ENDOSMOSE
de fois leur volume d'eau ; par exemple le carbonate de potasse, avec lequel le rapport entre le poids de sel diffusé et d'eau introduite est égal à 1 : 556. On voit donc qu'on ne peut, dans ce cas, rendre compte de l'osmose par la diffusion de l'eau dans la dissolution intérieure.
Pour mesurer la force osmolique, M. Graham a soin d'enfoncer l'osmomètre dans l'eau de manière que le niveau dans le tube soit constamment k la même hauteur qu'à l'extérieur, afin de n'avoir pas à tenir compte de la différence des pressions. Quand la cloison était membraneuse, elle était appliquée sur une plaque un peu bombée en zinc verni , criblée de trous qui la maintenait dans une position fixe. Le déplacement du niveau dans le tube était observé d'heure en heure et pendant cinq heures. Quand les liquides étaient en assez grande quantité pour que leur altération fût peu prononcée, ce déplacement était sensiblement constant, excepté dans la première expérience faite avec la cloison, expérience dont le résultat était rejeté. Le déplacement du niveau intérieur pendant cinq heures servait de mesure à la force osmotique ; on la prenait négativement, quand la quantité de liquide diminuait dans l'instrument, qui contenait toujours le liquide autre que l'eau.
Résultats. — M. Graham a reconnu ainsi que l'osmose paraît se manifester particulièrement avec les dissolutions étendues. Pour la plupart des substances, elle est maximum quand la matière dissoute ne dépasse pas 7^ du poids de l*eau. Avec le sel marin, l'osmose est maximum, quand la solution ne renferme que 0,00125 de sel ; elle diminue rapidement et peut même devenir négative, quand la proportion atteint et dépasse 0,01 . Le chlorure de potassium présente des particularités analogues.
Les substances solubles peuvent se diviser en trois classes :
1 o Dans la première classe se trouvent les substances qui agissent chimiquement sur la cloison poreuse, de nature minérale ou organique. Par exemple, Jes alcalis et les acides attaquent les silicates de chaux et d'alumine dont les plaques' argileuses sont formées; le poids de ces plaques diminue, et l'on trouve de la chaux et de l'alumine dans les liquides, après l'expérience. L'osmose est du reste d'autant plus prononcée que l'action chimique est plus énergique. Le plâtre, le charbon moulé, le cuir tanné, n'ont pas de pouvoir osmotique avec les dissolutions salines, qui ne les attaquent pas. L'argile blanche plastique ne donne que de faibles résultats, tandis que la même argile, modifiée par la cuisson, est attaquée et donne des efTets prononcés. Une plaque calcaire renfermant, de l'alumine présente, pour une solution de carbonate de potasse, un pouvoir osmotique bien supérieur à celui d'une plaque de marbre pur.
Les membranes sont aussi attaquées, elles sont sans cesse en voie de décomposition, leur poids diminue depuis 20 jusqu'à 40 pour cent du poids primitif, et l'on trouve, après l'expérience, des principes organiques dissous dans les liquides intérieur et extérieur. Des cloisons en albumine coagulée donnent des résultats semblables ; on les obtient en tendant, à l'ouverture de l'osmomètre, un morceau de calicot fin, sur lequel on étend au pinceau, deux ou trois
couches de blanc d'œuf, à une heure d'intcnallc, qu'on expose ensuite à h vapeur d'eau bouillante.
Il est essentiel que l'action chimique soit différente sur les deux faces de la cloison ; sans cela il n'y aurait pas de raison pour que l'osmose se fasse dans un sens plutôt que dans le sens opposé ; c'est pour cela qu'il faut employer deux liquides différents. Quand on se sert d'une membrane de vessie garnie de sa tunique musculaire, celle-ci entre rapidement en putréfaction, et les substances salines ou autres, qui s'en séparent, occasionnent des irrégularités. M. Graham pense que les variations do la force osmotique observées par M. Matteucci et par d'autres physiciens quand on retourne simplenient la membrane, sont dues à ce que ces matières solubles sont entraînées vers l'intérieur ou vers l'extérieur, suivant la manière dont la membrane est tournée.
2<> Avec les substances qui n'ont pas d'action chimique sur les cloisons, l'osmose, alors très faible, présente tous les caractères d'un phénomène physique, et semble due à l'échange par diffusion, d'une certaine quantité de la substance dissoute, contre une certaine quantité d'eau. L'osmose augmente en effet avec la proportion de substance dissoute, quoique moins rapidement. Cette classe contient la plupart des substances neutres organiques, sucre,
alcool, tannin, urée ; le sel marin, les dissolutions de chlore et de brôrae,
la théorie de M. Liebig s'y applique très bien.
3o La troisième classe contient les substances, telles que le sulfate neutre de magnésie, avec lesquelles l'osmose, assez médiocre, semble due en même temps à une action chimique faible et à un effet de diffusion.
Voici quelques-uns des nombres trouvés par M. Graham; les ascensions, dans le tube de son osmomètre à membrane, ont été obtenues au bout de 5 heures, les dissolutions contenant 1 de substance, contre 100 d'eau.
Acide oxalique
Biclilorurc d'étain. . . .
Azotate de inagnisie.. .
('lilorurc de magnésium.
Chlorure de sodium. . .
Chlorure de potassium. .
Azotate d'argent
Sulfate de magnésie. . .
(^.hlorure de calcium.. .
ininim(''lrcs.
Chlorure de zinc. . .
Azotate de plomb. . .
Azotate de cuivre. . .
Protochlorure de fer. .
Azotate de mercure. .
Acétate d'alumine. . .
Chlorure d'aluminium.
Phosphate de soude. .
(Carbonate de potasse.
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23S. Aetions électriques dans Tosinose. — Il reste à expliquer comment une action chimique, différente sur les deux faces d'une cloison, peut déterminer le passage de l'eau à travers cette cloison. Or, nous verrons plus tard qu'un courant d'électricité passant à travers une cloison, de chaque côté de laquelle il y a de l'eau, détermine un semblable transport de liquide. Nous verrons aussi que les actions chimiques sont accompagnées d'un dégagement
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'électricité. On peut donc, avec M. Graham, rattacher l'osmose aux phénolénes de transport produits par l'électricité. A l'appui de cette explication, on ?marque que les substances acides qui produisent une osmose négative occuenl l'une des extrémités du tableau qui précède, tandis que les substances Icalines se trouvent à l'autre. L'eau passe donc du côté des substances alcanes ; de même qu'elle suit l'hydrogène et les alcalis, dans le transport par le }urant électrique, comme nous le verrons plus tard. Enfin, la chaleur favoriint les actions chimiques, on comprend facilement pourquoi elle active les hénoménes d'osmose.