DÉVIATIONS
RAYONS TRANSMIS sur 100.
RATONS ARRÊTÉS sur 100.
Supposons la lame la plus épaisse divisée par la pensée en quatre couches d'égale épaisseur ; les quantités de chaleur qui se présentent pour traverser chacune d'elles sont
et les quantités arrêtées par les couches successives,
En prenant le rapport avec la quantité qui se présente à chaque tranche, on obtient les nombres de plus en plus petits
Cette loi a été vérifiée jusqu'à des épaisseurs de 54"".
Cas des liqoidcs. ^— Les liquides ont donné des résultats semblables. Six auges ayant deux faces parallèles formées par des lames de verre mince séparées par des intervalles variant de 6™", 767 à 108"™,279, furent remplies d'huile de colza, et placées successivement en face de l'ouverture de l'écran e (fig. 554) ; la lampe était approchée de manière à donner une déviation de 30*" à travers chaque auge vide, et le décroissemcnt des pertes s'est manifesté comme dans le cas des lames solides.
Si, comme le faisait Dclaroche, on place à la suite les unes des autres des plaques de même substance et de même épaisseur, on arrive à la môme conclusion ; seulement les pertes diminuent moins rapidement, à cause de la chaleur qui se réfléchit à la face d'entrée et à la face de sortie de chaque lame. Avec
POUVOIR DIATHERMANE.
des lames de verre de 2""",068 d'épaisseur, les pertes, rapportées à la quantité que recevait chaque lame, furent de 0,381, 0,134, 0,087, 0,058.
9f 7. Poavoir diathermaBe des dlfrérenfes sabstanres. — Prevost avait reconnu que Teau et le verre ne laissent pas passer également la chaleur rayonnante. Deîaroche avait aussi reconnu que du verre verdâtre en laissait ' passer une plus grande quantité que du verre limpide. Mais les épaisseurs s'étaient pas égales, de sorte qu'il restait quelque doute sur ces résultats. Melloni, par un grand nombre d'expériences, faites sur des substances de oatores très diverses, a établi d'une manière indubitable que le pouvoir diatheriBane change notablement d'une substance à l'autre. Pour les liquides, il construisit des espèces d'auges, en taillant de larges échancrures dans un fragment d'une glace, et appliquant sur les deux faces des lames minces de verre qui adhéraient par juxta-position et qui étaient maintenues par un encardrement convenable. L'intervalle entre les deux lames était rempli du liquide à essayer. Voici une partie des résultats obtenus par Melloni, en se servant d'une lampe d'Argant à cheminée de verre. Il faut bien remarquer que les résultats pourraient être très différents si l'on employait d'autres sources, comme nous le verrons plus tard (733), mais il ne s'agit ici que de prouver que le pouvoir diatbennane change avec la nature de la substance :
Verres incolores (épaisseur: l'"",88).
^BS direct-. 400
Flint-glass de div. qualités... de 67 à 64 Verre à glace de 62 à 59
Verre à vitre de 58 à 50
Crown anglais^ 49
Liquides (épaisseur : 9""", 21 ).
Sulfure de carbone 63
Chlorure de soufre (rouge brun). ... 63
Builede noix jaune, essence de téréb. 3t
Huile de colza, d'olive 30
*Vte naturel 28
^Dce de copahu, de lavande, huile
d'œillette 26
^rsolfurique. . • 2t
Acide âulfurique pur 17
Alcool absolu, acide nitrique 15
Hydrate d'ammoniaque 15
Hydrate de potasse 13
Acide acétique rectifié it
Eau sucrée, i^alée, alunée 12
Eau distillée, blanc d'truf 11
Substances cristallisées (épaisseur: 2""", 62)
^ gemme (diaphane) 92
^th dlslaode, quartz (diaphanes). . 62
Qttartz enfumé 57
lopaze du BrésU incolore 54
C^fbooale de plomb (diaphane). ... 52
Agate blanche (translucide) 35
Tourmaline verte (diaphane) . ... 27
Chaux sulfatée (diaphane) 20
Chaux fluatéc (translucide) 15
Alun de glace 12
Sulfate de cuivre bleu foncé (diaphane). 0
Dans les corps non cristallisés, le pouvoir diathermane augmente généralement avec le pouvoir réfringent pour la lumière, c'est-à-dire avec la propriété de dévier plus ou moins de leur direction les rayons lumineux qui passent de Tair dans la substance. Les corps cristallisés ne sont pas soumis à la même loi. ' On n*a reconnu aucune relation entre la forme des cristaux et le pouvoir diathermane. Ainsi, des lames taillées suivant différentes directions dans un cristal de quartz, ou de spath d'Islande, laissent passer la même proportion de rayons calorifiques. La structure des substances a pourtant une grande influence; car une plaque de sel marin ordinaire arrête tous les rayons de la lampe d*Argant, tandis qu'une lame de sel gemme en laisse passer 0,923. L'alun et le sel gemme laissent passer des quantités très différentes, 0,12 et 0,923, de la chaleur incidente, et de l'eau saturée de l'un ou de l'autre de ces sels en laisse passer la même quantité 0,12.
M. Wilhelmy avait cru que le verre était plus diathermane quand il est chaud que lorsqu'il est froid. La lame de verre chauffée dans une étuve était placée en face de la pile; on constatait: 1» l'effet de son rayonnement propre; 2» l'effet de ce rayonnement réuni à celui d'une lampe d'Argant envoyant ses rayons à travers la lame ; 3« l'effet direct du rayonnement de la lampe. Mais MM. de la Provostaye et Desains n'ont trouvé aucune différence avec le veiTC et le sel gemme, froids ou à 150°.
La transparence des corps n'est pas en rapport avec leur pouvoir diathermane. Ainsi, l'eau, parmi les liquides, laisse passer le moins de chaleur rayonnante, et elle est plus diaphane que le chlorure de soufre et les huiles, qui en laissent passer beaucoup plus. Parmi les solides, l'alun, l'acide citrique, qui sont parfaitement transparents, laissent passer moins de chaleur, sous une épaisseur de 1'"'",5, qu'une plaque de quartz enfumé de 8G"" d'épaisseur assez foncée pour qu'on ne puisse distinguer, à travers, les lettres d'une page imprimée en gros caractères et exposée au grand jour. Les rayons transmis i travers l'alun, ne donnant qu'une déviation de C", ceux qui traversent la plaque épaisse de quartz donnent encore 19°. Enfin, des lames de mica noir, complètement opaques, et de 0'"'",9 d'épaisseur, laissent encore passer 0,20 des rayons de chaleur émanant d'une lampe de Locatelli, et des lames de verre noir de I"" d'épaisseur, à travers lesquelles on ne peut même distinguer le soleil, en laissent passer 0,26. La propriété de laisser passer la chaleur et celle de laisser passer la lumière paraissent donc indépendantes l'une de l'autre. De là la nécessité d'employer des termes différents pour les désigner. Nous avons dit que Melloni a nommé corps diathermanes ou di athermiques ceux qui se laissent traverser par les rayons de chaleur. Il nomme athermanes ou atliermiques ceux qui, comme les métaux, le bois, ne laissent pas passer la chaleur.
» Annales de Poggendorff ( 1 852) t. LIXYII , p. 2 1 7 ; el Annale* de chimie et de phytiqu 3« »éric, t. XLYII , p. 206.