I. Instmmeiits d'obsenratim
i099. TIERH0HÈTRE8 A HAXIH1I1I BT A HiNiHUK. — Les thermomètres destinés aux observations météorologiques doivent avoir peu de masse, poor se metlre à chaque instant en équilibre de température avec l*air. Il suffit, dans nos climats, que l'échelle soit comprise entre — 25** et 50** Les degrés doivent être assez grands pour qu'on puisse marquer les dixièmes, et il faut vérifier de temps en temps la position du zéro. On a souvent besoin de codnaître le maximum et le minimum des températures qui ont eu lieu pendait un certain temps. On emploie pour cela des instruments spéciaux qui conservent l'indication des températures qu'ils ont éprouvées.
Thermomètres de Rutherffort. — Ces instruments ont leur tige horizontale. Le thermomètre à maximum t (/îflf. 813) est à mercure, et ne diffère
Fig. 813.
d'un thermomètre ordinaire qu'en ce que le mercure pousse, en se diblaDl. un petit cylindre d'acier ou d'émail t, qui reste au point où il a été transporté quand ensuitcle mercure se contracte, consenant ainsi l'indication de la p!u> haute température qu'a éprouvée l'instrument. Il arrive quelquefois que limiei pénétre dans le mercure; pour éviter cet inconvénient, M. Greiner recouvre le ménisque de mercure, d'une calotte en verre très mince sur laquelle s'appuie l'index.
Le thermomètre à minimum est à alcool. Un petit cyHndre en émail t', noyé dans le liquide, qui le mouille, sert d'index. Quand la colonne d'alciwl s^ contracte, le ménisque qui la termine entraîne l'index, à cause de son adhérence capillaire ; et, si le liquide vient ensuite à se dilater, le ménisque concave se sépare de l'index et l'abandonne au point où il avait été entraîné du côté du réservoir. On voit, enl, l'index t' représenté avec sa grandeur naturelle. Il faut remarquer que le minimum est donné par la division qui se trouve à rextréniilé de l'index opposée au réservoir, tandis que le maximum est indiqué
APPAREILS THERMOMETRIQUES.
par rexiréroité qui se trouve du côté opposé du réservoir. Ce tube est coudé près du réservoir, pour empêcher l'index de s*y introduire ; car il serait ensuite difficile de Fen faire sortir.
Pour installer l'appareil , on commence par ramener les index aux extrémités des colonnes thermométriques. 11 suffit pour cela d'abaisser le côté gauche de la tablette qui porte les deux tubes ; les réservoirs étant à l'opposé l'un de l'autre, les index glissent jusqu'aux extrémités de^Hîolonnes.
Thernoniètrosraiphe de SU, perfeetlonné par Bellanl. — Cet instrument donne en même temps le maximum et le minimum. Il consiste en un thermomètre à alcool renversé Ran (fig,^\A), dont le tube se recourbe en n, de manière à présenter deux branches verticales an, nr. Dans la partie inférieure de ce tube, il y a du mercure, qui s'élève jusqu'à l'extrémité de la colonne d'alcool dans la branche fia. Au-dessus du mercure, dans la branche nr, il y a aussi de l'alcool , et dans le réservoir fermé r il y a de l'air, qui , par son élasticité, maintient constamment re\trémité de la colonne de mercure de la branche na appuyée contre l'extrémité de la colonne d'alcool. Deux index en émail sont noyés dans l'alcool, de chaque côté; ils portent un cheveu qui fait ressort et les empêche de glisser quand une fois ils ont été soulevés. On voit, au-dessus du point n, un de ces index figuré à part. La température est indiquée en même temps par les deux niveaux du mercure ; c'est pourquoi chaque branche porte une graduation. Supposons que les deux index s'appuient sur le mercure; si l'alcool vient à se contracter en R , l'index sera soulevé par le mercure dans la branche na, tandis que l'index de l'autre branche restera en place. Si la température s'élève ensuite, le mercure abandonnera l'index de la branche na et soulèvera l'autre. On voit donc que ce dernier fera connaître la température maximum, et que l'autre indiquera le minimum. Pour installer l'instrument, on fait descendre les index jusqu'à la colonne de mercure, soit en imprimant de petites secousses, soit au moyen d'un aimant qui attire un brin de fil de fer renfermé dans chacun des index.
