‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 110 sur 189 · IV. Dt roMoe · texte numérisé non relu

IV. Dt roMoe

ISVS. Déeonvertc de l'ozone. — Avant de passer aux applications de réieetro-chimie, nous avons à faire connaître des phénomènes très singuliers froduits par l'électricité. Ces phénomènes, découverts par M. Schœnbein, ont aidté au plus haut degré la curiosité des physiciens , et malgré les trannx nombreux dont ils ont été l'objet , leur explication est encore entourée d'obscurité.

Vers 4789, Van-Marum ayant fait passer un grand nombre d'étincelles électriques à travers du gaz oxygène renfermé dans une éprouvette placée sur hmercure, trouva que ce gaz avait acquis une odeur pénétrante, se rapprochant de celles de l'acide sulfureux, du phosphore ou du gaz nitrcux. Celte odeur fut Wgardée comme appartenant à la matière électrique. Une odeur semblable se marque dans le voisinage des fortes machines électriques en activité. On l'ob- ^Mrve encore dans les localités qui viennent d'être frappées delafoudre(137i). lan-Marum reconnut aussi que l'oxygène odorant a la propriété d'oxyder rapidement le mercure à froid, si bien qu'il vit quelquefois le gaz diminuer de \ de stn volume dans l'éprouvette où il opérait. Ce dernier résultat fut attribué ft quelques traces d'acide azotique formé aux dépens d'un peu d'azote mêlé iVoxygéne.

Ces expériences étaient à peu près oubliées, lorsque M. Schœnbein, vers IMO, découvrit un fait nouveau qui vint les rappeler à la mémoire des physiciens. Il remarqua que l'oxygène dégagé dans l'électrolyse de Teau acidulée, fossèdeune odeur pénétrante, qui est précisément celle qu'avait observée Van- Marum. Il se livra alors à une étude détaillée de ce phénomène et donna le nom tozone à la subsUince qu'il supposait mêlée k l'oxygène et qui lui donnait ses Muvelles propriétés. Il trouva le moyen aussi d'obtenir l'ozone par des procédés furement chimiques, en faisant passer un courant d*air ou d'oxygène humide aur des fragments de phosphore *. L'ozone a été, depuis, l'objet des travaux de plusieurs autres physiciens, parmi lesquels nous citerons d'abord MiM. Marignac, de La Rive, E. Becquerel.

ISIV. Propriêiés de Tozone. — M. Schœnbein a constaté que : l'* l'oxy- |ioe odorant polarise une lame d'or ou de platine qu'on y plonge bien desséchée. Le sens du courant que l'on obtient en enfonçant la lame dans un liquide eoedacteur, avec une autre lame de même métal qui a été plongée dans Toxygène ordinaire, indique que la lame polarisée est négative par rapport à l'autre.

» Bibl. ttfito. de Genève {\SkO), t. XXVIII, 34î, ei Arch. del'élecir., t. V, H et 337.

Il sufiBt de chauffer la lame polarisée, ou de la plonger dans une atmosphère de gaz hydrogène, pour lui faire perdre sa polarité, que, sans cela, elle coosem pendant un certain temps. On peut polariser une lame d*or ou de platine, deli même manière, en l'opposant froide et sèche à Taigrette qui s'édiappe d'one pointe placée sur une machine électrique.

2<* L'eau n'a pas d'action sur l'ozone ; il en est de même de l'acide sulforiqoe, de l'ammoniaque, de l'eau de baryte.

3o L'ozone détruit les couleurs organiques ; il se comporte, dans une fode deréactions, comme le chlore et le brome. Il décompose l'iodure de potassian : une dissolution de ce sel absorbe l'oxygène ozone, etformedel'iodatedepotassr, il y a diminution de volume, et le gaz qui reste est de l'oxygène ordinaire. Ci morceau de papier imbibé dModure de potassium, et mis en contact aiee l'oxygène odorant, prend une couleur jaune due à l'iode mis en liberté. Si k papier est amidonné, il prend une couleur bleue. Cette réaction fournit un moja commode de constater la présence de l'ozone.

A^ Les affinités de l'oxygène ozone sont fortement exaltées : quand il eâ humide, il oxyde la plupart des métaux en les amenant au maximum d'oxydation. Il fait passer les acides sulfureux et azoteux à l'état d'acide sulfuriquack azotique ; il se comporte dans beaucoup de cas comme les peroxydes de ploak, de manganèse et d'argent, et surtout comme l'eau oxygénée. L'air ozone foras des azotates en présence des bases énergiques et de l'eau. Il faut remarqaff l'oxydation à froid de l'argent, et celle du mercure. Quand le gaz est sec, ila'j a pas d'oxydation, même avec le cuivre et le zinc.

5* Enfin, MM. E. Becquerel et Fremy ont reconnu que l'ozone altère rapidement le caoutchouc, le perce et le rend cassant.

Toutes ces réactions, même celles de Tiodure de potassium, ne se produisent que sous l'influence de l'humidité. MM. E. Becquerel et Fremy ont renfemé dans des tubes scellés à la lampe et remplis d'oxygène sec, de l'iodure de potassium fondu, des métaux secs, et il n'y a eu aucune absorption de gaz après une longue suite d'étincelles électriques lancées â travers les gaz, et qui produisaient de l'ozone, comme nous allons le voir.

f S78. Conditions de 1» production et de la destractIOB de Toseat.

