VITESSE
en O.
Vent à peine sensible.
om 5
Vent sensible
Vent modéré
Vent assez fort
Vent fort
EN LIEIES
par heure.
DENOMINATIONS. VITESSE E5 LHIIS
en 4». par heare.
Vent très fort 20"», 0 4 6'.î0
Tempête 22,5 47,35
Grande tempête 27,5 21,04
Ouragan 36,0 29,33
Ouragan violent 45,0 36,«2
Les marins appellent vent frais celui qui parcourt 10" en 1», grand frais le vent de 15», très grand frais celui de 20". Ils nomment tempête, un vent de 25 à 30", et ouragan celui de 35 à 45". Un ouragan de 45", non seulement déracine les plus gros arbres, mais encore est capable de renverser des édifices solidement construits.
DU VENT
tt4W. Hesvre de la TlieMe du Test. — Quand il 8*agit des vents qui soufflent à une grande hauteur, on observe Tespace que Tombre des nuages parcourt sur le sol dans un temps donné. La vitesse des vents de terre peut s'évaluer au moyen de corps légers que le vent emporte horizontalement : on observe le temps qu'ils mettent à franchir Tespace qui sépare deux jalons plantés à une distance connue. Il est plus commode de se servir d'instruments particuliers nommés anémomètres. On en a imaginé un grand nombre; nous allons décrire les plus importants.
ABémomètres de preasloB. — L'instrument de la fig, 834 a été imaginé par Bouguer : P est une plaque que l'on oppose à l'action du vent ; elle est aiunie d'une tige t qui traverse le tube fixe r, et qu'un ressort à boudin repousse continuellement. I^ plaque s'approche d'autant |rios du tube, que le vent est plus violent, et une division tracée sur la pnrtie t de la tige fait connaître de combien le
ressort a cédé. Souvent la tige porte des dents obliques , entre lesquelles s'engage l'extrémité d'un léger ressort, qui empêche la plaque de revenir sur ses pas quand le vent s'affaiblit. Quelquefois aussi ces dents s'engagent dans celles d'un pignon portant une aiguille qui parcourt les divisions d'un cadran. — On gradue la tige t en plaçant l'instrument de manière que la plaque soit horizontale, et on la charge successivement de différents poids. On trouve facilement ensuite quelle charge équivaut à la force du vent sur un centimètre carré.
Pour passer de la force du vent à sa vitesse, il faut recourir à des expériences directes. C'est ce qu'a fait Borda. Il a d'abord reconnu que la grandeur de la plaque, et sa forme à égalité de surface, ont une influence marquée sur la force, par centimètre carré, qui correspond à une vitesse donnée ; ce qu'on doit attribuer aux remous et aux inflexions de l'air près des bords. Si Ton désigne par F la force du vent sur un millimètre carré exprimée en kilogrammes, par V sa vitesse, et par S la surface de la plaque en millimètres carrés, on aura F=cXSV^; cest un coefficient constant pour une même plaque, et qui augmente en même temps que son étendue. D'après les expériences de Borda, les valeurs de c sont 0,92; 1; i,04, pour des plaques de 11664, 26244, 59049 millimètres carrés. M. Rouse a trouvé c = 1,20 pour une plaque de 929000"'" carrés.
Dans l'anémomètre de M. Lind (fig. 835), la force du vent soulève une colonne liquide, nao est un tube recourbé en siphon, contenant de l'eau ou du mercure. Ce tube peut tourner autour de la tige ce y sous l'influence du vent H 38
Fig. 835.
qui agit sur la lame A. L*air s^engouflre par Touverture o, et fait monter le niveau n d*une quantité qui dépend de sa vitesse.