L'idée des index solides nous vient des académiciens de Florence, qui avaient imaginé un instrument analogue à celui que nous venons de décrire, seulement il était à peu près horizontal , Textrémité qui contient le mercure étant un peu plus basse que l'autre.
ThemoBiètre à maxlmimi de MH. Neffrotti et Zambrai. — Dans cet instrument, on a évité, d'une manière ingénieuse, l'emploi d'un index solide. Un petit cylindre de verre est engagé, très près du réservoir, dans le tube
Fig. 84 4. - V3-
544 MÊTËOROUIGIR.
d*un thermomètre ordinaire à mercure, tube qui est un peu courbé go ce point pour que ce cylindre ne puisse se déplacer. L'instrument étanl disposé honzMtalement, si le mercure se dilate, le liquide passe autour du cylindre de ferre, et la colonne s'allonge comme à l'ordinaire. Si la température s'abaisse ensuite, le mercure se contracte et tend à rentrer dans le réservoir ; mais Tobstade qu'oppose le petit cylindre fait que la colonne se divise au point où il se trooTf, et que le sommet de cette colonne ne se déplace que de la quantité tout i fait négligeable qui correspond à l'abaissement de température du mercure qoelk contient. Le sommet de cette colonne indique donc le maximum. ^ l'on redresse le thermomètre verticalement, les deux parties de la colonne se réunissent, et l'instrument est prêt à servir de nouveau.
iioo. TIERH0HÈT1B8 A ntVBasBKBHT. — Lcs instruments qui précédent doivent être préservés de toute secousse qui pourrait déranger les index. On ne peut donc s'en servir avec sécurité pour observer à de grandes profondeurs, comme au fond de la mer, dans les puits artésiens ; car il est impossible de les faire descendre et de les remonter, sans leur imprimer quelques secousses. On se sert alors d'appareils à déversement, dont la première idée est due à Collardenu et à Cavendish , et dont le thermomètre à poids nous offre un exemple pouvant ser>'ir â indiquer les maximum.
La fig. 815 représente un thermomètre à minimum sans index, imaginé par Gay-Lussnc. Un ballon II Fig. 8 1 o. portant un orifice capillaire o, recouvert par le nierciip
(jue contient le cylindre T, est rempli d'eau salée «ki d'alcool, à une température connue T supérieure à celle que Ton veut observer. Si le liquide se contracte dans le ballon, du mercure s'y introduit, et n'en|Wiî plus sortir quand la température remonte. A la fin de l'expérience, on extrait ce mercure et on le verse dans un tube gradué très étroit t , dont il occupe un certain nombre N de divisions. Pour déduire de là la température minioium, il faut savoir à combien de degrés correspond chaque division du tubef. Une expérience préalable, faite au moyen d'un abaissement de températui'* connu, fournit cette donnée. Par exemple, si un abaissement de température de 10° a fait entrer dans le ballon une quantité de mercure capable d'occuptï n divisions du tube / , il est évident que -— n correspond h i"" ; alors la terupérature minimum cherchée sera T — ^^ nN.
Thermomètre à maximum de N. Walferdin. — La tige de ce thermomètre à mercure est divisée en degrés arbitraires, et terminée par un bec e ((i(j, 816) renfermé dans un réservoir en verre S portant un renflement latéral ou panse, dans lequel il y a du mercure. On commence par remplir entièremeot le tube de mercure, à une température connue / inférieure à celle que l'on veut obsei-vcr; ce que l'on obtient en faisant arriver la colonne, par dilatation,
APPAREILS THEimOliEnUQUES.
Jusqu'à rextrémité c , et rinclinant ensuite de manière que la pointe c plonge dans le mercure de réserve ; le thermomètre est alors amorcé. On le porte ensuite, après l'avoir placé verticalement, dans le milieu dont on veut obtenir la température; du mercure sort du tube et tombe dans la panse S, en quantité qui dépend du maximum par lequel est passé l'instrument. On retire ce dernier et on le porte de nouveau à la température ( ; le mercure ne remplit plus le tube, et s'il y a n divisions entre la pointe c et son niveau, on en conclura que le mercure sorti remplirait ces n divisions, et que la température cherchée est égale à ( augmenté du nombre de degrés qui correspond à n divisions. Pour connaître la valeur d'une division en degrés , il suffit de porter l'instrument à une température connue, /', moindre que (; si le niveau se trouve à n' divisions au-dessous du bec c, {/' — t) l n' sera la valeur d'une division en
degrés, et alors (+ -^ n exprimera le fi
maximum cherché.