— M. Schœnbein a constaté que l'odeur de l'ozone ne se manifeste , pendait l'électrolyse de l'eau, que dans l'oxygène dégagé. Du reste , elle se prodôt encore quand ce gaz se mêle à l'hydrogène ; mais il faut toujours que les électrodes soient formés d'un métal non oxydable, comme l'or , le platine , etqa* l'eau soit rendue conductrice par les acides sulfurique, azotique ou phosphorique, ou par certains sels oxygénés. L'ozone ne se produit pas dans les dissohtions de chlorures, bromures, iodures. Le gaz ozone conserve indéfiniment sel odeur et ses propriétés quand on le tient renfermé dans un flacon bien bouché.

— On fait disparaître toute odeur, et on ramène l'oxygène à son état ordinaire, en jetant dans le flacon, de la poussière de charbon, du mercure, ou un métal oxydable en poudre. La chaleur détruit aussi l'ozone : si l'on fait passer le

gs odorant dans un tube chauffé à 340° environ, il perd son odeur, et l'ozone eit détruit; cest pourquoi il ne s'en produit pas quand on électrolyse l'eau dmde. H. Andrews a reconnu que, renfermé dans un tube porté à 400°, l'oone se détruit peu à peu. Il paraît cependant qu'une température très élevée peot ozoniser l'air : M. Leroux ayant fait passer par l'ouverture effilée d'un entonnoir renversé, un fil de platine, porté au rouge par le passage d'un courant, a reconnu que l'air qui sort par le bec de l'entonnoir est fortement ozone. — L'oame disparaît instantanément inid on met le gaz en contact avec aiapeur de l'eau bouillante.

M. Harignac a reconnu, en élecnijsant l'eau dans le vide, que la vésence de l'azote n'est pas nécesaire à la production de l'ozone ' , «une l'avait cru M. Schœnbein ; pig. ^ee,

itae quand l'expérience avait

nrché pendant plusieurs jours, et que le quart de l'eau avait été décomposé , I le produisait du gaz odorant comme au commencement. MM. Fremy et E. Inquerel sont arrivés au même résultat^. La fig, 1166 représente l'appareil Mt ils se servaient : l'eau acidulée est contenue dans le tube recourbé ab ; (, »', n' sont des lubes laveurs remplis d'eau, dans lesquels s'arrête l'acide rifnrique qui pourrait être entraîné, l'oxygène odorant s'échappe par le tube ', dans lequel on place les substances ■e l'on veut soumettre à son action.

I. Harignac a obtenu l'ozone bien plus ipdement sans électricité, en faisant •Her de l'air humide dans un tube sur eib&tons de phosphore. L'oxygène pur liée est incapable de prendre l'odeur e l'ozone dans les mêmes conditions, •'adde carbonique, l'hydrogène, l'azote, iflés à l'oxygène , lui donnent aussi la rapriété de produire de l'ozone avec le koephore, tandis que, isolés, ils n'en réduisent pas. En résumé , toutes les fois que la lueur du phosphore ne se Mtre pas dans l'obscurité, il ne se forme pas d'ozone.

MH. Fremy et E. Becquerel ont aussi, comme l'avait fait M. Marignac, obtenu eione au moyen d'étincelles électriques lancées dans l'oxygène sec. Ils ont ■ployé ce gaz préparé par différentes méthodes, et purifié avec un soin extrême ;

Fig. 4167.

1 Ankites de l'éUctriciU de M. A. de La Rive, t. V, p. 5. ' àimalu de chimie et de phytique^ 3« série, t. IXXY, p. 62.

Fig 4 4 68.

ils Tont introduit dans des tubes a, a\ a" (fig. 1167) , dont les e étaient ensuite scellées à la lampe, et ils y ont fait passer une série d*i au moyen des fils de platine h, n, n, c. Ils ont reconnu que la proporti absorbable par Tiodure de potassium, est d'autant plus grande que les sont plus longues et le volume du gaz plus petit. Dans des tubes proportion de gaz absorbable augmente à peu prés proportionoelk temps pendant lequel on fait passer des étincelles la 12» heure ; mais ensuite, cette proportion dimiai paraît tenir à ce que rélincelle détruit ce qu'elle d'abord. Pour transformer tout l'oxygène, on a al de manière que le gaz modifié fût absorbé au fur et de sa formation. L'oxygène était contenu dans un pe mètre ab (fig. 1168) reposant sur un bain d*i potassium ; les étincelles passaient entre deux fils de scellés à la partie supérieure , et bientôt le liquide n totalement le tube. Une lame d'argent peut aussi tout le gaz, mais moins rapidement que l'iodure dep L'eudiomètrc repose alors sur l'eau , bouillie et r d'huile à l'extérieur, pour éviter la dissolution de l lame d'argent, cette eau n'absorbe aucune portion de transformé par l'étincelle. Remarquons enfin que Toxygénc odorant o l'électrolyse de l'eau, ne renferme qu'une très petite quantité de gaz al tellement que l'iodure de potassium n'y produit pas d'absorption sens MM. E. Becquerel et Fremy ont encore obtenu l'ozone par Télecti distance : un tube rempli d'oxygène pur, et scellé à la lampe (fig. \

placé entre les pointes d'un excita !| versel ; on fait passer entre ces p<

série d'étincelles qui glissent sur 1 extérieure du verre; et aussitôt on v( bleue, une bande de papier amidon duré renfermée dans l'intérieur di l'on remplace l'oxygène pardeTh; le papier ne se colore pas ; ce qi que ce n'est pas rélectricité, qui d riodure de potassium. La production de l'ozone dans l'oxygène ; prouve qu'il ne renferme pas de composés azotés ou hydrogénés.

