ROTATION DES COURANTS
les aimants creux. — On peut produire la rotation du e de Tappareil ( fig. 4285), en faisant passer un courant dans la bobine BB itoure le vase annulaire. L'expérience n'est alors que la reproduction de lun» 1694. Si Ton met la bobine dans le trou central, le liquide tourne le même sens. Ainsi , ce sens reste le môme, quand le liquide est dans neur ou à l'extérieur de la bobine. 11 semble qu'il doive en être de même térieur et à l'intérieur d'un aimant creux ; mais M. Bertin a reconnu que tations se font en sens contraire dans l'intérieur et à l'extérieur, et il ique en faisant remarquer que, dans les courants d'Âmpére qui forment les )ïdes groupés de manière à constituer un tube, le courant marche en sens 'ye en dedans et en dehors, comme on le voit en M (/?^. 1285). Pour monue l'intérieur d'un tube aimanté exerce une action inverse de celle erce l'intérieur d'une bobine, M. Bertin laisse un espace entre le vase et la bobine BB, et y glisse un tube en fer épais, qui s'aimante, et ralentit, ^me anéantit la rotation que produit la bobine seule. to. Conclusions. — On peut conclure des développements qui précèdent, a théorie électro-magnétique d'Ampère explique de la manière la plus lisante les phénomènes du magnétisme, les actions des aimants sur les Dis, et celles des courants sur les aimants. Cette théorie établit on lien el entre les phénomènes de l'électro-dynamique, du magnétisme, de tro-magnétisme, et même du magétisme terrestre (car le globe, avec sa ire de courants, doit être considéré comme un immense solénoïde), et elle et de les grouper autour d'un fait unique, savoir, l'action mutuelle de deux mts de courant. Dans la théorie de Coulomb, on est forcé d'admettre tence de deux fluides qui n'ont jamais pu être isolés; cette théorie ne peut qjuer les phénomènes électro-magnétiques, ni surtout les mouvements de lOn des courants par les aimants et des aimants par les courants, que la ie d'Ampère explique avec tant d'élégance. Avant la découverte fondaale d'Œrsted, l'hypothèse des deux fluides magnétiques avait sufli à la ce ; cette hypothèse avait été surtout mise en faveur par les recherches tiques de Poisson, qui était parvenu à faire ressortir, pour ainsi dire, de avants calculs tous les phénomènes connus. Mais les résultats obtenus par Ure géomètre sont tout aussi bien à l'avantage de la théorie d'Ampère, |ue nous avons vu que l'action exercée sur un élément de courant, par un courants circulaires d'un solénoïde, est la même que celle qu'exerce un ent magnétique (1714). Remarquons encore que Coulomb s'était approché vraie théorie du magnétisme autant qu'il était possible avant la découverte action des courants sur l'aiguille aimantée; car il avait reconnu que lo aétisme ne se transporte pas dans l'intérieur des aimants, que tout se passe les éléments magnétiques, et que les actions extérieures qu'ils produisent ont que les eflets de la résultante des actions de tous les éléments. Ampère /enu ensuite, qui a montré que ces éléments magnétiques sont constitués de petits courants électriques.
Nous allons voir comment la découverte de l'induction éleciro-dynanique est venue confirmer d'une manière inattendue la théorie d'Ampère, en permettant de développer de l'électricité au moyen d'aimants, et de reproduire avec cette électricité tous les effets dont est capable cet agent, soit à l'état statique, soit à Tétat dynamique.
I. IndnotioB par les oonranU et les aimants. — Kaoblnes siagaéto-éleetriqpss.
f7Sf. Indactlon par les eoaranta. — Les phénomènes de Yininttm électro-dynamique ont été découverts par M. Faraday, en 1833'. C'est là noe de ces découvertes primordiales, qui ouvrent des voies nouvelles, et seneot de point de départ à une longue suite de recherches fécondes. Voici rénoncédes principaux faits :
1° Si l'on approche rapidement un fil réophore d'un circuit fermé, il a produit aussitôt, dans ce circuit, un courant nommé courant induit ou ammi d^induction, de sens contraire au courant inducteur qui parcourt le fil réopiiore,
c'est pourquoi on l'appelle cooraot induit inverse, ou négatif,
3» Le courant induit n'a qn'one durée insensible; il disparaît doK aussitôt après avoir pris naissance.
3° Quand on éloigne le coonot inducteur, il se manifeste dans le cimût fermé, un nouveau courant instantané; mais, cette fois, de même sens que le courant inducteur. On le nomme conrant induit, direct ou positif.
Pour produire facilement ces courants d'induction, on enroule, en forme de spirale plane a'b* {pg. 1286), un fil de cuivre recouvert de soie, et l'on joini ses extrémités à celles du fil d'un réomètrer, de manière à former un eircnil fermé. Une autre spirale ah est parcourue par le courant d'une pile P. Sil'oB approche brusquement la spirale a'h' de la spirale 06, ou réciproquement, l'aiguille du réométre se dévie aussitôt , de manière à indiquer en a'h' nD courant de sens contraire au courant qui parcourt ah ; et immédiatement après, cette aiguille revient en oscillant, à sa position d'équilibre ; le courant indoit n'a donc qu'une durée insensible. Quand on éloigne rapidement la spirale «V. l'aiguille se dévie en sens contraire de sa première déviation, de manière ï indiquer un courant induit de même sens que le courant inducteur.
1 Annales de chimie et de physique, i*^ série, t. XLVUI, p. 402, el L, p. \5.
Fig. 1286.
COURANTS D*JNDUCTION. Ml
Ces courants induits sont d'autant plus intenses que les mouvements sont is rapides. Il suffit, du reste, pour obtenir des effets sensibles, de faire varier olement la distance entre les deux spirales, pourvu que le mouvement soit pide. Si ce mouvement a une durée appréciable, le courant induit n'est plus Btantané: il présente cette môme durée, mais son intensité est très faible. Au lieu d*approcber et d'éloigner l'une des deux spirales, on peut les laisser pliquées l'une sur l'autre, et introduire subitement le courant dans a6, ou le pprimer, ce qui se fait facilement au moyen d'une capsule de mercure o. Les urants d'induction qui se développent en a'b' au moment où l'on introduit le »arant en ab et au moment où on le supprime, sont plus intenses que par lutre méthode, le courant inducteur agissant beaucoup plus brusquement, iiand on veut opérer par cette méthode, on se sert de préférence d'une Jbobiue t bois B (/ig. 1287), sur laquelle on enroule ensemble deux fîls recouverts 5 soie, dont les bouts sortent en r, r' et c, c'. L'un des fils, rr\ est mis en immunication avec le réométre, et l'autre cc\ avec la pile; l'aiguille du k)roétre accuse l'existence du courant istantané négatif au moment où l'on itroduit le courant dans cc\ et celle a courant positif, au moment où on le ipprime.
f 7!n. iBduetlon ma|piiéto-éleeriqne. — Les courants d'induction émettent de soumettre à une nouvelle preuve la théorie électro-magnétique 'Ampère, en cherchant si les aimants pig. 4287.
Dnt capables de produire des courants
iduits. M. Faraday a reconnu qu'il en est ainsi '. Pour faire l'expérience, on rend une bobine creuse en bois, comme celle de la fig. 1287 ; seulement on soin de réunir les bouts r, c des fils, de manière qu'ils n'en forment plus qu'un eul, dont on met les extrémités r\c' en rapportavec un réomètre. Au moment ^ûl'on enfonce brusquement un aimant m dans la bobine, on voit l'aiguille se levier, de manière à indiquer un courant induit de sens contraire aux courants l'Ampère dans l'aimant (1 71 i ), puis l'aiguille revient à sa position d'équilibre. i^De est de nouveau déviée et du côté opposé, quand on retire brusquement *aimant. Si l'on enfonce cet aimant, par son autre pôle, les déviations de l'ai- {nille se font en sens inverse, comme il était facile de le prévoir.
M. Dujardin a produit des courants d'induction dans le fil d'un réomètre, fil loi était réuni à celui d'un autre instrument semblable, en faisant tourner bruspiement l'aiguille du premier. En général, tant que l'aimant enfoncé dans une ^bine reste en repos, il n'y a aucun résultat; mais il suffit de le déplacer, par temple de l'enfoncer ou de le retirer un peu, pour obtenir un effet sensible.
' Annales de chimie et de physique, 3<^ série, t. XI, p. 457.
— Ampère a reproduit tous ces phénomènes, en employant un solénoîde an lieu d*aimant.
On peut encore opérer en plaçant dans la bobine, un barreau de fer doui dont on approche et on éloigne rapidement le pôle d*un aimant, de manière à aimanter brusquement ce fer, pour le laisser ensuite revenir à l'état neutre. Les effets sont les mômes, les courants d'Ampère prenant dans le fer la roéffie direction que dans Taimant.
C'est au moyen des aimants que M. Faraday a fait ses premières expériences sur l'induction ; il fut conduit à les entreprendre, par cette considération qoe les courants développant du magnétisme dans les barreaux d'acier, les aimants devaient engendrer des courants dans les fils conducteurs, en vertu du principe de la réaction égale et opposée à l'action. Puis, pour contrôler la théorie d'Ampère, il chercha si les courants pouvaient, comme les aimants, produire des courants induits.
Expérienee de H. Paipe. — M. Page a obtenu des courants induits e» modiGant simplement l'état magnétique d'un aimant, au moyen du fer doux : un ni de cuivre recouvert de soie est enroulé autour d'un aimant, et ses extrémités sont unies à celles d'un réomèlre. Quand on approche brusquement k l'aimant, son armature, elle en augmente la force par influence, en produisait une sursaturation, et il se développe dans l'hélice un courant induit invene. Quand on éloigne l'armature, l'aimant revient à son intensité primitive et il se produit un courant induit direct.
