‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 155 sur 171 · VENTS RÉGULIERS · texte numérisé non relu

VENTS RÉGULIERS

montagnes, les modifient notablement; aussi, ne les obsêrve-t-on que dans les mers libres. Voici quelques détails à ce sujet.

Dans YOcéan atlantique, l'alizé du norû-est a ( fig, 843) s*étend du 30* ou 18* degré de latitude nord au 8* degré. Là commence une région calme qui cesse à 3® de latitude nord, où ^^romence l'alizé du sud-est a* pour s'arrêter à iS"" de latitude sud. L'étendue de la bande calme dépend de la saison : au mois d'août, elle va de 3**, 15 à 13° de latitude nord, et en février de l'',15 k 6° seulement. On voit que Talizé du sud-est dépasse la ligne. Suivant Prévost, l'excès de la température de l'hémisphère boréal sur celle de l'hémisphère austral serait la cause de ce résultat ; mais comme il ne se reproduit pas dans le Grand -Océan, cette explication ne peut convenir ; de plus, il en résulterait que l'alizé du sud-est devrait passer au sud de l'équateur pendant l'hiver de notre hémisphère, puisqu'alors il est plus froid que Thémisphère austral; or, cela n'a pas lieu. De Humboldt explique la position septentrionale de la bande calme, par la configuration du bassin de l'Atlantique : pendant rhiver, la mer est plus chaude que la terre vers le banc de Terre-Neuve, à eause du GulfStream; ce qui tend à produire un vent du sud au nord qui, eombiné avec le vent d'est , repousse le vent du nord-est vers le nord de Téquateur. De plus, l'Atlantique forme là une large bande dont la direction générale est du sud-est au nord-ouest, ce qui favorise la libre propagation du irent du sud-est et lui donne la prépondérance sur celui du nord-est.

Dans le Grand-Océan, l'alizé, A ( fig. 843), commence à quelque distance de la côte occidentale de l'Amérique, à cause de l'immense relief de la chaîne des Andes, derrière laquelle se trouve une région de calme, fréquemment agitée par des coups de vents et des ouragans. A partir de cette région, le vent d'est se fait sentir jusqu'à la nouvelle Hollande et les lies Philippines ; il souffle du nord-est entre le S** et le 25* degré de latitude boréale, et du stid-est entre le 10* et le 21* degré de latitude australe. Ou le retrouve dans l'Océan indien, L, où il porte le nom de mousson du sud-est, quoiqu'il règne pendant toute Tannéo.

Nous avons vu plus haut que le courant supérieur du sud-ouest s'abaisse vers le 30* degré. Nous ajouterons, d'après M. Maury et M. Ch. Dikens, que ce courant rencontre là un autre courant opposé venant du nord-est et qui concourt, en le choquant, à le faire descendre vers la terre. Il en résulte une région de calme, connue sons le nom de bande calme du Cancer, et dans laquelle le baromètre indique une élévation dépression, comme l'a constaté de Humboldt. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'air qui vient du pôle et s'abaisse dans la bande calme, passe à travers cette bande et s'écoule vers l'équateur ; là, cet air rencontre un courant semblable, qui vient aussi d'une bande calme de l'hémisphère sud, et il s'élève par l'efTet du choc et en même temps de la chaleur de la zone torride. La bande calme qui règne près de l'équateur, entre les alizés du nord-est et du sud-est, est la conséquence de ce conflit.

