W. Id
Les résultats de la 5« série ont été obtenus avec la bobine de la 4« ; seulement, il y avait un fil de fer de \ de millimètre de diamètre et de lOOO» de
ELECTRO-MAGNETISME.
longueur entre la pile et la bobine. La courbe hst (fig, 1301 ), dont les abcisses représentent les temps, et les ordonnées les intensités, traduit les résultais de la 5« série , et la courbe hrt ceux de la 4«. La courbe am représente l'état variable dans le fil inducteur.
Voici maintenant comment M. Guillemin rend compte de ces résultats singoliers : Soit AB {fig. 1300) le fil inducteur, dont Textrémité B communique aia le sol. Quand on fait communiquer Textrémilé Â avec le pôle positif d'une pile, au premier instant il s'établit, dans tous les points de ce fil, des tennons , représentées par les ordonnées de la courbe HmB ; quelques dix-milliémes de seconde après , par celles de la courbe H n6, puis par H p B, HrB,.... ; H enfin par la droite HB, quand le courant a atteint son état définitif. L'intensité du courant, dans un élément, ab. du fil, est proportionnelle à la chute électrique, ou à la différence ca—mh (1619). Cette différence varie, pour cet élément, d'on
Fig. 4300.
Fig. \20\,
instant à l'autre, c'est-fi-dire d'une courbe à l'autre. D'abord, elle va en augmentant , les tangentes mo et no se rencontrant à droite ; alors le courant inducteur augmente d'intensité en ab, et le courant induit est inverse. Plus tard, la chute électrique diminue, comme le montrent les tangentes ro\ 8o\ qui se rencontrent vers la gauche, et le courant induit devient alors direct jusqu'à li fin de l'état variable, après lequel il n'y a plus d'action inductrice.
4746. Comparaison de rindoctlon par un circuit flxe, h rindoctlM par déplacement du fll Inducteur. — M. Féiici a établi la loi suivante ': Quand on approche peu à peu un courant inducteur^ d'un circuit fermé , U somme des courants, induits dans ce dernier par chaque déplacement infinimei^ petit du courant inducteur, est égale au courant induit qui serait produit, danf la position d'arrivée, par la clôture ou la rupture du circuit inducteur; la position d'où part ce dernier étant supposée assez éloignée pour qu'il ne puisse produire de courant induit quand on le ferme ou qu'on le rompt. Pour établir cctto loi, on approche le courant inducteur, assez rapidement pour que tous les courants induits successifs aient lieu presque simultanément, de manière que l'aiguille du réomèlre reçoive leurs impulsions réunies avant d'avoir Je temps de revenir sur ses pas , et l'on compare la déviation observée, â
^ Annales de chimie et de physique, 3* série, t. XXXIV, p. 64.
celle que produit le courant induit par la rupture ou la clôture du circuit indocteur, dans sa position la plus rapprochée. Voici comment M. Félici a réalisé cette expérience : il prend trois roues en bois portant une gorge sur le contour, et une rainure diamétrale sur Tune des faces. Sur chacune de ces roues, il euroule un fil de cuivre, de manière qu*après s*ôtre enroulé sur la moitié de la circonférence, il traverse la rainure pour s*enrouler sur Tautre moitié en sens contraire, en formant comme un 8, et il lui fait faire ainsi plusieurs tours. Considérons deux roues semblables  et M assemblées sur un môme axe perpendiculaire à leur plan et passant par leurs centres ; Tune, A, porte le circuit inducteur; Tautre, M, porte le circuit induit, en rapport avec un réométre. Si, les rainures diamétrales de  et M étant perpendiculaires Tune à Tautre, Ton ferme ou Ton rompt le circuit inducteur A , il n'y a pas de courant induit dans M ; car Tinduction donne des courants de sens contraire dans les deux moitiés de la partie diamétrale, ainsi que dans les deux moitiés de chaque demi-circonférence. Si donc, en partant de cette position, on fait tourner la roue M, de 90°, pendant que le courant inducteur est continu, il y aura un courant induit en M. Si on le fait encore tourner de OO"", on aura un autrecourant induit de sens contraire au premier, et si le mouvement de rotation est continu, ces courants se succéderont alternativement dans un sens et dans l'autre. On pourra, au moyen d'un réotrope tournant avec la roue M, ne laisser arriver au réométre que les courants d'un même sens; et, si le mouvement est assez rapide, l'aiguille indiquera la somme des courants produits par chaque déplacement infiniment petit de la roue M, dans l'angle de W. On compare cette déviation h celle qui se produit quand on ouvre et qu'on ferme le circuit inducteur A, les rainures diamétrales étant parallèles, et l'on trouve la même déviation.