1723. Influence d'un barreau de fer sur l'Iuduetlon éleetr«-djaAmique. — Si l'on met dans l'axe de la bobine (fig. 1287) un barreau de fer doux, et qu'on développe un courant induit dans le til rr\ au moyen de courants inducteurs lancés dans le fil cc\ les effets sont beaucoup plus intenses qu'eu l'absence du barreau. Par exemple, un courant inducteur qui donne des courants induits à peine sensibles, en donne de très énergiques quand la bobine contient le barreau de fer. Ce phénomène, découvert par M . Faraday, tient à ce que le fer s'aimante au moment où l'on introduit le courant inducteur, rt agit comme un solénoîde dont les courants, de même sens que le courant inducteur, ajoutent leurs effets à celui de ce dernier, avec lequel ils naissent et disparaissent. L'influence du barreau de fer dépend de la rapidité avec laquelle il peut prendre et perdre son aimantation ; il faudra donc employer le fer le plus doux. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet
1724. Induction dans les liquides. — M. Faraday a produit TinductioP dans une colonne d'eau acidulée, renfermée dans un tube en caoutchouc, enroal^ autour d'un cylindre de fer doux formant le prolongement du noyau d'un électro-aimant. Des fils de cuivre engagés dans les extrémités du tube, faisaient communiquer la colonne liquide avec un réomètre. Quand l'aiguille était en repos, on lançait le courant de 20 couples de Grove, dans l'électroaimant, et la déviation brusque du réomètre indiquait un courant induit
COURANTS d'induction. 673
Quand on déchargeait réiectro-aimant, il se produisait une déviation inverse. Avec l'eau pure, il ne s*est manifesté aucune déviation.
Ces résultats semblent trancher la question de la conductibilité des liquides (1573); mais MM. Van Bréda et Logeman ont montré qu'il y a électrolyse dans le liquide induit : pour cela, ils enfoncèrent des fils de platine dans les extrémités du tube de caoutchouc, ils les réunirent par un réométre, et eu même temps par un fil court D. Ayant lancé le courant dans Télectro-aimant , le eourant induit du liquide passa par le fil D, et l'aiguille du réomètre resta en repos. Ils enlevèrent aussitôt le fil D, et ils observèrent une déviation de 10** produite par la polarisation des électrodes, et indiquant un courant contraire au courant induit auquel était due cette polarisation. L'aiguille étant revenue peu à peu au repos, ils rétablirent le fil D, et ayant supprimé le courant de l'électroûmant il se produisit un courant induit direct , accompagné d'une polarisation des électrodes, qu'ils reconnurent par le môme moyen, après avoir enlevé le fil D.
I7«5. indaetion par la terre. — La terre pouvant être considérée fc comme un aimant, ou plutôt comme un solénoïde dans lequel les courants t marchent de l'Est à l'Ouest, elle doit être capable de produire des courants t. mduits. C'est ce que M. Faraday a encore constaté*. 11 opéra d'abord avec
* une hélice dans laquelle était un barreau de fer doux, et qu'il retournait brus- ^ qoement bout à bout, après l'avoir placée parallèlement à l'aiguille d'inclinaison.
Un réomètre communiquant avec l'hélice indiquait, à chaque mouvement ,
• l'existence d'un courant induit marchant de l'Ouest à l'Est dans la partie infé- 'f- rienre des spires de l'hélice après son renversement. Mais ici l'induction était due ' i l'aimantation du fer par l'action terrestre. M. Faraday a ensuite opéré avec > l'hélice seule, et il a obtenu des courants faibles, mais cependant bien déter- ■ minés. En retournant l'hélice plusieurs fois de suite, en ayant soin de faire
* coïncider les inversions avec les oscillations de l'aiguille, il obtint une déviation » dc80^
^ M. Faraday a encore procédé de la manière suivante • un fil de cuivre de
' 3 mètres de longueur plié en rectangle, communique par ses extrémités, situées
^ 3n milieu du côté horizontal inférieur, avec le fil d'un réomètre. Le côté infé-
• rieur étant supposé placé dans le méridien magnétique, si l'on fait passer le ' côté horizontal supérieur, de l'Est à l'Ouest par dessus le côté inférieur servant
^e charnière, l'aiguille du réomètre est déviée, de manière à indiquer un cou-
' ''^nt induit allant du Nord au Sud dans la partie supérieure. De quelque
''lanière .que l'on oriente le côté autour duquel on fait tourner le rectangle, on
^l^tient des courants induits, si ce n'est dans le cas où le côté mobile se meut
' Bibl de Genète (Arch. des se), t. XXV, p. 267, et t. XXVIII, p. 36. ^ Annales de chimie et de physique, 2« série, t. L, p. H 3.
:il 43
ELECTRO-MAGNETISME.
parallèlement à raiguille d'inclinaison. L'induction par la terre est facilemeDt mise en évidence au moyen de l'appareil suivant.
Cerceau de H. Deiezenne. — A A ( pg. 1288) est un cerceau en bois, d<? \ mètre de diamètre environ, muni d'une gorge dans laquelle est enroulée l'hélice induite. Ce cerceau peut tourner autour d'un axe oo' porté par le cadre MN, mobile lui- môme autour d'un axe horizontal ce'. Des aiguilles mobiles sur des cadrans divisés o, c', permettent d'évaluer les déplacements angulaires du cerceau et du cadre. Les extrémités du fil induit aboutissent ï des anneaux métalliques isolés l'un de l'autre a, a\ sur lesquels s'appuient
deux petits ressorts, portés par une pièce de bois n, auxquels on fixe les extrémités /", /"du fil d'un réoraétre.
L'axe oo' étant dans le méridien magnétique, et le cadre MN, ainsi que le cerceau, étant perpendiculaires à l'aiguille d'indinaison, si l'on fait faire au cerceau un toor entier en 30«, avec une vitesse uniforme, autour de Taxe oo\ on voit l'aiguille di /Â ^^gS^^ÊÊd linp réométre se dévier peu à peu de manière à //\^^^^^/i w^r ^^^^V^^^* dans le fil du cerceau, un conrut /JjJr'W^ /^ > ^ induit direct, qui augmente graduellement, ^^ ^' A\f ^Ér jusqu'au moment où le cerceau ajat
éKk\iwH iiii.ni,:iii:nii';iiy'i.i'rw{riiir tourné de 90° , se trouve vertical. Alors la
déviation de l'aiguille est de 19°; puis cette déviation diminue, pourdevenirnolle quand le cerceau a tourné de i80°. Le mouvement continuant, l'aiguille se défif de nouveau, mais en sens contraire. La déviation atteint encore son maximoii quand le cerceau passe par le plan vertical, puis elle diminue jusqu'à la lin * tour entier. On voit que le courant induit varie d'intensité en même temps qw le ûnxiB de l'angle de rotation du cerceau, et change de signe avec lui. — 0«w»J l'axe Qo' est exactement parallèle à l'aiguille d'inclinaison, il n'y a plusaaoïfl signe de courant induit, quelque rapide que soit le mouvement de rotation.
1726. Loi de Lenz. — Peu de temps après la découverte de l'indactioi électro-dynamique, M. Lenz a résumé dans l'énoncé qui suit les différents ctî dans lesquels elle se manifeste : Toutes \e% fois quon déplace rapidement w courant ou un aimant dans le voisinage d'un circuit fermé, il se forme iam et circuit un courant induit de sens tel qu'en agissant, suivant les lois delélfctro- dynamique, sur le courant inducteur ou sur Vaimant, il leur comifi«niçi^ rait un mouvement inverse de celui quils possèdent en produisant Vindveti^n. Il résulte de là que, si le mouvement imprimé au courant inducteur on à l'aimant est instantané, le courant induit est lui-môme instantané; sicenoo-
^ Mémoires de la société des sciences de LiUe, décembre { 844.
Fig. 4288.
COURANTS d'induction. 675
vement est continu, le courant induit est lui-même continu. Quelques exemples feront comprendre la généralité de cet énoncé.
i*" Un courant inducteur approché parallèlement d'une partie d'un circuit fermé, y développe un courant induit de sens contraire; car un semblable courant, introduit dans le circuit fermé, repousserait le courant inducteur. Si Ton éloigne ce dernier, il se produira un courant induit de môme sens que lui ; car an semblable courant tendrait à le rapprocher. 2^ Une portion rectiligne d'un circuit fermé, perpendiculaire à un courant indéfini et marchant parallèlement à elle-même dans le sens de ce courant, est parcourue par un courant induit continu, allant vers le courant indéfini ; car un semblable courant soumis à Vinfluence d'un courant indéfini marcherait en sens contraire de ce dernier (1690).
