RÉFRACTION
Ces termes correspondent au mot opaque pour la lumière. Au mot transparence^ Melloni oppose celui de dialhermanéilé.
Tes. Propriété do sel geninie. — Parmi les substances diathermanes, 3 faat distinguer le sel gemme. Cette substance possède la diathermanéité la plus prononcée; sur 100 rayons, elle en transmet 92,3, et ce qu*il y a surtout de remarquable, c'est que cette proportion reste la même, quelle que soit ïépameur. Ou en conclut que le sel gemme n*absorbe aucune portion de la cbleur incidente, et que la perte constante de 0,077 provient de la réflexion SOT les deux faces de la lame. Cependant, d'après MM. de la Provostaye et P. Desains, le sel gemme absorbe une très faible partie des rayons des sources de basse température. Nous verrons plus loin d'autres propriétés rjirieases de la même substance (735).
n. De U réfiraetion de U elialeiir.
itè. Nous avons supposé, dans ce qui précède, que les rayons de chaleur qui pénétrent dans un corps diathermane y entrent dans une direction normale àsasurface. Quand il en est autrement, chaque rayon de chaleur s\ (fig. 555) est dévié, en restant dans le plan de l'angle d'incidence, d'ooe quantité qui dépend de la substance 'diathermane. Aiosi, au lieu de suivre la direction \s\ ce rayon prend Me direction différente Ir. Ce phénomène, qui a lieu aossi pour la lumière, se nomme réfraction. Le rayon Ir est le rayon réfracté, et l'angle n\r est V angle de réfraction. En général , le rayon réfracté se rapproche de la normale, quand le rayon passe dans un milieu plus dense Fig. 555.
(|Qe celui d'où il vient, et il s'en écarte dans le cas contraire. Ainsi, quand le rayon ri sort, enl, du corps solide diathermane pr rentrer dans l'air, il s'écarte de la normale ni , et prend la direction b, au lieu de continuer dans la direction Ir'.
Les lois de la réfraction seront développées avec détail dans l'étude de la lumière. Ces lois doivent être regardées comme étant les mêmes pour les rayons de chaleur; car les phénomènes qui en sont les conséquences se manifestent de la même manière pour la chaleur que pour la lumière. Parmi ces phénomènes, il faut citer les effets des prismes et ceux des lentilles.
PFismes. — Un prisme, quand il s'agit de la réfraction, consiste en un milieu terminé par deux plans qui se coupent suivant une droite qu'on nomme le sommet du prisme. Un troisième plan parallèle à cette ligne termine le plus souvent le milieu, de manière à lui donner la forme du prisme triangulaire de la géométrie. Soit ABC (fig. 556), la section droite d'un prisme formé d'une substance diathermane, et «I un faisceau de rayons parallèles à cette section
54 CHALEUR RAYONN.VNTE.
droite, tombant sur la face AB. Chacun des rayons du faisceau sera dévié en se rapprochant de la normale ni. Arrivé en 1% le rayon sera dévié en s*écartant de la normale IV, et il en résultera que le rayon émergent Ve sera dévié du côté opposé au sommet A du prisme. Ce phénomène a été observé depuis longtemps avec les rayons calorifiques du soleil, mais on en contestait Texistence dans le cas de la chaleur obscure. Melloni a levé tous les doutes par l'expérience qui suit *. On place sur la régie LL de l'appareil (fig. 554), une seconde règle //' (fig. 557) qui porte la pile P. La règle //' est mobile autour d*an axe vertical porté par une pince que Ton fixe sur la règle L au moyeiM d'une vis de pression. Un support lo est placé sur le prolongement de cet axe^ et Fangle que font les deux règles l'une avec l'autre est indiqué pa»^ rindex t, sur une division tracée sur le contour du plateau o. Sur ce plateam
Fig. 556. Fig. 557.
est fixé verticalement un prisme p en sel gemme. Un faisceau de rayons, émanant d*un vase plein d'eau bouillante, et circonscrit par un écran percé.^ rencontre le prisme, est dévié en le traversant, et vient tomber sur la pile.» quand on lui a donné une position convenable en tournant peu à peu la règle //'« Si l'on enlève alors le prisme, l'aiguille du réomètre qui avait été déviée, revient au repos; il en est de môme si l'on retourne le prisme d'une demi-circonférence, de manière que son arête de sommet change de position ; ce qui montre que reflet produit sur la pile n'est pas dû à de la chaleur rayonnée par le prisme qui se serait d'abord échauflé.
930. Propriétés des lentilles. — On nomme lentille un milieu terminé par deux surfaces sphériques. La droite qui passe parles centres de ces surfaces forme Vaxe de la lentille. Soit in n (/?^. 558), la section faite par un plan passant par son axe «/*, d'une lentille à faces convexes en sel gemme, et supposons que chacune de ces faces ne soit qu'une portion très petite de la sphère à laquelle elle appartient; Melloni a reconnu par l'expérience que, si Ton place un point échauffé s assez loin de cette lentille, et sur son axe, les rayons, après l'avoir traversée, se rassemblent en un foyer f où Ton reconnaît une
« ÀtiMoUs dt chimie et de physique, «« série, t. LV, p. 365.