CONDENSATION DES VAPEURS DANS L* ATMOSPHÈRE
De la vapear Tésicaïaire. — Pour expliquer la suspension dans Tair des particules qui composent les brouillards et les nuages, on a admis il y a longtemps, et quelques-uns admettent encore, que ces particules sont formées de globules creux remplis d*air saturé, d'une petitesse extrême et assez légers pour flotter dans Tair; on donne à ces globules le nom de vapeur vésiculaire. Combattu d'abord par Desaguillier, le système de la vapeur vésiculaire a été mis en faveur par Saussure, et pendant quelque temps universellement adopté, puis combattu de nouveau par Monge. Kratzenstein a fait de nombreuses observations sur la grosseur des prétendues vésicules et sur leurs propriétés optiques. Voici les priocipaux arguments que l'on invoquait pour en prouver l'existence : !• Les particules des brouillards rebondissent sur l'eau ou sur les corps secs; mais on sait qu'il en est de même de gouttes d'eau massives ayant plusieurs millimètres de diamètre, comme on peut s'en assurer en frappant dans l'eau avec un bâton par un temps sec : on voit des gouttes rouler sur l'eau sans s'y mêler. 2o L*arc-en-ciel ne se produit pas dans les nuages comme dans les gouttes de pluie : c'est que les gouttelettes des nuages sont tellement petites que les rayons colorés qui en sortent, comme nous l'expliquerons dans l'optique, sont en trop petit nombre pour impressionner l'œil. Ce qui prouve, en outre, que les particules qui composent les nuages et les brouillards ne sont pas creuses, c'est qu'elles rassemblent les rayons du soleil comme les lentilles, ce que l'on voit quand on les arrête sur quelque corps léger. De plus, les nuages n'intercepteraient pas aussi complètement les rayons lumineux s'ils étaient composés de vésicules creuses ; et enfin on voit que ces vésicules se resserreraient et se transformeraient bientôt en gouttelettes pleines, par la cohésion de l'eau pour elle-même, l'air intérieur passant au dehors après s'être dissous dans la pellicule liquide excessivement mince qui forme l'enveloppe (I, 330). Cet effet de la cohésion se voit sur les bulles de savon, qui diminuent rapidement de volume quand l'air qu'elles contiennent peut s'échapper par le tube qui a servi à les souffler. L'existence de la vapeur vésiculaire n'est prouvée par aucun fait; elle n'est pas nécessaire pour expliquer les phénomènes ; il est donc à désirer qu'on renonce unanimement à une hypothèse gratuite qui ne peut qu'entraver la marche de la science.
tfVS. Des naai^es et de lear forme. — Les nuages présentent des formes très variées. On est parvenu cependant à les ramener à quelques types principaux. Howard et Lampadius ont distingué les formes suivantes, dont les plus importantes sont représentées dans la fig. 859. Les cumulus sont des nuages à contours arrondis, comme amoncelés, et présentant à leur partie inférieure une base plane et horizontale. On les observe principalement quand il fait chaud; aussi sont-ils désignés souvent sous le nom de nuages d'été. Les* stratus sont disposés en couches horizontales ; ils apparaissent principalement au coucher du soleil, et disparaissent à son lever. Les ctn-us présentent l'apparence de flocons déliés, irrégulièrement distribués; ils se montrent quand, après le beau temps, le baromètre commence à baisser et le vent du
METKUltOLOGtF..
sud, h soulTIer, Les cirrus sont les nuages les plus élevés; leur li ' " aller au-diOà de 7,000'^; on les regarde eomme forniés^ île petite^ glace en suspension dans Tair. C'est, en effel, dans ces sortes de Qiiges i]u*appaniissent les halos et les parhélies, météores produits par le jeu de U lumit^re dans de petits pnstnes de glace. Les inmhus sont des nuages fefnbre& très éicndus en tous sens et donnant de la pluie. Souvent ils sont limita d'ooe manière tranchée et terminés par des contours brillants (/î|f. 859); stniwBl aussi ils couvi-^nt toute Tétendite du del.
Entre les qii;are types r^iie nous venons de citer se 'placent d*autres espért* de nuages, que Ton di-sîgne en associant les noms de ceux auxquels ds ressemblent le plus. Ainsi, 1 on distingue les eirro-siratm, les mmula-^traim H îp*
Nimhuâ, Cumulus. Slratira. Clura-cutniiltif.
Kig. 8511.
Ci mai
cino-cnmnhis. Quand res derniers couvrent une asse^ grande étendue, «ndîl que le ciel est pêmmelé.
Pour bien distinguer la forme des nuages, il faut amortir leur trop graai g éclat, en 1rs regardant k travers un verre bleu assez foncé, ou dans un mir^H en verre noir. On distingue alors beaucoup de particularités qui écbappewPB la vue simple. Du reste, vus de prés, les nuages ressemblent tout à fait Idr^ brouillards, et les voyageurs qui voient dans les montagnes des nuages à contours bien déterminés, sont tout étonnés en arrivant à leur niveau tl en pénéliant dans leur intérieur, de ne plus leur trouver de limite certaine- La hauteur des nuages est très variable. Quand un brouillard courre trie vaste étendue de pais, on peut le regarder comme un nuage qui tourbe ïi terre. On voit des nuages assez bas pour eacher le haut des é^êm*