On voit que, si l'instrument est amorcé à la température t, il fonctionne comme un thermomètre ordinaire pour toutes les températures inférieures.
Thermomètre & minimum. — La tige de
ce thermomètre est terminée par une pointe effilée 0 {fig. 817), qui fait saillie dans le réservoir. Ce dernier contient du mercure et de l'alcool ; à l'extrémité opposée de la tige, il y a une ampoule à panse latérale r contenant de Talcool et de l'air. On commence par porter l'instrument a une température inférieure de plusieurs degrés au minimum que l'on veut ^ig. 846. observer; puis, renversant le tube, r', de Fig. 817.
manière que la pointe o soit couverte de mercure, on élève un peu la température. Alors il entre une colonne de mercure dans le tube, et l'on observe le nombre de divisions qu'elle occupe à une température connue t supérieure au minimum que l'on veut obtenir; on redresse ensuite l'instrument, et l'on procède aux expériences. Si la température s'élève, la colonne de mercure s'éloigne de la pointe o ; elle peut m(*me entrer en partie dans le réservoir supérieur. Si ensuite la température s'abaisse, la colonne redescend jusqu'au point o, puis du mercure tombe en o à travers l'alcool , jusqu'à ce que la température cesse de s'abaisser. La colonne de mercure peut II 35
5i6 MÉTÉOROLOGIE.
ensuite remonter, et le nombre de divisions n dont sa longueur a diminué fait connaître rabaissement de température au-dessous de t^,
II reste à évaluer la valeur des divisions en degrés centigrades. Pour ceh, on pousse une colonne de mercure dans le tube, à une température connue f; on refroidit ensuite Tappareil jusqu'à t", et l'on observe la quantité n' doitt s'est raccourcie la colonne, par la sortie d une partie du mercure. Alors (r — t") l n' représente la valeur d'une division en degrés, et le mininnii
cherché est égal à ( — n — ;— .
On peut opérer autrement : tout le mercure étant rassemblé dans le résenoir inférieur à une température supérieure au minimum cherché x , on renverse l'instrument et on le plonge dans le milieu à explorer. De ralcool passe alors dans le réservoir à mercure. On redresse le thermomètre et on le porte à une température connue i supérieure hx. Alors du mercure monte dans le tube, et s'il occupe n divisions, c'est que la température / surpasse le minimuni, du nombre de degrés qui correspond à n. On est ainsi conduit à la mém formule que ci-dessus.
Les thermomètres à déversement servent principalement à prendre la température au fond de la mer et dans les puits artésiens. La forte pression qu'ils supportent à de grandes profondeurs les briserait, ou au moins en fausserait les indications en les comprimant. C'est pourquoi on les renferme dans des tubes très résistants en métal , fermés hermétiquement au moyen d'un bouchoa à vis. Ce bouchon porte un anneau auquel on attache la corde destinée à remonter l'appareil ; un autre anneau, placé à la partie inférieure du tube, est destiné à suspendre un boulet qui sert de lest.
iiOf . Therinoniètro«^raphes. — Les observations météorologiques SODl singulièrement facilitées par l'usage des thermomètrographes, instruments qui enregistrent d'eux-mêmes leurs propres indications.
Thermomètre à pointage de M. BrégaeU — Cet appareil est représenté dans la fig. 818. r est un thermomètre métallique de A. Bréguet, doot l'aiguillée porte à son extrémité un petit tube vertical rempli d'encre d'imprimerie. A est une caisse dans laquelle se trouve un mouvement d'horlogerie, qui fait marcher une bande horizontale B sur laquelle sont tracés 2iares égaux. Ces arcs viennent se placer successivement au-dessous de la pointe de l'aiguille f, à la fin de chaque heure du jour. En ce moment, un ressort qui dépend de l'horloge, fait baisser brusquement la pointe de l'aiguille, qui vient alors marquer un point noir sur l'arc qui se trouve immédiatement au-dessous, La place de ce point sur l'arc fait connaître la position de l'aiguille, et par conséquent la température, à l'heure qui correspond au passage de cet an* sous la pointe.