Une autre espèce d'anémomètre consiste en une simple plaque rectangulaire tournant autour de son côté horizontal supérieur, que l'on place perpendiculairement à la direction du vent. La plaque s'incline et se relève par le bas, et finit par s'arrêter dans une position qui permet d'appréder la force du vent. M. Taupenot a perfectionné cet anémomètre, comme on le voit dans la fig. 836. La plaque indicatrice ol est à cheval sur la lame cab d'une girouette très sensible, de manière que son axe o lui soit perpendiculaire. Des dents adaptées au bord de la girouette, qui a la forme d'un quart de cercle, permettent d'obsenrer de loin l'inclinaison que prend la plaque oL De cette inclinaison, on conclut la vitesse du vent, en s'appujant sur des expériences directes que l'on fait en transportant l'appareil dans un air calme, avec des vitesses connues; Fig. 836. ou bien en comparant les états successifs qu'il prend, afec
la vitesse du vent mesurée au moyen de corps légers. Anémomètres de rotation. — Dans ces anémomètres, dont la première idée est due à Wolf , le vent agit sur un moulinet à ailettes obliques, et le fait tourner avec une rapidité qui dépend de sa vitesse. Dans Vanémomètre de Wolfmanny l'arbre du moulinet est placé sur le prolongement de la lame d'une girouette et du côté du vent, de manière que l'appareil s'oriente de lui-même. Une vis sans fin fait marcher un compteur, qui indique le nombre de tours accomplis pendant un temps donné. Au moment où l'on commence à compter les secondes, on laisse partir le moulinet en déplaçant, au moyen d'un cordon, un levier qui retient l'une des ailettes. On fait une manœuvre inverse quand on veut arrêter l'appareil. Pour déduire du nombre de tours, la vitesse du vent, on construit une table donnant les nombres de tours qui correspondent à différentes vitesses observées directement au moyen de corps légers, ou en transportant l'appareil, comme il a été dit ci-dessus.
L'anémomètre de Wolfmann a été perfectionné par M. Combes et par M. Morin. La fig. 837 représente l'anémomètre à main de MM. Morin ei Blanchi. Cet instrument perfectionné suffira pour donner une idée de tous les autres. Sur un tambour cylindrique muni d'un manche que l'on tient à la main, se trouve une plaque p*p qui porte tout le mécanisme. Cette plaque peut tourner autour de l'axe du tambour, dont on voit une coupe en P'P. 00' est l'arbre d'un moulinet à ailettes héliçoïdes ; il est muni d'une vis sans fin qui fait marcher un compteur. Cette vis commande d'abord la roue à 100 dents r\ dont Taxe porte une aiguille qui marche sur un cadran c\ dont chaque division correspond à un tour du moulinet. La roue r' mène, au moyen d'une seconde vis sans fin, la roue r, dont l'aiguille indique sur le cadran c, les tours de la roue r oo les centaines de tours du moulinet. Enfin, les tours de b roue r sont
DU VENT
comptés par la roue à chevilles h, dout une cheville passé devant l'index a à diaque tour de la roue r, qui porte 100 dents. Chaque cheville correspond donc & 100 tours de la roue r', ou à 10000 tours du moulinet. On commence par orienter Tappareil, dont on voit l'ensemble dans le croquis Â, en plaçant convenablement la plaque p'p et l'élevant au bout du bras, de manière que rari)re 00' soit dans la direction du vent. Quand le moulinet a pris la vitesse maximum, on pousse un bouton placé à l'extrémité du manche ; et l'aiguille marque un point noir sur chacun des cadrans c, c\ On marque un second point an moment où l'on arrête le chronomètre qui sert à mesurer le temps. De cette manière, la vitesse de l'appareil est constante pendant toute la durée de l'expérience, tandis que, dans les autres anémomètres de rotation, le mouvement va
Fig. 837. — V3.
d'abord en s'accélérant quand on part de l'état de repos, ou bien il éprouve un ralentissement au moment où l'on engage la vis sans fin dans les dents de la première roue du compteur. Le mécanisme qui sert à pointer en poussant le bouton, est représenté en coupe en aa et P'P. aa est un des cadrans et ee' son aiguille portant le ressort S, terminé en e par une pointe qui traverse un chas pratiqué à l'extrémité de l'aiguille et rempli d'encre. Un levier V est chargé de presser le ressort; on le voit d'autre part en L et en l. La tige t, t\ renfermée dans le manche de l'appareil, fait monter, quand on la pousse, le levier om, dont le point d'appui est sur le manche, et dont l'autre extrémité, terminée en fourchette, entoure le manchon m. Celui-ci, qui glisse le long de l'axe de la plaque P'P, est alors soulevé, et l'extrémité en biseau du bras mn agissant sur un plan incliné qui termine le levier L à sa partie inférieure, l'extrémité supérieure de ce levier s'avance vers la gauche. Le levier L, / presse alors en son milieu le ressort S. La pointe e traverse le chas rempli d'encre, et vient marquer un point sur ce cadran. Un second bras, semblable à mn et porté par le manchon m, agit de même et au même instant sur le ressort de l'aiguille du cadran c\ Dès qu'on lâche la tige t, elle revient en arrière par l'effet d'un ressort à boudin.