f S79. De la nature de Tozone. — La nature de Tozone e entourée d'obscurités. Quand on considère les nombreuses propriét agent, les réactions énergiques qui s'accomplissent sous son infli circonstances varices dans lesquelles il prend naissance, on ne peut s de songer à cet ancien phhgistique qui servait à expliquer toute une phénomènes, et dont la chimie pneumatique est venu rayer le nom de I M. Schœnbem a d\ibord pensé que l'ozone était une substance pa

Fig. 4ic>y.

ie i roiygéne ; il a même eu Tidée de le regarder comme le résultat de la •position de Tazote, qu*il supposait nécessaire à sa production. Il Ta ite considéré comme un suroxyde d'hydrogène. Mais Tozone ayant été lût en Tabsence de Tazote et dans Toxygène pur et sec, MM. Marignac eLa Rive, en 1845, ont expliqué les propriétés de Toxygéne ozone en •sant que l'électricité amène Toxygène ordinaire à un état moléculaire icniier, dans lequel ses affinités sont surexcitées. M. Schœnbein n*a pas i i partager cette opinion, corroborée plus tard par les expériences de

Fremy et E. Becquerel, qui ont même proposé de renoncer au mot ozone, I désigner sous le nom d* oxygène électrisé, le gaz qui présente Todeur et les riétés particulières que nous avons énumérées. M. Schœnbein a plus tard Isdeux états différents de Foxygène actif, Tun positif, l'autre négatif (ozone itozofif) '. M. Clausius et M. de La Rive partant de l'idée, admise par lues chimistes, que la molécule d'oxygène est composée de plusieurs atomes pés, ont pensé que, dans le gaz ozone, les atomes du groupe moléculaire été séparés.

. Williamson, puis en 1849 M. Ozann, avancèrent qu'il y a plusieurs ces d'ozone : celui qui se produit dans l'électrolyse de l'eau serait un surle d'hydrogène, celui qu'engendre une série d'étincelles serait de l'acide mx, et celui qui se produit au contact du phosphore serait un mélange des : autres. Vers 1853, M. Beaumert chercha à établir qu'il y a deux espèces »e, Tun, formé par électroiyse, serait le suroxyde HO^ ; l'autre, produit l'étincelle en l'absence de toute humidité, serait de l'oxygène électrisc ^. iM.Th. Andrews * a reconnu que l'oxygène ozone ne peut contenir d'hydro- '■ ; car, alors, il donnerait de l'eau en se décomposant par la chaleur, lyant fait passer 8 à dix litres d'oxygène sec provenant de l'électrolyse de I, dans un tube chauffé où Tozonc était détruit, suivi d'un tube en U armant de l'acide phosphorique, le poids de ce dernier tube n'augmenta que e fraction de milligramme, tandis qu'avec la quantité d'ozone que renfermait gène, ce poids eût dû augmenter de 10 à ii"*^, si l'ozone était le com-

HO^. il fit encore passer 10 litres d'oxygène ozone bien desséché, à ^rs deux tubes à boules de Liebig, le premier contenant de l'iodure do »sium, et le second de l'acide sulfuriquc concentré. L'ozone se décomposait

le tube à iodure, el la quantité d'iode mise en liberté faisait connaître le s de l'oxygène absorbé provenant de l'ozone. Or, ce poids était égala .mentation de poids des deux systèmes de boules, c'est-à-dire à la quantité fgène qu'ils avaient retenue. Si l'ozone était le composé HO^, une partie oxygène serait restée à l'état d'eau, et la quantité d'iode isolée n'aurait pas Jissi grande. L'iode était dosé au moyen d'une dissolution titrée d'acide

iimales de chimie el de physique, 3«s^rie, t. LV, p. 216, et LV1H, 479. innales de chimie et de physique, 3« série, t. XXXIX, p. 477. imÊùlet de chimie et de physique, 3« série, t. XLVII, p. 181.

suiïureux, et les extrémités des différentes parties de Tappareil étaient nséei à Témeri et s*embottaient les unes dans les autres, pour éTÎter remploi à caoutchouc. M. Andrews explique la discordance entre ces résultats et ceux è M. Baumert, parTinfluence de traces d*acide carbonique, dont on ne pal éviter la présence qu avec beaucoup de peine.

Il résulte des expériences de M. Andrews, qu'il n'existe pas deux etfèm d'ozone, et que cet agent ne renferme pas d'hydrogène. On voit donc q» l'opinion la plus plausible, dans l'état actuel de la science, est que l'ozone n'est pas un corps composé , et que les effets qu'on lui attribue sont produits pr 1 oxygène dans un état d'activité particulière provoquée par l'électricité, et qv l'on peut comparer à celle qu'il possède quand il est à l'état naissant. Di reste, il paraîtrait que d'autres corps peuvent présenter aussi des propriétés particulières quand ils sont obtenus par électrolyse ; du moins , c'est ce que M. Ozann a cru pouvoir conclure de certaines expériences, pour l'hydrogène. Nous avons vu aussi quels phénomènes singuliers présente ce gaz dans le voltamètre (1574).

