ENDOSMOSE
rig. MO.
liquide, et 1*00 voit le niveau monter dans le tube, et le liquide Gnir par se déverser par rextrémité supérieure. — M. Th. Graham forme Tendosmométre au moyen d*un de ces vases cylindriques poreux dont on se sert dans la construction des piles galvaniques. Le tube est ajusté à l'ouverture du vase, par l'intermédiaire dune pièce en gutta-percha.
Toutes les substances poreuses ne produisent pas également l'endosmose. En première ligne, il faut citer les substances organiques, comme les membranes, le bois; puis les substances inorganiques assez poreuses pour être facilement imbibées, comme l'argile cuite, l'ardoise, le marbre, dans l'ordre où ils sont cités, le marbre donnant les plus faibles résultats. Les substances qui renferment de l'alumine sont surtout efficaces. M. Graham a reconnu que le charbon moulé, quoique très poreux, ne produit pas l'endosmose. 11 en est de même du plâtre, du cuir tanné, avec les dissolutions de sels. Les cloisons de nature organique finissent par entrer en putréfaction, et le phénomène s'arrête. Les acides et les dissolutions alcalines on salines, qui les désorganisent, amènent asse? rapidement la cessation du phénomène, surtout les acides sulfiirique et sulfhydrique. Avec les substances inorganiques, l'endosmose peut durer indéfiniment, quand on a soin de renouveler les liquides.
L'endosmose sert à expliquer les échanges de liquides qui se font à travers les tissus des animaux et des végétaux pendant leur vie ; l'absorption de l'eau du sol par les spongioles des racines, l'ascension de la sève dans les plantes. Le gonflement, suivi souvent de la rupture de l'enveloppe, qu'éprouvent certaines espèces de fruit après de longues pluies, se rattache au même phénomène.
S32. Lois générales de Tendosmose. — Dutrochet a reconnu que l'endosmose ne peut avoir lieu qu'avec les liquides capables de se mélanger ; ainsi, elle n'a pas lieu avec l'eau et l'huile. Le même physicien avait trouvé que l'effet produit, c'est-à-dire l'élévation de niveau dans l'endosmomètre pendant un temps donné, est : !<> proportionnel à la surface de la cloison poreuse, 2« proportionnel à la différence des hauteurs des deux liquides dans un même tube capillaire. Mais il résulte des expériences de M. Graham que cette seconde loi est inexacte. Par exemple, l'endosmose entre l'alcool et l'eau est très faible, tandis que la différence des hauteurs capillaires est des plus grandes ; une foule de dissolutions salines, qui s'élèvent dans les tubes capillaires à la même hauteur, ou presque à la même hauteur que l'eau, produisent une endosmose énergique. Dutrochet a trouvé qu'il y a endosmose de l'eau pure aux dissolutions de substances organiques non acides, et aux dissolutions d'acide tartrique et d'acide citrique convenablement concentrées; tandis que le contraire a lieu, quand les dissolutions de ces acides sont faibles. L'endosmose de l'eau aux
dissolutions gélatineuses, gommeuses, sucrées et albumineuses, quand elles ont môme densité, ne se produit pas avec la même intensité : les quantités dont s'élèvent ces dissolutions dans le même instrument, sont entre elles comme les nombres 3 ; 5,17; 11; et 12.
La chaleur, qui atténue les effets capillaires quand les surfaces sont mouillées, active, au contraire, les phénomènes d'endosmose.
233. De rexplicatiou de Tendosmose. — Dutrochet , PoissOD et M. Magnus ont cherché à expliquer l'endosmose, au moyen des actions capillaires différentes exercées sur les deux liquides par la cloison poreuse. Mais les faits cités plus haut (232) sont opposés à cette explication. Beaucoup d'autres théories ont été proposées. La suivante, due à M. Liebig , est la plus satisfaisante.
M. Liebig remarque d'abord que les membranes absorbent, par cobésioD, des quantités différentes des divers liquides. Ainsi une portion de vessie qui absorbe 100^" d'eau, n'absorbe que 14»^ d'alcool. Si la membrane est mise au contact d'un liquide ayant de l'affinité pour celui qui l'imbibe, elle lui en cédera une partie. Par exemple, si on la plonge dans l'alcool «iprès TaToir imbibée d'eau, elle cédera, en 24 heures, la moitié environ de son eau, se resserrera et perdra de sa souplesse. Cela posé, considérons une membrane séparant l'eau de l'alcool, elle s'imbibera de ces deux liqiftdes. L'eau qui l'imbibe lui sera enlevée par l'alcool qui baigne une de ses faces; de sorte que la membrane n'étant plus saturée, elle absorbera une nouvelle quantité d'eau, qui sera enlevée à son tour, de manière à déterminer un courant, de l'eau à l'alcool. Un effet semblable se produira de l'alcool à l'eau ; mais comme l'alcool est absorbé par la membrane moins activement que l'eau, le courant de l'alcool à l'eau sera moins rapide que le premier, et le niveau s'élèvera du côté de l'alcool.
Nous allons voir que, dans beaucoup de cas, les liquides exercent une action chimique sur la cloison poreuse ; alors, à la cause invoquée par M . Liebig s'en ajoute une autre, dont l'influence est telle qu'elle peut rendre insensibles les effets de la première.
234. Expériences de M. Th. Graham. — Les expériences de M. Graham ont fait faire un grand pas à la question de l'endosmose *. Cet habile physicien considère Vexosmose comme un simple phénomène de diffmion s'effectuant à travers la cloison poreuse : ce n'est pas la totalité du liquide intérieur qui traverse cette cloison, mais seulement les molécules de la substance dissoute; l'eau qui la tient en dissolution dans l'cndosmomètre étant entièrement pasr^ive. Il reste h trouver la cause de Y endosmose ou transport à travers h membrane, de l'eau vers la dissolution. M. Graham désigne ce transport sous le nom d'osmose, et il appelle force osmotique la cause qui le produit. Certaines substances peuvent être remplacées dans Yosmomètre^ par plusieurs centaines
» Annales ik chimie et de physique, 3^ série, t. \LY, p. 5.