596 MÊT£OROU)OIE.
ABéaiomètre du D>r RoMason. — Cet appareil est représenté dans U fig, 838. Les hémisphères creux qui terminent les 4 bras étant disposés de manière que Touverture de chacun d'eux regarde la partie convexe de celai qui le suit, le système tourne sous Taction du vent, et un compteur donne le nombre de tours. D*après rinventeur, ce nombre est toujours proportionnel i la vitesse du vent; et quand les bras sont assez longs pour que le frottement sur Taxe soit insensible, la vitesse de translation des hémisphères est égale au tiers de la vitesse du vent. Si donc R est le rayon du cercle décrit par le centre des hémisphères, la vitesse du vent correspondant à n tours par minute sera 3x27rR.n.
114 1. AnémoBiètres earei^lstrevrs. — M. Liais a donné la description d*un anémomètre qui donne au bout de la journée les différentes directions des vents qui se sont succédé, leurs durées et leurs intensités * . Cet instrument est analogue à celui de la fig, 833; seulement il n*y a qu'un entonnoir, qui reçoit de l'eau venant d'un vase de Mariette. Pour marquer l'intensité, l'eau de
l'entonnoir tombe d'abord dans une auge très allongée glissant dans une rainure horizontale parallèle à la girouette. Cette auge est liée par un système de leviers articulés, à un anémomètre dépression qui la rapproche de Taxe de la girouette, d'autant plus que le vent est plus Fig. 838. fort. Un orifice pratiqué dans l'auge laisse
alors tomber l'eau dans les cases de différentes couronnes concentriques. La couronne à laquelle appartient la case qui a revu l'eau fait connaître l'intensité du vent quand il avait la direction qui correspond à la place de cette case sur la circonférence. La quantité d'eau recueillie apprend pendant combien de temps le vent a soufllé avec cette intensité.
AnémoiiiétroKraphe de M. Tanpenot. — Cet appareil enregif4reur donne en même temps la direction et la force du vent ; sa partie supérieure est représentée dans la /Ig. 839. H/6 est une girouette pouvant tourner dans le châssis fixe mn. L'axe de cette girouette est un tube tb qui repose par son extrémité 6, terminée par une boule d'ivoire, dans une cavité sphérique en porcelaine c, dont le fond est percé, ainsi que la boule d'ivoire. La lame de U girouette est circulaire ; elle peut tourner autour de son centre o, qui est traversé par un axe s'appuyant sur deux bras Ko, fixés au tube tb. Une palettes, poussée par le vent quand la girouette est orientée, fait tourner le disque autour de l'axe 0 et s'arrête dans diverses positions a\ a"..., suivant la force du vent. En même temps une chaîne s'enroule sur le contour du disque et fait monter un fil métallique ff qui soutient une aiguille horizontale e placée dans le cabinet d'observation. Cette aiguille, en s'élevant plus ou moins, indique la force du vent ; en même temps, elle tourne comme la girouette et en fait
1 Coiii]9(ef-reiuitt< des siancet de l'Académie des sciences de Paris, t XXXIV.
DU VENT
r al
connaître la direction. Ainsi disposé, Tappareil se nomme anémimètre de transmismn. Dans Tappareil que M. Taupenot a établi au prytanée de Lafléclie, le fil ff a 36" de longueur et n'éprouve pas de torsion.
Quand on veut que l'appareil enregistré la direction et la force du vent, on attache à Textrémité inférieure du fil /'/'une baguette cylindrique KK' (fig. 840). Cette baguette traverse des ouvertures ménagées dans un flotteur f, et dans le fond de la caisse dans laquelle il flotte. Une aiguille ee' ixée au flotteur est aussi traversée par la baguette KK'.