Un aimant placé parallèlement à une portion de circuit fermé et auquel on imprime un mouvement angulaire, développe dans ce circuit un courant induit dont le pôle nord occupe la droite ; car un semblable courant existant préalablement dans le circuit, tournerait le pôle nord à sa gauche. Si l'on enfonce un aimant perpendiculairement jusqu'à sa ligne neutre, dans un anneau, ce dernier reçoit un courant induit tel que le pôle nord de l'aimant soit à sa iroile; car un semblable courant ferait ressortir l'aimant de l'anneau (1662). •^La roue de Barlow mise en mouvement entre les branches de son aimant, est parcourue par un courant continu qui marche suivant le rayon vertical, et de même sens que le courant qu'il faudrait faire passer dans cette roue pour la &ire tourner en sens contraire du mouvement qu'on lui imprime. — Les appareils avec lesquels on produit les mouvements de rotation d'un aimant par un courant, ou d'un courant par un aimant, sont parcourus par un courant induit dans le circuit fermé qui en fait partie, quand on fait mouvoir directement la partie mobile, et ce courant a le même sens que celui qu'il faudrait faire passer dans l'appareil, pour imprimer à cette partie mobile un mouvement opposé à Celui qu'on lui donne. — Un circuit fermé placé dans le méridien magnétique, «t qu'on fait tourner brusquement autour d'un axe vertical pour le mettre perpendiculairement à ce plan, est parcouru par un courant induit qui va de l*Ouest à l'Est, dans la partie inférieure, si le mouvement a été fait de l'Est à I*Ouest, en passant par le Sud ; car ce même courant parcourant le circuit, le ferait tourner précisément en sens contraire.
f 7S7. HACIINB8 lAGNiTO-iLECTBiQUSS. — De même qu'on produit du magnétisme au moyen de l'électricité, de même on peut produire de l'électricité, par induction, au moyen des aimants. On a imaginé des appareils, nommés machines magnélchélectriques, au moyen desquels on développe cette électricité en hissez grande quantité pour en obtenir tous les effets propres à cet agent tant à Vétat statique qu'à l'état dynamique. Le premier appareil de ce genre a été construit par M. H. Pixii, en 1832.
■aehine de Pixii. — Un aimant en fer à cheval acb {fig, 1289) peut tourner autour d'un axe vertical eo, au moyen d'une roue r et d'un pignon denté.
Les pôles de l'aimant rasent, sans les toucher, les extrémités du fer doox d'un électro-aimant ÂB, dont le fil de cuivre est destiné à recevoir les coannts induits. Les bobines de chaque branche se nomment bobines (Tindueiiim. Quand les pôles a et 6 de raimant(/?^. 1290) s'approchent des extrémités c, e' de
Télectro -aimant , il se produit dans le fil de ce dernier, un courant induit de sens contniire an courants de Taimant. Ce courant augmente d'iitensité à mesure que la distance dimione, et son maximum a lieu à l'instant où les pôles de l'aimant arrivent en face des extrémités r, c'. Les ordonnées de la courbe AmB peuvent servir h représenter ces variations d'intensité. — Quand les pôles s'éloignent ensuite en a'b\ il se prodoit un nouveau courant induit direct, par conséqueii de sens contraire au précédent , dont Tinteosité diminue à mesure que la distance augmente, comme le représente la courbe BnC. Les pôles de l'aimant, après avoir tourné de 90"", s'approchent de nouveau des branches du fer doux , eo h't% et produisent un courant induit négatif, mais de sens contraire au premier , AmB, parce que les pôles de l'aimant ont changé de place. Ce troisiéae courant est donc de même sens que le second BiiC, dont il sera comme la continuation, et auquel il se superpose en partie, car le pôle a' se rapproche de c' ea même temps qu'il s'éloigne de c, de sorte que le maximum d'intensité a liei quand la ligne des pôles de l'aimant est perpendiculaire à celle de l'électro-
aimant. La courbe BoD représente les intensités du courasi provenant de la superpositioi des deux courants succes$if>.
représentés séparément par les courbes BnC et CpD. LecounuU induit qui aura lieu ensuite, as moment de l'éloignement des pôles, 6"', a", devant être df sens contraire au précédent, sera DrE, de même sens que le premier AmB. On voit donc qu'il y aurai chaque tour, quatre courants induits, les deux moyens marchant dansuo mèmt sens, et les deux extrêmes dans le sens opposé. Si donc la rotation est assfl rapide pour qu'il n'y ait pas d'interruption sensible entre deux courants consé cutifs de même sens, comme en BoD, et si l'on commence à compter les touR en B, au moment où l'aimant s'écarte de l'électro-aimant , on ne IrouTeraà chaque révolution que deux courants se succédant en sens contraire.
Fig. 4 289.
^jj"
Fig. 4 290.
MACHINES MAGNÊTO-ÉLECTRIQL'KS. 677
Poar obtenir des étincelles électriques au moyen de cet appareil, on enfonce n des bouts du fil de Télectro-aimant dans un vase plein de mercure v g. 1*289) pendant que l'autre bout affleure la surface de ce liquide légère- (nt agitée pendant le mouvement de rotation ; et Ton voit jaillir de petites ocelles au point d*affleurement. — Si Ton prend dans ses mains mouillées ic de Teau salée ou acidulée, des cylindres métalliques fixés aux extrémités fil, on reçoit des commotions qui se répètent à chaque changement de sens courant. — Si Ton ferme le circuit avec un voltamètre, l'eau est décoraiée ; seulement, comme le courant marche successivement dans les deux is, on recueille à chaque électrode un mélange d'oxygène et d'hydrogène, ur recueillir les gaz séparés, M. H. Pixii employait un commutateur analogue «lui d'Ampère (1683). La bascule était mise en mouvement par un excen- ]ue fixé à l'arbre tournant , de manière à renverser le courant au moment il changeait de sens autour de Télectro-aimant, et à lui conserver ainsi une ection constante dans la partie du circuit précédée par le commutateur. On ploie aujourd'hui le commutateur de M. Ruhmkorff, que l'on fixe à l'arbre irnant. Avec certaines précautions que nous indiquerons, on a pu charger condensateur, et par conséquent obtenir de Télectricilé statique par ifluence de l'aimant. Tous ces phénomènes se produisent plus facilement *c les appareils que nous allons décrire. llfSS. Machines de Saxton et de Glarke. — Dans la machine de
Saxton, l'aimant est fixe et horizontal, et Télectro -aimant tourne en prêtée des pôles de l'aimant, autour d'un axe horizontal auquel aboutissent les rémités de son fil, ce qui donne le moyen de renverser facilement le couit. M. Clarke a perfectionné cet appareil, et lui a donné la forme *sous uelle il est représenté, en coupe et en perspective, dans la fig, i29J. A, A' un fort aimant en fer à cheval, maintenu par une traverse //, (' contre des , qu'on enfonce plus ou moins dans une table verticale TT, T', pour régler josition de l'aimant, aa est Télcclro-aimant, mobile autour d'un axe horizonqui passe entre les branches de l'aimant ; a' a' est une coupe d'un autre ctro-aimant à fil plus court, qui peut se substituer au premier. Les extré- .és libres des branches de l'électro aimant rasent la surface de l'aimant ; îs sont réunies par une bande de cuivre qui porte en son milieu une vis on adapte à un écrou pratiqué dans l'axe oo\ Cet axe reçoit un mouvement rotation, de la roue R, R et d'une corde sans fin passant sur la poulie p. i extrémités du fil de l'électro-aimant sont soudées, Tune à un arbre métairie c, c' fixé au milieu de la bande de fer aa, a'a\ qui forme la partie dorsale l'électro-aimant, l'autre à un anneau métallique a séparé de l'arbre par une oie en ivoire. On peut fermer le circuit, en réunissant par un arc métallique ineau a à l'arbre r, & .
Pour fermer le circuit, on a disposé, au-dessous du cylindre c, r', deux ques épaisses en laiton n, n', isolées par une pièce de bois. Ces plaques "tent des ressorts , dont un, r, s'appuie sur l'anneau a, et dont l'autre , r\
communique avec Tarbre, directement ou par lUntermédiaire de pièces diverses fixées à cet arbre. De cette façon , les extrémités du circuit induit sont en n et n' ; on le fermera donc en réunissant ces deux plaques.
Gommotioii. — Pour éprouver la commotion de la machine de Clarke, on enfonce dans des trous pratiqués dans les plaques n, n\ des fils de cuivre/',/' terminés par des poignées en métal, ou manipules. M, M', que Ton prend dans les mains, mouillées avec de l'eau salée ou acidulée pour rendre l'épiderme conducteur. On éprouve une commotion à chaque changement de sens des courants induits. Mais, comme les mains et les bras conduisent asseïmal, ces courants induits, et par suite les commotions, sont faibles. Pour les rendre
Fig. 4 291.
plus intenses, les ressorts r, r' étant toujours en communication, Tun, r, avec l'anneau a, l'autre, r', avec le cylindre r, on adapte à ce cylindre, au moyen d'une vis de pression, une pièce de rupture en métal, ou disjoncteur, représentée à part en D (/?^. 1291). Une languette métallique / s'appuie sur le disjoncteur, qui est disposé de manière que la languette / cesse d'en toucher les parties renflées, au moment où les branches de l'électro-aimant arrivent dans la position verticale, ce qui a lieu deux fois à chaque tour. Alors le circuit est interrompu en /, et cela an moment où le courant induit est à son maximum d'intensité. Tant que la languette / touche le disjoncteur, le courant induit passe par ri ni /, trajet dans lequel il trouve peu de résistance; mais, au moment où le circuit est interrompu en /, le courant, arrivé à son maximum d'intensité, n'ayant pas d'autre issue, se précipite dans l'arc de dérivation e, e' dont fait partie l'observateur, qui reçoit alors une forte commotion. La codh motion se répète ainsi deux fois à chaque tour. Elle est très forte quand le 61 de l'électro-aimant est long et fin, de manière à présenter une résistance, romparable à celle qu'oppose l'arc de dérivation. On donne ordinairement an fil.
SIACHIXES MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES. 679
de i200 à i500 mètres de longueur; les commotions sont alors insupportables, même quand les mains ne sont pas mouillées. Elles ont pour effet de contracter les muscles et de faire serrer involontairement les manipules: On en augmente le nombre et l'intensité en tournant plus vite, et on peut les faire éprouver à plusieurs personnes formant la chaîne. — Quand on veut communiquer la commotion à différentes parties du corps, pour les applications médicales, on remplace les manipules par des cylindres métalliques contenant des éponges mouillées avec de Teau salée, que Ton applique sur la peau.
