EFFETS DE LA PRESSION ATMOSPHERIQUE
appliqué l'ouverture 00 du vase renflé, sur la partie du corps où Ton a préalablement percé une veine, on vient à raréfier l'air en retirant le piston renfermé dans le corps deporape p, on voit la peau se gonfler et le sang jaillir avec force.
314. Effets «prouvés sur les montagnes. — C'cst h l'expansion des fluides de l'intérieur du corps que l'on attribue le malaise que l'on éprouve quand on s'élève sur les hautes montagnes. Des vertiges, des nausées, des hémorragies, l'accélération du pouls, une respiration haletante, un besoin de sommeil presque irrésistible, sont les accidents qui se manifestent ordinairement ^ Le voyageur est forcé de se reposer à chaque instant. Saussure, sur le mont Blanc, avait à peine la force de consulter ses instruments. Bouguer eut plusieurs hémorragies dans les Cordillières de Quito , et De Humboldt et Bompland, dans leur ascension du Cimborazo, en 1802, éprouvèrent des envies de vomir, et le sang leur sortit par les lèvres et les gencives.
On pourrait être tenté d'attribuer ces effets à la rareté de l'air dans les hautes régions de l'atmosphère ; mais il existe des lieux habités, des villes même, à plus de -4000 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dont les habitants n'éprouvent aucun malaise. C'est que les fluides de l'intérieur de leur corps sont en équilibre avec la pression extérieure. Par exemple, les mines d'argent de Potosi, dans l'Amérique du Sud, sont exploitées à 4166 mètres au-dessus du niveau de la mer ; le combat célèbre du Pichincha s'est livré à une hauteur à peu prés égale à celle du mont Rose, dont le sommet s'élève à 4636 mètres au-dessus de la mer.
3f o. Applieations de la pression atmosphérique. — Si Ton renverse un vase plein d'eau, en tenant l'ouverture fermée par un morceau de papier (fig. 257), le liquide ne tombe pas, parce qu'il est retenu par la pression atmosphérique. S'il y a de l'air au-dessus de l'eau dans le vase, il sort un peu de liquide, ou bien le papier se gonfle en dehors, de manière que l'air intérieur diminue de force élastique en augmentant de volume; alors sa tension, jointe au poids de la colonne d'eau, est équilibrée par la pression atmosphérique. Si l'on enlève le morceau de papier, l'air s'introduit par bulles à travers la colonne d'eau qu'il divise, et le liquide tombe. Il en est ainsi quand on renverse une bouteille pleine, et la rentrée de l'air se fait par intermittences, à cause du peu de largeur du goulot. Cependant M. Dupré a pu tenir une colonne liquide suspendue dans un tube de 19 millimètres de diamètre intérieur, en plaçant ce tube verticalement pendant qu'il était fermé par une plaque, qu'il retirait ensuite en la faisant glisser dans le sens horizontal.
Fig. 257.
1 Ces divers effets ne se manifestent que pendant le mouvement ; le repos les fait disparaître momentanément. Cela explique pourquoi Gay-Lussac, dans Taérostat qui Ta porté à 7000 mètres de hauteur, n'a rien éprouvé de semblable.
CORI»S GAZEUX
Fig. 2 08.
Fig. 259.
TAte-vin, etc. — Si l'ouverture est très étroite, le liquide ne peut plos sortir. C'est ce qui a lieu dans le tâte-vin ou pojnpe des celliers, oa (fig. 258). L'orifice inférieur a est capillaire, et celui qui se trouve à rextrémilé opposée 0 peut être fermé avec le doigt. Quand on enfonce cet instrument dans un liquide on laissant l'oridce 0 ouvert, ce liquide pénétre dans l'intérieur. Si alors on met le doigt sur l'ouverture 0 et qu'on retire l'instniment, le liquide introduit est retenu par la pression atmosphérique et ne s'échappe que lorsqu'on dégage l'ouverture 0.
On peut, au lieu d'un seul orifice capillaire, en pratiquer un grand nombre dans une même plaque horizontale fermant
l'instniment à sa partie inférieure. On a alors Varrosoirma<jiqne (/?^. 258). L'entonnoir mngiqve, fondé sur les mômes principes, se compose de deux enveloppes coniques {fig. 259), comprenant un espace mn qui communique au dehors par l'orifice 0 et par plusieurs petits trous capillaires pratiqués dans l'intérieur du tuyau de l'entonnoir. Si, après avoir introduit de l'eau dans l'espace mn, on tient l'ouverture 0 fermée en y appliquant le pouce, le liquide ne peut s'écouler ; tandis qu'il s'échappe de l'entonnoir, qui ne paraissait pas en contenir, dès qu'on lève le doigt.
3f 6. manière de recueillir les ^ax. — Prietslev a tiré parti des effets de la pression atmosphérique, pour recueillir les gaz et les isoler de l'air extérieur. Ce n'est que depuis l'invention de cette méthode que l'on a bien distingué les gaz les uns des autres; auparavant on les confondait presque tous sous le nom d'air.
Pour recueillir un gaz, on adapte au vase K, dans lequel il se produit, un tube recourbé /<;/ (pg. :260), dit tube de dégagement. Ce tube s'engage sous une cloche de verre E , nommée éprouvelte^ remplie d'eau et renversée dans une c\\\o remplie du même liquide. Le gaz, chassé du vase K par sa propre force iîlastique, refoule l'eau qui se trouve dans la partie inférieure du tube de dégagement, s'échappe par bulles et monte dans la partie supérieure de l'éprouvette, en faisant descendre le liquide qu'elle contient. Si l'eau est capable d'altérer ou de dissoudre le gaz , on la remplace par le mercure, quand ce dernier liquide n'est pas lui-même attaqué.
Tube de sArcté. — Dans le cas où le dégagement du gaz est provoqué par la chaleur, il peut arriver que, par un refroidissement accidentel , ce dégage ment s'arrête, et que le gaz se contracte, de manière que sa force élastique
LOIS DE LA COMPRESSIBILITE DKS GAZ.
devienne moindre que la pression atmosphérique. Cette pression chassera alors l*eau dans le vase K par le tube nh) et si ce vase est très chaud, le liquide produira subitement une énorme quantité de vapeur, et il y aura une explosion capable de projeter avec violence les débris du vase et du fourneau. C'est là le phénomène de Vahsorplion^ autrefois si redouté des chimistes. On l'évite aujourd'hui, au moyen du tube de sûreté ou de Welter, abcd (fig. 260). Ce tube, soudé à la partie supérieure du tube de dégagement, est recourbé en S, et porte une boule a, placée de telle sorte que la distance ab soit moindre que la hauteur hn. On verse de l'eau par l'entonnoir rf, de manière que le niveau soit vers le milieu de la boule a.
Quand le gaz se dégage, la différence des niveaux a et c est égale à la distance du niveau n à l'orifice inférieur du tube de dégagement. Si la pression diminue dans le vase K , 1 eau monte dans le tube nh ; mais en môme temps la pression agissant en c refoule le liquide jusque dans la boule, et Tair, passant à travers l'eau qu'elle contient, entre dans le vase K et y rétablit la pression atmosphérique. Cet effet se produit toujours avant que l'eau n'arrive au point h dans le tube nh, parce que la distance ab est moindre que nh.
Quand le vase K n'est pas plongé dans le feu, le tube de sûreté peut être adapté, au moyen d'un bouchon, à une tubulure ménagée à la partie supérieure de ce vase; et quand il contient un liquide, on peut se contenter d'un tube droit traversant un bouchon ajusté à la tubulure, et dont l'extrémité s'enfonce dans ce liquide.
ri2. 200.