On voit en E le milieu de cette aiguille, et en o la section de la baguette. Celle-ci porte une rainure longitudinale dans laquelle s'enfonce un appendice c appartenant à l'aiguille, de manière qu'elle obéisse au mouvement de rotation de la baguette sur elle - môme quand la girouette change de direction ; et que cette baguette puisse cependant monter ou descendre, suivant la force du vent. La direction du vent est
pointée sur une bande de papier nn au moyen d'un crayon e'a. Un mouvement d'horlogerie fait marcher la bande de papier et fait périodiquement abaisser le flotteur, de manière à appuyer la pointe du crayon sur le papier. La force du vent est tracée sur le cylindre vertical CC, qui tourne régulièrement sur lui-même. Un léger châssis rtfr\ soutenu par un fil qui ne présente pas de résistance sensible à la torsion, monte et descend en môme temps que la baguette KK'. Ce châssis est guidé en a^a, et le crayon r', légèrement pressé par un ressort, trace sur le cylindre CC une courbe dont les ordonnées dépendent de la force du vent. M. Taupenot est parvenu à rendre ces ordonnées proportionnelles à cette force, en enroulant un fil attaché en K' sur un disque R portant un levier courbe l enveloppé par un cordon que tire un poids p. La courbure du levier / est telle que la résistance variable du contrepoids p rend les déplacements angulaires de la lame a (fig. 839) proportionnels à la force du vent. En donnant à la girouette supérieure un diamètre de 40*", on dispose de 35<^"* pour les ordonnées, et chaque mètre de vitesse
Fig. 839.
METEOROLOGIE.
duTenl correspond à i<». M. Taupenot a vu l'appareil fonctionner sans se déranger, par les plus violentes tempêtes, et en enregistrer toutes les phases avec une grande fidélité.
On conçoit facilement comment on pourrait enregistrer les positions des crayons r et a au moyen de la photographie. Il existe aussi des anémomètres enregistreurs dans lesquels on emploie l'électro-magnétisme ; nous en parlerons plus tard.
tt4S. De la dlreetlon mojemme. des Tests. — Les notations adoptées pour désigner les vents se prêtent difficilement au calcul des moyennes. C'est là une des causes qui empêche de tirer des observations anémométriques toot le parti dont elles semblent susceptibles. Voici comment Lambert a considéré la direction moyenne des vents.
Supposons qu'un courant d'air venant du nord passe par le point C (fig. 84ij avec une vitesse v pendant un temps ^ la masse d'air qui passera sera proportionnelle à vt. Si un autre courant venant du sud soufile ensuite avec uie vitesse v' et pendant un temps t\ il ramènera une masse d'air égale à fY;
de sorte que le résultat sera le même que si une masse d'air vt — v't' était passée parle point C pendant le temps t + t' . Si donc on représente par N et S les masses d'air venant du nord et du sud, le résultat sera représenté par N — S. Si Fa différence est positive, le vent résultant sera dirigé du nord au sud ; et du sud au nord, si elle est négative. Si nous considérons de môme les vents d'est et d'ouest, le vent résultant sera E — 0, dirigé de l'est à l'ouest quand cette différence sera positive. Les résultats N — S et E — 0 étant considérés comme des forces c6, ca {fig. 841), nous pourrons chercher leur résultante CR. L'angle V qu'elle fera avec la méridienne NS sera donné par la formule
,, Ra Cb E— 0
tangV=- = - = jf— g
Si nous considérons maintenant les huit vents principaux, nous pourrons décomposer les quatre vents N.E, N.O, S.E, S.O, chacun en deux autres, dirigés l'un suivant la méridienne, l'autre suivant la droite OE. Ainsi, le vent du nor(f--esl se décompose en deux autres, l'un suivant CS représenté par NE cos 45°, l'autre suivant CO et égal aussi à NE cos 45° ; ces deux compoéantes sont positives. Le vent de nord-ouest donne les composantes NO cos 45^ suivant CS, et — NO cos 45° suivant CE. Le vent de«ud-esi donne les composantes —SE cos 45° suivant CN, et SE cos 45° suivant CO. Enfin, le vent Al sud-aueêt donne — SO cos 45° suivant CN, et — SO cos 45° suivant CE.
