VAPEURS DANS LE VIDE
10 chevaux. La même machine fait mouvoir une pompe foulante qui comprime la vapeur d*éther dans un réfrigérant enveloppé d'un courant d*eau froide, d*où Téther retourne ensuite dans les tubes d'évaporation ; de sorte qu'il peut servir indéfiniment. L'appareil qui a figuré h l'exposition universelle de Paris pouvait fabriquer 1 35 kilos de glace par heure, revenant, d'après les inventeurs, à moins de 1 centime le kilogramme.
Aiearazas. — Le froid produit par l'évaporation est utilisé dans certains pays pour rafraîchir l'eau . On emploie pour cela des vases en terre poreuse et demi-cuite, à travers laquelle l'eau peut suinter : on les nomme alcarazas. On leur donne ordinairement la forme d'une fiole à médecine, dont l'ouverture serait très évasée et qui aurait 30 centimètres de hauteur. On expose ces alcarazas l\ un faible courant d'air, et l'évaporation qui se fait continuellement à leur surface extérieure toujours mouillée, peut refroidir l'eau jusqu'à 10° à 12°, <|uand la température extérieure est à 30°. Les alcarazas sont employés, depuis un temps immémorial, en Egypte, en Perse, dans l'Inde, en Chine. Ils ont été importés en Espagne par les Arabes, et de là ils ont pénétré en France, où l'on commence à en faire usage. Les meilleurs viennent d'Anduxar, dans l'Andalousie. Les fabricants mêlent à l'argile, 5 pour cent de sel, qui, en se dissolvant, laisse une multitude de pores qui rendent l'argile plus perméable. *^l. Fourmy a, le premier, fabriqué de ces vases en France, sous le nom ^ hydrocérames. — On refroidit les liquides autres que l'eau, en les mettant dans des vases en métal enveloppés d'un linge continuellement mouillé.
Le froid produit par l'évaporation nous donne l'explication de la fraîcheur qui se répand dans une chambre quand on en mouille le plancher, surtout quand l'air s'y renouvelle continuellement. Au f^engale, on garnit les fenêtres <le rameaux mouillés, munis de leurs feuilles ; l'air qui s'introduit, se refroidit en passant à travers le feuillage, sur lequel il active l'évaporation. On peut ainsi abaisser la température de 10° et 15° au-dessous de la température îunbiante ; l'évaporation se faisant très activement, à cause de la grande sécheresse de l'air.
La fraîcheur qui régne dans les bois touffus, pendant les plus grandes chaleurs de l'été, est due à l'évaporation qui se fait à la surface des feuilles et sur le sol ordinairement humide. — Si la température du corps de l'homme s'élève i peine quand il fait très chaud, c'est que la surface de la peau est refroidie par la transpiration insensible, qui se trouve activée par la chaleur, de manière à en neutraliser les effets.
II Fonnation des vapenrs à la surface.
94S. Ea vapeur se forme spontanémeiit dans le vide. — Pour Constater ce phénomène, on prend un tube de baromètre rempli de mercure
CHANCEMEiNTS D ETAT DES CORPS.
purgé d*air et d'humidité par rébullilion, et renversé sgr une cuvette très profonde, et Ton fait passer un peu de liquide, d'alcool par exemple, dans la chambre vide. Pour cela, on remplit une petite éprouvette, de ce liquide; après ravoir fait bouillir, on la renverse sur le mercure en tenant Fouverture fermée avec le doigt, puis on la retourne au-dessous du tube barométrique. Ou bien encore, on retire ce dernier après i*avoir incliné pour qu'il soit totalement rempli, on ôte un peu de mercure, que l'on remplace par du liquide bouillant, et, femut l'ouverture avec le doigt , on redresse le baromètre dans sa cuvette. Dans les deux cas, le liquide monte à travers le mercure, et l'on voit ce métal descendre et s'arrêter presqœ aussitôt, de manière à ne consen'cr qu'une partie de sa hauteur primitive. C'est que le liquide a produit de la vapeur, qui s'est répandue dans le vide et ajoute sa pressin il la colonne de mercure qui reste, pour faire équilibre ila pression atmosphérique. La force élastique de cette vapcor est égale à la différence ab (fig. 681) entre la hauteur d'u baromètre aB et celle du mercure dans le tube à vapeur Y; elle est donc représentée par la quantité ab dont la colonne de mercure a été abaissée par la vapeur.
Si l'on soulève rapidement le tube à vapeur, de manière à augmenter l'espace qui règne au-dessus du mercure, le niveau de ce dernier reste à la mOme distance du niveau de la cuvette, pourvu qu'il y ait du liquide en excès. Il Tant donc qu'il se soit formé de nouvelle vapeur, qui remplisse le volume mn qui a été ajouté, de manière que la tension reste la même. Si l'on vient, au contraire, à enfoncer le tube dans la cuvette, de manière à diminuer l'espace qu'occupe la vapeur, la colonne de mercure conserve encore sa même hauteur, parce que la vapeur qui occupait l'espace qui a été supprimé se liquéfie et perd toute force de ressort, de sorte que la vapeur répandue dans l'espace qui subsiste, consene sa même tension. De ces expériences, Dalton a conclu les lois suivantes :
i« Un liquide place dans le vide fournit de la vapeur qui atteint instantanément une tension maximum. Si l'on augmente l'espace qu'occupe c^tte vapeur, il s'en forme d'autre instantanément, pour remplir le nouvel espace, de manière que la masse de vapeur est proportioimelle au volume qu'elle occupe.
2° ÏM tension tNaximum ne peut être augmentée par une diminution de volume ou par la compression, celle-ci ayant pour effet de détruire la vapeur qui occupait l'espace supprimé, en la faisant repasser à l'état liquide.
L'espace qui contient ainsi de la vapeur au maximum de tension est d\i saturé de vapeur; il ne serait pas saturé si la quantité de liquide était trop faible pour, fournir le volume de vapeur nécessaire à l'état de saturation. .
Fig. 0H\.