‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 140 sur 171 · DÉPENDANT DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

DÉPENDANT DE LA CHALEUR

«••S. Nous avons déjà dit(l, 385) que la météorologie a pour objet Tétude des phénomènes qui se passent dans l'atmosphère. Nous allons parler, dans ce chapitre, des météores qui dépendent de la distribution de la chaleur à la surface du globe et de la vapeur d*eau répandue en plus ou moins grande quantité

dans Tair. Ces phénomènes exercent une influence directe sur les êtres organisés, principalement sur les végétaux qui, fixés au soi, en subissent les e^ sans pouvoir s*y soustraire.

Giimatoiosie. — La partie de la météorologie qui va nous occuper peut se diviser en deux parties : dans Tune, on cherche â expliquer les phénomènes, en montrant comment ils se rattachent aux lois de la physique ; dans Taotre, on les observe en eux-mêmes, on constate leur fréquence, leur intensité, l'ordre de leur succession, afin de caractériser le climat du lieu des obsemtions. On nomme climat d'une contrée l'ensemble de tous les phénomènes atmosphériques qui peuvent exercer une influence quelconque sur les êtres organisés. Ces phénomènes sont principalement ceux qui sont relatifs à la distribution de la chaleur et de l'humidité. La climatologie, ou étude des dimats, dont on trouve quelques notions chez tous les peuples de l'antiquité, présente une utilité incontestable. En effet, indépendamment de l'influence qu'exerce le climat sur la végétation, sur la station géographique des plantes et des races animales, sur le tempérament, l'intelligence et le caractère de Thonune, la connaissance des climats doit présider à tous les essais agricoles et à toutes les tentatives d'acclimatation de plantes ou d'animaux ; elle doit servir de guide au médecin dans ses prescriptions hygiéniques, a l'ingénieur dans rétablissement de certains travaux, aux gouvernements pour le choix des localités où ils se proposent d'établir des colonies.

La climatologie est la partie la moins avancée de la météorologie. On est arrivé à expliquer, au moins dans leur ensemble, la plupart des phénomènes atmosphériques ; mais on a fait peu de progrès dans l'étude des climats. Les influences que subissent les êtres organisés, et particulièrement les végétaux, sont si variées, et elles se compliquent tellement par leur coexistence, qu'il faut un très grand nombre d'observations pour démêler les lois de leur évolution. Il y a à considérer l'humidité de l'air et du sol; la fréquence des brouillards; la rosée; la quantité de pluie et de neige, les saisons où elles tombent; la perméabilité du sol, qui permet h l'eau de pénétrer à une plus ou moins grande profondeur ; la fréquence des orages, de la grêle ; les vents secs oa humides, leur violence, leur direction. Relativement à la chaleur, il faut étudier la température moyenne de l'année, du mois, du jour, les maximum et les minimum, la durée de chaque état, la fréquence et la rapidité des changements. L'irradiation solaire, suivant la pureté de l'air, a aussi une influence marquée; chacun sait combien l'exposition au midi est favorable «i la végétation ; les plantes qui croissent à l'ombre sont faibles, donnent peu de fruits ; les plantes qui couvrent les montagnes, étant exposées à une irradiation intense, ont une vigueur inconnue dans les plaines du Nord, à égalité de température.

Caractériser un climat est donc une entreprise longue et pénible, et il y a peu de temps qu'on se fait une idée exacte du nombre des éléments à recueillir. Pendant longtemps on a cru qu'il suffisait de connaître la température moyenne

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du Heu et les maximum et minimum. L'énumération qui précède montre combien d'autres circonstances sont à considérer. Remarquons encore, avec de Candolle, que la plupart des plantes ne végètent pas au-dessous de 0'' ; de sorte qu'il est indifférent pour elles que la température soit 0° ou — f", pourN-u que t ne soit pas assez grand pour qu'elles périssent. Cependant les températures inférieures à 0"" sont comptées et soustraites, dans le calcul des températures moyennes. De même, la germination n'ayant lieu qu'à partir d'une certaine température, qui varie d'une espèce à l'autre, toutes les températures plus basses n'ont pas d'influence sur ce phénomène.

Il résulte aussi des observations de MM. de Humboldt, de Candolle, Boussingault, de Gasparin, Quételet..., que chaque espèce de plantes exige, à partir d'une certaine température, la même quantité de chaleur, pour se développer également; d'où il résulte qu'une plante se développe d'autant plus rapidement que cette chaleur est fournie en moins de temps ; il faudrait donc aussi évaluer les quantités de chaleur.

Les observations météorologiques ne datent que du xvii^ siècle, époque de l'invention du thermomètre et du baromètre, et elles ont pris un grand développement depuis 30 à 40 ans. Des voyageurs intrépides ont parcouru les mers, ont pénétré dans des contrées jusque-là inexplorées, enregistrant des observations de toutes sortes, qui, malgré le peu de durée qu'elles embrassent, peuvent néanmoins donner une idée de quelques-unes des particularités que présentent ces climats inconnus. Dans ces derniers temps, les instruments ont été perfectionnés ; on en a imaginé qui enregistrent eux-mêmes leurs propres indications. Divers gouvernements, comprenant combien les études climatolo> giques ont d'importance pour l'agriculture, la navigation et l'hygiène publique, ont construit des observatoires de météorologie placés dans des stations choisies avec soin. De semblables établissements, munis de bons instruments, et ou les observations se font suivant des régies déterminées, existent actuellement en France et dans l'Algérie, en Angleterre et dans ses colonies, aux Etats-Unis, en Autriche, en Allemagne, en Russie, en Egypte, au Cap. M. Quételet a fondé, à Bruxelles, un observatoire qu'on peut citer comme un modèle, pour la manière dont s'y font les observations météorologiques, et pour les soins qu'on y apporte. On a formé, en outre, des associations destinées à centraliser les efforts de ces observateurs modestes et dévoués qui, livrés â leurs propres forces, recueillent avec une persévérance digne des plus grands éloges, des observations nombreuses et suivies.

Les télégraphes électriques sont venus dernièrement fournir à la météorologie un moyen précieux, qui permet de constater la simultanéité de certains phénomènes, ou la rapidité de leur propagation. On peut aussi, par leur secours, avertir à l'avance les contrées éloignées, de l'arrivée de certains météores désastreux, afin qu'on ait le temps de se préc^iutionner contre leurs

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METEOROLOGIE.

g i. — DISTRIBUTION DE LA CHALEUR A LA SURFACE DU GLOBE.

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