DU VENT. 599
En réunissant les composantes qui sont dirigées suivant le méridien, aux vents do nord et du sud, et celles qui soufflent suivant la ligne OE, aux vents d*est et d'ouest, on aura
E-0 + (NE+SE-N0-S0)cos4oo
Telle est la formule de Lambert. Les signes du numérateur et du dénominateur de la valeur de iang V font connaître le sens des composantes C6 et Ca, et par suite Fangle droit dans lequel est dirigée la résultante.
La vitesse moyenne du vent résultant est donnée par la formule
jC6 E— 0 + (NE + SE-NO-SO) cos 45»
sin V sin V
Ordinairement, dans le calcul de tang V, oh ne tient pas compte de la vitesse des différents vents, et l'on représente par les signes NS,... NE, SE... les nombres de fois sur 1000 que chacun des vents a soufflé. Cette manière de procéder suppose que les vitesses moyennes sont à peu près les mêmes dans toutes les directions, ce qui est loin d'avoir lieu. Mais les difficultés que présentaient les mesures des vitesses, avant l'invention des nouveaux anémomètres, avaient conduit à procéder de cette manière.
M. Schouw cherche à se rendre compte de la moyenne direction des vents par une autre méthode: il compare par différence les nombres de fois sur iOOO qu'ont soufflé les vents du nord (NO, N, NE), et les vents du sud (SO, S, SE) ; il compare de môme les vents d'est (NE, E, SE) aux vents d'ouest (NO, 0, SO), et il reconnaît, de cette manière, si le vent a soufflé plus fréquemment du nord que du sud, et de l'est que de l'ouest.
tf48. CAUSES ateiHALis DBS vniTS. — L'explication des venls est toute moderne. On a admis dans l'antiquité qu'ils sortaient de l'intérieur de la terre, principalement dans les pays de montagnes, et que certaines cavernes étaient destinées à leur fournir une issue. Il y a bien en effet des cavernes d'où il s'échappe des courants d'air assez rapides, mais on sait qu'ils sont dus à un effet de Itra^e produit parla différence de niveau de plusieurs ouvertures. C'est à Hadiey et Franklin que sont dues les premières notions exactes sur les causes du vent, qui provient le plus souvent de la distribution inégale de la chaleur à la surface de la terre.
Considérons une région assez étendue ÂCB (fig, 842), dans laquelle la surface du sol est différemment garnie : en C elle est dénudée et susceptible de s'échauffer fortement; en Âet B, elle est humide ou couverte de végétation. L'air qui recouvre la partie C étant plus dilaté que celui qui l'entoure montera et sera remplacé par l'air qui affluera horizontalement des régions A et B. Il y aura donc des courants dirigés dans le sens des flèches. En même temps la colonne d'air dilatée abnm s' élevant au-dessus de la limite tnn des colonnes
voisines, se déversera sur elles de chaque côté, dans le sens des flèches s el r. de mauière à engendrer des courants supérieurs qui marcheront en sas contraire des vents de terre A6, Ba, et donneront lieu, à une certaine distaace, à des courants descendants, pour remplacer Fair de la partie inférieure qui se dirige vers le point échauffé.
 Tappui de cette explication Franklin cite l'expérience suivante : On place une bougie au bas d'une porte ouverte séparant deux chambres ayant des températures différentes ; et I on voit la flamme s'incliner du côté de la chambre la plus chaude. Le contraire a lieu quand on place la bougie tout en haut. Enfin, entre les deux courants opposés ainsi constatés, on trouve une coocke
d'air en repos, où la flamme ne s'indiae ni d'un côté ni de Tautre. On peot encore échauffer fortement le miliai d'une feuille de tôle ; et Ton recoDoaft les courants qui se dirigent vers le poiot échauffé, au moyen de la fumée qui h dégage de la mèche d'une bougie ffarn vient de souffler.