iS80. De la présente de Tosone dans Talmosphère. — H. Schœnbeil a constaté que le papier ioduré et amidonné bleuit peu à peu sous l'influentt de l'air atmosphérique, et il en a conclu qu'il y a habituellement dans l'air, k l'ozone produit , au moins en partie, par les orages. La coloration ne le manifeste pas également partout : il résulte d'expériences de H. Cahours, k

M. Bineau , qu'elle ne se montre pas, ou est à peine sensible, dans lai

villes populeuses , là où ragglomération des habitants est la plus grande; elle se manifeste, au contraire, en pleine campagne, surtout dans les localités où il y a beaucoup d'arbres. M. Schœnbein pense que le rôle de l'ozone est de détruire les miasmes à la manière du chlore, il a vu, en effet, l'air d'à ballon , infecte par le séjour de chair en putréfaction , perdre son odeur qïïuà il y formait de l'ozone au moyen du phosphore, et ne manifester la présence de cet ozone qu'après que toute mauvaise odeur avait disparu. Du reste. Tozono en trop grande quantité agit énergiquement , comme le chlore, stf les organes respiratoires ; car une souris ne tarde à périr dans un air contenait iîTiiô d'ozone *. On est parti de là pour instituer des obser>'ations régulières de Tozone de l'atmosphère, et Ton a même cru remarquer une certaine coïncidente entre l'absence de l'ozone et la constitution médicale de certaines régionii pendant le règne de la dernière épidémie de choléra. Mais les expériences de Si. S. Cloez montrent que les causes de la coloration du papier ioduré sont tellement nombreuses, qu'on ne peut rien conclure sur la présence ou l'abseiee (le l'ozone '-. Ainsi, il a constaté que les exhalaisons des végétaux qui donnent dos huiles essentielles à la distillation, comme les arbres résineux, des traeei d'acide azotique ou d acide hypo-azotique. bleuissent rapidement le papier ioduré.

» Hibliothè^iuc de Genève ^Archives de* sciences \ t. XVUI, p. 194. • InriiiiV^ de iUmie et de pk\j>iquef 'S* M'rio, t. L, p, 80.

GALVANOPLASTIE. 49S

Laessenees de térébenthine, de citron, de menthe, de lavande mêlées à l'air, fndniseot les mêmes effets ; récemment distillées, elles n'agissent pas quand dks n'ont pas en le contact de Toxygéne. Enfin, lair humide agit sousl influence f ne vive lumière : deux éprouvettes renfermant des bandes de papier ioduré qiot été suspendues sous une cloche pleine d'air humide et exposée aux rayons lohires, le papier resta blanc dans Tune d'elles qui était enveloppée de papier MT, et devint bleu dans l'autre, qui était transparente.

Les dliservations ozonométriques ne pourront donc avoir d'utilité qu'autant fi'on saura tenir compte des causes nombreuses qui peuvent agir sur le papier «adonné et ioduré, nommé improprement réactif ozonoscopique , puisqu'il |eit se colorer sous diverses influences en l'absence de l'ozone.

Y. Applioatitiii de rêleotro-elilmie. — Balvanoplastit.

irai. La galvanoplastie ou galvanoplastique est l'art de déposer sur des Mrps servant d'électrode négatif, les métaux contenus dans une dissolution Inrersée par un courant, soit en couche mince adhérente, pour protéger ces orps ou leur donner un nouvel aspect, soit en couche épaisse cohérente et ttsceptible de se détacher de l'électrode, qui est alors un moule , pour en nproduire les formes et les reliefs. Cette dernière espèce de dépôts est l'objet Itfticulier de la galvanoplastie proprement dite, qui forme ainsi une branche di la galvanoplastie en général.

On avait remarqué, dès le temps de Volta, que les métaux déposés sur TAectrode négatir étaient parfois denses, cohérents , au lieu d'être pulvérulents cmme cela a lieu ordinairement ; on l'avait vu prendre l'empreinte exacte des énillures d'une lame de platine. M. de La Rive fit une remarque analogue , sais on n'avait tiré aucun parti de cette observation , lorsque, en 1S37 , M. Jacobi inventa, à Pétersbourg, la galvanoplastie, en remarquant aussi Vtt des dépôts de cuivre , la reproduction fidèle des plus petites irrégularités de l'électrode. Il opéra d'abord sur des planches de cuivre gravées, dont il frit l'empreinte, sur laquelle les traits en creux étaient reproduits en relief. Ayant pris celle-ci, à son tour, pour électrode négatif, il put reproduire une c(^ fidèle de la planche gravée en creux, et se servir de cette copie pour tirer In épreuves. Vers la même époque, M. Spencer, en Angleterre, imaginait Remployer les dépôts de cuivre pour reproduire des clichés ; mais tout ce qu'il a |iUiéà ce sujet est postérieur aux communications officielles de M. Jacobi. Les IRmiers essais de M. Spencer ont été faits sur des caractères typographiques, dont il prit d'abord la contre-épreuve au moyen du dépôt de cuivre ; se servant ensuite de celle-ci comme moule, il obtint une copie exacte qui lui servit à imprimer QQ grand nombre d'exemplaires. Il expérimenta ensuite sur une médaille, et ^uva que les plus fins détails étaient reproduits avec une perrection qui défiait 'examen microscopique le plus attentif.

