‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 27 sur 171 · POUVOIR ABSORBANT · texte numérisé non relu

POUVOIR ABSORBANT

pertes ne sont pas, dans les différents cas, proportionnelles aux excès de température sur le milieu ambiant, puisque la nature de la surface n*est pas la même, et que les substances qui ont le plus grand pouvoir émissif perdent plus rapidement la chaleur que les autres, à égalité d'excès de température sur le mÛieu environnant.

Melloni a comparé les pouvoirs absorbants par une autre méthode; il plaçait, en face de la pile du thermo-multiplicateur, des disques de cuivre mince noircis du c^té de celle-ci, et recouverts des substances à essayer du côté opposé, qui reçoit les rayons émanant de la source de chaleur. Cette méthode ne donne pas les rapports absolus ties pouvoirs absorbants, par la même raison que nous Tenons d'indiquer pour celle de Leslie ; aussi Melloni ne Ta-t- il donnée que comme propre à indiquer, de deux substances, quelle est celle qui a le plus grand pouvoir absorbant. Voici quelques-uns des résultats qu'il a trouvés, en prenant pour source de chaleur un vase cubique à 100°.

Noir de fumée 100

Céruse 100

Colle de poisson 91

Encre de Chine. 83

Gomme laque 72

Métaux 13

Il est à remarquer que l'ordre, dans lequel se trouvent ces substances, est le même que pour les pouvoirs émissifs. Nous verrons aussi qu'il peut être différent quand on emploie d'autres sources.

Ayant comparé les pouvoirs absorbants de différents tissus blancs, collés sur les disques, Nobili et Melloni ont trouvé l'ordre suivant : soie, laine, colon, lin (\ chanvre, la soie ayant le plus grand pouvoir. Pour les métaux, ils ont trouvé la série: plomb et étain, fer, acier, or, argent, cuivre; ils font remarquer que cet ordre est à peu près l'inverse de celui qui correspond à la faculté plus ou moins grande que possèdent les corps de laisser passer la chaleur de molécule à molécule. Cette remarque s'applique également aux tissus.

764. inflaenee du poli. — Leslie avait trouvé qu'en rayant la surface d'une lame métallique, on augmentait son pouvoir absorbant. Melloni a reconnu fpieles différences proviennent, comme pour le pouvoir émissif (753) de ce que les raies mettent à découvert des parties moins denses que la couche superficielle écroule par le passage au laminoir. Voici quelques-unes des expériences faites à ce sujet. De deux disques de fer-blanc noircis du côté tourné vers la pile, l'un avait été battu à petits coups avec un marteau, de manière à être couvert de bosselures, l'autre était resté à l'état naturel. La chaleur provenant d'une même source échauffa davantage ce dernier, quoiqu'il fût plus brillant que l'autre, ce qui se reconnaissait à l'effet produit sur la pile, par la face noircie. Le pouvoir absorbant est donc diminué, comme le pouvoir émissif, par un accroissement de densité. Des lames d'or et d'argent, coulées et refroidies lentement, absorbent plus de chaleur quand elles sont polies qu'après qu'on

94 CHALEUR HAYO.NNANTE.

les a rayées avec un diaraanl : c'est que la pointe comprime et écrouit le métal au fond des raies. Les substances qui ne peuvent s*écrouir, comme le jayet, le marbre, l'ivoire, ont le même pouvoir absorbant, quand elles sont polies et quand elles sont rayées dans divers sens.

11 résulte de là, qu'en augmentant la densité d'un métal on diminue la proportion de chaleur qu'il absorbe, et que, par conséquent, on augmente celle qui est réfléchie. 11 est donc utile d'écrouir à coups de marteau les miroirs sphériques. Dulong ayant fait construire des miroirs conjugués travaillés au tour, leur trouva beaucoup moins de puissance caloriOque qu'à deux petits miroirs moins soignés et travaillés au marteau ; résultat facile à expliquer. Les expériences citées plus haut (750) semblent établir que la manière dont les métaux ont été travaillés n'a que très peu d'influence sur le pouvoir réflecteur ; mais remarquons qu'une tiès petite difl*érence, inappréciable dans le faisceau calorifique de l'appareil (/?//. 508), peut devenir très sensible au foye»* d'un large miroir sphérique.

76S. Du pouvoir absorbant pour les différents rayons. — La chaleur absorbée par un corps est égale à celle qu'il reçoit, dimimiée des quantités qui sont réfléchies spéculairement et d'une manière difi'use. Or, celles-ci varienlavec la nature des rayons incidents (761 ) ; il doit donc en tMre de même de la quantité absorbée. C'est, en efiet, ce qui a lieu : Melloni ayant recouvert de noir de fumée Tune des faces de la pile thermoscopique, et l'autre face d'une autre substance, de blanc de céruse, par exemple, il a reconnu que des rayons venant d'une lampe de Locatelli, et ayant traversé des plaques de différentes substances, produisaient sur les deux faces des effets dont les rapports changeaient suivant la nature des rayons incidents. Les rayons ayant traversé l'alun sont ceux qui sont le moins absorbés par la face blanchie, ce qui s'explique, puisque l'alun, peu diathermane (727), ne laisse passer que les rayons les moins susceptibles d'être absorbés. Les rayons qui ont franchi un verre noir sont, au contraire, absorbés en grande proportion ; c'est que le verre noir arrête les rayons calorifiques lumineux, qui sont les plus faciles à transmettre, ceux qui restent sont donc les plus faciles à absorber. O^^'^nd la chaleur de la lampe traversait des In mes de verre, alun, verre noir, sel gemme, les pouvoirs absorbants étaient représentés par 80, 54, 43, 84, 80, celui du noir de fumée étant représenté par iOO.

M. Baden-Powel, puis Melloni, ont reconnu que les pouvoirs absorbants de certaines substances varient avec la nature de la source. Melloni employait la méthode que nous avons déjà indiquée (703). Le tableau suivant contient une partie des résultats qu'il a obtenus ; la variation du pouvoir absorbant avec la nature du flux calorifique s'y reconnaît facilement.

On a représenté par 100 le pouvoir absorbant du noir de fumée, pour chaque source ; alors les nombres inscrits restent les mêmes, pour une même source, à quelque distance qu'on la place de la pile.

POUVOIR ABSORa\NT.

LAMPE

LAMPE

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