Quant aux circonstances quimodifieot la température aux différents points de la surface de la terre, on'pent et Fig- 842. citer un grand nombre : la présence des eaux , l'état d'humidité du sol, sa nature, la végétation qui le recouvre, la hauteur au-dessus de la roer, b présence des nuages qui interceptent les rayons solaires dans certaines contrées On remarque qu'il suffit du passage d'un nuage au-dessus d'une
plaine exposée au soleil pour qu'on ressente une agitation prononcée dans l'air. Le vent peut être dû aune autre cause: quand une grande quantité de vapeur se résout en pluie, il se produit une grande diminution de pression, puisque l'eau occupe un volume 1680 fois plus petit que la vapeur qui la fournit (987). L'air des régions voisines se précipite donc pour combler ce vide, et il se produit un vent ordinairement violent.
ii44. Modes de propm^atioa da vent. — Il résulte des explications qui précédent, que le vent se manifeste d'abord auprès de la colonne d'air échauffée, l'air voisin se'précipitanl le premier dans l'espace abandonné par b colonne ascendante ; en même temps cet air se raréfie, et cette raréfaction se communique de proche en proche, comme cela a lieu pour les ondes dilatantes du son (I, 49:3), de manière que le vent se propage en sens opposé à celui dans lequel il souffle. Les vents qui se propagent ainsi se nomment penU d'aspiration. On nomme vents d'insufflation ceux qui se propagent dans le sens même où ils soufflent. C'est Franklin qui, le premier, a signalé la propagation du vent par aspiration ; par exemple, il observa un vent de nord-est qui s*éleva à 7** du soir à Philadelphie, et ce même vent ne commença à se faire
VKNTS RÉGULIERS. 601
•sentir qu'à i\^ du soir à Boston, qui est au nord-est de Philadelphie. L'abaissement du baromètre qui accompagne les vents violents est dû en partie à i*état de raréfaction de 1 atmosphère.
L'existence des vents d'insufflation n'est pas moins prouvée que celle des vents d'aspiration. Nous citerons Touragan du 29 novembre 1836 qui passa sur Londres à 10** du matin, à Amsterdam à 10^ et demie, à Hambourg à 6^ et enfin à Stettin à 9** et demie du soir, se propageant ainsi dans le sens môme où il soufflait. Quant à l'origine des vents d'insufflation, nous voyons que les vents de retour dans les régions supérieures de l'atmosphère sont de cette espèce. L'air refroidi sur les flancs des montagnes coule dans les vallées et produit aussi un vent d'insufflation. H y a enfin des vents produits par la rencontre de deux courants marchant en sens contraire, et qui forment des tourbillons où l'air est entraîné avec violence dans un mouvement circulaire qui se propage dans le sens même où il exerce son impulsion.
n. Itat YMiti régnUon.
ti4S. Les vents réguliers ne s'observent pendant toute l'année que dans la zone torride. Plus on s'approche des pôles, plus les vents sont irréguliers, à cause des changements plus fréquents et plus étendus de la température. Les vents réguliers se divisent en vents périodiques et vents constants. Les premiers sont principalement les brises et les moussons.
Brises de terre et brises de mer. — On désigne SOUS le nom de brises, des vents périodiques qui soufflent chaque jour sur les côtes. Vers 8 heures du matin, le vent commence à souffler de la mer jusqu'à 4 ou 5 heures du soir; e'esl la brise de mer ou du matin ; on en profite pour entrer dans le port. De 5 heures du soir au coucher du soleil, il y a un temps de repos après lequel le vent souffle vers la mer ; c'est la brise de terre ou du soir, qui dure jusqu'au lever du soleil; on s'en sert pour sortir du port. Les brises ne se font sentir qu'à une petite distance des côtes ; elles s'observent principalement dans la zone torride, et ne sont sensibles que pendant l'été, dans les zones tempérées. Elles ont une direction généralement perpendiculaire à la côte ; mais cette direction, comme l'intensité, peut être modifiée par des vents accidentels concomitants.
Voici comment on explique les brises: vers 8 heures du matin, le sol commence à s'échauffer, tandis que les eaux de la mer conservent à peu près la même température (1115). Il s'établit donc au-dessus de la terre, une colonne d'air ascendante qui appelle l'air de la mer. Vers 3 ou 4 heures du soir, le sol se refroidit par rayonnement, l'air prend la môme température sur terre que sur mer, et il reste en repos. Après le coucher du soleil, l'air qui recouvre la terre continue à se refroidir, et la colonne ascendante se formant sur les
602 MÉTÉOROLOGiC.
eaux, appelle Tair de la côte. On voit que les brises doivent être très faibles par un temps couvert. Elles sont accompagnées d*un contre-coorant dans les parties élevées de l'air, comme on Ta reconnu à la direction du mouvement des nuages. La brise du soir dure plus longtemps que la brise du matin, mais celle-ci est plus prononcée.