M. Despretz a indiqué un thermomètrographe qui donne la température à chaque instant de la journée. Il consiste en une lame double ab {fig. 819) de fer et de cuivre, de 2 à 3» de longueur, fixée à son extrémité supérieure*.
APPAREILS THERMOMETRIQUES.
L'extrémité inférieure b se déplace à droite ou à gauche quand la température varie, à cause de l'inégale dilatation des deux métaux. Cette extrémité porte on crayon dont la pointe décrit alors une courbe qui diffère peu d'un arc de cercle. Une bande de papier mn, sur laquelle s'appuie la pointe du crayon, se meut verticalement au moyen d'un mécanisme d'horlogerie, de manière que le crayon trace une courbe dont les inflexions indiquent les variations de température. Une ligne verticale ac qui correspond à la position de la lame quand
Fig. 818.
Fig. 849.
elle est rectiligne, sert de point de départ pour compter les longueurs horizontales, qui représentent les différences entre les températures et celle que possède la double lame quand elle est rectiligne.
On enregistre aussi les indications du thermomètre à mercure par la même méthode photographique que les hauteurs barométriques (I, 390). On emploie aussi des appareils électro-magnétiques, que nous décrirons plus tard.
410!S. Hontre-thernioiiiètre. — M. J. Jûrgensen a imaginé un appareil qui donne lui-même la moyenne des températures qui ont eu lieu pendant un temps donné. Il consiste en une montre dont le balancier est muni de doubles lames a, a, a (fig, 820) formées de platine et de cuivre, comme dans les chronomètres compensés (843), seulement le métal le plus dilatable est, ici, en dedans. Il résulte delà que si la températare s'élève, les masses n, n, n s'éloignent de l'axe, et la montre retarde ; elle avance, au contraire, quand la température baisse. On cherche, par tâtonnement, n quelle température t le balancier fait une oscillation par seconde, ou 8G400 oscillations en 24 heures. La différence entre le nombre des oscillations accomplies pendant un temps donné et le nombre de secondes qu'il contient, sert à calculer la différence entre la température moyenne pendant ce temps et la température / ; car, cbaqtie température agit, pour modifier le mouvement, proportionnellement à
Fig. 820.
sa durée et à son intensité. Une table construite par comparaison fait coniudtre à combien de degrés correspond un battement de plus ou de moins pendant n temps donné. On a fait de ces montres-tbermométres qui varient de 32*, et môme de 5i% en 24 heures, pour une différence de température de 1*.
M. Ed. Becquerel a imaginé d'obtenir la température moyenne, par oie méthode analogue, au moyen d*une horloge dont le mouvement est réglé pr un pendule semblable aux pendules compensateurs (840), mais dont la dispih sition est renversée, de manière que les oscillations se ralentissent quand h température s'élève, et s'accélèrent quand elle s'abaisse.
n. De U température de l'air •» nu ■!■• Mm.
if 08. Manière d*observer latempératiire fie Talr. — Quand an thermomètre est exposé à l'air libre, ses indications dépendent de plusieon circonstances accidentelles qui rendent les résultats incertains : la chabr émise par le sol et les corps environnants, la réverbération des rayons solaires, le rayonnement du thermomètre lui-môme vers les corps plus froids, fers l'espace, etc. , sont autant de causes d'erreur. Il suffit souvent de déplacer l'instrument c^e quelques mètres, ou même de l'orienter différemment, poDrqic le niveau du mercure change de position. Pour.obtenirdes résultats comparables, il faut donc éliminer toutes les influences accidentelles, el s'attacher à obsenrer la température de l'air, ce qui exige beaucoup de précautions.
Position da tiierinoiiièCre. — Le thermomètre doit être placé à â mèxrt^ environ au-dessus du sol, à l'ombre et exposé au nord. Il ne doit y avoir an devant, ni édifices, ni arbres, ni aucun obstacle capable de renvoyer la chalcor du soleil. On dispose deux plateaux de bois horizontalemenl au-dessus fi au-dessous de l'instrument, de manière qu'il ne voie ni le ciel ni la terre, et qu'il donne la température de la couche d'air dans laquelle il est plongé.
Quand on veut une grande précision, on attache le thermomètre à un cordon, et on le fait tourner comme une fronde. Il est évident que l'air se renouvelant sans cesse autour de l'instrument, l'effet du rayonnement sera très faible par rapport à celui que produira le contact de l'air. M. Bravais a reconnu quele< températures obtenues par ce moyen sont inférieures pendant le jour à cdb que donne un thermomètre fixe, et supérieures pendant la nuit; ce que rop pouvait facilement prévoir. En général, le thermomètre fixe donne une température comprise entre celle du sol el celle du thermomètre agité.
