‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 98 sur 171 · PASSAGE A L*ÉTAT GAZEUX · texte numérisé non relu

PASSAGE A L*ÉTAT GAZEUX

baryte reste limpide, et cependant il suffit de la moindre parcelle d'acide sulfurique pour la troubler. Remarquons que l'acide sulfurique est très visqueux, ce qui montre que la figure de ses molécules exerce une influence marquée sur leur position d'équilibre; il ne constitue donc pas un liquide parfait. Cependant les huiles fixes, qui sont tout aussi visqueuses, donnent des vapeurs sensibles, comme fatteste l'odeur qu'elles exhalent.

SubilniatloB. — Il y a des corps qui se subliment, cW-à-dire qui passent à l'état gazeux sans passer par félat liquide; par exemple, le camphre, l'arsenic, l'iode; ces corps peuvent se liquéfier sous une pression convenable. La neige peut aussi s'évaporer sans passer par l'état liquide, ce qui explique sa disparition de la surface de la terre, par un froid sec, et sans qu'elle se soit \ fondue. Boyle a constaté, par exemple, que deux onces de glace, par un très grand froid, avaient perdu dix grains en six heures; de Mairan a vu un bloc de glace perdre \ de son poids en 24 heures.

989. Chaleur latente d*éiastieité. — La constance de la température de l'eau pendant l'ébullition a été remarquée, à peu prés à la même époque, par Araontons, Rinaldini et Hookc. Pour expliquer ce phénomène, Black a admis que la chaleur fournie au liquide devient latente, en le transformant en fluide élastique. La chaleur latente d'élasticité reparaît à l'état de chaleur sensible, quand on fait passer la vapeur à l'état liquide ; ce que l'on obtient en la refroidissant ou en la comprimant suftisamment.

Quand le liquide s'évapore spontanément sans qu'on lui fournisse de chaleur, on observe, dans ce liquide et dans les corps en contact, un abaissement de température; ce qui montre qu'il faut de la chaleur latente pour faire passer le liquide à l'état gazeux, par évaporation comme par vaporisation. Vient-on, par exemple, à plonger la main dans de l'eau tiède, dés qu'on la retire on éprouve une impression de froid produite par l'évaporation. L'alcool, et surtout l'éther, liquides beaucoup plus volatils que l'eau, produisent, comme on sait, une impression de froid assez intense. En agitant l'air, on favorise l'évaporation comme nous le verrons, et la sensation devient encore plus vive. On peut faire geler de feau dans un petit matras, en l'enveloppant de coton continuellement mouillé avec de l'éther, dont on favorise l'évaporation par un courant d'air continu. On obtient le même résultat en plongeant le matras dans de l'éther que l'on fait rapidement évaporer sous le récipient de la machine pneumatique. Si Ton projette de l'acide sulfureux liquide sur de l'eau, il se forme immédiatement de la glace. On peut même solidifier le mercure au moyen du même acide condensé, en mettant les deux liquides dans le même vase, autour duquel on fait le vide. Par ce procédé, M. Bussy a pu obtenir un froid de — 68°. 11 a pu faire descendre la température jusqu'à — 57° à l'air libre.

940. Congélation de Tean dans le vide. — Leslic a fait, cn 1810, une expérience remarquable, au moyen de laquelle on congèle l'eau par le froid que produit sa propre évaporation. On met sous le récipient de la machine pneumatique {fig. 079) une petite capsule peu profonde en argent très mince, contenant

une couche d'eau. Au-dessous de cette capsule est un vase rempl sulfurique concentré. On fait le vide, l'eau s'évapore et tend à saturer mais comme l'acide sulfurique absorbe la vapeur qui se forme, l'év continue et l'eau perd assez de chaleur pour se congeler. Comme il fai 79 calories à if^ d'eau pour le faire passer à l'état de glace, et que i en s'évaporant à 0.^, en absorbe 606, comme nous le verrons plus tai poration d'un certain poids de ce liquide pourra en congeler un poids environ 7 fois plus grand.

Au lieu d'acide sulfurique pour absorber la vapeur, Leslie I

s'est aussi servi de trapp porphyrique en i

décomposition , pulvérisé et bien desséché, qui peut absorber plus de -^ de son poids d*eau ; ou bien encore de farine d'avoine légèrement torréflée, qui peut servir à faire congeler en quelques minutes le tiers de son poids d'eau.

Wollaslon a imaginé de se débarrasser p. Fig. 679. de la vapeur, en la condensant par le

froid. L'eau à congeler est alors placée dans un gros tube en verre ac (fig. 680), dont on a chassé Tair par l'i avant de fermer l'extrémité c à la lampe. On entoure le haut de ce tu vase n dans lequel on met un mélange réfrigérant, de manière que I se condense dans le haut du tube, en formant une couche de gla fait alors une évaporation continuelle de l'eau qui se trouve en a, et c ne tarde pas à se congeler. Sous cette forme, l'expérience est mo pante que celle de Leslie, parce qu'on se sert d'un mélange réfrigérant 9-t«. Applications. — La congélation de l'eau par son évaporât le vide, a été apphquée dans l'industrie à la fabrication en grand de 1 Au lieu de fiiire usage de puissantes machines pneumatiques, MM. 1 .Martineau, en Angleterre, ont imaginé de faire le vide par la condenî la vapeur. Ils chassent l'air d'un vaste récipient, en y lançant de la vapi qu'ils condensent ensuite en refroidissant les parois par un courant d' ont ensuite communiquer ce récipient avec le vase dans lequel se trou à congeler. La vapeur est absorbée par l'acide sulfurique concentré acide est concentré de nouveau après avoir servi, au moyen de la perdue par le foyer de la chaudière qui fournit la vapeur. Le trapp rique, pouvant se dessécher au soleil, présenterait la substance absorl plus économique dans les pays chauds.

M. Rizet et M. Carré ont imaginé de fabriquer de la glace au moyen produit par l'évaporation de l'éther dans le vide. L'appareil de M. Ri siste en un système de tubes contenant l'éther, et entourés d'eau salée se congèle pas , mais sert à refroidir des moules en cuivre a l'eau à congeler. Le vide est fait par une machine à vapeur de la 1

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