Brises des monCacnes. — M. Foumet a étudié, dans les montagnes, des mouvements atmosphériques analogues aux brises de terre et de mer ^ Ces mouvements sont surtout remarquables dans les vallées étroites, les défilés. Le soleil, à son lever, échauffe d*abord les sommités; de là, un appel d'air vers la montagne. Plus tard, le soleil pénétre au fond des vallées, qui s*écbauffent plus facilement que les sommets élevés, et bientôt Tair le plus froîd descend dans les parties basses. Ces vents de montagnes, qui ont reçu différents noms dans diverses localités, ont lieu à peu près aux mômes heures que les brises de terre et de mer.
ii46. Moussons. — On nomme ainsi des vents périodiques qui régnent principalement dans les mers resserrées ou formant de vastes golfes. Ces vents soufflent, pendant six mois dans un sens, et pendant les six autres en sens opposé. Ils s'expliquent de la même manière que les brises: à partir du mois d'avril, dans notre hémisphère, réchauffement moyen de la terre est plus grand que celui de la mer; c'est l'époque de la mousson de printemps qui souffla vers la terre. La mousson (T automne commence en octobre; elle souffle vers la aer qui est alors plus échauffée que la terre. Dans rhémisphère austral, oé les saisons sont inverses, la mousson qui commence en avril souffle vers la eùte, et celle qui commence en octobre souffle vers la mer. À l'époque où les moussons changent de direction, il y a, dans certaines mers, un temps de calme plus ou moins prolongé ; d'autres fois, le changement se fait brusquement, et il est alors accompagné de coups de vent violents et de tempêtes.
C'est principalement dans la mer des Indes que l'on observe les moussons les mieux caractérisées. En hiver, la partie méridionale de l'Afrique est pins échauffée que les Indes ; de même, la mer des Indes est plus échauffée que la mer d'Arabie, le golfe de Bengale et la mer de Chine; et Ton observe dans ces mers un courant du nord-est M (fig. 843) qui constitue la mousson d'automne et souffle du mois d'octobre au mois de février. Vers l'équinoxe vernal, ce veot cesse et est remplacé par des calmes ou des ouragans. A partir de cette époque le sol ainsi que la surface de la mer s'échauffent au nord de Téquateur, tandis qu'il y a refroidissement au sud, dans la partie méridionale de l! Afrique. On observe alors la mousson de printemps venant du sud-ouest^ Me (fig, Û3) et qui pénètre fort avant dans les terres, jusqu'à l'Himalaya et même jusqu'au Japon, ce que M. Dove explique par la diminution de pression qu'éprouve pendant l'été l'atmosphère de l'Asie, diminution qu'il a le premier signalée, en 1842. On observe d'autres moussons dans les bras de mer qui séparent les
1 AnnaUt de chimie et de phynque, 3« série, t. LXXIV, p. 337.
ombreuses lies de TOcéanie, où leurs directions sont modifiées par la configuration du sol et des côtes. Ces moussons sont marquées mr la fitj. 843 par une flèche à deux pointes; Textrémité marquée f indique le sens du vent pend^tnt la saison d'été, ^H Vents «gésieits. ^ [1 y a des moussons dans la Méditerranée : pendant ^■f été, ie vent vient du nord, et pendant l'hiver; il vient du sud. Ces vents ^■^^ervent a Marseille et h Tuulon, et se font sentir jusqu en Grèce et en ^^Rriie; aussi étaient-ils connus des anciens, qui tes désignaient sous le nom r de vents étésiem. On les observe encore k Alger et en Egypte. Ces vents sont dus aux variations de température du sol aride de rAFrique, principalenienl du désert de Sahara, qui s'échauffe très fortement pendant Tété et se refroidit pidcment pendant Thiver, tandis que fa mer et les côtes méridionales de Europe n éprouvent que des changements de température peu prononcés.
P^Lei
Kig. S^3.
S vents du nord sont, du reste, beaucoup plus forts que ceux du sud qni leur succèdent; aussi, la moyenne annuelle du temps employé par les navires à voiles pour aller d'Alger à Toulon dépasse-t-elle d un quart la moyenne du temps employé pour revenir de Toulon à Alger.