AetioBB ehimiqnes. — Si Ton met les flls /", f* en rapport avec un voltamètre, Teau est décomposée pendant la rotation. Mais, le courant changeant de sens à chaque demi>tour, il se dégage aux électrodes un mélange d*oxygène et d'hydrogène. Ces gaz y sont produits alternativement, et si Ton tourne trop YÎie, ils se recombinent et l'on n'obtient qu'un faible dégagement. Quand on veut obtenir les gaz séparés, il faut ne laisser passer que les courants d'un même sens ; pour cela, on emploie le disjoncteur D' (fig. 1291 ), qui ne touche Je ressort / qu'une fois à chaque tour, il vaut encore mieux renverser l'un des deux courants qui se suivent, de manière à leur donner le même sens dans la partie du circuit qui contient le voltamètre. Pour cela, on adapte àTarbre c, divers commutateurs. Le plus simple, représenté à part en mm' [pg. 1291), n'est autre chose que celui de M. Ruhmkorff (1683). L-une des bandes métalliques m communique avec l'anneau u! auquel aboutit l'une des extrémités du fil induit; l'autre, m', par une vis de pression, avec l'arbre c, auquel aboutit l'autre extrémité de ce fil. Des ressorts «, s' s'appuient sur le cylindre d'ivoire, de manière à faire passer le courant dans les plaques N, N', quand ces ressorts touchent les bandes m, m', et a le renverser au moment où il change de sens dans le fil induit, c'est-à-dire au moment où l'électro-aimant passe par la position horizontale.
Si l'on fixe aux plaques N, N', deux disques de platine rf, d\ entre lesquels on interpose un morceau de papier de tournesol mouillé avec une dissolution saline neutre, le sel se décompose, et l'acide colore le papier.
Le commutateur mm' peut remplacer, pour les commotions, le disjoncteur D; il suffit pour cela d'ajouter un troisième ressort s*, qui s'appuie sur l'anneau a', de manière que le circuit soit fermé par la plaque N quand la bande m' touche le ressort «, et que le courant ne trouve d'autre passage que le fil de dérivation, quand elle touche la bande m.
Manière d'obtenir de réiectrieité statique. — On dispose sur l'arbre c, le disjoncteur D' (fig. 1291 ), et l'on fait communiquer un des fils /, f avec l'armature extérieure d'une bouteille de Leyde; puis, pendant la rotation, on fait toucher, aussi rapidement que possible, au bouton de la bouteille, l'extrémité de l'autre fil tenu par un manche isolant, de manière à n'obtenir qu'une
> L'intensité de la commotion est augmentée par Teffet de ce que Ton appelle Vexira-cowanty dont nous parlerons plus loin (t76t).
seule étincelle. Si l*on cherchait à en obtenir plusieurs, on déchargerait la booteille, dont les armatures communiqueraient par les fils de Télectro- aimant. On peut ensuite charger un électroscope, en le faisant communiquer avec l'armature intérieure.
Etincelle. — L'électro-aimant à long 01 aa qui sert aux effets physiologiques et chimiques, et que Ton nomme armature (TinteHsiié, ne convient pas pour obtenir les effets physiques. On emploie alors Télectro-aimant a'a\ nommé armature de quantité, dont le fer présente une plus grande masse, et dont le fil, plus gros, n*a que 40 métrés de longueur. Si Ton fixe h Tarbrcc' de cet électro-aimant, le disjoncteur D, on distingue li^ ^S^ de petites étincelles à Textrémité de la languette /,
^^^ m^^W^^ ''^" moment où les parties renflées viennent la loucher. Pour en obtenir de plus fortes , on adapte aux fils /*, f des porte-crayons dans lesquels on fiie (les pointes en plombagine , qu'on rapproche , et entre lesquelles on voit jaillir deux étincelles i chaque tour. 11 vaut mieux encore enlever le disjoncteur et le remplacer par un système de deux pointes, f {fig. 1292), dirigées suivant les pôles de Féleclro- Fig f992. aimant. Pendant le mouvement de rotation, ces
pointes plongent dans du mercure contenu dans une petite coupe métallique c fixée à la plaque n, ain^i que le ressort r. Chaque pointe donne une vive étincelle au moment où, sortant du mercure, le circuit est rompu. Cette étincelle peut enflammer de Téther versé sur le mercure.
Si l'on remplace l'anneau à pointe, par la virole métallique r, à laquelle oa peut adapter des tiges t de divers métaux; et la coupe c, par un ressort terminé par le nif^me métal, et touchant à chaque tour la tige /, on obtient de petite* étincelles dont la couleur dépend de la nature du métal.
Actions magnétiques. — On dispose sur l'arbre r, le commutateur mm (fig, 1291), et l'on fait communiquer les fils /*, f avec le fil d'un réomètre; l'aiguille est déviée pendant le mouvement de la machine. Si l'on remplace le réomètre par un petit électro-aimant, on peut lui faire porter des poids de plusieurs hectogrammes.
Actions calorifiques. — On fixe aux plaques n' et n (fig. 1291 ) des fils (le cuivre, entre lesquels est tendu un fil de platine fin et court ; ce fil rougit pendant que l'appareil tourne très vite. On opère, soit avec le commutateur «»'. soit avec le disjoncteur D. Si l'on fait passer les courants induits îi travers l'hélice d'un thermomètre de Breguel , il indique aussitôt réchauffement qu'il éprouve. 1729. Influence de la vitesse de rotation. — Quand on augmente la vitesse de rotation des machines magnéto-électriques, on modifie Tintensit^ des effets qu'elles produisent , non seulement parce que les courants induits se succèdent plus rapidement, mai^ encore parce que chacun d'eux augmente individuellement d'intensité , ce qui tient à la rapidité plus grande avec
MACHINES ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES. 68i
laquelle Tainiant inducteur s'approche et s* éloigne des bobines d'induction. M. de La Rive a vu 46â courants induits dégager une certaine quantité de gaz quand il s*en produisait 28 par seconde, tandis qu'il en fallait 1050 pour dégager la même quantité de gaz, quand il n'y en avait que 14 par seconde. M. Wartmam a reconnu qu'il ne se produit plus de courants sensibles, quand le mouvement est très lent.
M. Lenz et M. de La Rive ont constaté aussi qu'il y a un maximum de vitesse ao-delà duquel les effets diminuent, (^e maximum dépend de la résistance du circuit induit, et diminue quand elle augmente. Par exemple, M. Lenz ayant réuni bout à bout les fils de 6 bobines d'induction, de manière que le même courant les parcourût successivement, puis les ayant réunis, de manière que les courants induits se partageassent entre les six fils, trouva que, dans ce dernier cas, le maximum avait lieu, avec une vitesse de rotation beaucoup plus grande, et que l'intensité du courant induit était dix fois plus forte que dans le premier cas.
La rapidité plus ou moins grande avec laquelle le fer change d'état magnétique, influe aussi sur la vitesse qui correspond an maximum. On conçoit môme que, s'il D*est pas parfaitement doux, il y aura une Tiiesse telle que, n'ayant pas le temps de s'aimanter et de rentrer à l'état neutre pendant chaque demi-tour, il n'y aura pas de courant induit.
4V30. Appareil de H. Breton , ete. Fig. 1293.
— L'appareil de Clarke , h cause de son
volume et de son poids, est peu commode pour les usages médicaux. On a imaginé des appareils de moindres dimensions disposés spécialement pour donner des commotions. La fig. 1^03 représente celui de M. Breton, dans lequel les courants sont excités par la méthode de M. Page (1702). Un barreau de fer doux a (fig, 1293) reçoit un mouvement rapide de rotation, en face des pôles d'un aimant A, au moyen d'une roue à manivelle et d'une chaîne sans fin e. Autour des branches de l'aimant, sont enroulés les fils induits. Quand on ne veut employer que les courants d'un même sens, on introduit dans le circuit, une roue r dont le contour est alternativement en bois et en métal, et qui reçoit son mouvement de rotation, de la manivelle. Ce mouvement est tel, que les courants d'un certain sens passent par les parties métalliques, tandis que les courants opposés sont interceptés par le bois. Pour graduer l'intensité des commotions, on éloigne plus ou moins l'aimant, du barreau tournant, au moyen d*une vis de rappel V ; les distances sont indiquées sur l'échelle e. Une baguette en fer doux suspendue au bouton b peut aussi être appliquée latéralement aux pôles de Taimant, de manière à amortir, par son magnétisme opposé à celui de
ELECTRO- MAGNETISME.
Taimant, l'effet de ce dernier sur le fer tournant, et par conséqaent Tintensité des courants induits. De plus, il y a deux fils enroulés sur les branches de Taimant ; Tun gros et assez court , l'autre fin et beaucoup plus long, superposé au premier. Ces deux fils reçoivent, de Taimant, des courants induits de même sens; mais ceux du fil court donnent de faibles commotions, tandis que celles du fil fin sont très énergiques, et d'autant plus que le mouvement de rutatioo est plus rapide. L'appareil de M. Breton, simple et d'un emploi commode, est en usage dans les hôpitaux. Il peut arriver que l'aimant s'affaiblisse à la longue; on lui rend sa première force en faisant passer le courant d'une pile en sens convenable, à travers le gros fil.
