LUMIÈRE DE L*ARC VOLTAÎQUE
eremet en charbon servant d*électrocle positif. En quelques minutes, il a Tondu iSO grammes de rognures de platine, et, en un instant, 80^ de palladium, et lorait pu fondre beaucoup plus de ces deux métaux. En opérant sur quelques (rammes, il a volatilisé le platine de manière à en couvrir une capsule de pircelaine de 10^"* de diamètre, fixée au-dessus du charbon supérieur.
163V. unaiiB de L'aic voLTi^nB. — L'arc voltaîque répand une lumière tellement vive, que Tœil ne peut en supporter l'éclat. Les flammes des lampes placées dans le voisinage ressemblent à des corps rouges et sombre, et projettent des ombres comme le feraient des corps opaques. La vivacité de cette lumière dépend principalement des quantités d'électricité, c'est-à-dire de la paindeur des couples, et fort peu de leur nombre. En effet, MM. Fizeau et L. Foucault ' ont trouvé sensiblement la même intensité, avec 40 couples et avec 80 couples placés les uns à la suite des autres; tandis que deux séries parallèles de 40 couples leur ont donné une intensité beaucoup plus grande. M. Despretz est arrivé aux mômes résultats ; il a constaté, de plus, que Tintentité augmente à peu près proportionnellement au nombre des séries de iOO couples qu'il disposait parallèlement, du moins jusqu'à la limite de 6 séries, fo'il n*a pas dépassée. Si, au contraire, les couples étaient placés bout à bout, ' faugmentation était bien moins prononcée; à partir de iOO couples, elle était Béffle à peine sensible jusqu'à 600. M. Despretz comparait les intensités de la lomiére, par divers procédés que nous indiquerons dans l'optique; entre autres, en cherchant la distance à laquelle il cessait de pouvoir lire nettement une page imprimée.
La lumière de l'arc n'a pas partout le même éclat; M. Despretz y a remarfié des parties obscures : quand la ligne des charbons est horizontale, et qu'on ingmente peu à peu leur distance, l'arc passe d'abord en ligne droite, puis on Toit un espace obscur au-dessus et au-dessous de la ligne des charbons, et à la partie supérieure, la lumière se termine par un arc circulaire. Cette espèce de Toute s'élève peu à peu, devient un angle aigu, et l'arc se rompt. M. Despretz a encore constaté, dans l'arc voltaîque, l'existence de bandes transversales, alternativement plus brillantes et plus sombres. Ce phénomène, connu sous le Dom de stratification de la lumière électrique , est surtout très marqué dans Tare produit par les appareils d'induction, avec lesquels il a été découvert ; fioos y reviendrons en traitant de ces appareils.
La lamlère prend nalssmnee an pôle néfl^atlf. — M. Neef distingue dans l'arc, deux espèces de lumières : l'une, propre à l'électricité, et qu'il appelle /lamme froide; l'autre due aux particules entraînées quand les électrodes se sont suffisamment échaufl*és, et qu'il nomme lumière secondaire. En examinant au microscope les petites étincelles qui jaillissent entre deux lames de platine qui servaient à fermer et à interrompre le circuit, il a reconnu que
« Archiw* de Vilectricité, de M. A. de La Rive, t. IV, p. 318.
Li lumière ne se montrait que sur la lame négative '. Ce fait impartant a élé confirmé depuis, et M. RuhmkoriT a remarqué, au moyen de son a|ipard d*induction, que dans le vide, la boule de platine qui sert d'électrode néfitir est entièrement entourée, ainsi que la tige qui la supporte, d*une belle Umàire violette, tandis que la boule positive laisse échapper une aigrette de Imniin pourprée. M. Despretz a reconnu qu'un petit thermomètre dont le réservoir est plongé dans la lueur violette, monte de quelques degrés; si Ton renverse le courant, ce thermomètre baisse, pendant qu'il est plongé dans la lumière roog».
Ces expériences ayant été faites avec Tare d'induction, il était nécessaire k les vérifier avec l'arc voltaïque. M. Moigno a vu constamment que lorsqu'M rapprochait les charbons pour établir l'arc au moyen d'une forte pile, la lumién apparaissait d'abord au pôle négatif, le charbon positif restant obscur'; nab bientôt ce dernier s'échauffait, le transport des particules s'établissait, et b lumière était dès lors beaucoup plus vive au pôle positif qu'au pôle négatif, comme MM. Fizeau et Foucault l'avaient déjà constaté. Enfin, quand l'électricité d'une machine positive traverse, d'une manière continue, Yamf électrifn (1284), on voit aussi la boule négative qui communique avec le sol, enveloppée d'une lueur violette pendant que la boule qui apporte le fluide positif laieifl échapper une gerbe purpurine. On peut donc conclure, avec M. Neef, que h lumière prend naissance autour de la boule négative, tandis que la chaleur ee développe principalement à l'électrode positif (1533).
Propriétés de la lamlère de Tare ToltaTqne. — La lumière de l'tft voltaïque a, avec la lumière du soleil, une grande ressemblance d'aspect, et de nombreuses analogies dans ses propriétés. Peu de temps après Texpé* rience de Davy, Brande reconnut qu'elle provoque la combinaison du chlon avec l'hydrogène, et qu'elle colore le chlorure d'argent..., comme le fait II lumière du soleil. M. de La Rive a constaté qu'elle agit aussi sur la coudie sensible des plaques daguerriennes ; il a pu faire l'image photographique d'u buste éclairé par la lumière électrique. Il a reconnu de plus, ainsi qu'Arage, que les rayons de cette lumière, comme ceux du soleil, ne possèdent pas b polarisation optique. La lumière de l'arc a encore la propriété de rendre p*eiphorescents, c'est- i-dire lumineux dans l'obscurité, les corps qui le devienne^ sous l'influence des rayons solaires. Ce résultat n'est pas dû au contact direct de l'électricité; car, MM. Biot et Becquerel ont constaté que, si la substance est exposée à la lumière électrique dans des tubes de verre hermétiquemeat fermés et de différentes couleurs, la phosphorescence, qui se montre au pte haut degré dans les tubes violets, n'a pas lieu dans les tubes en verre rouge. Nous étudierons, dans le livre suivant, le spectre formé par la lumière de l'are, et nous verrons qu'il diffère en plusieurs points du spectre solaire.
» Bihi unir, de (knhe (Arch. des Se), t. 1, p. 30, et t XXX. p. 394. '2 Comptes-rendus de l'Académie des srienres de Paris, t. XXII, p. 350.