‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 146 sur 171 · TEMPÉRATURE DU SOL · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE DU SOL

liue wmamm. — Les habitants des campagnes désignent sous le nom de lune rousse celle qui devient pleine à la fin d'avril ou dans le courant de mai. Ils attribuent à ses rayons la propriété de faire roussir, c'est-à-dire geler, les bourgeons alors jeunes et gorgés de sève. Ârago a prouvé que cet effet est dû au froid produit par le rayonnement vers l'espace, la présence de la lune ne faisant qu'attester que le ciel est pur. Pour préserver les plantes, les jardiniers disposent des nattes ou autres abris, dont l'efQcacité vient, non de ce qu'ils interceptent les rayons de la lune, mais de ce qu'ils cachent une partie du ciel. Comme c'est vers le zénith que la chaleur se perd le plus facilement (1095), il est bon de disposer les écrans horizontalement, au-dessus des plantes à préserver.

Ethrl«se«pe. — Le rayonnement nocturne ayant une grande influence sur les plantes, on a cherché à en mesurer l'intensité. On emploie pour cela Yéthrioscope, Cet instrument consiste en une demi-sphère en métal poli, au centre de laquelle est placée la boule d'un thermomètre qui peut voir tous les points du ciel, et se trouve préservé du rayonnement du sol. Leslie employait, dans un autre but, un miroir parabolique au foyer duquel se trouvait l'une des boules d'un thermomètre différentiel, et dont l'ouverture était tournée vers le ciel. Un semblable appareil, muni d'un thermomètre à minimum et installé sur une haute montagne, où la présence de l'air n'a que peu d'influence sur la température zénithale, pourrait conduire à une évaluatipn de la température de l'espace, plus certaine que celles que l'on a obtenues par les moyens que nous avons décrits.

yi. Température de U terre et des eaux à dUrêrentet prefendeart.

iit7. H«yeBs d*«bservatioii. — Pour mesurer la température du sol à une petite profondeur, on enfonce dans la terre des thermomètres, à tige assez longue pour que le niveau du mercure dépasse la surface du sol, et l'on tient compte de la différence entre les températures des divers points de la tige et celle du réservoir. M. Boussingault a procédé en pratiquant un trou de sonde, au fond duquel il introduisait un thermomètre attaché à un cordon servant à le retirer. L'ouverture du trou de sonde était abritée et fermée, pour éviter la circulation de l'air ; il opérait sous un hangar ou dans une cabane de sauvage.

M. Becquerel a mesuré la température du lac de Genève à différentes profondeurs, au moyen d'un appareil qui peut servir aussi à obsener celle des couches superficielles du globe. Cet appareil, analogue à celui que nous avons décrit (1021), se compose d'un fil de cuivre et d'un fil de fer (fig. 830) soudés l'un à l'autre par un de leurs bouts, et communiquant par l'autre avec les extrémités du fil de cuivre d'un rhéomèlre multiplicateur. La soudure s est plongée dans le milieu dont on veut obtenir la température; un lest sert à l'y

maintenir. Les fils sont recouverts de coton goudronné qui les sépare de la terre humide ou de l'eau, et peuvent s'enrouler sur un petit treuil i. Les déviations de Taiguille du rhéométre font connaître la différence entre la teopérature de la soudure plongée s, et celle de Tair dans lequel se trouve Taatre extrémité du fil de fer. Pour obtenir des résultats faciles à apprécier, le fil de fer ne doit avoir que 160" à 200" de longueur, quand son diamètre est de 1 millimètre. Un serablaMe appareil, installé d'une manière fixe, apporte à chaque instant au dehors l'indication de la température de la couche profonde dans laquelle est enfoncée l'une des soudures.

ii28. TEHFiRATURB DU SOL A DIFFiBEHTBS PIOUUIIIEUU. — Les rlVoos

solaires produisent dans les couches supérieures du globe des variations diuroes et annuelles de température, qui dépendent de la coodue- ^n^r^ libilité du sol , de l'état de sa surface, de sa perméabilité JirBi^^ qui permet aux eaux pluviales de transporter à une \'1mI^ profondeur plus ou moins grande la chaleur de la surface; JjjffiBI ^^^^^ dépendent surtout de l'amplitude des changements ^^^^^B à la surface : plus cette amplitude est grande, plus les ^J/Kt^S^Ê. variations se font sentir profondément. Remarquons, ^^pjMHHB du reste, que la température de la surface est gêné- ^^*^^^^^^ ralement très différente de celle de l'air ; pendant le jour, -' elle est plus élevée, h cause de l'absorption des nyons ::- J solaires qui ont traversé l'atmosphère, et pendant la noit, ■ T elle est pins basse, à cause du rayonnement vers l'espace. Les différences sont surtout sensibles sur les montagnes. • où la présence de l'air ne les atténue pas autant. Il>

dépendent aussi de l'obliquité des rayons solaires (775'. rig. 830. En été, la température superficielle peut atteindre, dans

nos climats, 50° à 00°.

Fourier a étudié par le calcul la marche de la chaleur solaire à travers le> couches superlicielles du globe, dans plusieurs Mémoires dont le premier dat? de 1807. Il a établi que la chaleur qui se distribue dans la terre est assujettie à trois mouvements : t^ le passage presque insensible de la chaleur centrale â travers la croiHe solide ; 2° un mouvement extrêmement lent, devenu sensiblement uniforme, qui entraîne la chaleur accumulée par le soleil dans les régions équatoriales, vers les régions polaires, où cette chaleur se dissipe dans l'espace, après avoir adouci le climat des zones glaciales ; 3° un mouvement périodique qui se fait sentir jusqu'à une certaine profondeur. La quantité de chaleur solaire qui détermine ce mouvement, oscille dans les couches extérieures de la terre; elle s'enfonce pendant une partie de l'année, et pendant la saison opposée, elle remonte et rayonne vers l'espace. Voici les lois de ce mouvement périodi(jue :

I. Il y a une j)rofondeur à laquelle les variations diurnes disparaissent ; il en est de même pour les variations annuelles. La profondeur où cette disparition

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