‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 4)Chapitre 134 sur 193 · DE LA HAUTEUR DU SON · texte numérisé non relu

DE LA HAUTEUR DU SON

la vis sans fin, et en môme temps on arrêtera le chronomètre. Il restera alors à compter le nombre de piilsations produites dans Tair pendant la durée de Texpérience. Supposons que le plateau tournant porte 25 trous, et que Tai- ^ilie du premier cadran ait marché de 15 divisions au-delà du point de départ, et celle du second, de 30 divisions, Taiguilie du premier cadran aura fait 30 tours, plus 15 divisions, et, en supposant que ce cadran porte 100 divisions, le plateau tournant aura fait 30 x 100 + 15 tours. Enfin, comme il y a 25 pulsations par tour, il y en aura eu (30 x 100 -h 15)25 ou 75375. En divisant ce résultat par le nombre de secondes écoulées, on aura le nombre de vibrations pendant une seconde. Remarquons que chaque pulsation correspond à une vibration double d'un corps vibrant ordinaire.

La sirène peut donner des sons quand elle est plongée dans Teau et qu'elle est traversée par un courant du même liquide ; c'est de là que lui est venu son

Fig. 447.

nom. Le son produit est le même, sauf le timbre, que lorsqu'elle marche dans Tair ou dans tout autre gaz; ce qui prouve bien que la hauteur du son ne dépend que du nombre de vibrations.

On a reproché à la sirène la mauvaise qualité des sons graves et la grande intensité des sons aigus ; ce qui rend difficile la comparaison avec le son dont on cherche le nombre de vibrations. De plus, l'aiguille ne donne pas les fractions de tours du plateau, et il est presque impossible de ménager le vent de manière à conserver un son bien égal pendant toute la durée de l'expérience. Cependant la sirène , entre des mains bien exercées , donne de bons résultats.

S84. Roses dentées. — Savart a employé un autre appai^eil consistant en une roue dentée D (fty. 417), que l'on fait tourner aussi régulièrement que possible, au moyen d'une roue R et d'une courroie sans fin r. On présente à la roue D le bord d'une carte c, qui, dérangée de sa position d'équilibre par le choc des dents, revient vers cette position dans l'intervalle de leur passage, et fait ainsi des vibrations en nombre égal au nombre des dents multiplié par le nombre de tours de la roue D. Ce nombre de tours est donné par un compteur 0

disposé comme celui de la sirène. La difficulté de conserver à Tappareil une vitesse constante, rend celte méthode moins exacte qu'elle ne semble au premier abord. Savart a essayé d'éviter cet inconvénient, en imprimant le mouvement à la roue dentée, au moyen d'un mécanisme d'horlogerie régularisé par ai volant; mais les légers changments qui se manifestent de temps à autre dans la hauteur du son montrent que les frottements, ou toute autre cause, empêchent le mouvement d'être rigoureusement uniforme.

53S. Méihode graphique. — Dans cette méthode, indiquée par Young, ei la plus exacte de toutes, le corps vibrant trace lui-même ses vibratioDs, de manière qu'il n'y a plus qu'à compter les traits. Le corps vibrant est ordinairemert une verge élastique serrée dans un étau, à l'extrémité libre de laquelle on fixe avec un peu de cire, un léger pinceau imbibé d'encre. Après avoir réglé la longueur de la verge de manière qu'elle donne le son voulu, on la fait résonner avec un archet, et l'on approche de la pointe du pinceau une roue que Ton fait tourner. Le pinceau vient alors, à chaque demi-vibration, marquer d'un trait oblique une bande de papier fixée sur la roue. Il ne reste plus qu'à compter

les traits formés pendant le temps de l'expérience.

Vibroscope. — Pour appliquer la méthode graphique, M. Marloye a construit, d'après les indirations de M. Duhamel, un instrument qu'il a nommé vibroscopCy et qui consiste en un cylindre c (fig. 4l8i, pouvant tourner autour d'un axe dont la partie supérieure V est iiletée et passe dans un écrou soutenu par le pied de l'instrument. L'appareil est équilibré par le poids P, et le cylindre c peut prendre différentes positions , pour la plus grande commodité des expériences. Pour trouver le nombre de vibrations d'une verge 6, pincée en e par un étau, on fixe à l'extrémité de celte verge, une pointe fine p, qui s'appuie légèrement sur le cylindre c, recouvert de noir de fumée. Pendant que la verge vibre, on fait tourner le cylindre, et la pointe p trace sur le noir de fumée une ligne en forme d'hélice, composée de zigzags très fins. Si l'on amis le cylindre en mouvement à un instant précis, et pendant un temps mesuré par un chronomètre, il n'y aura plus qu'à compter avec soin les traits en zigzag, pour connaître le nombre de vibrations simples accomplies pendant ce temps.

Fig. 41 s.

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