Pour obtenir un dépôt de cuivre cohérent et malléable, H faut 1 courant soit faible et dHntensité constante , â» que la dissolution A de cuivre soit toujours saturée, afin que, son pouvoir conducteur n môme, la quantité d'électricité qui la traverse ne varie pas. On rem] dernière condition, en mettant dans la dissolution des cristaux de si cuivre, ou bien en prenant pour électrode positif une plaque de cuivre qi mis en liberté dissout peu à peu, de manière à remplacer le sel qui a él posé. Cette première application de V électrode soluble (1551) constlto* principaux perfectionnements de la galvanoplastie, qui dès-lors se dévelo une rapidité croissante , particulièrement en France, et la pile, soi laboratoires, s'introduisit dans les ateliers, où elle rend chaque jour de i services aux beaux-arts et à Tindustrie.

iS8S. Appareils. — On les divise en appareils simples , qui fou eux-mêmes Télcctricité nécessaire à l'opération, et en appareils compoi lesquels on fait usage d'une pile proprement dite. Ces 2 ont été perfectionnés et modifiés de diverses manières présentent entre eux que des différences de détail, suffira donc d'en décrire quelques-uns.

Appareils simples. — Ils consistent essentielle

un vase divisé en deux par une cloison poreuse (fig,

d'un côté , on met une solution de sulfate de cuivr

laquelle plonge le moule m de manière que la face i

duirc soit tournée du côté de la cloison ; dans l'autre •

liment, on verse de l'eau acidulée par l'acide sulfuriqiK

y plonge une lame de zinc z, que l'on met ensuite en

nication métallique avec le moule. L'action chimique exercée sur le zin

loppe de l'électricité , et le sulfate décomposé dépose son cuivre sur h

Une corbeille c contient des cristaux , destinés à entretenir la satura

Souvent, on se contente de plonger dans la dis

de cuivre, un vase poreux rempli d'eau acîd

contenant un morceau de zinc qui communiqw

moule.

Electrotype poar les médailles. — Qi veut prendre l'empreinte de médailles, on se sert du petit appareil de la fig. 1171 : un cylindre acca s'appuie, par un rebord oa, sur le contour AB rempli de la solution de sulfate de cuivre. Ce est muni à sa partie inférieure d'un autre reborc lequel on appuie un second cylindre en verre r, bas par une membrane. Le cylindre r, contient de l'eau acidulée, dam plonge la lame de zinc z. Le moule m est placé horizontalement au-de la membrane, et communique avec le zinc, par les tiges métalliques fl met des cristaux autour du cylindre r. — On peut remplacer le cylim

Fig. H 70.

Fig. H71.

GALVANOPLASTIE. 495

firune tablette annaaire en bois soutenue par des montants qui vont s'accrocher M bord du vase AB.

Il faut, pour obtenir un dépôt bien malléable , que la surface du zinc diffère feade celle du moule. Si la première est trop petite, le dépôt est cristallin; àfls le cas opposé , il est pulvérulent et sans cohérence , inconvénient qui se Ifiisente aussi quand le zinc est trop vivement attaqué.

Appareils eoaip«s#s. — Une cuve en boisÂB (fig. 1 172) contient la dissolotien de cuivre. Le moule mm, placé au fond, communique avec le pôle négatif «TiDe pile à courant constant P. La lame de cuivre ce forme Télectrode soluble ; de est soutenue par une toile H, qui empêche les impuretés du cuivre ce , de tfnber sur le moule.

Il fig. 1173 représente une disposition avec laquelle on peut opérer sur plulieors moules à la fois, quand ils sont assez petits pour être suspendus verticale- Mot. On appuie sur les bords de la cuve AB, des baguettes métalliques ab, ce,

Als^TîT^rd

Fig. n72.

Fig. UT3.

tammuniquant avec le pôle négatif d'une pile, el auxquelles on suspend les moules. Une troisième baguette soutient une ou plusieurs lames de cuivre placées entre Ws deux séries de moules, et communiquant avec le pôle positif. Il est à remar- <|ier que lorsque les moules sont placés verticalement , il se forme souvent , à l'extérieur du dépôt de cuivre , des stries verticales qui indiquent un défaut d'homogénéité, et sont occasionnées par les mouvements qui se produisent dans le liquide, dont l'homogénéité, sans cesse détruite, tend à se rétablir.

Les appareils composés permettent d'opérer sur des moules de grandeurs très différentes , en employant des piles à couples plus ou moins nombreux et lins ou moins grands. Il faut toujours que la surface du zinc de chaque couple ieit en proportion avec celle du moule , et que le courant soit d'intensité coftstante. Les piles dont on fait usage ordinairement sont celles de Daniell et ikBagration. Ou préfère les piles à charbon , quand on veut faire passer le Mne courant à travers plusieurs appareils placés les uns à la suite des autres, ce qui exige une plus grande tension électrique.

