‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 152 sur 189 · ACTION DE LA TERRE SUR LES COURANTS · texte numérisé non relu

ACTION DE LA TERRE SUR LES COURANTS

tsL fig. 1266 représenle un appareil, imaginé par M. Faraday, qui fournit ui-méme le courant qui doitprcndre un mouvement de rotation, zz est un vase m âne rempli d*eau acidulée. Au rentre de ce vase s*éléve une colonne en cuiire r surmontée dune coupe à mercure dans l.iquelle pivote le conducteur ndbile err, dont les parties verticales sont réunies dans l'eau acidulée par un orcle léger en cuivre. Le zinc attaqué par Tacide prend Télectricité négative, et le liquide, le fluide positif, qui monte par les fils ce, et retourne au zinc par Il colonne r. Avec cet appareil, la rotation se fait de TEst à TOuest par le Sud. Aq lieu d'un vase de zinc, on peut employer simplement un anneau de zinc supportant la colonne centrale par l'intermédiaire d'une traverse diamétrale, et qu'on plonge dans un vase quelconque rempli d'eau acidulée.

Près du pôle magnétique de la terre, la vitesse de rotation doit être maximum ; là, le courant terrestre agit, comme un courant circulaire sur un courant parai- Weàson plan (1694); à l'équateur magnétique, il y «irait équilibre dans toutes les positions, si les deux pjg. ^266.

parties du courant mobile étaient égales. 11 serait très ntéressant de vérifier ces conséquences, ainsi que la rotation d'un courant vertical dans le voisinage du pôle. Les voyageurs qui passent la ligne, et ceux qui vootà labaied'Hudson, où se trouve le pôle magnétique nord, pourraient faci- 'ornent faire ces expériences.

C'est Ampère qui a constaté le premier la rotation d'un courant par la terre ; il attribua d'abord ce résultat aux actions exercées sur les parties verticales du ■Widucteur mobile. M. de La Rive et M. Pouillet, chactm de leur côté*, W analysé le phénomène, et séparé les actions exercées sur les parties horizonailes et sur les parties verticales.

iV08. Transport d^nn courant par la terre. — Enfin, si le globe est •nveloppé par un système do courants marchant de l'Est à l'Ouest dans le voiinage de l'équateur magnétique, un courant parallèle à l'équateur et pouvant « déplacer parallèl^'mcnl à lui-même, doit être attiré vers le Sud quand il raar- ^e de l'Est .^ l'Ouest, et repoussé vers le Nord quand il marche en sens opposé. -'est ce qu'a vérifié M. Faraday, au moyen d'un fil de cuivre suspendu horizoniilementpar deux longs fils verticaux, et dont les extrémités recourbées plon- >6aient dans des vases pleins de mercure communiquant avec les pôles d'une ^ile. Si le conducteur mobile est dans le méridien, il se déplace encore parallè- ^ent à lui-même, comme on pouvait le prévoir (1690), et dans un sens qui l^end de celui du courant. Dans les positions obliques au méridien, le courant «transporte encore dans le sens prévu. On peut dire, en général , qu'il se i^sporte toujours parallèlement à lui-même et du côté de sa gauche , quelle tit soit sa direction dans un plan horizontal.

1 AtmàUs de chimie el de physique, 3« série, t. XXI , p. %i et 77.

1909. On voit que Thypothèse des courants terrestres explique tout naturellement les diverses actions qu'exerce le globe sur les aimants et sur les courants, et vient simplifier de la manière la plus heureuse la théorie du magnétisme terrestre. Nous avons vu (1204) comment Gilbert rendait compte de la direction de Taiguillc aimantée, en considérant la terre comme un aimant. Mais celte hypothèse ne peut expliquer la rotation des coorants. D*un autre côlé, les variations de l'aiguille aimantée, les perturbatioos auxquelles elle est sujette, et Tétat de fluctuation dans lequel se trouve perpétuellement le magnétisme du globe (1256), ne peuvent être compris qu'avec beaucoup de peine dans l'hypothèse de Gilbert, tandis que tous ces phénouéoes se conçoivent facilement quand on les regarde comme produits par des courants, dont la mobilité est bien en rapport avec celle qu'il faut supposer à la cause de tous ces changements.

M. Barlow, pour confirmer le système d'Ampère, a construit une sphère en bois, sur laquelle il a distribué des courants de manière à produire les mêmes effets que produit la terre, sur une petite aiguille aimantée rendue indifférente à l'action terrestre, et placée successivement dans différentes positions prés de la surface de la sphère de bois.

f 910. De rorlfflne des courants terrestres. — L'existence des COUraotS terrestres parait donc bien établie, mais il n'est pas facile d'en trouver l'origine. Remarquons, avant d'exposer les hypothèses qui ont été faites à ce sujet, que la même difficulté existe dans le système de l'aimant terrestre, puisque l'on doit se demander, dans ce cas, quelle est la cause de la séparation des fluides magnétiques.

Ampère attribuait les courants terrestres à des actions chimiques exercées irrégulièrement, par l'eau et divers autres agents, sur la partie intérieure non oxydée de la croûte du globe. Plus tard, M. Seebeck a iuvoqué les actions énergiques qui se produisent dans les grandes séries volcaniques signalées par L. de Buch. Masson voit l'origine de ces courants dans l'action thermo-électrique du noyau en fusion, sur les parties les plus profondes de la couclie sohdc. Ces parties, de différentes natures et différemment échauffées, produiraient des courants thermo-électriques qui envelopperaient le globe d'un réseaa donnant un courant résullant de l'Est à l'Ouest. Dans ces diverses hypothèses, les variations séculaires proviendraient des changements lents qui s'accomplir sent dans l'écorcc du globe.

On a supposé encore que les courants du globe sont des courants thennoéleclriqucs produits par la chaleur du soleil. Remarquons, en effet, que 1» régions de la zone équaloriale séparées par le méridien occupé par le soleil, sont inégalement échauffées, celle qui est à l'Ouest l'étant moins que celle q» quitte le soleil, laquelle vient d'en ressentir l'influence. Il résulte de là des courants dirigés à peu près parallèlement à l'équateur, parce que c'est dans celte direction que les différences de température de part et d'autre du méri-

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