CORRÉLATION DES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES
dans ce cas il y a rencontre entre deux courants d*air. De Buch a constaté, à Berlin, que lorsqu'il pleut longtemps, le baromètre se tient généralement à ô""" environ au-dessous de la moyenne qui correspond au vent régnant. Le vide formé par la condensation continue de la vapeur explique ce résultat.
Pendant les averses, on voit souvent le baromètre monter de quelques dixièmes de millimètres, et souvent revenir à son premier point quand le nuage s'éloigne. Ce résultat se remarque souvent pendant les orages, et, d'après M. Kaemtz, on peut affirmer que le plus fort est passé quand le mercure commence à redescendre. M. Kaemtz attribue ce résultat au refroidissement de l'air par la pluie. Hais nous pensons qu'il faut plutôt y voir un effet mécanique dans lequel les couches inférieures de l'atmosphère sont refoulées et comprimées par la chute d'innombrables gouttes de pluie. Un phénomène analogue se passe quand des parcelles en suspension se déposent au fond de l'eau; car un aréomètre plongé dans l'eau trouble, est d'abord soulevé, puis s'enfonce peu à peu à mesure que le liquide se clarifie ; ce qui est dû à la réaction que l'eau éprouve sur le fond du vase, après y avoir été entraînée par le mouvement des particules qui se déposent.
Pendant les pluies continues, le baromètre baisse avec les vents d'est et monte avec ceux qui viennent de l'ouest. Cette remarque est due à M. Dove.
Pendant les tempêtes, le baromètre qui a préalablement baissé, éprouve des oscillations assez étendues. Du reste, comme l'a remarqué Scoresby, la tempête ne commence que quand le baromètre cesse de baisser. L'observation de cet instrument permet donc de prévoir les grands mouvements atmosphériques; aussi les navigateurs doivent-ils le consulter fréquemment. Krusenstein attribue à cette habitude, d'avoir toujours pu prévoir les coups de vents. Scoresby affirme que le baromètre lui permettait de prédire les tempêtes 17 fois sur 18.
Il résulte des recherches de M. Kaemtz, qu'ui\e tempête est surtout imminente quand le baromètre baisse rapidement, en même temps que la température est élevée. Du reste, quand l'air se meut rapidement, la pression doit diminuer du côté d'où il vient, et monter dans la région vers laquelle il se porte. Ces deux régions peuvent être extrêmement éloignées l'une de l'autre, et appartenir à des continents différents. Woodward, Wallis, Brandes, Pictet avaient déjà remarqué des variations inverses et simultanées du baromètre dans des régions très éloignées de l'Europe. M. Kaemtz en cite plusieurs exemples. Des observations faites en un grand nombre de points différents pourraient jeter du jour sur ces sortes de phénomènes. Les observations suivies de M. Quetelet à Bruxelles, qui ont déjà jeté un jour si remarquable sur les relations entre la pression et la fréquence de la pluie, et celles de M. Kaemtz à Dorpat , ont déjà fait faire un grand pas à la question.
Des pronostics. — La corrélation qui existe entre les divers phénomènes
atmosphériques a fait concevoir la possibilité de prévoir les changements de
temps. Aux époques les plus reculées, les agriculteurs ont cherché à résoudre
ce problème compliqué; mais il est vrai qu'on ne peut arriver à un résultat
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certain ; on ne peut obtenir que des probabilités, et encore faut-il , pour qu'elle.^ soient assez grandes, que i*époque considérée soit peu éloignée de celle où l'ou observe. Par exemple, on pourra, diaprés des observations faites le matin ou le soir, prédire quel temps il fera probablement dans la journée, ou le lendemain. Mais s*il s'agit de mois, de saisons, on ne pourra généralement rien avanc^^r avec quelque probabilité. L'impuissance dans laquelle on se trouve à cet éganl tient aux distances et aux hauteurs considérables auxquelles se préparent, poar ainsi dire, les phénomènes qui doivent décider de Tétat du temps. Par exemple, s'il régne en une région, un vent sec et froid qui présage un beau temps de longue durée, il peut se faire qu'au même moment, s'avance au loin un Teot chaud et humide qui, se mêlant avec lèvent froid, occasionnera de la pluir qu'on n'aura pu prévoir. L'application du télégraphe électrique à la transmission instantanée des observations faites au môme instant dans les régions les pb éloignées, permettra sans doute un jour de pronostiquer avec une très grande probabilité, mais jamais avec certitude, car on ne connaîtra jamais que l eut actuel en différents lieux, et cet état peut changer dans un bref délai.
Il est évident que les instruments qui, comme le baromètre, font connaître l'état atmosphérique existant dans un très grand espace, fourniront les bas^s les plus convenables pour un bon pronostic. L'hygromètre, et surtoul If thermomètre, qui indiquent l'état de l'air au point où ils sont exposés, donnent les indications les moins certaines. Après les observations barométriqDfs ef celles de la direction du vent, dont nous avons suffisamment traité, celbifoi conviennent le mieux pour établir un pronostic, sont l'observation des nuages, et celle de la pureté de l'air.
Quand l'air est bien transparent, que les étoiles scintillent vivement, c e>t qu'il Y a beaucoup d'humidité dans les hautes régions de l'atmosphère, et ii y a chance de pluie pour le lendemain. Il en est de même quand le soleil est d un rouge foncé à son coucher; c'est qu'alors ses rayons traversent des vapeurs eu voie de précipitation. L'air sec est peu transparent, et quand il pandt léjîèrement trouble, on peut compter sur le beau temps.
Dans nos climats, les cumulus annoncent le beau temps, leurs contour^ arrêtés attestant un air sec dans lequel ils se dissolvent , pour ainsi dire, rapidement. Les cirrus et les stratus, qui accompagnent souvent les veutï d'>ouest ou de sud-ouest, peuvent être considérés comme des signes de pluie