Au lieu de procéder ainsi, M. Félici a employé la méthode décrite plus haut (1739), qui évite les mesures d'intensité. 11 dispose sur le même arbre une troisième roue A', de manière que la roue induite M soit entre les deux autres, et il la place aune distance telle, que, les trois rainures diamétrales étant parallèles, il n'y ait pas de courant induit en M quand on introduit ou qu'on supprime le courant d'une même pile circulant en sens contraire en A et A'. Quand les circuits A et A' sont identiques, M doit en être à des distances égales. Cela fait, et le courant de la pile passant d'une manière continue, on fait tourner la roue M, et l'on remarque qu'il ne s'y produit pas non plus de courant induit.
Tout ce qui précède s'applique â l'induction par les aimants, puisque les aimants représentent des systèmes de courant (1711).
4747. sxFUCATiONSTTHiORiBDBSconHAHTSOiVDacTiON. — M. Weber a appliqué à l'explication des courants induits, les considérations par lesquelles il a cherché à rattacher les actions mutuelles des courants, aux attractions et répulsions électriques ordinaires (1701 ). M. Nowmann a traité la même question en partant d'un point de vue différent. M. de La Hive, sans recourir comme eux à des calculs élevés, a présenté d'une manière simple et élégante Texplica-
ELECTHO- MAGNETISME.
(ion de Tinduction électro-dynamique, en la considérant comme le résultai d*une décomposition par influence , de Télcclricité neutre des particules da circuit induite
I. Cas dn cireoit indactcar flxe. — Considérons une série de molécules AB (fig. 1302) dans laquelle on lance un courant ; il s*y fait dés-lors des décharges in terrooléculaires (1599); en vertu desquelles les molécules soot maintenues dans un état permanent de polarisation, par les électricités qii affluent continuellement des pôles de la pile. On peut donc les supposer chai^ constamment des deux électricités, comme le montre la figure. Supposons qu m approche le courant AB, d*un conducteur à Fétat neutre A'B'. Dans cbacane des particules a, 6..., le fluide neutre va être décomposé par influence, parles
fluides séparés de la particule :;-^A ^^-s- de AB la plus rapprochée; el
vl3//^\ ^i::^ — ^ (^<y cela aura lieu dans toutes les
^^^ C3 C3 G^ C3 G' parties de A'B' assez rappro-
chées de AB, pour éprouver rinduction. Quantaux molécules n,m,..jm' n'..., qui soutes ^V>^^ ^"^ (^ dehors de la partie induite, elles
>*-^ R \y seront polarisées par les actions
*• * des électricités de nom cou-
Fig. i3ot. traire; des molécules extrêmes
m, m' de la partie induite, se déchargeront mutuellement, cl formeront ainsi, dansla partie non induite A'BC' du circuit fermé , un courant instantané marchant en sens contraire du courant inducteur.
Si le circuit n*est pas fermé, on ne pourra évidemment constater ce courant induit; mais les extrémités m, m' du fil induit seront chargées d'électricités contraires, au moyen desquelles on pourra charger un condensateur (Mî^ , ou produire une étincelle si Tinterruption est très petite. Comme le couraot induit direct, ou par rupture, est plus intense que le courant inverse, il donne des étincelles à une plus grande distance que le dernier. C'est, en eflet, ce qu'a constaté Masson ^, et l'on peut faire en sorte que les courants directs puissent seuls passer par étincelles, de manière qu'un voltamètre placé dans le circuit induit présente alors la décomposition dans le sens qui convient à ces courants directs.
Remarquons que la partie non induite du circuit wRw', rentre immédiatement à l'état neutre ; mais la partie induite mm' reste polarisée, et n*estpas parcourue par un courant, les électricités s'y trouvant retenues à l'état d* équilibre, sous l'influence des molécules de AR. C'est ce que M. Faraday avait admis dés leprin-
1 Traité d'élertricilé théorique et appliquée, t. I, p. 445.
2 Annales de chimie et de physique, a^siVie, l. LU, p. 418.