M. Duchenne a construit un appareil électro-médical analogue au précédent, et qu'il nomme appareil magnéto- faradique. L'aimant en fer à cheval est entouré de deux bobines superposées, l'une formée d'un fil de cuivre de {"de diamètre et de 24 mètres de longueur, l'autre d'un fil de 3"'» et de 600 mètres.
On peut utiliser à volonté lescourants développés dans l'un ou l'autre de ces fils, par la rotation du barreau de fer doux. Un commutateur fixé à l'arbre tournant permet de n'utiliser, au besoin, que les courants qui vont dans le même sens. Go (ait varier la force des commotions, en rapprochant ou éloignant deraimant, au moyen d'une vis de rappel à tête divisée , le système du barreau de fer et de la roue qui sert à le faire tourner. On peut encore graduer l'intensité des commotions , par un moyen, imaginé par M. Dove, qui consiste à envelopper les bobines d'induction, de cylindres en cuivre que l'on peut retirer plusoumoins. Ces cylindres onllapmpriété d'amortir les commotions en diminuant l'intensité des courants induits, par un efTol d'induction analogue à celui que nous avons constaté en parlant de l'aimantation parles courants (1 620), et dont nous donnerons l'explication plus loin. MM. Gai(îe et Loiseau remplacent le barreau de fer tournant, par un électro-aimant A (/?//. 1294), de manière h obtenir des courants induits, dans le fil de ce dernier. Ces courants peuvent être réunis à volonté à ceux qui se développent autour de l'aimant, et en augmenter ainsi TefFet.
1731. IHachine d'indoction par la terre. — On a fait beaucX)Up de tentatives pour obtenir les effets ordinaires de l'électricité dynamique, au moyen des courants induits par la terre. MM. Palmieri et Santi-Linari ont réussites premiers, au moyen de l'appareil qui suit.
Batterie masnéto-électro-tellurlqne K Des tubes de fer douX, bouchés
» Annales de chimie el de physique, 3« série, t. Vlll, p. 503, et l. XV, p. 34.
Fig. 1294.
par des cylindres de même métal sont fixés perpendiculairement à un arbre en bois, pouvant tourner, au moyen d'une roue et d'une corde sans fin. Un même fil de cuivre s'enroule en hélice sur ces tubes, en passant de Tun à Tautre, de manière à toujours former des hélices de même espèce. Les extrémités de ce fil sont fixées à un commutateur analogue à celui de la machine de Clarke. L'axe étant placé perpendiculairement au méridien magnétique, on peut, en le faisant tourner, produire des commotions, décomposer l'eau, et obtenir des élincelles.
Plus tard, M. Palmieriest parvenu à obtenir les mêmes résultats sans fer doux, au moyen de larges spirales tournant autour de leur diamètre placé perpendiculairement au méridien magnétique. Vers la même époque, M. Delezenne obtenait des commotions et des indices de décompositions chimiques, avec son cerceau (1725), en fixant à l'axe , un commutateur ou un disjoncteur analogues à ceux de la machine de Clarke.
^13%. Applications des eonrants maipnéto-électrlqaes, — Les machines magnéto-électriques fournissent un moyen simple d'obtenir de l'électricité; mais â la condition de dépenser une certaine quantité de travail mécanique nécessaire pour les mettre en mouvement. Néanmoins elles nous présentent le moyen le plus économique d'obtenir de l'électricité, et l'on en a déjà faitplusieurs applications. En Angleterre, notamment à Birmingham, on utilise de puissants appareils, pour la galvanoplastie. Oh a aussi employé les courants magnétoélectriques pour décomposer l'eau et se procurer ainsi de grandes quantités d'hjdrogône, que l'on combinait ensuite avec du carbone pour l'employer à réclairagc. Les appareils qui furent établis pour cela, aux Invalides à Paris, sont des plus puissants. Us se composent de six machines semblables, renfermant chacune 48 forts aimants distribués, par rangées de six, autour d'une roue en bois qui porte les bobines d'induction et des commutateurs disposés de manière à produire le renversement du courant 8 fois à chaque tour. On a renoncé à ce moyen de se procurer du gaz inflammable; mais le puissant appareil, mu par une machine à vapeur de 4 à 5 chevaux, fournit une quantité d'électricité capable d'entretenir simultanément plusieurs arcs voUaïques. C'est par ce moyen qu'on peut espérer de résoudre un jour le problème de l'éclairage économique par l'électricité.
n. Lois ot théorie des courants d'induction.
f V33. Après avoir fait connaître les faits de l'induction, il nous faut étudier les lois de ces phénomènes, c'est-à-dire chercher comment varient les intensités des courants induits, avec la distance h laquelle s'exerce l'induction, avec les dimensions des circuits induit et inducteur, etc. Dans les expériences que l'on fait à ce sujet, on a souvent besoin d'interrompre et de rétablir rapidement le courant inducteur, de ne recueillir que l'un des deux courants induits successifs en interrompant l'autre, ou bien enfin de renverser ce dernier, pour obtenir
dans une partie du circuit induit, des courants toujours de môme sens. Les physiciens ont imaginé divers appareils destinés i^ remplir ces différentes conditions ; ils sont désignés sous les noms de commutateurs, disjoncteurs, /oe&jftropeSy gyrotropes, réotropes. Nous allons d'abord décrire deux de ces appareils. 1734. Réotrope de HH. Hasson et Br^ffoet >. — Cinq roues métalliques a, 6, c, d, r (fig. 1295), garnies de dents égales dont les intervalles sont remplis par du bois, sont fixées à un même arbre tournant, et isolées les unes des autres. La roue r sert uniquement h interrompre le courant de la pile P. Le 111 qui joint les pôles dn cette pile s'enroule autour de la bobine B, en même temps que le fil induit xy. Les quatre autres roues, a, 6, c, d sont affermies sur l'arbre
tournant, de manière que les dents de bois des roues extrêmes se trouveol vis-à-vis des dents métalliques de celles du milieu. L*extrémilé x du fil induit est fixée à une bande de métal mn qui porte deux ressorts ma, ne s'appuyant sur l'un des côtés des roues ir ^^ \^,ar^ iT/iS^ll w, C ; et l'extrémité y communique m/V ^"^^^^^-J^^/ avec une autre bande, m' n', qui porte
des ressorts m'b, n'd s*appuyant sur lig. i2'J5. les roues 6, d. D*autres ressorts,
réunis deux à deux sur des plaques de métal p, p, s'appuient sur les contours des roues, et c'est à ces plaques qu'on fixe les extrémités de la portion M du circuit , dans laquelle on veut que des courants induits se succèdent toujours dans le même sens. Les ressorts p, p sont disposés de manière que ceux des roues a ei d s'appuient sur du métal pendant que ceux des roues 6 et r s'appuient sur du bois, ei tnce versa.
Voici comment marcheront les courants en M, pendant la rotation du système. Supposons que le circuit inducteur se fermant, le courant induit parte de X, et que les ressorts des roues a ei d s'appuient sur du métal, auquel cas les ressorts des roues 6, c louchent du bois. Le courant suivra la direction des (lèches, et retournera au fil y, par la roue d. Si les roues ont marché d'une dent, le courant inducteur sera interrompu en r, elle courant induit changera de sens en xy. Il partira donc de^, et suivra la direction des flèches ponctuées, car les ressorls qui louchaient des dents de métal reposent actuellement sur du bois, et réciproquement. On volt que le sens du courant restera le même en M. Réotrope de iH. Wartniann ^. — Cet appareil se prête à toutes les combinaisons possibles. Trois roues mélalliques H, S, 1 (fig. 1296), dont le contour porte \2 dents séparées par 12 morceaux de bois, sont fixées à un arbre métallique. La roue R communique avec cet arbre et avec le ressort (? qui
^ Annales de chimie et de physique, 3« série, t. IV, p 4 33. '^ Annales de chimie et de physiquCy 3« série, l. XXll, p. 5.
e presse. Les deux autres roues sont séparées de Tarbre par des cylindres en voire* enveloppés de viroles de cuivre sur lesquelles s*appuient les ressorts e ^h. Les ressorts e, ^ et ^ communiquent avec trois cubes en métal munis de rons. Enfin, deux ressorts opposés /, /' ; «, s' ; r, r' s'appuient sur les conours de chaque roue, par Tintermédiaire de vis qui servent à faire varier la iression, et de manière que celui qui est en avant s*appuyant sur une dent de lois, celui qui est à l'opposé s'appuie sur du métal. On peut régler la position le ces ressorts, au moyen de vis à tète servant à les fixer par leur partie inféieare, qui est fendue pour qu'on puisse les relever plus ou moins. Les têtes de ',es Tis portent des trous, qui peuvent recevoir des fils métalliques. Enfin, les lents de bois de la roue du milieu alterlent avec les dents de métal des deux lotres.
Soit B la bobine d'induction, et /", f es fils de la pile. La roue R servira à oterrompre le courant inducteur, puis- |oe le fil /Bo communique par le ressort f et l'arbre , avec cette roue. Veut-on le conserver que les courants directs lans le circuit induit, on fera commu liqnerles extrémités x, y de ce circuit, iTec les ressorts e et s , de façon qu'il rig. 1296.
