CONDENSATION PAR LES SOLIDES
>. La différence dans les coeificients de solubilité des différents gaz annonce I y a là une attraction du liquide sur le gaz, qui vient s'ajouter à l'expansion le dernier, pour le faire pénétrer dans les pores du liquide. Cette action tWe dépend à la fois de la nature des deux fluides qui sont en pré- «. Tant que cette action n*est pas trop prononcée, la quantité de gaz mie est proportionnelle à la pression ; dans le cas contraire, cette loi n'est vraie.
m. Condensation dei gax par loi eorps solides.
S8. Nous avons déjà vu (133) que la cohésion s'exerce entre les gaz et les es, tellement que la surface de ces derniers est recouverte d'une couche
adhérente (149). Cette couche constitue un grand volume quand la surface iiverte est très étendue, comme on le reconnaît dans le phénomène de orption des gaz par les corps poreux. Le charbon, par exemple, absorbe, rés Saussure, environ 90 fois son volume apparent de gaz ammoniac, et ois son volume d'acide sulfureux. D'après M. Henry, l'absorption d'un gaz an corps solide poreux est proportionnelle à la pression. uissure a découvert que les gaz condensés dans le charbon produisent des ms chimiques nouvelles. Dœbéreiner, opérant sur l'éponge de platine, vit lorption se produire d'une manière intense, avec les actions chimiques «vertes par Saussure. MM. Thénard et Dulong ont montré que ces résultats
dus à la porosité de l'éponge de platine, car les feuilles métalliques chifées en masse serrée, le verre ou la porcelaine pulvérisés ou concassés, luisent les mêmes phénomènes.
our montrer directement la condensation des gaz à la surface des solides, . Bertrand et Jamin ont rempli un ballon de capacité connue, avec des »tances solides pulvérisées, sable, verre pilé, oxydes et limailles métalliques, l ils calculaient le volume au moyen du poids et de la densité. Ils en con ient le volume de l'espace laissé libre. Ayant fait le vide, puis ayant introduit j le ballon un volume de gaz mesuré sous une pression connue, ils ont »tamment vu la pression dans le ballon être moindre que celle qui corresiait, d'après la loi de Mariette, au nouveau volume occupé; d'où ils ont conclu ine partie du gaz se condensait sur la surface du corps solide. Du reste, e condensation ne se complète pas tout de suite ,' mais elle continue pendant leurs heures. De môme, quand on fait le vide, le gaz adhérent aux surfaces
beaucoup de temps à s'en séparer. Ainsi , après avoir fait le vide à illlmètre, la pression augmente peu à peu quand on cesse de pomper l'air, îla pendant plusieurs heures. Cette adhérence aux surfaces se voit surtout
Facide carbonique, qui est fortement absorbé la première fois qu'on en Mittit dans le ballon, et qui l'est ensuite beaucoup moins lorsqu'on renouvelle
Texpérience ; la substance solide retenant une partie du gaz quand oo fait le vide pour la seconde fois, ce qui diminue sa puissance d'absorption.
Nous citerons encore Texpérience suivante, due aux mêmes physiciens, et qui confirme d'une manière frappante les résultats ci-dessus. On fait une bouillie claire avec une poussière fme de verre pilé ou de blanc de zinc, et de Teau privée d'air; on l'introduit dans un ballon à long col, de manière à remplir les deux tiers de la sphère. Bientôt une couche d'eau surnage. On fait alors le vide, et dès les premiers coups de piston, l'eau se soulève et monte dans le col du ballon, sans qu'aucune bulle de gaz apparaisse et se dégage. Si alors on laisse rentrer l'air, le liquide reprend son volume, et si brusquement qu'il se produit un choc comme dans le marteau d'eau. Quand on fait complètement le vide, on voit des bulles de gaz se rassembler et se dégager.
M. Magnus a fait des expériences sur le môme sujet, en 1853, et est parvenu à mesurer la quantité de gaz condensée. Pour cela, il détermina la dilatation de l'acide sulfureux dans un réservoir de verre, puis dans un réservoir semblable, dans lequel il avait introduit 250 cylindres de verre, de i millimètre de diamètre. Il trouva, avec le premier appareil , que la dilatation était 0,3822 du volume primitif du gaz, pour un échauffement de iOO° , et 0,3896, avec l'appareil contenant les cylindres de verre, lequel présentait une surface vitreuse 36 fois plus grande que l'autre, comparée à un môme volume de gaz. En admettant que la quantité condensée à la température de iOO° soit négligeable, la quantité condensée, à 0°, sur chaque millimètre carré de verre, a été trouvée par M. Magnus égale à 0,0008 de millimètre cube; ce qui donne un total négligeable dans un réservoir simple, dans lequel la surface intérieure est petite par rapport à la capacité.
Le platine condense l'air à sa surface, d'une manière bien plus prononcée que le verre, comme il résulte d'expériences faites par M. Pouillet, sur la dilatation de l'air dans un réservoir de ce métal — Il faut enfin rattacher au môme genre d'action la condensation de l'humidité de l'air sur le verre.
M. Magnus a proposé d'appeler attraction élective, la force qui détermine la condensation des gaz sur la surface des corps solides, parce qu'elle dépend à la fois de la nature du fluide et de celle du solide.
384. Briqnet h gmx hydrofsène. — L'absorption du gaz hydrogène par le platine spongieux connu sous le nom de mousse ou éponge de platine, est accompagnée d'une élévation de température telle que le métal devient incandescent. Dœbéreiner, en partant de ce phénomène, a inventé le briquet à gaz hydrogène.
Fig. 328.
CONSTITUTION DE l' ATMOSPHÈRE. 365
Cet appareil présente des formes assez variées. On voit (fi g, 328) une des plus répandues ; les autres sont établies d'après le même principe. Un vase contient de Teau mêlée d'acide sulfuri^ue; une cloche, portant un robinet R, et sous laquelle est suspendu un cylindre de zinc, plonge dans ce liquide. L'eau acidulée et le zinc en contact produisent du gaz hydrogène, qui s'accumule dans la cloche, et y fait baisser le niveau, de maihére que bientôt le zinc n'est plus baigné par le liquide. Alors la production d'hydrogène s'arrête, pour recommencer après que la sortie du gaz a fait diminuer la pression. Cette disposition, imaginée par Gay-Lussac, permet d'avoir constamment une provision de gaz hydrogène. Quand on ouvre le robinet R , lejetdegaz, dirigé par un orifice très un o, sur un morceau de mousse de platine fixé dans une petite cage P, le rend incandescent, et s'entlamme au moyen de la chaleur ainsi dégagée. En appuyant sur la clef c du robinet, on fait en même temps mouvoir, au moyen de deux secteurs dentés, une petite lampe L dont la mèche vient se placer dans le jet de gaz enflammé. Quand on cesse de presser en c, le robinet se ferme de lui-môme par l'action d'un ressort r, et la lampe reprend sa première position. Quelquefois, l'éponge de platine perd sa propriété sous l'influence de rbumidité ou de certaines exhalaisons. On la lui rend, en la faisant rougir dans la flamme du jet d'hydrogène, que l'on allume, pour cela, directement.