BRUIT
sorte qu'un accord peul élre accompagné de ballements désagréables quand il est formé de sons très bas. Ainsi, la tierce produite par deux sons ne donnant que 40 et 50 vibrations par seconde, forme, pendant le même temps, 10 coïncidences, qui sont assez espacées pour constituer des battements. Avec 400 et 500 vibrations, la tierce est encore accompagnée d'un bruit semblable à un roulement de tambour.
Plus les termes du rapport n : n' sont petits, moins le son résultant est grave, et moins on a à craindre de le voir se transformer en battements. Sauveur avait remarqué que les accords dissonants sont ceux qui sont accompagnés de battements, et les consonnanls ceux qui n'en donnent pas. Nous voyons que cela tient à ce que le rapport n : n' étant exprimé, dans les accords consonnants, par des nombres plus simples, les battements sont remplacés par un son résultant; comme cela a lieu pour la quinte |, la quarte f, la tierce |, h moins qu'on n'ait affaire à des sons très graves.
660. Applications des battements. — M. Scbeibler a imaginé un moyen ingénieux d'accorder les orgues au moyen des baltemenls, et sans avoir besoin d'une oreille exercée *. Pour cela, on dispose des séries de diapasons à fourchettes, de manière à donner, non les sons exacts de la gamme tempérée que Ton veut obtenir, mais d'autres sons qui en différent assez pour donner avec ceux-ci un nombre de battements connu. Il suffit alors de modifier peu à peu le son du tuyau d'orgue, jusqu'à ce qu'il produise, en se combinant avec le son de la fourchette, ce nombre de battements par seconde. Il n'y aura donc qu'ii compter, et non à faire appel à la justesse de l'oreille.
Mesure du nombre de vibrations. — Sauveur a tiré parti des battements pour trouver le nombre absolu de vibrations correspondant à deux sons suffisamment graves dont on connaît l'intervalle musical. Prenons, par exemple, deux sons dont les nombres de vibrations soient dans le rapport f|, l'un représentant une note naturelle, et l'autre la même note diésée, et supposons que ces deux sons entendus simultanément, donnent 4 battements par seconde. Il en faudra conclure qu'il y a quatre coïncidences, c'est-à-dire 4 X 24 vibrations de l'un des sons, et 4 X 25 de l'autre, ou 96 et 100 vibrations par seconde. Cette méthode s'applique facilement aux instruments de musique dont on peut soutenir le son assez longtemps, comme les instruments à archet, les orgues expressifs, etc.; elle n'exige pas d'autre appareil qu'un chronomètre.