;era interrompu en oc au moment où, le
essort r arrivant sur une dent de métal, il se produira un courant induit averse; tandis qu'il sera ouvert au moment où se produira le courant direct. — Si l'on ne veut conserver que les courants inverses, on fera communiquer es extrémités xtiy avec les ressorts h et /; le circuit induit sera alors fermé iQ même moment que le courant inducteur. On pourrait aussi se servir des essorts e et «, en ayant soin de relever le ressort s de manière qu'il touche le Qétal en même temps que le ressort r ; l'appareil pourrait donc n'avoir que deux tNies. — Si l'on veut enfin que les courants induits de sens opposé parcourent., oujours dans le même sens, un fil M, on fera communiquer une des extrémités le ce fil avec les ressorts s, t, et l'autre, avec les ressorts opposés 8\ t\ les extrémités x, y du fil de la bobine communiquant avec les ressorts e et h. ^apposons que le courant induit inverse, engendré au moment où le ressort r irrive sur du métal, sorte de la bobine par l'extrémité x ; ce courant suivra le essort h, la roue T arrivera au ressort ( qui s'appuie sur du métal, tt parcourra le fil M dans le sens de la flèche, puis le ressort s' opposé ks (ce essort s' s'appuyant sur du métal pendant que s repose sur du bois), traver- «ra la roue S, et enfin le ressort e, avec lequel communique l'extrémité y. Si e courant induit change de sens et sort par y, c'est que le courant inducteur l'interrompt, le ressort r touchant une dent de bois. Alors le courant passe lar le ressort e dans la roue S, puis dans le ressort s qui s'appuie sur du
686 ELECTBO-MAGiNÉTISME.
métal, parcourt le fil M, remonte par le ressort /', suit la roue T, etentiole ressort h, dans la direction des flèches ponctuées.
i73S. Comparaison des ronrants ladoitSy par lears divers effets.—
M. Henry est le premier qui se soit occupé de rechercher les lois auxquelles sont soumis les courants d'induction. Il évaluait Tintensité de ces sortes de courants, par la commotion, Tétincelle, les actions chimiques, la déviation de Taiguille du réomètre, ou enfin par Taimantation d'une aiguille d'acier renfermée dans une hélice faisant partie du circuit induit'. Il a d'abord constaté que ces intensités sont soumises à des lois différentes, suivant qu'on les évaloe au moyen de ces divers effets. Par exemple, le courant d'un couple étant lancé d'une manière intermittente dans une spirale, les courants induits dans nne autre spirale formée d'un ruban de cuivre de i8 mètres de long donnaient des commotions extrêmement faibles ; cependant ils produisaient de petites étincelles, décomposaient l'eau et aimantaient une aiguille d'acier. La spirale induite ayant été remplacée par une autre formée d'un fil de S422 mètres, les étincelles furent beaucoup plus faibles ; il n'y eut plus ni aimantation ni déconposition chimique, mais les commotions furent tellement fortes que 66 personnes purent les éprouver en même temps. Du reste, il y a un maximum de longueor du fil induit, d'autant plus élevé que sa section est plus grande, au-delà daqod les secousses vont en s'affaiblissant.
Pour expliquer ces différences d'actions, remarquons que l'action indoctrice totale, ou la quantité d'électricité mise en mouvement dans le circuit induit, reste la même, comme nous allons le voir, pour des variations égales de la distance, ou de l'intensité du courant inducteur. Si donc la variation se fait rapidement, la même quantité q d'électricité traverse le circuit induit dans un temps plus court / ; sa tension I ou la force élertromotrice est donc plus grande, car on a q=tL Or certains effets (étincelle, déviation de l'aiguille, actions chimiques) dépendent de la quantité d'électricité qui passe dans un temps très court; tandis que d'autres (aimantation, commotion) dépendent de la tensiw et par conséquent de la rapidité du passage.
4736. L.a quantité d*électricit6 mise en monveatent est la WÊèmt dans le courant induit inverse et dans le eonrant direet. — Si loo compare les deux courants induits inverse et direct, au moyen de la déviatioa de l'aiguille aimantée, on les trouve égaux entre eux quand ils sont produits par des changements égaux de la dislance ou de l'intensité du courant inducteur ; ce qui montre qu'ils contiennent des quantités égales d'électricité, circulant pendant un temps très court, mais qui n'est pas nécessairement le même pour tous les deux.
M. IMatteuccia prouvé l'égalité des quantités d'électricité dans les deux courants induits direct et inverse, en faisant passer le courant d'une pile, par
ï Trans. de la Société })hil. améiicaine , t. VI et VIII ; et Ann. de chimie et dt pkfsiqK 3e série, l. 111, 394.
ntermittences, au moyen de la roue R (fig. i296) dans la bobine B, et faisant nsser tous les courants induits à travers un voltamètre h sulfate de cuivre nterposé dans le circuit induit xy, 11 ne se fait aucun dépôt de cuivre, ce qui nontre que les courants qui se succèdent dans les deux sens, se neutralisent Dutuellement.
M. Matteucci et M. A. Lallemand ont prouvé le même principe au moyen des lelions électro-dynamiques. Ce dernier physicien opérait avec hhalance éleclroifnamique (fig. 1297) K C*est une balance de torsion dans laquelle est suspendu un fil de cuivre contourné en deux spirales a, b de sens contraire, de manière .\ annuler l'action terrestre. Les extrémités le ce fil plongent dans des coupes de mercure c, c, par lesquelles on fait arriver le courant induit. On présente à Tune des spirales, a , une troisième spirale réopbore qui agit sur elle, et Ton cherche la torsion qu'il faut donner au fil pour maintenir à Dne distance constante, les spirales en présence. Si Ton fait passer dans ces spirales la môme série de coorants induits provenant, soit d*une machine de Qarke, soit d*une pile au moyen d*une roue dentée, il y a attraction ou répulsion , suivant que les courants sont de même sens ou de sens contraire dans les spirales en présence , dans lesquelles ils sont renversés au même moment. On obtient des résultats semblables quand , au moyen d*un réotrope, on ne
fausse passer que les courants induits d*un même sens. Si la spirale fixe est pareoarue par un courant continu, Faction est nulle quand la spirale mobile reçoit les courants inverses et directs ; et, quand ces courants passent isolément, il y a attraction ou répulsion, et l'angle de torsion qui les mesure est le même.
4737. Comparatoon des efTets qui dépeadeiit de la tensioa des «•nrants directs et laverses. — Les courants induits inverses et directs prodoits par l'introduction et la suppression du courant inducteur, aimantent une aiguille d'acier d'une manière très difTérente ; ce qui tient à ce qu'ils ont des dorées et, par conséquent, des tensions différentes. C'est le courant direct qui remporte ordinairement. Aussi, comme l'a reconnu M. Abria, quand on ajoute la résistance d'un fil à la spirale induite, on affaiblit dans une plus grande proportion le courant inverse que le courant direct.
Les effets calorifiques sont aussi plus intenses, avec les courants directs qu'avec les courants inverses, ce que l'on reconnaît en faisant passer le même nombre de courants inverses ou directs, dans un fil de platine enroulé autour de la soudure d'une pince thermo-électrique en communication avec un réométre à fil court (U93).
Fig. <297.
Annales de chimie ei de physique ^ 3* série, t XXII, p. 49.
Quand il s*agitde la commotion, les différences entre les courants directs et inverses dépendent de la tension du courant qu'on introduit et qu'on supprime dans le circuit inducteur. Ainsi, M. Henry trouve, avec les deux spiniles citées ci-dessus (1735), qu'en employant un seul couple, le courant induit direct oq par rupture, donne une secousse forte, tandis que le courant inverse n'eo
donne qu'une très faible. Si l'on réunit successivement 2, 3, l couples, la
secousse du courant inverse augmente peu à peu, celle du courant direct variant à peine. Avec 10 couples, les commotions des deux courants induits sont les mômes ; et avec 30, le courant inverse l'emporte notablement sur le couraiît direct. On arrive aux mêmes résultats en diminuant la résistance du circuit inducteur, soit en réduisant sa longueur, soit en augmentant sa sectioo, la partie en hélice restant toujours la même. Ces résultats se conçoivent facilement, car la tension augmentant, ou la résistance diminuant dans le circuit inducteur, le courant, qui s'y propage de proche en proche, s'y établit plusbrosquement , la durée de Vélat variable étant moindre (1628). il n*en est plasdf même pour le courant direct, l'électricité existant d'avance dans le circuit inducteur quand on le rompt.
Il résulte de ce qui précède qu'il faut avoir grand soin, quand on énonce les lois relatives aux intensités des courants induits, d'indiquer par quels effets ces intensités sont comparées, il y a même une distinction à faire relativemeot aux actions magnétiques, suivant qu'on observe la déviation de l'aigaille aimantée, ou les degrés d'aimantation communiquée à une baguette d'acier.
M. Abria, dans un beau travail sur les lois des courants induits, a employé principalement, pour en mesurer les intensités, l'aimantation d'une aiguille d'acier ^ Il a d'abord constaté que le courant induit, produit en une seule fois le maximum d'aimantation dont il est capable; car si l'on répète plusieurs fois l'expérience, la force magnétique de l'aiguille n'augmente pas. Bien entendD qu'on a soin de.retirer cette aiguille de l'hélice, pendant le passage des couranis inverses, qui alternent avec ceux qui l'aimantent. Du reste, les courants induits produits par l'introduction et la suppression du courant inducteur, ont une durée tellement courte que, si Ton introduit aussi promptement que possible l'aiguille d'acier dans l'hélice, après avoir fermé ou rompu le circuit inducteur, cette aiguille ne reçoit aucune trace d'aimantation. M. Abria déduisait la force magnétique de l'aiguille, de ses oscillations sous l'influence de la terre, l^es aiguilles avaient IG'"'" de long"* et 0""",4 à 0">™,5 de diamètre ; avec ces dimensions, l'intensité des courants est proportionnelle »îla force magnétique (i665i, et varie par conséquent en raison inverse du carré de la durée de l'oscillation.
