DISSOLUTION
sont souvent nécessaires, cependant la cristallisation peut ne pas se faire, quoiqu'elles ne soient pas remplies. Ainsi, M. H. Lœwel a vu des dissolutions de sulfate de soude hydraté rester sursaturées dans des tubes scellés, quand il les agitait, l'intérieur contenant môme des fragments de verre brisé. Il est bien difficile d'invoquer ici l'inertie des molécules. Voici encore un fait tout anssi inexplicable : une dissolution bouillante de sulfate de soude est versée dans un verre, et abandonnée au refroidissement dans un lieu bien tranquille ; souvent elle ne cristallise pas ; et si alors on la touche avec une baguette de verre, les cristaux se montrent aussitôt. Mais si la baguette a été chauffée dans la flamme d'une lampe à alcool, quand elle est refroidie, elle reste incapable pendant plusieurs semaines de provoquer la cristallisation par son contact; tandis que l'extrémité qui n'a pas été chauffée la produit facilement.
Chancenieiii de Yoiame. — Quand un sel cristallise, il y a, le plus sou- Tent, augmentation de volume. Ce fait est bien connu pou^ le sulfate de soude, et la force expaosivede ce sel, au moment où il cristallise, a été mise à pVoGt, par M. Brard, pour reconnaître les pierres gélives : il trempe un fragment dans une dissolution saturée à chaud de sulfate de soude, et il observe si la pierre se fendille pendant la cristallisation. Quelquefois l'expansion qu'éprouve un sel en cristallisant ne s'aperçoit pas, parce que le liquide qui se refroidit dûttinue en même temps de volume ; de sorte que, si sa contraction est plus pande que l'expansion du sel, il y a, en apparence, diminution de volume. M. Longchamp a pu reconnaître une expansion dans la cristallisation du nitrate 4e soude, du chlorure de potassium, du salpêtre, etc., en comparant l'abaisse- Dent du niveau d'une dissolution qui cristallise dans un matras portant un long eol gradué, à l'abaissement de niveau qu'éprouve par le refroidissement et dans tn autre matras, une portion de la dissolution qui a déposé son sel. Le sulfate de cuivre, le sulfate de soude manifestent une élévation de niveau ; le nitrate de baryte, qui est anhydre, se dilate de près de i 8 pour cent, ou à peu près deux fois et demi autant que l'eau qui se congèle. Le sulfate d'ammoniaque, an contraire, éprouve une contraction réelle de 95 pour cent.
tt4« Chaleur latente de dissolution et de dilution. — Nous verrons plus loin comment on mesure la chaleur latente de fusion des corps. Il serait important de la comparer à celle qui est nécessaire pour les dissoudre. Mais ici se présente une difficulté : l'action chimique qui accompagne la dissolution, gageant de la chaleur, il semble naturel d admettre qu'il faut autant de cbaleur pour faire passer un corps à l'état liquide, par fusion ignée que par l'action d'un dissolvant ; de sorte que l'on devrait trouver des nombres moinfrcspourla chaleur enlevée par dissolution, à cause de l'action chimique. M-Person a trouvé tout le contraire : ainsi, !«' d'azotate de potasse exige *9 calories pour se fondre, et 69 pour se dissoudre dans 5 parties d'eau. Si 'on vient à augmenter la quantité d'eau, il faut plus de chaleur encore : dans 20 parties d'eau, il faut 80 calories. On doit conclure de là qu'il y a absorption
90â CHANGEMENTS D*ÉTAT DES CORPS.
de chaleur latente quand on ajoute de Teau à une dissolution ; il y a donc n calorique de dilution, comme Tappclle M. Person, qui s'ajoute à la chaley latente de fusion, et est absorbé par suite de l'écartement des molécules dis soutes quand on ajoute du dissolvant. Avec le sel marin, il disparaît plus i chaleur quand on étend la dissolution que pendant qu'elle se fait. I^ duki enlevée par dilution remporte aussi , chez les sels qui ont peu d'affinité poi Teau, comme Tazotate de pelasse. Si l'action chimique est prononcée, la cb leur qu'elle produit peut l'emporter sur celle qui est enlevée par dilution, coflu chez le chlorure de calcium, qui exige 4i calories pour fondre, et 20 seulene pour se dissoudre. Entre ces extrêmes, il faut citer le phosphate de soude, f demande le même nombre de calories pour se fondre et se dissoudre, la dili tion et l'action chimique se compensant exactement.
92S. HiLAHeBS FRieounauBS — C'est principalement à l'absorption de chaleur par dissolution, que l'on a recours pour produire artificiellement < froid Les mélanges frigorifiques ou réfrigérants dont on se sert dans ce bo sont formés de plusieurs substances, dont une au motns est solide^ et qui pa vent se combiner spontanément, de manière à donner naissance k un coinpoi liquide. L'action chimique qui se produit est accompagnée d'un dégagement d chaleur; il faudra donc, pour obtenir un abaissement de température, que I quantité de chaleur absorbée par le passage de la substance solide à Téb liquide soit plus grande que celle que dégage l'action chimique. Par exenifk si l'on môle une partie d'acide sulfurique concentré avec quatre parties i glace, ces deux corps s'unissent en formant une combinaison liquide,^! température descend à — 20°, parce que la glace absorbe en passant à l'éti liquide, non seulement toute la chaleur dégagée par l'action chimique, mi encore une partie de la chaleur sensible du mélange. Si, au contraire, on mél 4 d'acide avec 1 de glace, on obtient une élévation de température de 50 à 60° parce que la petite quantité de glace qui devient liquide n'absorbe qu'une parti de la chaleur de combinaison.
C'est aux académiciens de Florence que sont di\s les premiers essais surki mélanges réfrigérants. Fareinheit, de Mairan, et surtout Réaumur, s'en soil occupés ensuite. Ce dernier a fait connaître, dans les Mémoires de l'Acadéne des sciences de Paris pour 173i, de nombreuses expériences sur le froid produit par les mélanges de divers sels et acides avec la glace.
Voici les principaux mélanges réfrigérants employés :
MELANGES REFRIGERANTS.
SUBSTANCES