1148. Théorie des Tcmts réguliers de M. Saigey. — M. S»ligej a fait plusieurs objections à la théorie des vents alizés telle que nous venons de Fexposer : ii fait remarquer d*abord que le vent d'est devrait être sartont sensible dans les zones tempérées, où la chaleur et la vitesse croissent beascoup plus vite que dans le voisinage de Téquateur, quand on s*é!oîgne du pôle. 11 montre ensuite que le décroissement de la température, à mesure qu ob s'élève, est, à Téquateur, six fois trop lent pour que les couches inférieures puissent s'élever notablement (1117). Cette dernière considération s'appliqne également aux brises et aux moussons. A la première objection, on peot répondre que l'air qui s'écoule par le haut vers les pôles, s'abaisse, après s'ébr refroidi, vers le 30« degré de latitude, pour retourner vers Téquatenr en rasant la terre, comme l'observation le démontre; de sorte que le circuit qu'il fonnf ne s'étend pas beaucoup au-delà du tropique, de même que les brises ne se font sentir qu'à une petite distance des côtes, le mouvement circulatoire de l'air qui les engendre étant limité à un espace restreint. De plus, TascenaM de la colonne d'air équatoriale ne doit pas être calculée seulement au mojen de la diminution de densité produite par la chaleur; car, d'après ce que nous avons dit sur le choc des courants venant du nord et du sud, il y a encore un efiet d'impulsion acquise, qui fait franchir à l'air échauffé la limite à laquelle il parviendrait en vertu du rapport seul des densités. Cette remarque s'appliqne aux brises et aux moussons, et nous pouvons comparer ce qui se passe an phénomène que produit l'eau quand elle rejaillit au-dessus de son niveau en avant des obstacles qui s'opposent à son cours, phénomène qui a donné l'idée du bélier hydraulique. Enfin, nous remarquerons, quant à ce qui concerne les vents alizés, que l'air de l'équateur est très humide, ce qui lui donne une nouvelle force ascensionnelle, la vapeur d'eau étant moins dense que Tair.

Théorie nouvelle des brises et des moussons. — M. Saigev a donné une nouvelle explication de ces vents périodiques, basée sur les inégalités de niveau du sol. Considérons un plateau élevé; la colonne d'air qui se trouve au-dessus de la plaine voisine, et que nous considérerons comme limitée au niveau du plateau, se dilatera quand elle s'échauffera; sa limite supérieure dépassera donc le niveau du plateau, et l'air se répandra sur ce dernier. Qa^à il y aura refroidissement, au contraire, l'air coulera du plateau dans la plaine. En appliquant ce raisonnement aux côtes, et en regardant la terre ferme comme composée de plateaux successifs qui s'élèvent en gradins, on voit qu'au moment où la température augmentera, l'air devra affluer de la mer vers le premier gradin que représente le rivage, puis de celui-ci sur le second, et ainsi de suite. Quand le refroidissement surviendra, il y aura un mouvement d'air en sens contraire, et les deux mouvements inverses constitueront les brises de mer et de terre.

Il est incontestable que sur les continents, il doit y avoir des courants d'air occasionnés par ce mouvement en cascade. Mais on ne le comprend pas bien

m. DM ?«fiy fmgiiliftrs.

~r Ta mer, tout prlTîu rivage, puisque la surface de l'eau n*épmuve que de faibles varitilions de température, et cependant c'est mr la nier que les brises Dt surtout sensibles. M. Saîgey regarde les moussons comme TelTet générul "de toutes les brises, et enfin les vents alizés comme « la résultante immédiate ^des moussons et la résullante générale de toutes les brises. »

^f f 14a. Nous avons déjà dit que les vents irréguUers sont d autant plus ^fréquents que la latitude est plus élevée. Entre les tropiques» les vents réguliers idominent et gênent la formation des autres ; de plus, la surface de la terre y ^Kst presque entièrement recouverte par ta mer, ce qui est défavorable à la ||iroduction des vents accidentels. Cependant on remarque des ouragans fréquents îans les régions calmes.

S]rslèiiif9 de« venls en Europe» —

un prenant la moyenne direction des

ats pendant uji grand nombre d'anlées, on peut cou naître quels sont ceux qui dominent dans une contrée. Dans la fig^ 844 sont indiquées , d'après M. de Gasparin, les directions moyennes des vents dans TEurope occidentale.

On voit que les vents d ouest dominent dans la partie septentrionale, ce que Ton doit attribuer à riniluence du courant de retour des vents alizés ; et que dans la partie méridionale, c'est le vent du nord qui domine, ce qui s'explique par Tappel énergique produit par l'écbauffement des plaines sablonneuses de T Afrique.

A Paris, de 1306 à 1826, les vents ont soufllé te nombre de fois suivant dans les dilfér entes directions :

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