DANS LES CRISTAUX
trois axes inégaux, dont les directions ne peuvent être connues d'avance. La difficulté de se procurer des échantillons convenables n'a pas permis de faire des expériences suivies dans ce système.
Une circonstance qui montre bien I influence de l'arrangement régulier des molécules sur la transmission de la chaleur, c'est que les cristaux qui ne sont pas purs donnent des courbes presque circulaires, sur des plaques qui en donnent d'elliptiques quand elles sont pures. L'idocrase, entr'autres, a manifesté d'une manière marquée cette influence des matières confusément disséminées dans la masse.
816. M. Duhamel a appliqué le calcul mathématique à la distribution de la
chaleur dans un milieu non homogène, comme les cristaux ; il a reconnu !<> que
les surfaces isothermes sont des ellipsoïdes semblables, dont les axes sont
dirigés suivant les axes principaux de conductibilité, et sont proportionnels aux
racines carrées des conductibilités principales ; 2» les courbes isothermes, sur
- une plaque indéfinie sont des ellipses semblables qui sont les mêmes que les
intersections des ellipsoïdes isothermes par un plan dirigé de la môme
manière que la lame ; seulement les températures ne sont pas les mômes sur
l'ellipse et sur la surface isotherme dont elle serait l'intersection par un plan, à
; eanse de l'influence de la conductibilité extérieure de la lame. On voit que les
r résultats du calcul confirment de la manière la plus complète les conclusions
ï que M. de Sénarmont avait déduites de l'expérience.
I 817. CondactlbiUté daas les corps comprimés, etc. — M. de Sénar- \ moDt a constaté que, si l'on comprime latéralement une plaque homogène, les i courbes isothermes prennent, au lieu de la forme circulaire, la forme d'une ellipse dont le petit axe est dirigé dans le sens de la compression, comme si la ; ligne circulaire avait été aplatie par Teflort exercé*. Ces résultats ont été ' constatés sur des plaques de verre à glace, de flint-glass et de porcelaine, r deS""» environ d'épaisseur, serrées entre les mâchoires parallèles d'un étau. f Des lames minces en plomb étaient interposées pour éviter la rupture, et un I ?ros fil d'argent, engagé dans un trou pratiqué au milieu de la plaque recou- [ ^erte de cire, servait à y apporter la chaleur.
Dne plaque de cristal de roche, parallèle à l'axe de symétrie, donne naturellement des courbes isothermes elliptiques (815). Si on la comprime dans le sens du petit axe de l'ellipse, cette courbe s'allonge ; tandis que si on la com- , prime dans le sens du grand axe de l'ellipse, et par conséquent dans le sens i^ Taxe du cristal, la courbe est moins allongée que lorsqu'on n'exerce pas de compression.
Pour reconnaître l'efFet d'une extension dans un seul sens, M. de Sénarmont ^ infléchi une lame de verre, de manière à distendre sa surface convexe (1, 434), ^t a fait arriver la chaleur dans les couches les plus voisines de cette surface, ^n enfonçant le fil d'argent dans une cavité qui ne dépassait pas la couche
* Annales de chimie el de physique, 3® série, ». XXIII, p. 267.