‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 4)Chapitre 186 sur 193 · ORGANE DE L'OUÏE · texte numérisé non relu

ORGANE DE L'OUÏE

vibrations. Par exemple, les vibrations d'un diapason tenu à la main persistent bien plus longtemps que lorsqu'on Vappuie sur une table élastique pour renforcer le son.

Si le corps auquel se communiquent les vibrations n'est pas élastique et présente une masse assez grande, il anéantira les vibrations du premier, sans les remplacer par les siennes, et Ton dira qu'il a étouffe le son. C'est ce qui a lieu quand on remplit une cloche avec des corps mous quoique très légers, comme de la ouate. Ces corps ne peuvent vibrer régulièrement, à cause de l'irrégularité de leur élasticité, et les mouvements qu'ils reçoivent se mettant aussitôt en désaccord avec ceux du corps vibrant, les contrarient et les détruisent. C'est ainsi qu'on peut lancer un pendule en le frappant légèrement à des intervalles convenables, taudis que, au contraire, on l'arrêtera si on le frappe irrégulièrement pendant qu'il oscille. On peut renverser un mur en le tirant régulièrement à des intervalles égaux à la durée des oscillations très petites qu'on lui a imprimées par une première secousse, tandis qu'on ne pourra arriver au même résultat par des efforts beaucoup plus grands, mais irrégulièrement exercés. Les étouffoirs de certains instruments de musique, la main avec laquelle on arrête les vibrations des corps sonores, produisent cet effet à cause de leur faible élasticité et de l'irrégularité de leur structure. Un liquide mousseux, ou dans lequel il se dégage un gaz par quelque réaction chimique, comme dans la préparation du gaz hydrogène, empêche le vase qui le contient de vibrer, à cause de l'irrégularité d'élasticité de la masse hétérogène ainsi formée.

Page 1