1147. Vents alizés — On nomme ainsi des vents qui souillent constamment de Test a l'ouest dans le voisinage de l*équatcun Ils furent observés pour la première fois par Christophe Colomb, et excitèrent T épouvante de ses compagnons» qui craignaient de ne pouvoir revenir sur leurs pas. Deseartes essayait de les expliquer par le mouvement de la terre qui laisserait en arrière rair qui la recouvre. Halley les attribuait à Taction du soleil qui, échauffant rair d'orient en occident, le poussait dans celte direction. Il est facile de voir en quoi pèchent ces deux systèmes* Ou doit à J. Hadley l'explication suivante, généralement adoptée.
Supposons d'abord que la surface de la terre soit partout identique ; Tatmosphère, entre les tropiques, sera plus échauffée que dans les ïones tempérées.
Tair dilaté s*élévera et sera remplacé par de Tair affluant des tropiques. Se il résulterait des courants dirigés des pôles vers Téquateur, si la terre était ei repos. Mais elle tourne sur elle-même, et ses différents points sont animés it vitesses d'autant plus petites qu'ils sont plus rapprochés des pôles ; lors dov que l'air des pôles s'avancera vers l'équateur, il se trouvera animé d'une fitesse. parallèle à l'équateur, plus petite que celle des points où il parviendra; il resten donc en arrière, et il en résultera un courant d'air dirigé en sens inverse à mouvement de la terre, c'est-à-dire un vent du nord-est dans notre hémisphère, et du sud-est dans l'hémisphère austral. Ces courants se rencontrant sv l'équateur, se combineront pour former un vent dirigé de Vesl à Vottest.
Il résulte de cette explication, qu'il doit y avoir dans les régions supérieurs de l'atmosphère, des courants de retour dirigés de l'équateur vers les pôles et de Youest à Yest ; parce que l'air qui vient de l'équateur arrive sur les difli^ rents parallèles, avec des vitesses plus grandes que celles qu*ils possèdent. Cet air doit donc former, dans l'hémisphère nord, un vent de sud-ouett »dessus de l'alizé du nord-est, et dans l'hémisphère austral, un vent du mrdouest au-dessus de l'alizé du sud-est. Ces vents supérieurs transportent an loin les cendres lancées à une grande hauteur par certains volcans : par eieapk, on a vu tomber à La Rarbade les cendres du volcan de Ttle de SaUil-Viiioeit située à l'ouest ; en 1853, des cendres du volcan de Cassiguina, dans rétatdr Guatimala, sont tombées & la Jamaïque, située à l'est, en telle abondance, qw cette ville fut plongée dans une obscurité complète pendant plusieurs jours. Les voyageurs qui sont montés sur le pic de Ténériffe ont presque toujours trouvé le vent d'ouest au sommet pendant que le vent d'est régnait au pied if la montagne. Au printemps et à l'automne, on voit tomber à Lyon, à Malle, à G(5nes, au Tvrol, une poussière fine que l'on croyait venir des plaines sablonnétises de T Afrique. Mais M. Kremberg a reconnu, au moyen du microscope, que cette poussière est formée de parcelles organiques, d'infusoires desséchés, dont quelques-uns cependant conservent leurs ovaires frais. Cette poussién? provient des vallées de l'Orénoque et de l'Amazone, qui, aux équinoxes àe printemps et d'automne, sont desséchées, et exposées à des tourbillons de vent qui enlèvent dans les régions supérieures de l'atmosphère les organismes pulvérulents qui jonchent le fond dos marais desséchés, et les livrent an venl supérieur du sud-ouest, qui les transporte jusque sur l'ancien continent, dans l'espace de 30 à 40 jours. Ces vents supérieurs, que le mouvement des nua^ fait aussi reconnaître, s'abaissent, après s'être refroidis et avoir diminué df vitesse, vers le 30* degré de latitude nord, et donncnX naissance au venl do sud-ouest, dont les navigateurs profitent pour aller d'Amérique en Europe : un navire qui met 40 jours pour aller de Liverpool a New-York, n'en met que 23 pour revenir ; il est vrai qu'il est alors aidé par le courant du golfe.
Les vents alizés ne présentent pas la régularité qui résulterait de la supposition que nous avons faite, que la surface de la terre est uniforme, b distribution des mers, le relief des continents, la direction des chaînes de