1683. DloaolatioMS de différenta nétanx. — Le Cuivre n'est pas

le seul métal employé dans la galvanoplastie. L*or, Targent, le platine donocBl aussi de bons résultats. Pour le cuivre, on emploie le sulfate de cuivre en beau cristaux , que Ton dissout à saturation à froid. Si la dissolution était tout a bit neutre, le dépôt serait cristallin ; c*est pourquoi on y mêle on peu d'adde sulfurique. PourTor et Targent, on se sert le plus souvent d'un mélange di i partie de chlorure d*or ou d'argent, et de 10 parties de cyanure depotassiu dissous dans 100 parties d*eau. Pour le platine, on emploie le double chlom de platine et de potassium. On a aussi cherché à déposer le zinc, le ploïki l'étain. Pour le premier, on emploie le sulfate; pour le second, l'acétate trii étendu et acidulé; pour le troisième, une dissolution d*étaindans Teau régale, acidulée par Tacide nitrique. Mais ces métaux, surtout les deux demien, forment difficilement des dépOts convenables. On a enfin tenté de déposer dfli alliages, par exemple du bronze, en mêlant des dissolutions des métaux fi doivent entrer dans la composition de Talliage ; mais on n*a pu obtenir jusqil présent que des produits cassants ou sans consistance.

iS84. Des moaies. — Les moules sont faits avec des métaux ou avec dfli substances non métalliques. Les moules en métal se font souvent par (Upll électro-chimique de cuivre sur l'objet lui-même. On a ainsi une contre-épraiw, daas laquelle on dépose de nouveau du cuivre pour obtenir une copie de l'objet On fait encore des moules en plomb, soudure des plombiers, alliage fusible ie d'Arcet, alliage d'imprimerie : on coule Talliage sur une surface horizontik^ et l'on applique dessus l'objet à mouler. Enfin, quand cet objet est dur el résistant , comme une médaille, on peut en prendre l'empreinte par une forti pression sur du plomb bien décapé. Avec les moules métalliques, on a i craiodie l'adhérence du dépôt. Pour éviter cet inconvénient, on graisse légèrement II surface, ou bien on la saupoudre de plombagine en poudre impalpable. M. Spencer la lave avec une eau alcaline. On peut encore l'exposer à la vapeur de l'iode, comme pour préparer une plaque daguerrienne. Enfin, M. Boquillon ainiagiié de la plonger un instant dans la fumée d'une flamme de résine, qui dépose ne couche blanchâtre presque imperceptible ; c'est ce qu'on appelle voiler le mode. Le côté qui ne doit pas recevoir de cuivre est recouvert d'une couchée cire : et, s'il y a lieu, un rebord en carton ou en plomb limite le contour de dépôt.

Les moules non métalliques étant mauvais conducteurs, on rend leur surte conductrice au moyen d'argent, ou mieux de plombagine, en poussière impalpftble, que l'on applique en couche imperceptible, au blaireau ou à la brosiBi C'est ce qu'on appelle metalHser la surface. Ces moules se font en plâtre, fV Ton rend ensuite imperméable par l'immersion dans la stéarine fondae; ci cire d'Espagne, cire d'abeille, stéarine, gélatine. Le soufre donne des empreintes très fidèles, mais il faut le recouvrir d'une couche de vernis pour l'empêcher de s'unir au métal qui se dépose. M. Gueyton, quia beaucoup perfectionné bi procédés galvanoplastiques, fait des moules en gutta-percha. Cette subsUntf convient surtout aux objets en ronde bosse, sa flexibilité se prêtant facilfflcnl

GALVANOPLASTIE. 497

i h déponille» dans les parties qui présentent des enroncemenis. La stéarine Ipavant un retrait prononcé en se solidifiant, M. Blandely s'en est servi pour «btenir des réductions d'un modèle donné ; au moyen de moulages successifs, i finit par obtenir un moule en stéarine de dimensions réduites, dans lequel bi figures ont conservé leurs proportions relatives. Enfin, M. Mayo recommande CHBiDe donnant un moulage supérieur, un mélange de cire blanche et de blanc de plomb très fin ; et M. Lockey, un mélange de i partie de cire, 1 de stéarine d 7 de plombagine en poudre. Cette dernière composition se moule très netteaent, se détache d'elle-même au bout d'une demi-heure, et ne gâte pas le kroDze des médailles.

1686. Appileations dlirerses de la galvanoplastie. — La galvanofbstie sert journellement à reproduire en cuivre, or, argent , des médailles, timbres, cachets. Quand on veut reproduire une médaille, on prend d'abord la copie de ses deux faces, puis on soude ces deux pièces de part et d'autre d'un dsqne métallique d'épaisseur convenable.

Vaaes, statues, ete. — On applique la galvanoplastie à la reproduction des bas-reliefs, statues, vases, etc., avec une grande économie, et avec un fini, tte fidélité de détails que l'art du fondeur ou du ciseleur ne peut obtenir au aiâme degré. Pour les bas-reliefs de grandes dimensions el à fortes saillies, on «me l'électrode positif de prolongements qui s'enfoncent dans les cavités du BMmlepoury apporter l'électricité; sans cette précaution, le courant passerait fle préférence par les parties saillantes, et le dépôt n'aurait lieu que sur les idiefs, ou bien il y serait plus épais que dans les creux. C'es\ ainsi qu*ont été tktenus les bas-reliefs du piédestal de la statue de Guttenberg, à Strasbourg. Pour les vases, les statuettes, on prend le moule, en deux ou plusieurs parlies, avec du plâtre ou de la stéarine, on ajuste et on soude ces différentes ijvties avec de la cire, après les a,\o\r métallisées en dedans, et on les plonge ^s la dissolution, de manière que le liquide remplisse la cavité intérieure, eus laquelle on introduit l'électrode positif. Cet électrode envoie des ramifications dans les parties les plus enfoncées. On trouve aujourd'hui dans le corn- Berce, une foule de statuettes, figurines, vases richement ornés, qui sont fktenus par ce moyen. Souvent la surface de ces objets d'art est dorée ou argentée par des procédés galvaniques, dont nous parlerons bientôt (1488). Quand on veut opérer sur une grande statue, les difilérentes parties du moule h ca plâtre, rendues imperméables par la stéarine et métallisées eu dedans, sont r Jointes avec soin, de manière à former une espèce de vase dans lequel on verse k II dissolution, et par la surface intérieure duquel on fait arriver l'électricité F légative. M. Chrislofle a reproduit ainsi le Pensieroso de Michel Ange, statue de 3 mètres de hauteur.

