‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 21 sur 171 · PL\TINE · texte numérisé non relu

PL\TINE

incandescent.

LAMPE de Locatelli.

LAMPE

à cheminée de verre.

Si Ton prend les rapports entre les radiations des deux faces du second disque, on trouve les nombres 1,4; 1,8; 2; 5,4 qui vont en augmentant avec la température de la source, c*est-îi-dire avec le degré de réfrangibililé des rayons et avec leur tliermoclirôse (738). L'analogie est donc encore frappante avec les phénomènes lumineux.

Si, au contraire, on prend ce rapport entre les radiations des deux faces du disque noirci des deux côtés, on le trouve sensiblement constant, quelle que soit la source ; d'où l'on doit conclure que le noir de fumée diffiise toujours la même pj^oporlion de la chaleur incidente, quelle que soit son origine.

Il est à remarquer que la face postérieure du disque noirci des deux ccHés envoie moins de rayons que la face antérieure. Ce résultat ne doit pas être entièrement attribué au pouvoir difîusif très faible du noir de fumée (741), mais il est dû, en grande partie, à ce que la surface antérieure s'échauffe et rayonne plus que la surface postérieure, à cause de la difficulté qu'éprouve la chaleur à traverser le disque; car la diffiôrence augmente avec son épaisseur. Le noir de fumée ne peut donc réfléchir que des quantités extrêmement faibles de chaleur diff'use, de même qu'il ne réfléchit que très peu de lumière diffiise, il se comporte donc pour la chaleur comme pour la lumière, et il est à la fois mélanothennique pour les rayons de la première, et noir pour ceux de la seconde, qu'il éteint également presque totalement, quelle que soit leur couleur. Les substances blanches, au contraire, sont tliermochroiques, ainsi que beaucoup d'autres substances que l'on peut appliquer sur le disque de l'appareil. Certains métaux polis ou non, platine, fer y plomb, étain. zinc , nous offrent des corps leucothermiques, c'est-à-dire qui réfléchissent également toute espèce de rayons, comme les corps blancs réfléchissent également tous les rayons lumineux colorés. M. Knoblauch a reconnu qu'il y a des métaux thermochroïques, l'or, l'argent, le mercure, et le cuivre et le laiton îi un faible degré. Le pouvoir difl'usif des métaux varie avec leur nature. Il est plus grand que celui des corps non métalliques, pour l'or, l'argent, l'étain, le platine, le cuivre. Le plomb et le fer ont, dans certains cas, un pouvoir difl'usif moindre que celui

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des substances blanches ; de môme que certains corps blancs éclairés peuvent présenter des différences d*éclat, et même avoir moins d*éclat que certains corps colorés.

'943. i^atar« des rayons difTns. — Pour compléter leur assimilation avec la lumière diffuse, il reste à montrer que les rayons de chaleur diffuse provenant d'une surface thermochroique sont d'espèce différente, quand on change cette surface tout en conservant la même source. C'est ce qu'a fait M. Knoblauch ' ; ainsi, il a reconnu que la chaleur diffuse émanant d'une surface recouverte de carmin, passe en plus grande proportion à travers une lame de spath d'Islande, que celle qui émane de la surface d'un papier noir. Des résultats semblables ont été obtenus au moyen de lames d'alun, gypse, verre rouge, verre bleu. Quand on change de source, les différences des effets produits avec le carmin et le papier noir se modifient ; elles vont en diminuant quand on remplace la lampe d'Argant successivement par le platine incandescent et la flamme de l'alcool ; avec un fer chaud obscur, il n'y a pas de différence.

Il est facile de reconnaître que le changement de composition du flux calorifique après la diffusion, vient de l'absorption élective exercée sur cert;iines espèces de rayons ; car les corps qui réfléchissent par diffusion des rayons traversant facilement une substance, réfléchissent peu de ces rayons quand ils sont de l'espèce que cette substance absorbe. De plus, quand la chaleur diffuse ne diffère pas de la chaleur directe de la source, ce qui suppose que la plaque dépolie est leucothermiqtie, la nature de la source n'a plus d'influence sur les résultats.

Parmi les résultats constatés par M. Knoblauch, nous citerons les suivants : le velours blanc envoie beaucoup moins de chaleur diffuse que le velours noir, pour toutes les sources; la tôle est leucothermique, caria chaleur qu'elle réfléchit ne se distingue pas de la chaleur incidente, et elle réfléchit avec la même intensité la chaleur de toutes les sources. Le papier blanc et la laque noire ; la toile, la soie, blanches ou noires ; l'or, l'argent et le mercure, ont les mêmes thermochrôses ; car les flux réfléchis par ces substances traversent en même proportion différentes plaques diathermancs. Les cristaux sont également leucothermiquei. La suie et le charbon animal sont mélanotfiermiques.

944. Difrusion par réfraetiou. — La chaleur qui traverse une substance diathermane dépolie sort dans toutes les directions et d'une manière diffuse, comme la lumière qui a traversé une lame de verre dépoli. Pour le prouver, Melloni^ dispose, entre la pile et la source de chaleur, deux écrans percés d'une petite ouverture circulaire, et il place entre les deux écrans une lame diathermane polie, .du verre par exemple, dont la présence diminue l'effet de la radiation flirecte. La position de la lame entre les deux écrans n'a aucune

* Annales de Poggendorff, 4 857; et Bibl. de Genève (arch. des se., <8o8), t. II, p. îî, 2 Annales de chimie cl de phusiquc, 2** série, t. LXXV, p. 374.

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