«738. LOIS DES COURANTS INDUITS. — Ccs lois s'appliquent également aoi courants inverses et aux courants directs ou de rupture, quand on mesure leurs intensités par les actions qui dépendent des quantités.d'électricité et non des tensions.
1 Annales de chimie et de physique, 3« série, t. III, p, 5.
laflnenee de Tlntenslté da courant ladaetear. — M. Abria a reconnu le les intensités des courants induits, données par le réométre, sont propormnelles à rinlensité du courant inducteur. Il en est de même quand on mesure » intensités, par Taimantation d*une tige d'acier, pourvu que Tintensité du urant inducteur soit évaluée par le môme moyen. Depuis, M. Félici a démon- § cette loi, sans avoir h mesurer des intensités '. Il enroule sur un cylindre en ris, de 25 centimètres de diamètre environ, un fil de cuivre recouvert de soie, ï formant qu*un tour; c'est Vanneau induit, communiquant avec un réométre, \r des fils tordus ensemble. Cet anneau est placé entre deux autres semblaes, qui sont les anneaux inducteurs. Un même courant, passant en sens fitraire dans ces deux derniers anneaux, ne produisait dans celui du milieu icun signe d*induction quand ils en étaient à égale distance. Ayant ensuite mplacé Tun dos anneaux inducteurs par un faisceau de fils fins de cuivre, forbés en anneau et recouverts de soie, excepté en dehors de la partie circuîre, où ils étaient tordus ensemble de manière que le courant se partageât lire tous, il n'observa encore aucun courant induit dans l'anneau du milieu, imme les effets produits par les différents fils fins s'ajoutent entre eux , on »t que, s'il y en a n dans lesquels l'intensité du courant de la pile est n fois as petite que dans l'anneau d'un seul fil, il faut la réunion de ces n courants surproduire le même effet. M. Lallemand a constaté la même loi, au moyen $ sa balance électro-magnétique (1736), en observant les intensités des actions eetro-dynamiques exercées par un courant continu sur l'un des courants duits.
«739. Inflnencc de la loni^nenr da eirenit indaetear. — 1° L'intenté du courant d'induction mesurée par Vaimantation d'une aiijuille, ou par le bmètre, croit proportionnellement au nombre des éléments agissants du mrant inducteur y quelle que soit la section de son fil, section dont l'action de laque élément est indépendante; et cette action est en raison directe delà utntité d'électricité qui traverse l élément. Pour établir ces lois, M. Abria glosait en spirale, un faisceau de quatre fils recouverts de soie, de manière à Mivoir diviser un même courant inducteur entre t, 2, 3 ou 4 fils, représentant 3S circuits à section simple, double, triple ou quadruple, et il trouvait toujours . même énergie au courant induit, quand le courant inducteur était toujours imené à la même intensité au moyen d'un réostat. Quand on n'employait pas B réostat, on trouvait, ce qui revient au même, que le rapport entre l'intensité a courant inducteur et celle du courant induit, restait le même. Si, au confire, on faisait passer le courant inducteur dans les fils réunis bout à bout, de lanière à former un circuit ayant successivement les longueurs 1, 2, 3, 4, intensité du courant induit était sensiblement proportionnelle au nombre de oars de la spirale inductrice, l'intensité du courant inducteur étant maintenue onstante.
1 AnnaUt de chimie et de physique, 3« série, t. XXXIY, p. 64.
2<> Quand Tinduction est produite simultanément par plusieurs fils, les intensités des courants induits mesurées au réomètre sont, en général, égales à la somme ou à la différence des courants induits que produirait chacun des fils séparément, suivant que ces courants sont de même sens, ou de sens contraire. Pour établir cette loi, M. Wartmann enroulait sur une même bobioe, deux fils inducteurs, et un fil induit partout placé entre Jes deux antres. —Il résulte de cette loi, i» que les actions inductrices produites dans un même circuit induit ne s'influencent pas mutuellement, et que chacun des courants inducteurs reste soumis aux lois précédentes; i^ qu'un circuit traversé par na courant, subit Tinduction de la même manière que s'il était à Fétat naturel.
1740. Infliieoce de la lonipuenr de la résistance, ete. , dn rireait laéslt — i^ La résistance totale du rArcuit induit étant constante, Vintensilé du courant induit est proportionnelle au produit des portions actives des cirant» induit et inducteur, c'est-à-dire de celles qui agissent lune sur Vautre, — M. Félici, qui a trouvé cette loi \ employait deux cylindres égaux en bois, sur chacoi desquels étaient enroulés deux fils de cuivre représentant, l'un le circuit induit, l'autre le circuit inducteur. Le courant d'une même pile parcourait les deoi circuits inducteurs, et les deux courants induits circulaient en sens inverse dans les deux fils d'un réomètre différentiel. Si n et m sont les nombres de tours des fils sur le premier cylindre, et n\ m' ces nombres sur le second, les courants induits se contrebalancent dans le réomètre différentiel, quand on a ffin=fiiV. Comme l'intensité des courants inducteurs est proportionnelle au nombre de tours du circuit inducteur (1739), on voit que cette intensité est aussi proportionnelle au nombre des tours du circuit induit.
Cette loi montre que chaque élément actif des deux circuits ajoute son action à celle des autres éléments, et que l'intensité du courant induit est produite par la somme des actions inductrices de tous les éléments actifs. — M. Abna ayant pris pour spirale induite, la spirale à 4 fils citée plus haut (1739), troan qu'une aiguille aimantée par le courant induit, présentait une force proportionnelle au nombre des fils communiquant par leurs extrémités avec l'hélice magnétisante, pourvu que le's fils ne communiquant pas avec elle forraasseol toujours un circuit fermé; tous les fils recevaient des courants induits sensibl^ ment de môme intensité, et les courants des fils qui communiquaient avec l'hélice ajoutaient leurs effets pour aimanter l'aiguille. -
2<» Laclion inductrice entre deux éléments , varie en raison inverse de U simple distance. — Pour le prouver, M. Félici dispose deux anneaux égaux, perpendiculairement à la droite qui joint leurs centres. Il fait passer le courant inducteur dans un de ces anneaux, et mesure l'intensité du courant iDdiiil développé dans l'autre. Il recommence ensuite l'expérience, en mettant les anneaux à une distance n fois plus grande, et, afin que les distances de tous les éléments deux à deux, varient dans le même rapport n, il emploie des
> Annales de chimie et de physique , 3« série, t. XXXIV, p. 64.
iroétres n fois plus grands. D*aprés la première loi, Tintensité du courant lait, avec les anneaux plus grands, devrait être, s'il n'y avait pas l'influence i changements de distance, n^ fois plus grande. Or Texpérience montre que te intensité est seulement n fois plus grande ; en rendant la distance n fois is grande, on rend donc l'efTet n fois plus petit qu'il ne serait sans ce changemi.
4** Quand la partie induite reste la môme, l'intensité du courant induit varie raison inverse de la résistance totale du circuit induit. — Cette intensité . donc proportionnelle à la conductibilité et à la section du fil induit, et en son inverse de sa longueur totale(i6i5). — Comme l'intensité du courant luit est proportionnelle, d'après la première loi , à la longueur de la partie laite, on voit que l'intensité du courant induit sera indépendante de la longueur circuit induit quand l'induction s'exercera sur toute la longueur ; c'est en effet qu'a constaté M. Abria. — On voit aussi que le diamètre du fil induit n'aura cune influence, si la résistance totale du circuit induit reste constante. 4741. Conséquences. — M. Gaugain qui a vérifié la plupart des lois qui §cèdent, est arrivé h l'énoncé qui suit * : V intensité d*un courant induit est en ison directe de la somme des forces électromotrices mises enjeu, et en raison yersede la somme des résistances du circuit. Il résulte de laque la loi de im s'applique aux courants induits, et l'on aura pour l'intensité d'un de ces arants t = E : R, formule dans laquelle R représente la résistance du circuit luit, et E la somme des actions inductrices élémentaires. Quand on connaît R et qu'on a mesuré i, on peut évaluer E en foncn de l'intensité I du courant inducteur et du temps t pendant lequel lieu l'induction. En effet, la quantité d'électricité mise en mouvement ns le circuit induit est q =it; (1735), cette quantité est proportionne à l'intensité I du courant inducteur, et à la longueur, et par conséent à la résistance de la partie induite C ; on a donc aussi g =: C 1 R , C étant e constante qui dépend de la distance à laquelle s'exerce l'induction, ibstiluant d?nsg = i/, il vient CIR = i/, d'où i = CIR:i et par suite
= îR = C — ; formule qui montre que : i^ La force électromotrice d'indue-
m est proportionnelle au carré de la résistance du circuit induit. Un circuit nt la partie induite présente une grande résistance peut donc étreN^omparé ine pile à grand nombre de couples , la partie non induite représentant Gl conjonctif de cette pile ; — 2» La valeur de E est en raison inverse de durée de l'induction, ce qui nous explique les différences d'effets du courant rerse et du courant direct.