Souvent on reproduit les grandes pièces, par parties que l'on soude ensuite U'étain ou à l'argent, puis on recouvre chaque soudure avec du cuivre. Pour tth, on l'entoure d'un rebord en cire, de manière à former une espèce de

rigole, dans laquelle on verse une solution de sulfate de cuivre. On fait ensnte déposer le cuivre sur la soudure, au moyen d*un courant.

Eieetrotypie. — On donne ce nom à la partie de la galvanoplastie qui i pour objet la reproduction des planches gravées, des clichés, gravures sur bois, des caractères d'imprimerie. Nous avons dit ( 1 581 ) comment on pesl reproduire autant de fois que Ton veut une planche gravée sur mm, de manière que le tirage n*est plus limité à un certain nombre d*exeiplaires par l'usure de la planche. On reproduit ainsi les planches a taille douce pour les estampes, les cartes géographiques, les billets de baoqie, les timbres-postes, les cartes à jouer. Les planches d*acier ne pouvant étn plongées dans la dissolution de cuivre, on en fait la contre-épreuve en argeit» sur laquelle on dépose ensuite le cuivre. On peut, du reste, obtenir cette cont»' épreuve avec la cire ou le plâtre, ou bien encore au moyen d'une lame depbdi que Ton comprime sur la planche gravée, en les faisant passer ensemble eilii les cylindres d'une presse à imprimer en taille douce. Ce procédé s*applif« aux planches gravées sur cuivre. On en a aussi fait usage pour reproduire dfli feuilles de plantes, des fleurs....; on les place, entre une lame de plomb etn lame de cuivre, et Ton presse fortement ; le plomb prend Tempreinte de M objets, et sert de moule pour obtenir une contre-épreuve en cuivre, aveclaquA on se procure, par un second dépOt, la planche gravée en creux. Il est Mkâ que les objets ainsi reproduits sont écrasés et déformés.

M. Smée a employé le courant de sa pile, pour obtenir des plandies k cuivre pur, qu'il tt'y a plus qu'à polir, pour les employer à la gravure au bM ou à l'eau forte, et qui sont bien préférables au cuivre du commerce, dm lequel on trouve souvent de l'étain ou d'autres métaux, qui trompent la nai du graveur ou rendent l'action de l'eau forte irréguliére.

Quant à la reproduction des planches stéréotypées, des clichés, descaractèr» d'imprimerie..., l'industrie est en possession de moyens tellement économi(iDeii que la galvanoplastie n'ofi're ici aucun avantage.

Gaivano^raphie. — On dessine sur une planche de métal, au moyen d'uae encre formée d'un mélange d'essence de térébenthine et de gomme laque, etTJi dépose sur cette planche une couche de cuivre, par le procédé galvaoiqot* L'épaisseur des traits forme sous la couche déposée , des lignes en creux, à manière qu'on peut se servir de cette lame comme d'une planche gravée, pa* tirer des épreuves. M. Hoffmann a trouvé une encre tellement liquide qii*ci peut former des traits d'une finesse extrême, et obtenir des dessins d'os netteté remarquable. La galvanographie, imaginée vers 1840 parle princeè Leuchtenberg, présente plusieurs avantages : on n'a pas besoin de dessiaer i rebours, et l'on peut corriger sans endommager la plaque '.

£iecf ro - tint. — Ce procédé galvanographique a été imaginé ftt M. Kobbeell, de Munich. On dessine sur une plaque de cuivre, au moyen d*Bi

> Archkes de l'éleclridlé, de M. A. de La Rive, t. Il, p. 452.

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lernis translucide qu*on applique au pinceau en couches plus ou moins épaisses, suTant les tons que Ton veut obtenir. On dépose ensuite une couche de cuivre nir ce dessin , et Ton a une planche gravée , dont on tire des épreuves qui préle&tent l'aspect d*un dessin au lavis.

IB8ê. Gravure saKaniqae aa pèle positif. — On a tiré parti de la issolution de l'électrode positif pour graver de différentes manières des jliDches de métal. Voici comment M. Smée obtient la gravure en taille douce nrle cuivre. La planche étant recouverte d*une mince couche de vernis dans hfnelle on a tracé avec une pointe les traits du dessin, il s*agit de creuser le métal partout où la pointe Ta mis à découvert. Au lieu d^opérer avec Teau iMte, H. Smée se sert de la planche pour électrode positif dans une dissolutim de sulfate de cuivre. Le métal est dissous au fond des traits, et la planche le trouve gravée d'une manière plus nette et plus régulière que par l'eau forte, fnnd l'électrode négatif est de mêmes dimensions que la planche.

Le prince de Leuchtenberg a obtenu la gravure en relief sur une planche de cohnre, en la prenant aussi pour électrode positif, après l'avoir couverte de fosins, comme pour la galvanographie (1585); les parties recouvertes d'encre lesont pas dissoutes et restent en relief. On est encore arrivé au même résultat li déposant, par électrolyse, de l'or au fond des traits tracés dans le vernis qui nnmvre une planche de cuivre, enlevant le vernis, et faisant servir la ihoche, d'électrode positif. Les parties dorées ne sont pas attaquées et restent «relief.

