MELANGE AVEC LES LIQUIDES
hydrogène se dissout dans Teau qui n'en contient pas, s'y répand jusqu'à la surface extérieure, et là se dissipe dans l'atmosphère. Il en résulte que le gaz hydrogène est remplacé par de l'air, après un certain temps.
Quand le soleil d'été échauffe pendant la journée une eau tranquille et peu profonde, cette eau perd une grande pîirtie de l'air qu'elle tient en dissolution. Cela vient de ce que la chaleur détermine une évaporation active, qui forme au-dessus de l'eau, si l'air est calme, une atmosphère de vapeur, dans laquelle l'air dissous tend à se dissiper; et l'on voit les poissons venir à la surface liumer un peu de cet air qui leur manque alors dans le milieu qu'ils habitent. Appareil i^wr les eanx i^azenses. — Quand on veut dissoudre de jurandes quantités d'un gaz dans l'eau, on comprime fortement ce gaz au-dessus du liquide, de manière à y former une atmosphère très dense. C'est ce qui se pratique dans la fabrication de l'eau de Seltz artificielle, qui consiste en eau tenant en dissolution de l'acide carbonique. On a imaginé divers appareils pour opérer rapidement sur de grandes quantités de gaz. Nous nous conten- ^rons de décrire le petit appareil de labora- ^ire (fig. 327). Le gaz est comprimé dans le '^«^ipient R contenant de l'eau , au moyen d'une pompe foulante P, dont la soupape de Sortie est en S. L'autre soupape, r, est placée dans une tubulure latérale à laquelle est ajusté ^n tube qui va s'ouvrir dans un gazomètre en ^Ic contenant l'acide carbonique. Le gaz Comprimé passe par un tube t qui descend Jusqu'au fond de l'eau et est terminé par des orifices capillaires, pour accélérer la dissolution du gaz, qu'un diaphragme D criblé de *roos, force encore, à se diviser. La disso- ^utjon est ensuite transvasée par le robinet T dans des bouteilles où le gaz reste dissous, à ^^usc de la pression très forte qui existe audessus du liquide; aussi faut-il que le bouchon soit solidement fixé. Dès que ce bouchon est ôté, le gaz s'échappe de l'eau i^ec effervescence , l'air atmosphérique ne renfermant qu'une quantité insignifiante d'acide carbonique. Toutes les liqueurs mousseuses, la bière, les ^ins mousseux sont dans le même cas, et doivent leurs propriétés à l'acide <^rbonique qu elles tiennent en dissolution.
'^t. Echanipe de gaz à travers une cloison hninlde. — M. Graham îyant placé une vessie humide contenant de l'air, sous une cloche remplie d acide carbonique et reposant sur l'eau, vit la vessie se gonfler peu à peu et
Fig. 327.
^Wi CORPS GAZEUX.
fmir |Kir oifver. Ce phénomène s'explique de la manière suivante: Tacide culnnùquo se dissout dans l'eau dont sont imprégnées les parois de la vessie, nrrivo ainsi à la surface intérieure, où la dissolution se trouvant en présence \Vm\c atmosphère qui ne renferme que de Tair, laisse échapper l'acide carbonique (|u'elle contient. Mais alors cette dissolution n'est plus saturée en présence dn ga/ extérieur; une nouvelle quantité pénètre donc, pour se dissiper encore dan* l'intérieur, jusqu'à ce que l'acide carbonique introduit ait la môme densité que relui que renferme la cloche. En môme temps a lieu un mouvement d'air en s(Mis contraire ; mais comme le coefficient d'absorption de l'air est beaucoup plus petit que celui de l'acide carbonique, la vessie, recevant plus de gaz qu'elle n'en perd , se gonfle de plus en plus. On peut accélérer la marche du phénomène, en introduisant de l'acide sulfhydrique sous la cloche quand la vessie est déjà en partie gonflée ; ce gaz passe rapidement dans la vessie qui n'en contient pas encore. D'autres gaz et d'autres liquides donnent des résultats analogues, pourvu que le coefficient d'absorption des gaz mis en présence soit- différent
M. Marianini a fait des expériences curieuses qui confirment l'explication qui précède, et dans lesquelles les deux gaz sont séparés par une enveloppe purement liquide. 11 laisse tomber une bulle de savon gonflée d'air, dans une large éprouvette en verre, au fond de laquelle il y a de l'acide carbonique, qui reste momentanément séparé de l'air, à cause de sa plus grande densité. La bulle s'arrôte, après quelques oscillations, dans la couche où se fait le passage de Fair au gaz carbonique, parce que l'air qui la remplit est moins dense quece dernier gaz. Un instant après, la bulle commence à augmenter de volume et en môme temps à descendre, puis, quand elle est complètement plongée dans l'acide carbonique, elle se gonfle plus rapidement et finit par crever, après avoir pris un volume au moins double du volume primitif. La descente de la bulle s'explique, ainsi que sa dilatation, par l'introduction de l'acide carbonique qui augmente la densité du système flottant. D'autres gaz peuvent senrir à produire le môme phénomène.
Cet échange de deux gaz à travers une cloison humide, sert à expliquer ce qui se passe dans l'acte de la respiration. L'oxygène de l'air aspiré arrive jusque dans les cellules pulmonaires, et pénètre dans les vaisseaux capillaires qui contiennent le sang, à travers les membranes excessivement minces qui formeol ces vaisseaux et qui limitent les cellules. L'acide carbonique que contient le sang passe en sens contraire, et vient dans les cellules pulmonaires, d'où il est chassé dans l'acte de roxpiralion. Cet échange de gaz se fait très promptemcnt, parce que chaque cellule étant extrêmement petite , ne contient qu'une très minime quantité de gaz.
S8«. L'hypothèse de Dalton (375) explique bien les lois du mélange des gai avec les liquides, mais elle n'est pas nécessaire, puisque deux portions de gai de môme espèce, introduites l'une après l'autre dans le vase qui contient le liquide, s'y dissolvent comme si elles étaient seules ; et cependant les molécules de l'une agissent par répulsion sur celles de l'autre, comme elles agissent entre