Pour éviter les effets du rayonnement, M. Renou a imaginé de renfermer le réservoir du thermomètre dans un double tube noirci en dedans, et dans lequel on fait circuler l'air dont on veut obtenir la température. M. Viard, de son côté, a employé avec succès une disposition analogue: le thermomètre est placé ae milieu de deux tuyaux concentriques ; l'air entre par le bas du plus éuvit,
TEMPÉRATURES EN UN mAmE LIEU. 549
descend par Pespiice qui les sépare, et se rend dans une caisse, d*où il sort par un inyao en t^le dans lequel brûle une lampe qui produit un tirage. Si Ton change la vitesse du courant d*air, le thermomètre ne varie pas du -^ de degré, ce qui montre qu'il indique bien la température de Tair.
A rObservatoire de Kew, le thermomètre est placé dans une sorte de cage à jalousies qui le préserve du rayonnement des corps extérieurs, tout en permettant à l'air de circuler facilement autour de l'instrument. Enfin, le Congrès météorologique de Bruxelles, en 1853, et le conseil de la Société royale de Londres, ont engagé à observer simultanément plusieurs thermomètres doués de pouvoirs rayonnants différents, les uns couverts de noir de fumée, les autres argentés ou à surface vitreuse. Il est évident que si ces instruments sont d*accord, c'est qu'ils ne sont pas influencés par le rayonnement des corps environnants, et qu'ils donnent exactement la température de l'air.
1104. Tempérait«rea moyennes. — Si Ton observe le thermomètre pendant 24 heures, en un lieu donné, à des intervalles de temps assez rapprochés pour que les changements soient peu étendus pendant chaque intervalle, et si l'on divise la somme des températures obtenues par le nombre des observations, on a la température moyenne du jour. Comme les variations sont assez lentes, il suffit d'observer d'heure en heure. Cette manière d'opérer est fort assujettissante; heureusement qu'on a reconnu que la moyenne obtenue coïncide avec celle qui serait donnée par trois observations seulement, faites l'uneà mt(fi, et les autres au lever et au coucher du soleil. Enfin, de Humboldt a reconnu, en discutant un grand nombre d'observations recueillies en Europe el sous l'équateur, que dans tous les climats et sous toutes les latitudes, la moyenne entre le maximum et le minimum coïncide, à quelques dixièmes de degré prés, avec la moyenne du jour. On peut donc se contenter d'observer le thermomètre à maximum et à minimum. Cette méthode, suivie dans la plupart des observatoires, n'exige pas la présence de l'observateur à heure fixe. Aujourd'hui, l'usage des instruments enregistreurs rend la tâche encore plus facile.
Si Ton divise par le nombre des jours du mois, la somme des moyennes de tous les jours, on a la moyenne mensuelle. En divisant par 12 la somme des 12 moyennes mensuelles, on a enfin la moyenne annuelle.
Moyenne d'nn lien. — La moyenne annuelle n'est pas la même tous les ans en un même lieu ; cependant les différences ne dépassent pas généralement Sou G"". A Paris, pendant 30 ans, elles n'ont pas atteint 3*". Si l'on fait la somme des moyennes annuelles observées pendant un certain nombre d'années, et qu'on divise cette somme par ce nombre, on obtient la température moyenne du lieu, et avec d'autant plus d'exactitude qu'on embrasse un plus grand nombre d'années. Par exemple, à Paris, des observations poursuivies pendant 30 ans ont donné la moyenne 10^,67. Comme la différence la plus grande d*one année à l'autre n'atteint pas tout à fait 3"", il est évident que l'erreur sur ia moyenne trouvée ne peut être de plus de -^ ou -^ de degré. Il faut au moins
METEOROLOGIE.
iO années d'observations pour que les différences accidentelles entre les aînées successives puissent se compenser sensiblement, et qu'on puisse compter sur U moyenne obtenue.