Fiaoeiies dai^oerrieMoes. — On a fait plusieurs tentatives pour graver kplanches daguerriennes, de manière à pouvoir en tirer des épreuves àl'encre. flirces planches, dont la surface est en argent poli, les ombres du dessin sont produites par la surface brillante de l'argent, et les clairs, par des gouttelettes microscopiques de mercure, d'autant plus nombreuses que la teinte est plus daire. On a d'abord essayé de déposer une couche de cuivre sur la plaque ; on a alors une planche qui donne la contre-épreuve du dessin, les gouttelettes de ■ercure des parties claires formant des creux dans la couche déposée. Cette cvuche servant ensuite de moule, on obtient une planche donnant des épreuves lemblables au dessin. Mais le peu de profondeur des creux fait que ces épreuves iMit indécises. On a ensuite cherché à attaquer la plaque daguerrienneau moyen fc l'eau forte; M. Berres, de Vienne, a le premier fait des essais dans cette irection. Enfin, M. Grove est parvenu à graver ces sortes de plaques en les Wttnt servir d'électrode positif, après avoir recouvert le contour et la face postérieure avec de la gomme laque '. Un mélange de 2 volumes d'acide chlo- Aydrique de densité égale à 1, i, dans 1 volume d'eau, convient très bien pour ^tte opération ; ce liquide attaque l'argent beaucoup plus que le mercure, de «orte que la planche donne immédiatement des épreuves directes. L'électricité ^ative arrive par uoe lame de platine de même grandeur que la plaque, dont

> Archives de l'électricité, de M. A. de La Rive, t. II, p. 457.

on la tient éloignée de 5 millimètres seulement, pour que l'action soit UDifoniie. Un seul couple à acide nitrique suffit, et l'opération ne doit pas durer plus de 30 secondes. La plaque est ensuite lavée à l'eau distillée ; elle présente alon un beau dessin de couleur brune, produit par l'oxychlorure qui s'est formé. Oi enlève cette substance par un lavage dans deTeau légèrement ammoniacale, el Ton peut ensuite tirer des épreuves à l'encre, ou prendre avec le cuivre, des copies galvanoplastiques delà planche. Pour donner une idée de la fidélité de reproduction à laquelle on arrive par ce moyen, M. Grove cite un écosseï de 2"">',5de hauteur, sur lequel il y avait 5 lignes d'inscription qull poonk lire très distinctement sur l'épreuve, au moyen d'un microscope.

iS87. GaiTaiiisatioM. — Au lieu de prendre copie d'un objet, on pert se contenter de le recouvrir d'une couche de métal assez mince pour ne fis altérer sensiblement les détails qui se montrent à sa surface, et assez épaisse pour ne pas se briser et se détacher par fragments. Ces objets sont alors Ai galvanisés. On commence par métalHser leur surface au moyen de la plookh gine, puis on les plonge dans la dissolution, en les faisant communiquer im le pôle négatif d'une pile. On recouvre ainsi d'une couche de cuivre, d'argoli d'or, des plâtres, statuettes ; des objets en osier, en verre, en faïence , des étoffes même. M. Soyer a présenté à l'Institut le cadavre d'un enfant nouTcn* né recouvert d'une couche de cuivre , par ce procédé. — M. Oudry a rertli d'une couche de cuivre de 1"™ environ d'épaisseur les fontaines en fonte fî décorent les Champs-Elysées et les places de Paris , entr'autres les fontiiiei colossales de la place Louvois et de la place de la Concorde ; un enduit isoU sépare la couche de cuivre de la fonte^ pour empêcher l'action galvanique des métaux en contact. — Des feuilles très fmemcnt découpées, comme celles 11 cerfeuil, du fenouil, recouvertes ainsi d'une couche d'argent ou d'or, formeii des bijoux d'une délicatesse que l'art ne pourrait imiter que bien imparfaitemeiL

On peut déposer sur les corps , différents alliages , qui présentent assez de résistance parce qu'ils sont en couche mince. Mais il faut remarquer qoeles dissolutions ne doivent pas renfermer les métaux dans les mêmes proportiois que l'alliage qu'on veut obtenir, à cause de l'influence des masses (1547) ; de plus, ces jproportions dépendent de l'intensité du courant, et elles changent i mesure que le dépôt se forme. M. de Ruolz a recouvert des pièces de fer, d*« bronze semblable à celui des canons, au moyen d'une dissolution de cyamflt de potassium , cyanure de cuivre et bioxyde d'étain. On peut recooflir de laiton, le fer, la fonte, l'acier, le zinc, le plomb, l'étain et leurs alliages, au moyen de différents mélanges. MM. Brunel, Bisson et Gaugain ontindlfii une dissolution contenant 500 parties de carbonate de potasse, 20 de chlonre de cuivre, 40 de sulfate de zinc, 250 d'azotate d'ammoniaque. En substituait un sel d'étain au sulfate de zinc, on obtient un dépôt de bronze. On a recoaM par ce moyen , de grandes statues en zinc, de manière à leur donner \0t^ 1 apparence de statues de bronze.

iS88. DiPOTS DE XiTAnX EN COUCHES HQICE8 ADliBElITEE. — OOnnB. — Si 1?

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