COURANTS TERRESTRES
10 sont le pins prononcées ; et de forme irrégulière, à cause de la distribution igale des continents et des mers, et de la conductibilité inégale du sol. Les hypothèses qui précèdent ne rendent pas compte des variations diurnes, (Usuelles et annuelles de Taiguille aimantée , variations évidemment liées la marche du soleil. Aimé a cherché à les expliquer par les courants ermo-électriques ^ Il commence par rappeler que les variations diurnes se it symétriquement dans les deux hémisphères (1252 ) ; que leur amplitude ninue à mesure qu*on se rapproche de l'équateur, et qu'elle augmente en un Imelieu quand le soleil se rapproche du parallèle de ce lieu. Cela posé, marquons que la plus forte chaleur en un point donné se manifeste vers deux nres du soir, quand le soleil est à 30° de son méridien (11,1 i05); en ce ornent, les courants, rayonnant autour de ce point, ont leur intensité maxinm. Ces courants peuvent être remplacés par un seul courant résultant dirigé peu près suivant le méridien et ayant pour effet d'en écarter ou d'en rappro- 1er l'aiguille aimantée. Quand le point échauffé, qui suit le mouvement du M\y s'éloignera de l'aiguille, le courant résultant agira avec moins de force; ) sera donc vers 2 heures qu'aura lieu le maximum de la déviation, comme indique l'observation. Aimé cherche aussi à rendre compte des variations de tndinaison et de l'intensité. La position variable du soleil par rapport à iquateur lui sert à expliquer les changements avec les saisons, de Tamplitude ss variations diurnes, et les variations mensuelles et annuelles. Nous pensons, avec M. de La Rive, que les courants terrestres doivent être ivisés en deux groupes distincts : i» ceux qui déterminent la direction gênélie de l'aiguille; 2® ceux qui produisent ses variations. Les courants qui prousent le premier effet peuvent être dûs, soit à l'action du noyau en fusion ir la croûte solide, action produisant des courants électro>chimiques, comme supposait Ampère , ou thermo-électriques, suivant Masson ; soit à l'échaufoient du sol par le soleil, soit aux actions chimiques qui se manifestent à la urface de la terre, soit enûn à toutes ces causes réunies. Les variations iraient dues à une toute autre cause, particulièrement à ces courants électrites, dont nous avons parlé en traitant des aurores polaires (1410), qui ïTersent l'atmosphère de l'équatcur au pôle, où le fluide positif se réunit à •lectricité négative du sol. L'intensité de ces courants atmosphériques dépend, Qr chaque lieu, de la position du soleil par rapport à son méridien ; ils sont plus intenses au moment delà plus forle chaleur, c'est-à-dire vers 2 heures; agissent d'une manière opposée sur le même méridien dans les deux hémiliires ; et produisent un effet plus grand dans l'hémisphère où se trouve le 'eil. Les fluctuations continuelles de l'aiguille aimantée sont la conséquence Me du mode de production de ces courants, et de la nature du milieu qui ir sert de véhicule. Quand les décharges qui ont lieu près des pôles, sont assez
* Atinalet de chimie et de physique, 3« série, t. XVIl, p. 217.
violentes pour donner lieu à des aurores polaires, Taiguille éprouve des déviations plus intenses et plus irrégulières, qui constituent les p^turbalms. M. de La Rive, qui a proposé cette explication ingénieuse ', regarde la régularité des variations diurnes pendant les orages et les tempêtes, comme une objection à sa théorie ; mais il faut remarquer que les orages et les tempêtes sont circonscrits dans un espace relativement très petit par rapport i celui que parcourt le courant atmosphérique dans les régions calmçs des parties supérieures de Tair.
Les courants atmosphériques sont accompagnés de courants en sens contraire dans le sol, dont les effets se combinent avec ceux des premiers. Ces cooraots de retour ont été observés par MiM. de La Rive, Baumgartner, Barlow, qui les ont dérivés dans de longs fîls télégraphiques communiquant par leurs eitthmités avec le sol ^. Kl. Barlow a fait ses observations sur 4 lignes partant de Derby, dirigées vers le Nord, le Nord-Est, le Sud et le Sud-Ouest. L*aig«illcdD réomètre intercalé dans le fil, était toujours plus ou moins déviée, et d'une manière opposée sur les lignes de la partie Nord de la rose, et sur celles de la partie Sud. Dés que la communication avec le sol était supprimée, il nWanil plus de courant perceptible. Les résultats sont les plus réguliers dans le fil dirigé au Nord-Est, et la marche de Taiguille du réomètre est d*accord avec celle de Taiguille de déclinaison ; en effet, de 8 heures du matin à 9 heures du soir, le réomètre indique un courant du Sud au Nord, et le pôle austral de Taiguille de déclinaison dévie vers TOuest; pendant la nuit, le courant va do Nord au Sud, et l'aiguille de déclinaison dévie à TEst. Les déviations étant inverses de celles que produiraient les courants dérivés des fils télégraphiques, on doit attribuer ces déviations aux courants atmosphériques, qui marchent en sens contraire. — Les perturbations avaient presque toujours lieu en tnéiw temps sur les quatre lignes.
Nous avons vu ( 1258) qu'on a tenté d'expliquer les variations, par l'actiofl du soleil ; nons verrons plus loin coinmenl on a modifié cette explication en ùfpuyant sur l'induction proiluitc parle ma;^n6lisme sur les corps en mouvement.
S. — TflÉORlE ÉLECTHO-DYNAMIQUE DU MAGNÉTISME.