifique, par un second tnyau qui le ramène à la partie supérieure du réservoir. On a ainsi une circulation d'eau chaude qui peut être utilisée dans une foule d'industries, et être employée à alimenter sans frais un calorimètre.
Etincelles électriques. — Pour comprendre comment se produisent les étincelles destinées à enflammer le mélange gazeux, il faut connaître différents appareils que nous décrirons dans le 3® volume, et que nous ne ferons ici que nommer. L'électricité est fournie par deux couples de Bunsen B, qui mettent en activité une bobine J*tn(i»crton de RuhmkorfTR. Le réophore négatif — a communique avec le corps de pompe, et le réophore positif -|-a, avec un (commutateur que l'on voit en k au-dessous de la tige du piston, et qui est représenté à part, et en élévation en K. En e, sont des fils de platine dont ^s extrémités très rapprochées sont en dedans du corps de pompe, avec lequel un d'eux communique, tandis que l'autre en est séparé par un corps isolant. Ce dernier communique avec une lame de cuivre n. La même disposition se trouve en e\ seulement le fil de platine isolé communique avec une autre l^e n' séparée de la première et isolée comme elle. Le réophore positif +a <*ommunique avec une autre lame isolée et parallèle aux deux premières //. la tige du piston porte un double ressort en cuivre r, dont une branche glisse sur la lame //, et l'autre sur les lames n et n'. Quand le ressort est en r, l'électricité passe de // en n, et l'étincelle jaillit en e. Quand le piston, dans son mouvement, amène le ressort en r', l'électricité passe de // en n\ et les étincelles jaillissent en e\
C'est en 1860 qu'on a vu fonctionner les premières machines Lenoir. D'après des expériences précises, ces appareils ne dépensent pas plus de 1 mètre cube de gaz par heure et par cheval, soit 30 centimes, au prix du gaz à Paris. Une machine h vapeur de 4 chevaux dépense environ 5*^'^ de charbon par heure et par cheval, coûtant 20 centimes. Mais les dépenses accessoires sont telles que le moteur à gaz l'emporte notablement au point de vue de Téconomie, que l'on évalue à 5 francs par jour environ, dans le cas d'une force de 4 chevaux. Ici nous avons un moteur toujours prêt à marcher, ne produisant aucune dépense dès qu'il est arrêté ; plus de fourneau massif avec sa longue cheminée ; plus de chaudière avec ses chances d'explosion ; plus de provision encombrante de charbon ; plus de chauffeur, ni d'appareils de sûreté à surveiller.
• Cosmos, Revue des progrès des sciences, t. XVII, p. 617; et t. XVIII, p. 4î.
450 CHANGEMENTS D*ÉTAT DES CORPS
Il suffit d'un simple tuyau partant des conduites à gaz de la rue. L'appareil moteur peut s'installer dans un coin de l'atelier où il doit être utilisé, et Ton a ainsi la solution la plus inattendue de la distribution des petites forces à domicile.
Une des conditions de succès réside dans la proportion de gaz mélangé à l'air. Tel qu'il est constitué, le mélange ne donne pas pour ainsi dire d'explosion. Il n'y a ni choc ni secousse. La force d'expansion, qui représente environ 6 atmosphères, n'est ni plus grande ni plus brusque que celle que produit la vapeur à la même pression en se précipitant dans un corps de pompe. On a eu l'idée d'injecter à chaque coup de piston, dans le corps de pompe, quelques gouttes d'eau, qui, se réduisant en vapeur, augmentent la détente, et ajoutent au travail produit, sans frais nouveaux.
Dans les grandes usines, on pourra fabriquer le gaz inflammable à bas prix, n'ayant pas de frais de canalisation, et n'ayant pas à se préoccuper de ses qualités éclairantes. M. Isoard tire de la vapeur d'eau surchauffée unie ao goudron de houille et décomposée dans des tubes de fer portés au rouge, un gaz très éclairant et ne revenant pas à i centime le mètre cube. Enfin, Ton peut remplacer le gaz inflammable par des vapeurs d'huiles essentielles provenant de la distillation des goudrons ou des chistes bitumineux ; une fois la machine en train, la chaleur de l'eau qui circule autour du corps de pompe suffit pour vaporiser l'huile. Les bateaux à vapeur, les locomotives, se chargeraient de ces huiles au lieu d'emporter du charbon. M. Lenoir a construit une voiture qui marche au moyen de son appareil , et sur laquelle il a emplojé de ces huiles.
On a émis des doutes sur la possibilité de construire des moteurs à gaz d'une grande force ; mais on ne voit pas ce qui pourrait en empêcher. En outre, on a déjà construit une machine de 8 chevaux donnant de très bons résultats. Au reste, en supposant que la grandeur du corps de pompe fût limitée par quelque cause imprévue, rien n'empêcherait de réunir plusieurs corps de pompe dont les pistons agiraient sur le même arbre, de manière à fournir le travail demandé.