‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 4)Chapitre 62 sur 193 · EFFETS DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE

n. BffsU de la pressioD atmospliériqae.

313. Pression snr une surface donnée. — La pression de ratlDOSpLôre sur i centimètre carré, est égale au poids d'une colonne de mercure qui aurait i centimètre carré de base et une hauteur égale à celle du baromètre. Si cette hauteur était de O^Jô, le volume serait de 76 centimètres cubes, nombre qui, multiplié par le poids spécifique du mercure 13,0, donnerait i033K',6. On obtiendrait un nombre différent si le baromètre était plus ou moins haut. Au niveau de la mer, le baromètre s'éloignant peu de la hauteur moyenne 0",7G, on peut dire que la pression atmosphérique sur i centimètre carré équivaut i 1 kilogramme, en nombre rond.

La surface du corps humain est à peu près égale, en moyenne, à i mètre carré et V4 de mètre carré, ou 17 500 centimètres carrés. Cette surface supporte donc une pression de dehors en dedans équivalente à 17 500kil. Voilà, dit plaisamment Haùy, de quel poids étaient chargés les anciens philosc^hes qui niaient sérieusement la pesanteur de l'air. Si nous ne sommes pas écrasés par un poids aussi considérable, c'est que les fluides qui occupent les cavités du corps et en remplissent les tissus, possèdent une force élastique qui fait équilibre à la pression de l'atmosphère. C'est par un motif semblable qu'une table n'est pas brisée par la pression de l'air, cette pression se faisant sentir également sur ses deux faces. — Pour confirmer cette explication, on fait les expériences suivantes.

i® Crève- vessie. — On prend un petit récipient en verre dit crève-vessie ou casse-vessie (fig. 253), ouvert à ses Fig. 2:>3.

deux extrémités, et dont l'une des ouvertures s'applique sur la platine de la machine pneumatique, tandis que l'autre est fermée par un morceau de vessie ou de baudruche bien tendu et attaché tout autour. Cette membrane ne fléchit pas sous le poids de l'atmosphère, tant que l'air pénètre librement de chaque côté. Mais si l'on vient à pomper l'air de l'intérieur, on voit la membrane s'affaisser, puis crever avec un grand bruit, dû à la secousse qu'éprouve l'air en se précipitant dans le vide au moment de la rupture. On emploie aussi des crève-vessie coudés (fiij. 253), pour prouver que la pression de l'air agit également dans toutes les directions. — Une lame de verre mastiquée sur les bords du récipient, à la place de la vessie, se brise avec explosion quand on fait le vide ; c'est l'expérience du casse-vitre. Il faut avoir soin de recouvrir l'appareil d'une serviette, pour n'être pas blessé par les éclats du verre.

CORPS GAZEUX

Fîg. 255.

i<* Hémisphères de Ma«deboar|ç. — On prend deux hémispbèrcs creux en métal , pouvant s'appliquer exactement l'un sur l'autre, avec interposition d'une lame de cuir gras (fig, 254), et dont un porte un robinet par lequel on peut extraire l'air intérieur. Après cette opération , les deux hémisphères sont pressés l'un contre l'autre par une force égale an poids d'une colonne de mercure qui aurait pour base l'ouverture des hémisphères, et pour hauteur, celle du baromètre.

Si, par exemple, le diamètre était de 20 centimètres, l'effort serait de 314 kil. environ.

Si l'on place les hémisphères sous un récipient dont on extrait l'air (fig. 255), on peut facilement les séparer, au moyen d'un crochet qui traverse une botte à cuirs. Si on laisse ensuite rentrer l'air dans ce récipient, après avoir replacé les hémisphères l'un sur l'autre, on ne peut plus les séparer.

L'expérience des hémisphères a été faite pour la première fois par Otto de Guericke, bourgmestre de Magdebourg; il l'exécuta en 1654, à Ratisbonne, devant Ferdinand III et l'assemblée du Collège de l'empire. Les hémisphères avaient 24pouc<îs 8 lignes de diamètre. Quoiqu'il y fût resté beaucoup d'air, il fallut 12 chevaux pour les séparer. Le gaz , en se précipitant dans le vide, au moment de la séparation, produisit une violente explosion. Cette expérience célèbre concourut à répandre

la doctrine de la pesanteur de l'air, et contribua à populariser la machine pneumatique qu'Otto de Guericke venait d'inventer.

P ^ 3o Récipient à main. - Venloasc.

— Pour prouver que les fluides de Fig 25g l'intérieur du corps possèdent une ten-

sion qui contrebalance la pression de l'atmosphère, on ferme avec la main un petit récipient en verre, dont on extrait ensuite l'air. La main est fortement pressée contre les bords arrondis du récipient, et la peau se gonfle et devient rouge en dedans, par l'expansion des fluides intérieurs.

Un effet analogue se produit dans les ventouses (fig. 256). Quand, après avoir

Fig. 254.

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