‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 97 sur 171 · I. Phénomènes généraux · texte numérisé non relu

I. Phénomènes généraux

931. Vaporisation des liquides. — Quand OU élève la température d'un liquide, sa viscosité diminue, il devient plus fluide, et, arrivé a une certaine température, il entre en ébullition, c'est-à-dire qu'il passe à l'état de gaz ou de vapeur, sous forme de bulles qui partent des parois échauffées du vase, montent à travers le liquide et viennent crever à sa surface. Ce phénomène, désigné sous le nom de vaporisation, est soumis aux lois suivantes:

lo La température d'ébullition d'un liquide est toujours la même sous la même pression, et dans un vase de même substance i

2° la température du liquide reste constante pendant tout le temps de Vébuliition ; si l'on fournit une plus grande quantité de chaleur au vase, on ne fait qu'activer la production de la vapeur, mais la température du liquide ne s'élève pasdavanUge;

3o le volume de la vapeur est beaucoup plus grand que celui de la masse de Uquidequi l'a fournie; par exemple, l'eau donne un volume de vapeur 1700 fois plus grand que le sien.

Voici les points d'ébullition de différentes substances, sous la pression de 160 millimètres:

Acide «ulfureu\ — 4 0» j Eau 4 00o

EUier sulfurique 37 i Essence de lér<Jbenlhine . . 157

(^rbure de soufre 47

Brome G3

Chlurofurnie 63

Alcool 79

Uuile do6 llullanditis. ... 85

Acide nitrique concentré. . . 86

Phosphore. 290

Huile de lin 316

Acide sulfurique concentré. . 325

Mercure 360

Soufre 400

On voit que les températures auxquelles les différentes substances se vaporisent, sont très différentes. Les corps très réfractaires peuvent être réduits en vapeur à des températures très élevées. Au moyen de verres ardents ou du chalumeau à hydrogène et oxygène, on fait bouillir l'argent, l'or, le platine. H. Deville a trouvé des globules de platine déposés sous le couvercle d'un II %\

CHANGEMENTS D ETAT DES CORPS

creuset en chaux plein de ce métal en fusion (913), et qui y étaient panenus à l'état gazeux.

938. EvaporatioB. — La plupart des liquides peuvent aussi passer à l'étal de vapeur spontanément, à des températures très différentes inférieures au point d'ébullilion, et seulement parleur surface; on dit qu'ils s évaporent. L'évaporation est d'autant plus rapide que la température est plus rapprochée du point d'ébullition. C'est par évaporation, que l'eau fmit par disparaître d'un vase ouvert; que la couche liquide qui mouille les corps disparaît quand ils sèchent.

Hooke, Halley, Leroy, Monge.... pensaient que l'évaporation n'était autre chose que la dissolution du liquide dans l'air. Mais Dalton a prouvé que la

vapeur existe par elle-même; car elle se produit dans le vide; et l'air, loin d'être le véhicule de la vapeur, est au contraire un obstacle qui ralentit l'évaporation. Par exemple, Fontana introduisit une même quantité d'alcool dans deux cornues égales A, V (fig. 678) terminées par deux boules égales a, v\ l'un des appareils Afl était rempli d'air, tandis que ce gtf avait été chassé de l'autre en faisant bouillir l'alcool, et fermant la pointe» après que tout l'air eût été entraîné par la vapeur. Les deux cornues étant chauffées dans le même bain, 1^ vapeur se forma abondamment dans la cornue V, et vint se condenser en r, tandis qu'il n'y eut, au bout du même temps, qu'une très petite quantité de liquide dans la boule a qui contenait de l'air.

Le mercure s'évapore h la température ordinaire, comme l'a prouvé M. Faraday: ayant suspendu horizontalement une lame d'or au bouchon d'un flacon contenant du mercure, il trouva, au bout de six semaines de séjour dans un lieu froid et obscur, la feuille d'or blanchie par le mercure, qui n'avait pu parvenir jusqu'à elle qu'à l'état de vapeur. M. Karsten a fait apparaître, au boni de 21 heures, des images daguerriennes sur une plaque iodée ayant reçu l'action de la lumière, au moyen de vapeurs de mercure dégagées spontanément à une température assez basse pour que l'eau gelât dans la chambre où se faisait l'expérience. Il faut conclure de là que, dans le vide le plus parfait que non? puissions faire, dans le vide du baromètre, il existe encore des traces de matière' pondérable, puisqu'il y a de la vapeur de mercure.

Il y a des corps qui ne paraissent pas s'évaporer à la température ordinaire, par exemple l'acide sulfuriquc concentré. Si l'on met de cet acide sous le récipient de la machine pneumatique, à côté d'une dissolution de baryte, et que l'on fasse le vide, ce qui favorise l'évaporation, comme nous allons le voir, l'eau dt"

Fig. 678.

Page 1