4f05. Harehe dl«me de la température en aa aiêaïc liea. —
La température change d*un moment à Fautre de la journée, à cause des variations de distance du soleil à Thorizon, tant au-dessus qu'au-dessous. Poor avoir une idée générale de la marche de la température pendant la journée, il faut se débarrasser de l'influence des saisons, et des variations accidentelles occasionnées par diverses causes, comme le degré de pureté de l'atmosphère, la présence des nuages, la direction du vent, la pluie, etc. Pour cela, on prend, pour chaque heure du jour, la moyenne des températures observées à cette heure pendant plusieurs années. On doit à Bouvard une série semblable d'observations faites pendant 16 ans, dei8i6à183i, à l'Observatoire de Paris.
Le thermomètre était consulté quatre fois : à 9 heures du matii, à raidi, à 3 heures et à 9 heures du soir; en ajoutant à ces résultats le maximum et le minimui de chaque jour, on avait six observations. Les températures des autres heures étaient intercalées, nu moyen de formules d'interpolation ou de constructions graphiques. La fig. 821 monUt la loi générale de la marche de la température pendant 24 heures, à Paris. Les abcisses représentent les heures, et les ordonnées, les températures à l'échelle de 2""» par degré.
En prenant la moyenne des températures de toutes les heures, on troufe. pour la moyenne de Paris, 10°, 67. Le minimum moyen est 7°, 13; il a lieu à 4 heures du matin (m, fig. 821). Le maximum moyen, M, a lieu à 2 heures après midi; il est égal à 1 4° ,47. On voit donc que l'air s'échauffe pendant 10 heures, de 4 heures du matin à 2 heures du soir. A partir de 2 heures, l'action du soleil sur le sol et sur les couches inférieures de Tatmosphére est trop faible pour compenser le refroidissement par rayonnement, et la température baisse jusqu'à 4 heures du matin, c'est-à-dire pendant 14 heures.
Si l'on prend la moyenne entre le maximum et le minimum, on trouve 10°, 80, qui diffère à peine de la moyenne de Paris, 10°,67.
Enfin, à 8 heures 20"» du matin et du soir (n, n, fig, 821), on trouve la température moyenne de l'année, 10°,67 ; d'où il résulte qu'on pourrait, pour obtenir cette moyenne, se contenter d'observer le thermomètre une fois chaque jour, à %^ 20°» du matin ou du soir. Mais comme la température varie très rapidement quand on approche de l'heure qui donne la moyenne, on comoet
min. 2' 4 G 8 10 midi
Fig. 821.
G 8 10 min.
TEMPERATURES EN UN MEME UEU.
des erreurs notables pour peu qu*on observe un peu trop loi ou un peu trop tard. On pourrait aussi ne consulter le thermomélre qu'aux heures du maximum et du minimum, mais ce procédé ne donnerait pas le même résultat que l'emploi des thermomètres à index, parce que les époques du maximum et du minimum sont souvent déplacées de plusieurs heures par des causes accidentelles.
Il s*agit dans tout ce qui précède de la moyenne générale annuelle, sans distinction de mois ou de saisons. Si Ton considère à part les différents mois, on trouve que Theure unique à laquelle il faut observer pour avoir la moyenne mensuelle change d*un mois à Tautre. Â Paris, Theure de la moyenne du matin, est pour janvier, lOheures, et pour juillet, 7 heures. Les heures de la moyenne des autres mois sont intermédiaires entre ces deux-là. Les heures du maximum ei du minimum éprouvent aussi des déplacements suivant les saisons; on peut dire, en général, que le maoÀmum a Heu un peu avant 2 heures en hiver, et un peu après, en été. Le minimum se manifeste, dans nos climats, une demiheure environ avant le lever du soleil, et quand cet astre est à iS"" au-dessous de Thorizon, si Ton considère les résultats de toute Tannée. Mais si Ton veut séparer les saisons, on trouve que le minimum se présente en hiver et en automne quand le soleil est à 18° au-dessous de Thorizon, et en été, quand il n'est qu'à G"". A Paris, le minimum, qui se manifeste à 4 heures du matin quand on considère toute Tannée, a lieu vers 6 heures en hiver, et vers 3 heures en été.
4iOe. Tempémtarea meMsuelles. — Les climats dépendent tout particulièrement des variations de la température d*un mois à Tautre, et des maximum et minimum qu'on observe aux différentes époques de Tannée.
Voici les résultats trouvés à Paris par Bouvard, pour les moyennes des différents mois, et leur maximum et leur minimum moyens ; résultats calculés d'après 16 années d'observations :