474!e. Formule de la force d*indnctlou. — M. Félici adonné l'expresm analytique de la force électromotrice d'induction exercée par un élément de arantsur un élément d'un circuit fermé. 11 commence par démontrer que l'on
I CcmpUs-rendus de l'Académie des sciences de Paris, t XXUX, p. 909 et 4023.
peut, sans modifier les effets, substituer à une très petite portion d'un coorant inducteur, une portion courbe très petite, se terminant aux mêmes points. Poor prouver directement cette loi, qui est une conséquence du 5« principe d* Ampère (1689), M. Félici plaça un anneau induit, à égale distance de deux anneaux inducteurs parallèles, dont un était formé de petites sinuosités, et fit passer le courant d'une môme pile par intermittences et en sens contraire dans les deux anneaux inducteurs. Il constata alors que Tanneau du milieu n'était parcoani par aucun courant induit. — Ce principe s'applique également au circuit induit Il résulte de là que l'action inductrice d'un élément de courant ds, sur on élément induit ds' est proportionnelle à ds.ds' cos a cos a\ en représentant par a et a' les angles que font les deux éléments, avec la droite qui joint leurs milieux. Nous avons vu en outre (1740), que la force d'induction varie en raisoo inverse de la simple distance. La force électromotrice élémentaire sera doue représentée par la formule
ds . ds' [1] e =k cos a cos a
La constante k dépend de l'intensité du courant inducteur et de la résistance du circuit induit.
1743. Influence de la disposition en spirale* — Les deux fils induit et inducteur, entourés de soie, étant juxtaposés, les courants induits sont généralement plus intenses quand ces fils sont disposés en hélice, au lieu de former une ligne droite. Par exemple. M. Gaugain * ayant enroulé le double fil de diverses manières, a trouvé les intensités suivantes pour le courant induit.
DéTiaUon da réooMR.
10 Une seule circonvolution 3', 50
20 Deux circonvolutions superposées 6J7
Le double ûl j 3» Un toron circulaire de 4 tours 10,66
formant : ) 4° Un toron de 15 tours de 0"»,27 de diamètre. . Î8,55
50 Un toron de 30 tours de 0",14 de diamètre. . 29,87
6° Une hélice de 80 tours, de0™,05 dediamètre.. 28,86
On voit que, pour les diamètres suffisamment grands, l'intensité est à pea près pro^rtionnelle au nombre de tours , chacun de ceux du circuit inducteur agissant à peu prés également sur toiis ceux du circuit induit. Mais, pour b petits diamètres, l'intensité des courants induits finit par diminuer quand le nombre de tours augmente. M. Gaugain explique ce résultat, en remarquant que, si Ton suppose la circonférence inductrice partagée par un diamètre parallèle i un élément induit, les actions des deux demi-circonférences sur cet élément, sont de signe contraire, et varient, avec le diamètre, suivant des lois différentes. On conçoit donc que la différence de ces actions, d'autant plus petite que le
1 Comptes-rendus de l'Académie des sciences de Paris, t. XXUX , p. 1 023.
diamètre est moindre, puisse devenir nulle, et même changer de signe quand le diamètre diminue beaucoup.
4744. Inflnenee des lanes et des spirales interposées. — M. Henry a reconnu qu'une plaque métallique n (pg. 1298) interposée entre une spirale inductrice, a, et une spirale induite, 6, rend presque insensibles les commotions pi^oduites par la première, et les amortit d'autant mieux que la plaque est plus épaisse, et la distance des deux spirales plus grande. Une plaque non conductrice n*a aucune influence. L'afiaiblissement produit par une plaque métallique est dû à un courant induit qui s*y développe et y circule dans le même sens qoe le courant du circuit induit a. Le courant de la plaque agit sur ce dernier circuit (car les courants d*induction produisent eux-mêmes des courants induits, comme nous le verrons bientôt (1749) , et tend à y engendrer un courant inverse , c'est-à-dire de sens contraire à celui que produit la spirale h. En efl*et, M. Henry a constaté qu'une spirale mise à la place de la plaque , agit comme elle et d'une manière très marquée, quand ses bouts sont réunis, et ne produit plus d'effet quand ces bouts sont séparés. De plus, si l'on enlève un secteur de la plaque interposée entre les spirales a, 6, cette plaque n'aflaiblit plus le courant induit. On ne peut attribuer ce résultat à ce que l'effet se transmet à travers la fente ; car si l'on Fig ^29».
superpose deux disques fendus , mais dont les
fentes ne se correspondent pas, leur effet est encore nul. Enfm, si l'on soude aux bords de la fente, un fil métallique /", f, s'enroulant autour d'une aiguille d'acier, celle-ci est aimantée de manière à indiquer un courant de même sens que le courant induit en a. Quand la plaque est placée au-dessus de la spirale induite a, au lieu d*être entre a et 6 , son influence se fait encore sentir , mais d'une manière moins prononcée. '
Ces résultats nous donnent l'explication de l'effet des conducteurs interposés, sur l'aimantation par la décharge (166i), et de celle des enveloppes métalliques pour afi'aiblir les courants induits dans les appareils magnétoélectriques (1730).
M. Abria a fait, sur l'influence des spirales interposées, des expériences qui l'ont conduit à admettre que l'induction ne se fait sentir qu'après un temps qui dépend delà distance du conducteur induit *. Trois spirales A, B, C sont superposées et maintenues h des distances égales, B étant entre les deux autres. L'intensité du courant induit dans une quelconque des spirales , par l'nne quelconque des deux autres (intensité mesurée par l'aimantation d'une aiguille d'acier), est à très peu près la même quand la troisième est ouverte , la différence de distance étant insensible. Si la troisième spirale est fermée ,
I Annales de chimie ei de physique, 3* série, t. I, p. 385.
il y a nn affaiblissement du courant induit, par la cause qae nous Tenons d'expliquer. Quand c'est la spirale du milieu, B, qui reçoit le courant indocteur, cet affaiblissement est sensiblement le môme dans les spirales A et C ; mais si c'est la spirale A qui sert d'inductrice, le courant induit en C est beaucoup plus affaibli que celui de B. M. Abria explique cette différence, en admettant que l'action de A ne se transmet à C qu'après s'être fait sentir sur B. C reçoit donc simultanément les actions contraires du courant inducteor de A et du courant induit de B. Mais la spirale B ne reçoit l'action contraire da courant affaibli de C, qu'après un temps double de celui qui a été nécessaire pour que l'action se transmette de B à C. Le courant induit par A dans B, a donc eu le temps d'aimanter l'aiguille, avant d'être affaibli par l'action de C.
M. Abria a retrouvé ces mêmes résultats en évaluant l'intensité des courants induits, par la commotion, les effets calorifiques et les effets chimiques; mais le réomètre en donnait de tout différents. Pour les commotions, il ouvnit et fermait fréquemment le circuit inducteur , au moyen d'une roue dentée. Les effets calorifiques étaient obtenus en f^ûsant passer dans un fil fin, au moyen du réotrope, un grand nombre de courants induits de même sens. La température du fil était donnée par la pince thermo-électrique. La déviation du réomètre de cet instrument croissait en raison du carré de l'intensité du courant inducteur, du carré du nombre des éléments inducteurs, et de la vitesse de la rooe dentée. Les effets calorifiques des courants induits paraissent donc varier suivant les mêmes lois que ceux des courants voltaïques (1526). Pour les effets chimiques, les courants induits de même sens étaient lancés à travers une bande de papier toujours de mêmes dimensions , imbibée d'iodure de potassium cl posée sur les extrémités de deux fils de platine fixes. La tache d'iode qui se formait sur le fil négatif, indiquait la présence du courant induit, et, par sa teinte, donnait une idée de l'intensité de ce courant.
4745. Induction par on circuit do frès-iprande lonipacar. — NoflS avons remarqué que l'état définitif d'un circuit dans lequel on lance un courant, est précédé d'un état variable, appréciable dans les très longs circuits (i6i8). MM. Guillemin et Burnouf ont prouvé que c'est pendant cet état variable qoe le courant produit l'induction. M. Guillemin est même parvenu à évaluer les intensités des courants induits, engendrés à chaque instant de l'état variable, et dont la somme constitue le courant induit définitif *. Pour cela, il emploie l'appareil dftjb. décrit plus haut (1628) (fig. i299) : une bobine inductrice est introduite dans le circuit mLL'T ; sur la même bobine s'enroule le circuit induit , auquel est empruntée la dérivation vrdd'o. En opérant comme il a été expliqué plus haut(iG28), on laisse passer le courant dérivé, pendant â^Vo ^^ seconde , par la lame J, et quelques dix-millièraes de seconde après la fermeture du courant inducteur, et, par conséquent , après le commencement du courant induit. L'appareil'faisant 15 tours par seconde, ce qui
* Recherches cxpérimeniales sur l'induclion voUa-élecirique, Montpellier (4 861).
LOIS DES COURANTS D INDUCTIOiN.
donne 15 courants dérivés, les imputions que reçoit raiguille du réoniétre sont assez rapprochées pour qu*elle prenne une position fixe, qui fait connaître l'intensité du courant induit au moment considéré. — Pour le courant induit de rupture , les choses étaient disposées de manière que la lame 9 touchât le ressort d quelques dix -millièmes de seconde après la rupture du circuit inducteur.
Nous avons vu (1628), que pendant Tétat variable, le courant prés de la pile va en décroissant d'intensité, tandis qu*il va en croissant près de Textrémité qui communique avec le sol ; on devrait donc trouver un courant induit direct quand la bobine d*induction est placée prés de la pile, et un courant inverse
Fig. 1299.
quand elle est placée près de l'extrémité opposée du fil inducteur. D'un autre côté, le courant commençant pour toutes les parties duTil, on devrait trouver partout un courant induit inverse. Il y a donc contradiction , et Texpérience seule pouvait décider. Or, Texpérience montre que, près de la pile, le courant induit est d'abord inverse, puis direct jusqu'à la fin de Tétat variable. Voici quelques-uns des résultats obtenus par M. Guillemin, près de la pile, avec deux bobines dont les fils avaient 600 et 300 mètres, et dans l'intérieur desquelles on pouvait introduire 100 et 60 baguettes de fer doux. Le signe (— ) indique les courants inverses.
Tenps en j-*— de seconde. 0,8